La crise économique actuelle, conséquence de la spéculation dans le secteur immobilier aux Etats-Unis, affecte aujourd'hui tout le secteur financier américain et plus largement celui du monde entier.
Parmi les derniers soubresauts de la crise, il faut citer le Crédit Agricole en France et ACA Financial Guaranty aux Etats Unis.
Le Crédit Agricole possédait une filiale américaine, la banque d'affaire Caylon qui, touchée par la crise dite des « subprime », vient de perdre 1,6 milliards de dollars. ACA Financial Guaranty, dont l'activité était centrée sur la garantie contre certains risques, se retrouve aujourd'hui en faillite après avoir perdu 2,2 milliards d'euros alors qu'elle n'avait que 650 millions d'euros de fonds propres, mais « garantissait » . . . 26 milliards d'euros de titres !
La spéculation immobilière aux Etats-Unis qui a ruiné des millions de petits propriétaires de maisons individuelles, a été le dernier révélateur en date du fonctionnement aberrant de l'économie.
Pour les détenteurs de capitaux, le système ne vaut que par le profit qu'il engendre. Pour les capitalistes, la base du profit est et reste l'exploitation du travail humain dans les cycles de production des marchandises. Mais encore faut-il que ces marchandises se vendent à un prix assez élevé pour satisfaire les appétits des actionnaires. Or, depuis bien longtemps déjà, ceux-ci trouvent que la part de profits tirée de la production est trop faible. Ils préfèrent donc placer une grande part de leurs bénéfices sur les marchés financiers, donnant à ceux-ci une ampleur sans précédent au point de les rendre incontrôlables. L'effondrement du marché américain de l'immobilier témoigne de cette chaîne d'évolutions.
Les économistes qui ont pour métier de vanter les mérites du capitalisme, ont en fait une si piètre confiance dans le système qu'ils évoquent (à juste titre) la possibilité d'une crise généralisée débouchant sur une baisse drastique de la production, avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir sur le niveau vie des travailleurs.
S'il peut sembler fou qu'une spéculation financière dans un secteur d'un seul pays puisse ébranler à ce point tout le système, c'est que celui-ci est effectivement fou. Le système est ainsi fait que dès que l'odeur du profit se fait sentir quelque part, tout ce que le monde compte de détenteurs de capitaux accourt. Et les moyens de communication sont tels aujourd'hui qu'un seul clic sur un clavier d'ordinateur suffit à donner un ordre pour qu'une vente ou un achat puisse se faire d'un bout à l'autre de la planète.
Aujourd'hui, malgré l'injection par les banques centrales de centaines de milliards d'euros pour tenter de sauver leur système en difficulté, la crise continue à se développer. Personne ne peut évidemment savoir quelle en sera l'issue. En revanche, ce qui est certain, c'est que cette crise devra être payée. Elle l'est déjà d'ailleurs par la ruine de millions de petits propriétaires américains incapables de rembourser leurs crédits. Elle l'est aussi par de nombreux licenciements survenus aux Etats-Unis dans le secteur bancaire, celui où il y a eu le plus de suppressions de postes ces derniers temps.
Mais si des travailleurs américains sont touchés de plein fouet, ceux des autres pays ne sont pas pour autant à l'abri. Les capitalistes ne font jamais de cadeau. Les travailleurs ne doivent pas en faire non plus s'ils veulent se protéger contre ce système économique basé sur le profit et pourri jusqu'à la moelle.