| Site régional | |
![]() |
Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2003 |
| mis à jour le 01/01/2003 | |
| ILE DE LA REUNION | |
|
Mensuel - archives
Année 2003
Dans ce numéro
Non à la guerre contre l'Irak !
Les futurs dictateurs se bousculent.
Sale coup contre les chômeurs.
Une société d'exclusion.
Beau cadeau de Nöel pour les patrons du tourisme.
Promesse d'un ministre.
Le patronat toujours a l'affût.
Et pour les ouvriers agricoles ?
Les caissières de Champion en grève.
Greve au Gol et à Bois-Rouge.
Coupures, EDF aussi responsable.
Mépris de l'administration.
Justice sur mesure.
Les délinquants sont au pouvoir.
Les patrons créent l'insécurité.
Sécurité à bas prix.
Les poubelles du capital.
Côte d'Ivoire, la sale guerre de la France.
Chine, la surexploitation des travailleuses du jouet.
|
Non à la guerre contre l'Irak !
L'année qui vient de s'écouler a été marquée par la menace permanente, et malheureusement toujours présente, chaque jour plus inquiétante, d'une intervention contre l'Irak.
Depuis un an, après avoir bombardé l'Afghanistan c'est-à-dire plus précisément sa population, l'administration américaine s'est fabriqué une autre cible.
Méthodiquement, sans s'embarrasser de la vraisemblance et de la crédibilité de ses affirmations. Et si elle façonne de la sorte la réalité c'est pour mieux façonner l'opinion américaine tout d'abord, mais aussi l'opinion internationale avant de décider une nouvelle agression contre l'Irak.
Nul ne peut savoir quand Bush et son équipe choisiront de déclencher cette intervention, et encore moins en mesurer les conséquences. Mais chaque jour les préparatifs se font plus précis. Des troupes US, toujours plus nombreuses, se déploient dans la région. Ces jours derniers on annonçait que 60 000 hommes avaient débarqué dans les pays frontaliers de l'Irak, s'ajoutant aux troupes qui y stationnaient déjà, 60 000 hommes, 400 avions ; tout un arsenal militaire cerne donc l'Irak. Un tel déploiement guerrier est sans commune mesure avec celui dont Saddam Hussein pourrait disposer.
Saddam Hussein est un dictateur et en a fait la triste démonstration contre son peuple, contre les populations qui vivent sur le sol irakien.
Bien avant que politiciens et journalistes le présentent comme tel. En d'autres temps, parmi ceux-là, certains nous présentaient ce dictateur comme un ami, ou du moins comme un bon client, fréquentable et intéressant.
Mais ce n'est pas le fait qu'il opprime son propre peuple qui préoccupe Bush et son entourage. Car des dictatures, les États-Unis en ont soutenu d'autres et plus d'une fois, quand ils n'ont pas contribué tout bonnement à les mettre en place. Quant aux politiciens et aux journalistes qui nous présentent la future intervention contre l'Irak comme un épisode douloureux mais nécessaire s'inscrivant dans une croisade contre le mal, ils ne peuvent ignorer qu'il ne s'agit pas de cela. Simplement ils mentent, ils nous mentent... comme à chaque fois dans pareille circonstance. Comme mentent Bush et son secrétaire d'État, Colin Powell, lorsqu'ils affirment qu'ils veulent tout faire pour éviter la guerre, alors qu'ils font tout pour en créer les conditions.
Mais dans ce déferlement de bluff, un tout petit grain de vérité, involontaire il est vrai, est apparu, lorsque Colin Powell a déclaré : "Si les forces d'une coalition devaient atteindre la zone des champs pétrolifères, nous ferons ce qu'il faudra pour les protéger, nous assurer qu'ils seront utilisés au bénéfice des irakiens et non pas détruits ou endommagés par un régime affaibli..." C'est clair. Et lorsque le même Colin Powell ajoute que " les champs pétrolifères sont la propriété du peuple irakien " faut-il comprendre que le dirigeant américain aurait tendance à confondre le peuple irakien avec Esso et autres groupes pétroliers de son pays ? On a du mal à distinguer dans ces propos ce qui relève du cynisme ou de l'inconscience, mais ils sont néanmoins significatifs, et plus proches de la réalité que les rodomontades sur la croisade contre le mal. L'impérialisme américain et ses alliés, cette coalition qu'évoque Colin Powell et dont la France, l'Allemagne feront à coup sûr partie, en dépit des fausses réticences exprimées par Chirac, Raffarin ou Schröder, s'apprêtent à bombarder les populations d'Irak, à y semer la mort, les destructions. Mais ils ont prévu de protéger " les installations pétrolières ". On ne peut faire mieux pour définir leur civilisation, cette civilisation dont ils se présentent comme les preux chevaliers, celle des trusts pétroliers, celle des industriels et des banquiers.
On ne peut mieux démontrer que cette guerre n'est pas notre guerre. Car non seulement elle ne contribuera pas à libérer la population d'Irak du joug qu'elle subit, mais elle vise à lui imposer un autre joug, tout aussi lourd à supporter. De plus, les conséquences d'une telle guerre pèseront aussi sur les autres peuples. Y compris sur le peuple américain, y compris sur la population en France. A la fois par des restrictions dans les libertés que les gouvernements risquent de nous imposer, en invoquant la priorité à la guerre, mais aussi en nous la faisant payer.
Car toutes les guerres sont payées par les peuples, et profitent aux industriels.
Arlette Laguiller.
Les futurs dictateurs se bousculent.
À Londres, une réunion a rassemblé tous les candidats à la succession de Saddam Hussein : des religieux de toutes tendances, des royalistes, des réactionnaires de tout poils. Ceux-là sont prêts à opprimer la population irakienne tout autant que Saddam Hussein.
Mais eux, ils le feront avec la bénédiction de Blair chez qui a eu lieu la conférence, et surtout de Bush qui les appuie. Si la guerre a lieu et que ces gens arrivent au pouvoir, ils n'auront rien à refuser à leurs tuteurs, américains et autres, et surtout pas le pétrole...
Sale coup contre les chômeurs.
Le patronat avec l'aide de la CFDT et de la CGC ont signé un protocole d'accord concernant les règles d'indemnisation des chômeurs.
Ainsi, à partir du 1er janvier, pour avoir droit à une indemnité de chômage, il faudra à un salarié licencié justifier de 6 mois de travail sur les 22 mois précédents son licenciement, alors qu'il suffisait auparavant d'avoir travaillé 4 mois sur 18 mois.
De plus, les chômeurs verront la durée de leur indemnisation diminuer fortement. Ils auront droit à 23 mois maximum au lieu de 30. Ceux qui ont entre 50 et 54 ans bénéficieront de 36 mois au lieu de 45.
Du fait de la montée du chômage, les caisses de l'UNEDIC sont en déficit de 3,7 milliards d'euros. Mais ce n'est pas aux travailleurs licenciés de payer la note.
Les rentrées d'argent dans les caisses de l'UNEDIC diminuent puisqu'il y a moins de salariés en activité et les sorties augmentent puisqu'il y a davantage de chômeurs.
La faute en incombe au patronat licencieur. C'est à lui de combler le déficit dont il est responsable.
Une société d'exclusion.
À l'occasion des fêtes de fin d'année, des associations ont organisé des repas dans différentes communes de l'île pour des SDF.
Malheureusement, d'année en année, le nombre de personnes qui se trouvent dans cette situation augmente. La CAF en a recensé plus de 200 dans le Sud. Ce qui veut dire que leur nombre est au moins le double pour l'ensemble de la Réunion.
Si pour quelques uns des SDF, c'est un problème familial qui les a amenés à sombrer dans leur situation, pour la grande majorité d'entre eux c'est tout simplement le chômage qui en est la cause principale.
La situation des SDF est une illustration de ce qu'est la société capitaliste, une société d'exclusion qu'il faudra remplacer par une société plus humaine, où chacun pourra connaître une vie digne de ce nom.
Beau cadeau de Nöel pour les patrons du tourisme.
Jeudi 18 décembre, la ministre de l'Outre-mer, Brigitte Girardin, annonçait un programme de défiscalisation conséquent. En ajoutant de nouvelles mesures de défiscalisation prévues pour les Dom, les capitalistes de l'hôtellerie, entre autres, pourront mettre en place des programmes de réhabilitation en ne payant que 15 % du total des dépenses. Et tous les investisseurs pourraient désormais bénéficier de formules de défiscalisation atteignant 70 % de leur dépense.
De plus, le gouvernement s'engage à assurer une meilleure promotion des destinations d'outre-mer, et un coup de pouce à la diversification des activités économiques qui s'y déroulent.
Avec un peu de persévérance et de lobbying auprès des ministères, les patrons investissant dans les Dom pourront y exploiter les travailleurs sans presque y investir un sou.
Promesse d'un ministre.
Le ministre de la ville et du logement, Jean-Louis Boorlo était dans l'île à la fin du mois de décembre. Il s'est rendu à Saint-Denis, à Saint-André et au Port. Selon ses dires, il a pris note des besoins en matière de logements. Il est vrai qu'il est urgent d'en construire un grand nombre. Les syndicats ouvriers du bâtiment estiment ce nombre à plus de 10 000 par an pour satisfaire les demandes.
Boorlo s'est vanté d'être à la tête d'un ministère qui a des sous. Va-t-il les utiliser réellement pour que chacun puisse bénéficier d'un logement décent ? On en doute fort. Dans ce domaine, les ministres qui passent font la promesse de débloquer les fonds nécessaires, puis ils s'en vont... et plus rien !
Le patronat toujours a l'affût.
Ah tout de même ! Si certains pourront bénéficier des fonds que possède Boorlo, ce seront les patrons. Ils se sont d'ailleurs empressés de faire connaître leurs doléances pour pallier les « difficultés » du secteur du bâtiment.
Le souci de ces gens-là est avant tout de tirer le maximum de profit des travaux commandés par l'Etat et de ses largesses à leur égard. Mais quel rapport avec une politique du logement favorable à la population ?
Et pour les ouvriers agricoles ?
La campagne sucrière 2002 est terminée. Si le tonnage a été environ égal à celui de l'année précédente, la richesse en sucre par contre a été plus faible. Les syndicats des planteurs réclament des indemnités à l'Etat. Ces aides comme d'habitude profiteront surtout aux gros planteurs.
Les ouvriers agricoles qui ont fait l'essentiel du travail (pour ne pas dire le plus dur) n'ont pas eu droit, eux, à un seul mot de reconnaissance.
Les caissières de Champion en grève.
Il a fallu que les caissières du supermarché Champion de Saint-Benoît fassent deux heures de grève pour que la direction donne des explications sur le paiement des journées du 20 et 25 décembre ainsi que sur celle du 1er janvier. Elles ont aussi obtenu la promesse que des élections de délégué du personnel auront lieu le 6 février 2003.
D'autres revendications ont été portées par ces salariées dont la transformation des CDD en CDI.
Ce n'est qu'un début !
Greve au Gol et à Bois-Rouge.
Le 31 décembre 2002, les travailleurs des centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge se sont mis en grève. Ils refusaient la politique de leurs directions qui voulaient les faire revenir au régime général concernant les 35 heures, alors qu'ils bénéficiaient d'horaires hebdomadaires inférieurs à 35 heures avant leur passage au statut IEG.
C'est pour cette raison qu'ils ont arrêté le travail. Selon les dernières informations, la direction aurait reculé.
La lutte de ces salariés a entraîné des coupures de courant toujours gênants. Mais c'était le seul moyen pour eux de ne pas subir les mesquineries de leurs patrons.
Coupures, EDF aussi responsable.
Qui dit grève dit baisse de production puisque les usines privées du Gol et de Bois-Rouge assurent près de 50 % de la production nécessaire à la Réunion. La direction d'EDF est intervenue pour dire qu'elle serait amenée à pratiquer des coupures en se gardant bien de se prononcer sur les revendications des grévistes. Pourtant elle devrait se sentir directement concernée puisqu'elle est actionnaire de ces usines à hauteur de 40 %.
Pour se donner une bonne image auprès du public, elle s'est présentée comme celle voulant limiter les effets de la grève en organisant des coupures tournantes.
Mais il n'a pas fallu attendre cette grève pour subir des coupures de courant. A la fin de décembre, un transformateur d'EDF a explosé privant une partie de l'île de courant. Ce genre d'incident n'est pas seulement dû à l'usure du matériel mais c'est aussi la conséquence de l'économie faite par EDF sur l'entretien de son réseau.
Mépris de l'administration.
Un jeune Kényan a été recruté par l'administration française comme assistant d'anglais au collège Le Bernica de Saint-Paul. Malgré un contrat de travail en bonne et due forme, il n'a pas été payé depuis sa prise de fonction le 1er octobre dernier. De plus, son visa expirant le 26 décembre, il risquait l'expulsion.
Le problème viendrait du fait que des papiers n'ont pas été transmis entre deux services administratifs. Ce n'est pas la première fois que l'administration agit ainsi. En 2001, d'autres assistants ont dû manifester devant le rectorat pour se faire rémunérer correctement.
Justice sur mesure.
Durant son mandat présidentiel le président de la République ne pourra faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire. Les juristes qui ont décidé cela disent "nous avons voulu faire respirer la Constitution". En attendant, c'est Chirac qui respire. Et si jamais il était réélu pour un troisième mandat, il en ressortirait à un âge si avancé que les juges diraient sans doute alors qu'il est inhumain de s'en prendre à un vieillard !
Les délinquants sont au pouvoir.
Dominique Perben, ministre de la Justice, annonce qu'il part en guerre contre la "délinquance économique et financière". Va-t-on juger tous ces patrons qui ont licencié des milliers de travailleurs afin de gonfler leurs profits?
Ceux de Vivendi, Aventis, LU-Danone, Moulinex et tant d'autres ?
Non, ces gens-là font la loi et le gouvernement, est à leur service.
Les patrons créent l'insécurité.
La procédure qui retardait les licenciements, figurant dans la loi de modernisation sociale, va disparaître. Fillon, ministre du travail, explique que la compétitivité des entreprises ne supporte pas cette "surcharge de procédure qui crée une insécurité pour l'entreprise".
L'insécurité, elle est surtout pour les travailleurs, à cause de la liberté laissée aux patrons de licencier.
Sécurité à bas prix.
Pendant que le gouvernement lance une campagne contre l'insécurité routière, il fait adopter par l'Assemblée nationale des restrictions de crédit sur la maintenance des routes, sur les interventions concernant la sécurité routière, et sur les subventions aux transports urbains...
L'insécurité sur la route est matière à discours, mais l'argent de l'Etat est réservé en priorité à soutenir le patronat.
Les poubelles du capital.
Alors que la marée noire ravage les côtes de Galice et de France, on apprend que si le Prestige a coulé c'est à cause d'un "défaut de structure", comme l'Erika d'ailleurs, et bien d'autres.
Cela signifie qu'il a été mal construit ou mal réparé (ou les deux). Il en est des navires comme du reste, on les construit ou les répare vite fait mal fait, pour réduire les prix et augmenter les profits.
La cause des marées noires : la liberté laissée aux capitalistes de faire naviguer n'importe quoi.
Côte d'Ivoire, la sale guerre de la France.
Depuis septembre, les effectifs militaires français en Côte d'Ivoire ont quadruplé. L'état-major dit se préparer à les y maintenir pendant "quelques années". Officiellement, c'est pour séparer les combattants.
En réalité, c'est pour protéger les intérêts des grandes entreprises françaises du cacao, des travaux publics et autres qui prospèrent dans ce pays en saignant sa population avec l'aide des dictateurs locaux.
Chine, la surexploitation des travailleuses du jouet.
Les poupées Barbie, les copains de la Forêt, les figurines représentant Harry Potter ou les Schtroumpfs : 70 % des jouets de la planète sont produits en Chine où la main d'Suvre est sous payée et surexploitée.
Les ouvrières, des jeunes filles chinoises à peine sorties de l'enfance, travaillent 12 à 16 heures par jour, sept jours sur sept, pour l'équivalent de 37 à 61 euros par mois selon les heures supplémentaires faites ou le nombre de pièces fabriquées. Elles logent dans l'enceinte de l'usine où elles sont parfois enfermées. Dès que leur travail baisse, les ouvrières sont renvoyées.
Toutes les grandes marques tirent de juteux profits de cette délocalisation en Chine : les multinationales Martel et Hasbro, numéro un et deux du marché du jouet, Lego, Fisher Price, Majorette, etc. Participent également à cette surexploitation tous les géants de la distribution : Auchan, Leclerc, Carrefour, Casino, etc.
Des patrons et des plumitifs à leur service justifient cette pratique qui serait selon eux bénéfique pour le développement des pays pauvres tels que La Chine. Ils feignent seulement d'oublier que le développement dont ils parlent n'est pas celui de ces pays mais celui des comptes en banques de quelques capitalistes esclavagistes modernes.
|