Il disait vouloir « être le président du pouvoir d'achat ». Le moins que l'on puisse dire c'est que toutes les mesures que prend Sarkozy et son gouvernement tournent le dos à cette prétention.
Pour augmenter le pouvoir d'achat il n'y a qu'un moyen, c'est d'augmenter les salaires. Toutes les autres solutions tournent le dos à cet objectif. Elles ne sont que de la poudre aux yeux et rien d'autre.
Il en est ainsi du rachat des RTT. Les travailleurs les ont déjà chèrement payées en se voyant imposer dans de nombreux cas l'annualisation et la flexibilité du travail. Et puis, dans des secteurs d'activité comme les hôpitaux, les RTT restent un mirage. Le travail est tel et le personnel si réduit, qu'il est impossible de les prendre. Maintenant il serait question d'échanger les RTT contre un peu d'argent, c'est-à-dire renoncer aux 35 heures quand elles existent. Bien entendu, l'annualisation et la flexibilité seraient elles maintenues. Voilà qui ressemble fort à un cadeau au patronat.
Dans la veine du « travailler plus pour gagner plus », le gouvernement revient sur un vieux désir des patrons : faire travailler les salariés le dimanche. Cela se ferait paraît-il sur la base du volontariat. Mais les travailleurs du commerce, pour ne citer qu'eux, savent bien de quel volontariat il s'agit. Quand la pression du chômage et les menaces de licenciements pèsent sur eux, surtout sur ceux qui sont en CDD ou qui ont un autre contrat précaire, quelles possibilités ont-ils pour résister individuellement aux exigences patronales ? Aucune ! Il est aussi question de payer double ces heures du dimanche. Mais comme Sarkozy le dit lui-même à propos des salaires : ce sont les patrons qui décident, et il y a bien peu de chance que ces derniers obtempèrent.
Il a aussi été question d'anticiper le déblocage partiel des participations qui sont obligatoires dans les entreprises de plus de cinquante salariés. Il s'agit de sommes que les entreprises qui font des bénéfices doivent reverser à ceux qui les ont créés : leurs salariés. Cet argent n'est pas versé immédiatement mais accumulé et reversé au bout de cinq ans. Sarkozy envisage donc d'offrir aux travailleurs ce qui leur appartient déjà.
Dans la même veine de prétendus cadeaux qui augmenteraient le pouvoir d'achat, il y a aussi dans les DOM une légère baisse du prix des médicaments, toujours bonne à prendre il est vrai. Mais tout cela ne fait pas le compte. Il s'agit en fait de tours de passe-passe présentés sous le nom ronflant de hausse du pouvoir d'achat, une formule qui évite soigneusement d'envisager ce qui serait vraiment nécessaire, à savoir une hausse des salaires.
Et à y regarder de plus près, il s'agit en fait de favoriser le patronat avec les heures supplémentaires, la fin des 35 heures, la généralisation du travail du dimanche, des mesures qui non seulement ne leur coûtent pas cher, voire rien du tout, mais surtout qui leur rapportera.
Ce ne sont évidemment pas les déclarations de Sarkozy, ni les mesurettes qui les accompagnent, qui permettront aux travailleurs d'améliorer leur niveau de vie. Pour cela, il faudrait contraindre l'Etat et les patrons, faire en sorte qu'ils craignent d'être perdants s'ils n'augmentent pas de façon substantielle les salaires de tous les travailleurs, qu'ils travaillent dans le public ou le privé.