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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2003 |
| mis à jour le 01/08/2003 | |
| ILE DE LA REUNION | |
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Mensuel - archives
Année 2003
Dans ce numéro
Un jour férié pour les patrons.
Non à la diminution des CES ! Transformation de tous les CES en emplois permanents.
Dictature patronale.
Méthodes de patrons ou de voyous ?
L'art de faire disparaître les chômeurs.
Une rentrée scolaire tendue.
Une rentrée "salée".
De l'argent, le gouvernement en fait cadeau à certains !
La Sécu a bon dos.
Le marché des maisons de retraite.
Il y a des podiums dont on se passerait.
Toujours plus pour la recherche ... du profit.
Seilliere, lui, vole toujours.
La révolte des soutiers.
Le vice et la vertu.
Payer ou crever.
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Un jour férié pour les patrons.
Face à la catastrophe de cet été en France, Raffarin et, à sa suite, ses ministres, des journalistes, des spécialistes divers, accusent toute la population de ne pas avoir été solidaire des personnes âgées.
C'est qu'il est plus facile de culpabiliser tout le monde que de dire la vérité sur le fait que ce sont tous les gouvernements, depuis des années, qui sont responsables de l'insuffisance criante des moyens consacrés à l'aide aux personnes âgées, que ce soit dans les maisons de retraite ou à domicile.
Une personne très âgée demande des soins, pas tous médicaux, mais qui ne sont pourtant pas à la portée de tout le monde, en particulier, de ceux qui travaillent toute la journée. Faire lever une personne âgée et invalide de son lit et l'asseoir dans un fauteuil, c'est loin d'être facile pour tout le monde et l'opération inverse ne l'est pas plus. Lui faire sa toilette et tous les soins d'hygiène qui peuvent être nécessaires, ce n'est pas facile non plus.
Et pour le vieillard, c'est souvent plus acceptable par une personne étrangère mais qu'elle connaît bien que par quelqu'un de sa famille.
C'est effectivement la collectivité qui doit assumer cette responsabilité. Et la collectivité, c'est d'abord l'Etat. Nos impôts devraient servir à cela. Mais il est évident que l'Etat ne fait pas plus face à cette responsabilité qu'à bien d'autres.
Et le gouvernement Raffarin, pour sa part, au lieu de revenir sur les insuffisances des gouvernements qui l'ont précédé a, au contraire, amputé les aides aux personnes âgées, comme l'allocation personnalisée d'autonomie ou les subventions prévues pour l'amélioration des maisons de retraite.
Et Raffarin qui n'est rentré de vacances que le 11 août pour un conseil des ministres et qui est reparti aussitôt dans sa station d'altitude, ose affirmer que nous aurions tous pêché par indifférence.
Le comble du cynisme, c'est que la solution qu'il envisage pour l'avenir, c'est de demander à tous les salariés de travailler une journée de plus, et cela gratuitement, par la suppression d'un jour férié dans l'année. On parle soit du lundi de Pâques soit de celui de la Pentecôte, ou encore du 8 mai, date de la victoire sur l'Allemagne en 1945. Il envisage, pour les deux lundis, de consulter les autorités religieuses, qui s'en moquent et ont déjà donné leur avis, et de consulter les associations d'anciens combattants qui, elles, protestent sur le choix du 8 mai.
Mais on ne parle surtout pas de consulter les salariés, pourtant les plus concernés ! Ni non plus de leur donner les moyens de contrôler ce que les patrons feront réellement de l'argent supplémentaire qu'ils auront gagné par cette journée de travail gratuit.
D'ailleurs, Seillière n'a pas caché son contentement et il l'a même proclamé.
Bien sûr, inutile de se poser la question de savoir si cette journée de travail ira à l'aide aux personnes âgées. Une fois dans l'escarcelle du patronat, bien malin qui ira y chercher la somme correspondante.
Le gouvernement parle de faire payer une cotisation supplémentaire spéciale ! Mais au nom de l'égalité, elle serait payée moitié par les salariés et moitié par les employeurs. C'est-à-dire que les travailleurs, si on laisse faire, donneront deux fois : une fois en travaillant gratuitement une journée, et une autre fois en payant une cotisation supplémentaire.
Raffarin spécule sur les sentiments de solidarité des travailleurs et de la population en général, sentiments qui, contrairement à ce qu'il prétend, sont répandus et solides.
Mais qu'il se méfie, si les travailleurs découvrent l'escroquerie et comprennent que la solidarité qu'on leur demande n'est qu'envers leurs patrons et pas envers les vieux, cela, ajouté à tout le reste, risque d'échauffer les esprits, au point que les grèves, qui ne se sont pas étendues aux mois de mai-juin, pourraient bien le faire en septembre-octobre.
Arlette LAGUILLER.
Non à la diminution des CES ! Transformation de tous les CES en emplois permanents.
La menace d'une baisse de 75 % du nombre de contrats CES au deuxième semestre 2003 à la Réunion a créé un fort émoi parmi les travailleurs concernés. En effet, des milliers de familles ne disposent que de ces revenus pour survivre.
L'émoi a été fort, mais pour d'autres raisons, dans la classe politique. De la droite au PCR en passant par le PS, un front s'est constitué pour demander des comptes au gouvernement. Ces gens-là craignent la colère des CES et de la population laborieuse en général.
Mais pas plus que le gouvernement, ils n'ont de solutions sérieuses à proposer aux CES. Car il faudrait pour cela être prêt à s'en prendre aux intérêts des capitalistes ; et à obliger l'Etat à consacrer l'argent public à créer des emplois qui manquent cruellement dans tous les services publics.
Les CES ont manifesté leur colère, ils doivent trouver à leurs côtés tous les autres travailleurs victimes eux aussi du patronat et de ce gouvernement anti-ouvrier.
Dictature patronale.
À NABELEC Sainte Suzanne, entreprise travaillant principalement en sous-traitance pour EDF, il faut vraiment avoir besoin de gagner sa croûte pour y travailler, vu les conditions imposées par le patron.
Démarrage du travail à 5 h 30, retour parfois à 17 h. Heures supplémentaires, primes de paniers pas payées. Travail continu parfois jusqu'à 14 h sans temps de repos. Injures du patron, y compris à caractère sexuel. Les travailleurs sont bons à tout faire, y compris à ramasser la m... du chien du patron ! Licenciements abusifs. Et on en passe.
En voilà un qui a besoin qu'on le mette au pas !
Méthodes de patrons ou de voyous ?
La classe patronale n'aime pas celles et ceux qui se mettent en travers de ses projets. On a vu cela chez Vogue dans le Sud, chez Techbat à Bras Panon, à la station Shell de Saint André, chez Carpaye, à Grand Matin, les travailleurs combatifs, les militants ouvriers sont menacés, voire licenciés.
Même dans le secteur public, l'intimidation a cours. Un des porte-parole des enseignants en grève, Eric Soret, a vu les pneus de sa voiture crevés et on a mis le feu dans sa maison.
Quant au responsable du Collectif Emplois en Danger, Jean-Hugues Ratenon, il s'est fait arrêter et emmener au commissariat de Saint-Benoît. On reproche à son association l'occupation illégale du siège de l'association des maires.
En voulant couper quelques têtes, patrons et gouvernement s'imaginent pouvoir intimider les autres travailleurs. Ils se préparent des lendemains qui déchantent.
L'art de faire disparaître les chômeurs.
En France, les chiffres du chômage de juillet ont surpris tout le monde : alors qu'il y a multiplication des licenciements, le nombre des demandeurs d'emplois aurait baissé de 0,2% par rapport à juin ! Même le ministère du Travail a admis qu'il s'agit d'un "vrai-faux" chiffre.
La raison de ce cafouillage est simple : avant de radier certains chômeurs, les centres ASSEDIC leur envoient une lettre de rappel. Mais la moitié des centres ASSEDIC s'est contenté d'un simple coup de fil. Et quand il n'y avait personne pour répondre, le chômeur était radié. Voilà comment les statistiques ont "perdu" 15 000 chômeurs pourtant bien réels !
Une rentrée scolaire tendue.
Le ministre Luc Ferry fait le beau dans les médias pour désamorcer le mécontentement des personnels de l'Education nationale.
Mais ils ont de quoi être mécontents ! Entre les professeurs et les aides-éducateurs, il manquerait 20 000 personnes pour encadrer les élèves.
Le gouvernement a donc réuni tous les ingrédients pour alimenter la colère dans l'Education nationale des personnels et des parents d'élèves.
Une rentrée "salée".
La rentrée va coûter aux étudiants. Les frais d'inscription augmentent de 3 à 5 %, le restaurant universitaire de 4 %. En même temps, certaines aides au logement diminuent de 30 % et les bourses sont loin de suivre la hausse des prix.
Le gouvernement veut ainsi récupérer 90 millions d'euros.
Ceux qui en feront le plus les frais sont les étudiants de familles modestes, les boursiers et ceux qui doivent travailler pour financer leurs études.
De l'argent, le gouvernement en fait cadeau à certains !
Le gouvernement parle sans cesse des " difficultés budgétaires, qui ne permettent pas de tout faire ". C'est pourtant lui qui a décidé pour cette seule année de bien beaux cadeaux fiscaux pour les plus riches : 400 millions d'euros au titre des réductions de l'impôt sur la fortune et 1,2 milliards d'euros pour les seules deux plus hautes tranches d'imposition au titre des baisses de l'impôt sur le revenu.
Voilà l'équivalent de plus de 10 milliards de francs qui auraient pu être utilisés immédiatement pour faire face aux besoins le plus urgents de la grande masse démunie des personnes âgées.
La Sécu a bon dos.
Le "trou de la Sécu" se serait chiffré à 10 milliards pour cette année et pourrait être, dit-on, de 15 milliards en 2004.
Le gouvernement insiste sur ces chiffres pour mieux préparer ses attaques contre la Sécu. Comme s'il n'était pas normal qu'on puisse se soigner mieux du fait des progrès de la médecine.
Mais le gouvernement passe sous silence la responsabilité des industriels de la pharmacie et de l'équipement hospitalier qui n'ont aucun scrupule à profiter de l'argent de la Sécu.
Et il ne dit rien des multiples exonérations des charges sociales patronales qui creusent le "trou".
Le marché des maisons de retraite.
En France, le secteur privé ne gère que 14 % des lits des maisons de retraite. Mais ce secteur est en pleine expansion. Comme il sélectionne, par des tarifs élevés, les malades les moins pauvres, et comme il bénéficie également d'aides publiques, les bénéfices sont considérables. L'une des deux principale société privée a vu son cours à la bourse multiplié par six depuis 1998. Si la plupart des maisons de retraite connaissent la pénurie, certains patrons s'assurent des retraites en or.
Il y a des podiums dont on se passerait.
La suppression annoncée d'un jour férié ne calme pas le patronat. Le patron du parti gouvernemental UMP, Jacques Barrot, trouve les 35 heures encore trop contraignantes pour les patrons. Cela nuirait à la compétitivité des entreprises françaises.
Encore un gros mensonge de la droite. Selon un rapport récent, les travailleurs français sont les champions du monde de la production par heure de travail (avec les travailleurs belges et norvégiens).
Alors pourquoi en rajouter, sinon pour chanter la chanson du patronat !
Toujours plus pour la recherche ... du profit.
Le gouvernement Jospin s'était engagé dans le démantèlement de la recherche publique en attribuant notamment des crédits d'impôts aux entreprises privées. Son objectif était d'équilibrer la recherche publique et la recherche privée en faveur de cette dernière.
Aujourd'hui la situation n'a guère changé d'autant plus que le gouvernement actuel a diminué de 10 % le budget pour la recherche en 2003.
Les crédits d'impôts attribués aux entreprises privées n'ont pas contribué à créer des emplois. On note même une diminution dans ce secteur.
Seilliere, lui, vole toujours.
Après Air Lib, c'est au tour d'Air Littoral de déposer son bilan. L'une et l'autre compagnies aériennes appartenaient au groupe de Seillière et Swissair qui les a menées à la faillite en retirant ses capitaux.
Air Littoral avait déjà supprimé 300 emplois. 1000 autres sont maintenant menacés.
À la suite du gouvernement Jospin, celui de Raffarin a accordé un prêt à Air Littoral en exigeant qu'il soit garanti par les collectivités locales.
Sans même que cela garantisse les emplois à Air Littoral, ce sont donc les contribuables qui paieront, car ni la gauche ni la droite ne veulent s'en prendre à Seillière, le "patron des patrons".
La révolte des soutiers.
Les chantiers navals Alstom de Saint-Nazaire, qui construisent le "Queen Mary 2" sont des champions de la surexploitation. Ils ont partie liée avec 800 entreprises sous-traitantes qui emploient plus de 8000 salariés. Beaucoup viennent de pays étrangers et on leur impose parfois 60 heures par semaine, pour moins que le SMIC. Aussi bien Alstom que les autorités se taisent sur ces situations.
Mais les exploités se révoltent parfois. Des grèves se succèdent : ouvriers indiens en mars, grecs et portugais en avril, et roumains récemment, avec l'aide de la CGT. L'exploitation n'a pas de frontières, la solidarité non plus.
Le vice et la vertu.
Une maison de courtage britannique lance un nouveau produit financier axé sur "le vice". Il regrouperait en effet des actions de secteurs comme le jeu, la cigarette, l'alcool et les armes, qui connaissent des progressions supérieures aux autres indices boursiers. Mais, prétend le courtier, n'auront pas leur place dans ce produit financier les entreprises qui "polluent et exploitent de la main d'Suvre bon marché". On respire.
Payer ou crever.
L'Organisation Mondiale du Commerce a fait un petit geste : certains pays pauvres pourront utiliser des médicaments génériques (à meilleur marché) sans payer de droits aux labos. Mais attention : seulement en cas de "crise sanitaire".
En fait, les habitants des pays les plus pauvres continueront de mourir car, "crise sanitaire" ou pas, on y meurt par manque de tout : de médicaments mais aussi d'eau et de nourriture...
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