Archives du mensuel régional
Région ILE DE LA REUNION15/01/2008
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ATTENTION, PROPOS DANGEREUX !
Au lendemain des scènes de violences qui ont eu lieu à Saint André, le 11 décembre, le maire Jean Paul Virapoullé a tenu des propos équivoques, à la limite du racisme, envers la communauté comorienne qui est installée dans la ville et, plus largement, dans l'île.
Il a suffi que les auteurs des troubles et un chef de bande soient d'origine comorienne pour que ce personnage, mais aussi le préfet, créent un amalgame entre violence, insécurité et le fait d'être étrangers, en l'occurrence Comoriens.
Lors du conseil municipal du 12 décembre Jean Paul Virapoullé aurait ainsi déclaré : « quand il n'y avait pas de gens transplantés à Saint André, on vivait tranquilles » (Quotidien du 13 décembre). La veille sur les ondes d'une radio, répondant à une remarque d'un auditeur qui l'accusait d'avoir laissé s'installer à Saint André « une catégorie de gens », le maire s'était défendu en disant qu'ailleurs dans l'île, notamment dans le bas de La Rivière de Saint Denis, il y avait une présence plus importante encore de Comoriens, laissant entendre qu'à Saint André la situation était moins pire. Et comme le préfet, Virapoullé a aussi maintes fois répété qu'un chef de bandes arrêté deux jours avant les violences n'était pas de nationalité française et en situation irrégulière.
En jouant sur les sentiments réactionnaires et sécuritaires d'une partie de la population, Virapoullé et le préfet sont en phase avec leur mentor Sarkozy qui s'est fait élire en tenant le même discours.
Ainsi, ils détournent les travailleurs des véritables problèmes que sont le chômage, la baisse du pouvoir d'achat, le manque de logements, et créent en même temps le lit de l'extrême droite.
À nous de ne pas tomber dans ce piège.