Archives du mensuel régional
Région ILE DE LA REUNION01/12/2002
 Retour
C'est tous ensemble qu'il faut mener la lutte !
Le 29 novembre, environ 3 000 travailleurs ont manifesté à Saint-Denis. Ce nombre est loin d'être négligeable quand on sait que seule la CGTR avait appelé à la grève. Il aurait été sans aucun doute plus important si les autres syndicats du privé et du public avaient eux aussi appelé à manifester le même jour.
La manifestation a mis en évidence les inquiétudes et le mécontentement des travailleurs face à la politique mise en Suvre par le gouvernement et le patronat. Le gouvernement Chirac-Raffarin ne cesse en effet de mener des attaques contre le monde du travail : refus de donner un coup de pouce au SMIC au mois de juillet dernier, suppression du dispositif des emplois-jeunes, volonté d'augmenter la durée de cotisation des salariés du public pour la retraite, non-remboursement de certains médicaments, suppression de nombreux emplois dans l'Education Nationale...
De son côté, le patronat mène sa guerre contre les salariés. Même pour que soient respectés les lois et le code du travail, les salariés sont bien souvent obligés de réagir, de protester, voire de se mettre en grève. C'est que le patronat se croit tout permis. Il n'hésite pas, à jeter à la rue sous n'importe quel prétexte, des pères ou des mères de famille, à les pousser à la démission pour les remplacer par des emplois précaires donc moins payés. La CGTR et la CFDT ont d'ailleurs recensé un nombre important de salariés qui se plaignent d'harcèlement moral pratiqué par certains patrons à leur encontre.
Autant le gouvernement est dur envers les travailleurs, autant il est doux pour les patrons. Après la Loi d'Orientation votée par le gouvernement Jospin, c'est le projet de loi-programme concocté par la ministre de l'Outre Mer qui offre encore de nouvelles mesures en faveur des capitalistes locaux pour soi-disant soutenir le développement de telle ou telle activité économique. Et cela, se fait avec la complicité des politiciens locaux.
Pour mettre un frein à toutes ces attaques contre le monde du travail, il va falloir se préparer à des luttes qui fassent peur au patronat et aux politiciens à son service.
Il faudra bien plus qu'une journée de grève. Il faudra une lutte d'ensemble, de tous les travailleurs du privé, du public comme de ceux qui sont privés de travail. Voilà ce qui sera nécessaire pour obtenir une amélioration des salaires, des créations d'emplois en nombre suffisant, un meilleur service public, des salles de classe et du personnel pour l'éducation de nos enfants, un logement pour tous, une retraite après un maximum de 37,5 années de cotisation...
Oui, la lutte générale est le seul moyen. Elle est une nécessité si nous ne voulons pas voir nos conditions d'existence se dégrader encore plus.
Cela paraît lointain, utopique certes. Mais ce qui est vraiment utopique c'est de croire que notre sort pourra s'améliorer sans que nous, les travailleurs, forcions le destin.