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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2003 |
| mis à jour le 01/09/2003 | |
| ILE DE LA REUNION | |
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Mensuel - archives
Année 2003
Dans ce numéro
Un gouvernement ébranlé, une opposition qui ne s'engage pas.
Femmes et violences.
Raffarin fait la poche des pauvres pour remplir celles des riches.
Budget de voleurs.
Des canons au lieu des hôpitaux.
Négociation collective.
Canal moins.
Du côté des impôts locaux.
Demandez le programme.
En toute "justice".
L'exemple vient d'en haut.
Promergy ou autre ?
Des propositions très affinées.
Greve à Nabelec.
La pression continue.
Cratère, un case pour le quartier.
Menace sur les écoles maternelles ?
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Un gouvernement ébranlé, une opposition qui ne s'engage pas.
Si l'on en croit les derniers sondages, Raffarin rivalise donc avec Juppé pour battre les records d'impopularité d'un chef de gouvernement après à peine plus d'un an d'exercice du pouvoir. Les résultats de ces sondages ne sont pas étonnants. Cette impopularité est la conséquence de sa politique. Le gouvernement a été déstabilisé par les mouvements sociaux, la grève des enseignants, la lutte contre les atteintes aux retraites, les manifestations des intermittents du spectacle, qui n'ont certes pas réussi à faire vraiment reculer Raffarin, mais qui ont rencontré la sympathie de larges secteurs de la population, comme par la situation tragique des hôpitaux qu'a révélée la canicule. Au point que l'on peut se demander si ce gouvernement arrivera à tenir jusqu'aux élections régionales et européennes de l'année prochaine, ou si Chirac ne préférera pas opérer d'ici là un remaniement ministériel, voire un changement de premier ministre.
Il préférerait certes ne pas devoir en arriver là, mais le prolongement de la situation actuelle peut l'amener à ce choix, à cause en particulier des remous qu'elle suscite au sein de sa propre majorité dont les députés voudraient bien ne pas traîner ce discrédit devant les électeurs.
Raffarin est tellement conscient du fait qu'il ne peut pas compter sur le soutien des couches populaires, que non content d'aller dans tous les domaines au devant des voeux du MEDEF, il multiplie les gestes et les déclarations pour flatter la fraction la plus réactionnaire, la plus viscéralement anti-ouvrière, de l'électorat bourgeois et petit-bourgeois.
Les dernières mesures annoncées concernant la limitation à deux ans du versement de l'Allocation Spécifique de Solidarité, destinée aux chômeurs en fin de droit, vont dans ce sens. Elles ne représenteront en effet qu'une économie dérisoire au niveau du budget de l'Etat, mais elles contribuent à présenter les travailleurs privés d'emplois comme des fainéants. Il en est de même des déclarations de Raffarin du genre : "l'avenir de la France, ce n'est pas un immense parc de loisirs", ou de celles affirmant qu'il faut baisser l'impôt sur le revenu pour "encourager ceux qui travaillent". Comme si ceux qui ne paient pas d'impôts sur le revenu, parce que leurs salaires sont trop misérables, étaient des paresseux, alors que les riches, même lorsqu'ils se contentent de vivre de leurs rentes, étaient des gens courageux, dignes de tous les éloges... et de tous les avantages fiscaux.
Ce faisant, Raffarin ne prend pas un gros risque par rapport à l'électorat populaire, parce que, si le Parti Socialiste espère bien que l'impopularité du gouvernement Raffarin lui permettra de revenir un jour prochain aux affaires, il se garde bien d'apparaître en adversaire résolu des mesures que prend la droite.
Jamais on n'a entendu Hollande, Fabius, ou les autres, s'engager, si la gauche gagnait de futures élections, à annuler toutes les mesures prises depuis un an et demi par la droite. Et pour cause : depuis 1981, malgré les multiples alternances gauche-droite au gouvernement, c'est fondamentalement la même politique économique, chaque gouvernement s'inscrivant dans la continuité du précédent. Le Parti Socialiste ne se propose plus depuis longtemps de changer la société, pour sortir d'un système écono-mique qui accumule d'immenses richesses d'un côté, et fabrique de plus en plus de pauvres et d'exclus de l'autre. Et aucun des dirigeants du Parti Socialiste, même parmi ceux qui se prétendent les plus à sa gauche, ne propose de rompre avec cette politique.
Mais cela ne signifie pas que le monde du travail n'ait aucun moyen de mettre un terme à la politique de régression sociale qui est menée depuis des années. Ce ne sont pas les discours de l'opposition parlementaire, mais les mouvements sociaux de mai-juin de cette année, bien qu'ils aient été limités, qui ont ébranlé le gouvernement Raffarin. Cela montre la voie à suivre pour faire ravaler à la bourgeoisie et à son gouvernement ses prétentions à traiter les travailleurs comme des esclaves et à les croire stupides.
Arlette LAGUILLER.
Femmes et violences.
Les violences commises sur les femmes ou les jeunes filles sont hélas monnaie courante à La Réunion. Il ne se passe pas un mois sans que les journaux les relatent.
Bien que relégués le plus souvent dans la rubrique " faits divers ", ces actes sont des manifestations, sous sa forme la plus abjecte parfois, de l'oppression que subissent les femmes qui doivent le plus souvent supporter la domination des hommes, tant dans la vie professionnelle que dans la vie sociale et politique.
Ainsi, à l'oppression sociale que subissent tous les salariés, s'ajoute pour les femmes une oppression liée au sexe.
Il y a plus d'un siècle et demi, un socialiste français expliquait que le degré de civilisation était toujours en rapport avec celui de l'émancipation des femmes.
De ce point de vue, nous ne sommes pas sortis de la barbarie.
Raffarin fait la poche des pauvres pour remplir celles des riches.
Les travailleurs bénéficiaires de l'ASSEDIC perdront sept mois d'indemnités à partir du 1er janvier 2004. Ils seront également obligés de travailler plus de six mois pour bénéficier du dispositif. Par exemple, un travailleur qui devait percevoir trente mois d'ASSEDIC n'aura plus que vingt trois mois. Et celui qui est embauché sur une période de quatre mois ne sera pas indemnisé.
Cette mesure prise à l'encontre du monde du travail a été concoctée par le patronat. Mais elle a eu l'accord de la CFDT, de la CGC et de la CFTC.
La réforme du système d'indemnisation du chômage va exclure des ASSEDIC 13 000 personnes à La Réunion.
De plus, la décision du gouvernement Chirac-Raffarin de supprimer l'Allocation Spécifique de Solidarité pour les chômeurs en fin de droit touchera aussi plusieurs milliers de personnes. Celles-ci se retrouveront donc avec le seul RMI et verront leurs maigres ressources divisées par deux.
Cette mesure contre les plus pauvres ne rapportera que 150 millions d'euros au gouvernement. Qu'importe, puisque cette mesure est aussi destinée à satisfaire l'électorat réactionnaire et anti-ouvrier satisfait du tandem Chirac-Raffarin.
Pendant ce temps, le gouvernement fera une croix sur 1,3 milliards d'euros de recettes suite à sa décision de baisser de 3 % l'impôt sur le revenu. Une mesure qui bénéficiera surtout aux plus riches.
Budget de voleurs.
Les gouvernants parlent du "trou abyssal" de la Sécurité sociale. Mais le trou du budget de l'Etat est près de quatre fois plus énorme.
Dans un cas comme dans l'autre, la cause essentielle des déficits est les cadeaux accordés au patronat, subventions, aides, diminutions d'impôts, de charges, etc. Ce sont ces cadeaux que la collectivité finance.
Par dessus le marché, elle paie les intérêts des dettes de l'Etat et de la Sécu, en enrichissant les banques qui profitent des déficits publics.
L'entretien du patronat coûte horriblement cher aux plus démunis !
Des canons au lieu des hôpitaux.
Parmi les rares postes budgétaires en augmentation, il y a l'armée. Le budget de la Défense, le second de l'Etat, grimpe de plus de 9 % pour le matériel militaire.
La France n'est pas en guerre et aucun pays ne la menace. Alors pourquoi toutes ces armes ?
Pour faire, actuellement, la police en Afrique. Pour participer, un jour, aux côtés des Américains, à l'occupation de l'Irak.
Mais ces avions, chars et missiles en plus, ce sont autant d'écoles, de logements et d'hôpitaux en moins... et de profits en plus pour les marchands d'armes privés, les Dassault et autres Lagardère.
Négociation collective.
C'est à partir du 1er octobre que le ministre des Affaires sociales, entame des rencontres avec les syndicats en vue d'une réforme des règles régissant les négociations collectives. Actuellement, un accord d'entreprise ne peut être moins favorable qu'un accord de branche. Mais le patronat veut plus de marge pour négocier au niveau des entreprises et le gouvernement s'apprête à exaucer ses vSux. S'il arrive à faire passer sa réforme, cela pourrait se traduire pour beaucoup de salariés par une perte d'un certain nombre d'avantages. Surtout pour ceux qui travaillent dans les petites ou moyennes entreprises.
Canal moins.
Pour, dit-il, trouver des sous, le ministère des Finances veut lutter contre la fraude à la redevance télé.
Une redevance particulièrement injuste pour une télé déjà payée par la publicité, de plus en plus envahissante, qu'on impose aux téléspectateurs.
Le ministère désire obtenir les fichiers des abonnés aux télés payantes.
Les abonnés à Canal Satellite ou Parabole Réunion risquent ainsi de se retrouver sur les listes du ministère des Finances.
Le fisc est inquisiteur, sauf quand il s'agit des riches et du grand patronat.
Du côté des impôts locaux.
Pendant que Raffarin-Chirac vantent la baisse de l'impôt sur le revenu, les impôts locaux flambent. En moyenne, + 2,1 % en 2001, + 2,2 % en 2002. En 2003, l'addition sera salée et encore plus en 2004.
Cela depuis qu'au nom de la décentralisation, les gouvernements socialistes, puis leurs successeurs de droite ont de plus en plus retiré l'Etat du financement de certains services publics en les laissant à la charge des collectivités locales.
Ce tour de passe-passe cache, bien mal, une augmentation du poids des impôts sur les plus pauvres tandis que le patronat, lui, y a gagné.
Demandez le programme.
Dans le cadre des futures élections, une formation politique propose la mise en place d'un "pacte national pour l'emploi".C'est qui, l'UMP, l'UDF ? C'est de droite ou de gauche ? Il s'agit, en l'occurence, du PS.
Ce "pacte national pour l'emploi", ce n'est rien d'autres que de belles paroles déjà entendues dix fois.
Si le Parti socialiste revient au pouvoir, il fera exactement la même chose que lorsqu'il était au gouvernement : rien qui déplaise au patronat.
En toute "justice".
Ancien Premier ministre de Chirac et chef de l'UMP (le parti chiraquien successeur du RPR), Juppé passe en justice dans l'affaire des "emplois fictifs du RPR".
En tant qu'ancien chef du RPR et ancien maire de Paris, Chirac aurait dû être sur le banc des accusés. Mais il est protégé par l'immunité présidentielle que lui a reconnue le précédent gouvernement socialiste.
Pourtant, il s'agit du pillage en grand des caisses de la ville de Paris pour financer le parti et la carrière de Chirac. Cela directement, ou sous la forme de marchés publics attribués à des entreprises, en échange de pots-de-vin.
On verra si la justice condamnera Juppé qui se défend en disant que, dans les années 70 et 80, de telles pratiques étaient courantes. Bref, que le PS, notamment, faisait de même.
Finalement, pour ces partis, c'est la routine.
L'exemple vient d'en haut.
Après s'être fait licencié il y a quelques années du poste de directeur de la Caisse de Retraite de la Réunion avec une indemnité de 2 millions de francs, voilà que K'Bidy, l'ancien maire (UDF de Virapoullé) de Saint Joseph, s'est fait mettre à la porte de la SEMADER.
Là aussi il n'est pas parti les mains vides car l'organisme " qui traverse de grosses difficultés ", a quand même su dégager la modique somme de 150 000 euros en guise de dédommagement, précisant que cela correspond à un an de salaire, congés annuels compris !
Camarades employés et ouvriers, en cas de licenciement, prenez l'exemple de K'Bidy pour vos demandes d'indemnisation !
Promergy ou autre ?
La Région et le Département avaient émis un avis favorable à l'entreprise Promergy pour l'installation d'une centrale électrique et d'une usine de raffinage du sucre au Port. Cependant, il semblerait que le porte-parole de cette entreprise ait déjà eu des démêlés judiciaires pour faillite personnelle.
La droite a dénoncé les aides et les subventions que la Région s'apprêtent à accorder à Promergy. Ce qui la gêne c'est uniquement le choix de Vergès et non les subventions et les aides qui seront versées. Le contraire serait surprenant quand on sait que la droite répond toujours présente lorsqu'il s'agit d'arroser le patronat.
Elections obligent, il faut bien que la droite saisisse l'occasion de se distinguer. Ce qui lui est souvent difficile quand la gauche mène la politique de la droite.
Des propositions très affinées.
Mandaté en janvier dernier par la commission de l'Assemblée Nationale, le député UMP Marc Laffineur vient de présenter son rapport sur la fonction publique dans les départements et régions d'Outre Mer.
Ce partisan de Chirac y affirme qu'il y a trop de fonctionnaires dans les DOM et ROM et qu'ils sont trop payés. Il préconise donc de réduire leur nombre et de baisser leurs salaires, en supprimant la prime de vie chère par exemple.
Cette idée n'est pas nouvelle et a déjà germée dans plusieurs têtes de politiciens de droite et de gauche.
Mais à chaque fois qu'un gouvernement a voulu le mettre en pratique, il s'est heurté à une forte résistance et a dû reculer. C'est certainement pourquoi la ministre de l'Outre Mer vient d'expliquer que le sujet n'était pas à l'ordre du jour.
Comme quoi, grèves et manifestations laissent à tous ces gens-là des souvenirs bien salutaires.
Greve à Nabelec.
À NABELEC, une entreprise située à Sainte-Suzanne, une provocation de trop du patron a déclenché la réaction des travailleurs. Le patron avait en effet décidé la mise à pied d'un chauffeur. En solidarité, cinq de ses camarades ont refusé de reprendre le travail. Le lendemain, une douzaine d'ouvriers se mettaient en grève. Un cahier de revendications de douze points a été rédigé. Il exigeait en particulier le respect de l'application de la convention collective du bâtiment (application des coefficients donc augmentation des salaires, primes de déplacement et de paniers, jours de RTT...), l'arrêt des licenciements, le retrait des sanctions et l'organisation d'une élection de délégués du personnel.
Après quatre jours de grève, les ouvriers de NABELEC n'ont pas obtenu satisfaction sur toutes leurs revendications. Mais le patron a tout de même signé un protocole d'accord où il acceptait l'application de la convention et l'organisation des élections.
La pression continue.
Le patron de NABELEC n'acceptant pas le recul qu'il a dû concéder maintient ses menaces de licenciements contre trois travailleurs, tous ex-grévistes et dont l'un est candidat à la prochaine élection de délégués du personnel.
Est-ce un hasard, celui-ci a vu sa voiture être vandalisée à trois reprises ces dernières semaines sur le parking de l'entreprise : feu, puis vitre cassés, vol d'un siège bébé et moteur mis hors service par l'introduction de matière corrosive.
Les grévistes ont été menacés de violence par un nervi employé à la mairie de Saint André.
Voilà ce que sont les méthodes d'un patron voyou !
Cratère, un case pour le quartier.
Très souvent, on entend dire que les jeunes traînent dans la rue, qu'ils s'ennuient. Pourtant au Cratère (Saint-Benoît), où des jeunes réclament un endroit pour se réunir et mener des activités, la municipalité n'est pas prête à satisfaire leurs demandes.
Mépris et démagogie envers les jeunes, c'est tout ce dont ils sont capables, jusqu'aux jours où jeunes et moins jeunes s'organiseront pour faire entendre raison au Maire.
Menace sur les écoles maternelles ?
Des syndicats d'enseignants et la FCPE ont tenu une conférence de presse pour attirer l'attention des familles sur la menace qui pèserait sur le maintien de la scolarisation des enfants avant l'âge de six ans dont le gouvernement aimerait bien ne plus financer l'éducation.
Pour l'instant le gouvernement n'a encore rien décidé. Mais le ministre délégué à l'enseignement Xavier Darcos s'est interrogé sur le bien fondé de la scolarisation des enfants en bas âge. Pour ce ministre comme pour l'ensemble des membres du gouvernement, le but c'est de faire des économies sur les services publics ; et peu leur importe l'éducation de nos enfants.
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