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mis à jour le 01/10/2003
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2003
Dans ce numéro
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Le capitalisme, c'est la misère.
Le vendredi 19 octobre fut la journée du refus de la misère. A cette occasion des propositions ont fleuri de toute part, sans qu'aucune d'entre elles ne remette véritablement en cause le système capitaliste pourtant seul responsable e la misère justement.
Dans le monde, plus de 1,4 milliards de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et environ 800 millions souffrent de malnutrition. Les plus concernés sont ceux qui habitent les pays du Sud qui paradoxalement détiennent des richesses énormes tel que le pétrole, l'or et des minerais divers.
Mais même dans un pays riche comme les Etats-Unis, plus de 33 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, 43 millions n'ont pas de couverture de maladie et un nombre très élevé de travailleurs sont en situation d'emploi précaire.
En France, la situation tend à empirer. C'est ainsi que les travailleurs devront cotiser plus longtemps pour s'assurer d'une retraite. Ceux qui sont sans emploi verront diminuer leur ASS. Et pour bénéficier d'une indemnité des ASSEDIC ils devront avoir travaillé plus de 6 mois. A cela s'ajoute une diminution des indemnités pour les ayants droits à partir du 1er janvier 2004. Quant au chômage, il ne recule pas bien au contraire et les emplois créés sont de plus en plus des emplois précaires.
Pendant ce temps, les patrons réalisent des profits colossaux. La part du revenu national revenant au monde du travail qui était de 70 % dans les années 80 est tombée à 60 %. En 20 ans, le patronat a donc récupéré 10 % de la richesse produite, au détriment des travailleurs. Ce qui se traduit concrètement par la suppression de milliers d'emplois et par l'augmentation de la misère.
À la Réunion, la situation est également tout autant difficile. Le nombre de chômeurs avoisine les 100 000 et celui des érémistes a encore augmenté. Le nombre d'emplois aidés tend à se développer avec les exonérations de charges sociales patronales. Et ce sont ces exonérations qui sont en grande partie responsables du trou de la Sécurité Sociale.
Un reportage d'Antenne Réunion montrait que les sans logis sont pour la plupart d'anciens travailleurs qui ont été licenciés ; des travailleurs à qui des patrons ont supprimé leur emploi et qui doivent vivre aujourd'hui sans toit et sans manger à leur faim.
Et puis n'est pas inadmissible aussi de travailler pour un salaire de misère, de devoir se satisfaire d'emplois précaires tel que les CES, CEC, RMA ? N'est-il pas intolérable de ne pas avoir les moyens nécessaires pour vivre correctement dans un monde qui regorge de richesses ?
Le refus de la misère passe par la lutte contre l'exploitation des travailleurs, contre le système capitaliste qui engendre l'inégalité et l'oppression. Cette société doit être changée. Le capitalisme ne peut être l'avenir du monde. Sur ses ruines doit être bâtie une autre société, respectueuse des individus qui la composent, de leur vie et de leurs besoins : une société communiste.
Les chefs de bloc EDF mettent la pression !
Les 14 chefs de bloc vapeur EDF qui travaillent dans les centrales privées du Gol et de Bois Rouge ont cessé le travail fin octobre. Ils revendiquaient d'être payés comme les chefs de bloc travaillant en France et aux Antilles et de bénéficier d'un certain nombre de primes telle que les indemnités kilométriques pour leurs trajets. La direction d'EDF au lieu de répondre à leurs revendications leur a dit : soit vous réintégrez le centre EDF, avec perte de revenus donc, soit vous quittez EDF pour aller vous faire exploiter par les actionnaires de la SIDEC, la société propriétaire des usines privée !
La réponse des chefs de bloc ne s'est pas faite attendre : le 20 et le 21 octobre dernier, ils coupaient la vapeur, privant ainsi d'alimentation électrique les usines sucrières attenantes. Des négociations s'engageaient à nouveau avec la direction d'EDF et les grévistes reprenaient le travail le 21 après-midi. Mais voyant que les négociations n'avançaient pas, ils recoupaient les installations le 27, ce qui provoquait, entre autres, la colère des planteurs dont les cannes ne pouvaient être traitées au rythme normal.
On a vu à cette occasion de quelle démagogie anti-salariés étaient capables les dirigeants de la CDJA. Au lieu de faire pression sur la direction d'EDF, ils ont menacé les travailleurs en grève. Les planteurs qui les suivent feraient bien de réfléchir à deux fois pour savoir où se situe leur vrai intérêt qui est d'être aux côtés des salariés d'EDF et des centrales privées, contre les dirigeants d'EDF, de la SIDEC et des usiniers qui les exploitent eux aussi !
La direction d'EDF a finalement signé un protocole d'accord le 28 octobre au soir, reconnaissant aux chefs de blocs de la Réunion les mêmes classifications que leurs camarades de Corse et des Antilles. Cependant, elle maintient son chantage vis-à-vis de ces travailleurs en leur imposant soit leur retour dans d'autres secteurs d'EDF, soit leur transfert à la SIDEC.
Grève à la chambre d'agriculture.
Mercredi 22 octobre, à l'appel des syndicats CGTR et CFDT une centaine d'agents, de la Chambre d'Agriculture venant de toutes les antennes de l'île, se sont donnés rendez-vous " sous le manguier " devant le siège de l'institution à St Denis. Ils protestaient contre la mutation arbitraire de plusieurs de leurs collègues, dont deux à plus de 80 kilomètres de leurs domiciles, et demandaient également des augmentations de salaires ainsi que des indemnités de repas et de déplacement.
Dès le mois de juillet, les salariés ayant appris leurs mutations avaient fait une pétition et demandé à plusieurs reprises à leur direction une réunion de concertation à ce sujet. Devant le refus et l'obstination de la direction, il y eut deux jours de grève. Puis le mouvement a été suspendu et un autre préavis de grève déposé pour le 03 novembre.
Durant cette trêve, la direction de la Chambre a réuni les délégués syndicaux pour négocier sur les revendications des salariés. Le 31 octobre un accord a été trouvé. Les salariés ont obtenu la renégociation des mutations et des augmentations des indemnités de déplacement et de repas.
Bien que leur employeur ait préféré discuter avec les " représentants officiels " plutôt qu'avec les grévistes, les salariés de la Chambre ont le sentiment que c'est grâce à leur action que celui-ci a reculé.
La direction de la " Chambre verte "pensait faire passer son projet de force. Aujourd'hui elle broie du noir après que les salariés aient vu rouge !
Mozambique, les nouveaux commandeurs arrivent !
Une délégation des patrons réunionnais emmenée par le président de la Région, Paul Vergès, a été reçue par les autorités mozambicaines.
De ce pays 200 000 esclaves avaient été enlevés pour venir défricher la terre réunionnaise, planter la canne à sucre et ainsi permettre aux blancs français de faire fortune.
Le Mozambique est aussi un pays qui a subi pendant plusieurs siècles l'occupation coloniale portugaise. Ce n'est qu'au bout d'une longue et sanglante guerre de libération que le peuple mozambicain a recouvert son indépendance en 1975. Mais à la guerre d'indépendance a succédé une guerre civile entre le Frélimo, le parti qui a mené la guerre d'indépendance, et la Rénamo, mouvement soutenu par le régime raciste de Prétoria jusqu'au début des années 90.
Aujourd'hui le Mozambique est un pays épuisé et appauvri. L'espérance de vie y est de 40 ans (contre 75 ans à la Réunion) et les Mozambicains ne dispose en moyenne que de 60 centimes d'euro par jour pour vivre !
C'est dans ce pays aux salaires de misère que se tournent aujourd'hui les regards intéressés des Goulamaly (aquaculture), Apavou (hôtellerie), Cerisola (volailles) et autres Patrick Martin (acconiers) pour ce qui est la bourgeoisie réunionnaise, ou du groupe Péchiney (aluminium) pour la bourgeoisie française.
Bien sûr il ne s'agit pas pour ces gens-là d'établir de quelconques " relations fraternelles " avec le peuple mozambicain ou de réparer la dette que les colonialistes français ont vis-à-vis de lui, mais de l'exploiter à leur profit à nouveau.
Et la présence d'un Vergès dans leur délégation n'y change rien, elle ne fait que cautionner l'opération.