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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2003 |
| mis à jour le 01/10/2003 | |
| ILE DE LA REUNION | |
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Mensuel - archives
Année 2003
Dans ce numéro
Le capitalisme, c'est la misère.
Le couperet, oui, mais pour plus tard.
Pas touche aux privilèges patronaux.
Contrats-jeunes, que du vieux.
Ils sont gonflés !
Les labos se soignent.
On n'est pas solidaires des patrons.
L'argent nena.
Les chefs de bloc EDF mettent la pression !
Grève à la chambre d'agriculture.
Privatisation = régression sociale.
L'arithmétique capitaliste.
Chômage, haro sur les victimes !
Un mauvais coup... sauf pour certains.
Mozambique, les nouveaux commandeurs arrivent !
La repression avant la population.
Madagascar, le " renouveau " capitaliste... rien de neuf !
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Le capitalisme, c'est la misère.
Le vendredi 19 octobre fut la journée du refus de la misère. A cette occasion des propositions ont fleuri de toute part, sans qu'aucune d'entre elles ne remette véritablement en cause le système capitaliste pourtant seul responsable e la misère justement.
Dans le monde, plus de 1,4 milliards de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et environ 800 millions souffrent de malnutrition. Les plus concernés sont ceux qui habitent les pays du Sud qui paradoxalement détiennent des richesses énormes tel que le pétrole, l'or et des minerais divers.
Mais même dans un pays riche comme les Etats-Unis, plus de 33 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, 43 millions n'ont pas de couverture de maladie et un nombre très élevé de travailleurs sont en situation d'emploi précaire.
En France, la situation tend à empirer. C'est ainsi que les travailleurs devront cotiser plus longtemps pour s'assurer d'une retraite. Ceux qui sont sans emploi verront diminuer leur ASS. Et pour bénéficier d'une indemnité des ASSEDIC ils devront avoir travaillé plus de 6 mois. A cela s'ajoute une diminution des indemnités pour les ayants droits à partir du 1er janvier 2004. Quant au chômage, il ne recule pas bien au contraire et les emplois créés sont de plus en plus des emplois précaires.
Pendant ce temps, les patrons réalisent des profits colossaux. La part du revenu national revenant au monde du travail qui était de 70 % dans les années 80 est tombée à 60 %. En 20 ans, le patronat a donc récupéré 10 % de la richesse produite, au détriment des travailleurs. Ce qui se traduit concrètement par la suppression de milliers d'emplois et par l'augmentation de la misère.
À la Réunion, la situation est également tout autant difficile. Le nombre de chômeurs avoisine les 100 000 et celui des érémistes a encore augmenté. Le nombre d'emplois aidés tend à se développer avec les exonérations de charges sociales patronales. Et ce sont ces exonérations qui sont en grande partie responsables du trou de la Sécurité Sociale.
Un reportage d'Antenne Réunion montrait que les sans logis sont pour la plupart d'anciens travailleurs qui ont été licenciés ; des travailleurs à qui des patrons ont supprimé leur emploi et qui doivent vivre aujourd'hui sans toit et sans manger à leur faim.
Et puis n'est pas inadmissible aussi de travailler pour un salaire de misère, de devoir se satisfaire d'emplois précaires tel que les CES, CEC, RMA ? N'est-il pas intolérable de ne pas avoir les moyens nécessaires pour vivre correctement dans un monde qui regorge de richesses ?
Le refus de la misère passe par la lutte contre l'exploitation des travailleurs, contre le système capitaliste qui engendre l'inégalité et l'oppression. Cette société doit être changée. Le capitalisme ne peut être l'avenir du monde. Sur ses ruines doit être bâtie une autre société, respectueuse des individus qui la composent, de leur vie et de leurs besoins : une société communiste.
Le couperet, oui, mais pour plus tard.
Le projet du député UMP Laffineur de supprimer l'abattement de 30 % des impôts applicable dans les DOM et la prime de vie chère des fonctionnaires a fait réagir les ténors de la droite locale. Tien Ah Koon, Victoria et Bénard ont déclaré en chSur " Ne touchez pas à nos fonctionnaires, on en a besoin ! ", " Qu'on nous laisse tranquilles ! ".
Ce n'est pas que toute la clique de la droite locale est opposée au programme d'un Laffineur, mais à quelques mois des élections, ce n'est pas le moment ! Na war aprè !
Pas touche aux privilèges patronaux.
La droite parisienne a le don de mettre en rogne ses petits copains de la Réunion. Méhaignerie, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale a proposé ni plus ni moins de supprimer le remboursement de la TVA non perçue aux patrons des DOM, sous prétexte de lutte contre les niches fiscales !
Dans un seul élan, le Médef local, les syndicats d'exploitants agricoles, Virapoullé, Victoria et Vergès ont dénoncé ce " coup de poignard dans le dos des PME ".
Que l'Etat cesse de rembourser une taxe au patronat qui ne l'a jamais payée scandalise les patrons et les politiciens à leur service. Mais le fait que les travailleurs soient poignardés par la TVA à chaque achat de produit de première nécessité ne fait réagir aucun d'entre eux.
Contrats-jeunes, que du vieux.
Raffarin s'est dit content : le cent millième contrat-jeune a été signé. Grâce à cette formule, les patrons gagnent 225 euros par mois les deux premières années, tout en embauchant des jeunes payés au SMIC.
Bien sûr, cela n'empêche ni le chômage ni la précarité d'augmenter.
Ils sont gonflés !
En adoptant le budget de la Sécu pour 2004, les députés ont supprimé le remboursement des certificats médicaux nécessaires à certaines formalités administratives.
Le ministre de la Santé dit qu'il ne faut pas que la Sécu paie des consultations destinées à "des exigences administratives". Tout cela pour récupérer 20 millions d'euros payés par la population.
Les labos se soignent.
Depuis un mois 84 médicaments sont déremboursés. Pour cesser de les rembourser, le gouvernement les avait présentés comme peu efficaces. Mais ils sont très efficaces... pour les profits des actionnaires de l'industrie pharmaceutique. Et leurs prix, devenus libres, explosent : plus 35 % pour certains, et même jusqu'à plus 400 % !
L'an prochain, une nouvelle liste de 400 médicaments déremboursés sera publiée. Si ça continue comme ça, à moins d'être riche on ne pourra plus se soigner.
On n'est pas solidaires des patrons.
Au nom de la solidarité avec les vieux, le gouvernement envisage de faire travailler le lundi de Pentecôte, d'augmenter la CSG, d'augmenter le prix du timbre, etc. Et peut-être tout à la fois. Mais il y a un financement qu'il n'évoque jamais : taxer les profits patronaux.
En travaillant le lundi de Pentecôte, les salariés rapporteraient bien plus à leurs patrons que les 0,2 à 0,3 % de la masse salariale reversés à l'Etat par les employeurs. La différence serait tout bénéfice pour les patrons. Alors, non !
L'Etat donne déjà trop de cadeaux au patronat, pour accepter celui-là.
L'argent nena.
En 1980, la rémunération des présidents et équipes dirigeantes des sociétés du CAC 40 (cotées en bourse) équivalait à 20 SMIC. En 2002, elle équivalait à 554 SMIC ! Quelques exemples de la " modicité " des salaires patronaux : Jean-Marie Messier du temps où il était patron de Vivendi touchait 5,72 millions d'euros par an. Seillières, le président du Médef qui pleure aujourd'hui sur les patrons victimes d'attaques injustes au sujet de leurs revenus excessifs, a lui gagné 1,7 millions d'euros en tant que président de De Wendel Investissement. Et il est actionnaire de bien d'autres entreprises !
Alors, pendant que la classe ouvrière voit son pouvoir d'achat fondre tous les jours un peu plus, les capitalistes augmentent sans cesse leur richesse. Le bonheur des patrons fait le malheur des travailleurs. A quand l'inverse ?
Les chefs de bloc EDF mettent la pression !
Les 14 chefs de bloc vapeur EDF qui travaillent dans les centrales privées du Gol et de Bois Rouge ont cessé le travail fin octobre. Ils revendiquaient d'être payés comme les chefs de bloc travaillant en France et aux Antilles et de bénéficier d'un certain nombre de primes telle que les indemnités kilométriques pour leurs trajets. La direction d'EDF au lieu de répondre à leurs revendications leur a dit : soit vous réintégrez le centre EDF, avec perte de revenus donc, soit vous quittez EDF pour aller vous faire exploiter par les actionnaires de la SIDEC, la société propriétaire des usines privée !
La réponse des chefs de bloc ne s'est pas faite attendre : le 20 et le 21 octobre dernier, ils coupaient la vapeur, privant ainsi d'alimentation électrique les usines sucrières attenantes. Des négociations s'engageaient à nouveau avec la direction d'EDF et les grévistes reprenaient le travail le 21 après-midi. Mais voyant que les négociations n'avançaient pas, ils recoupaient les installations le 27, ce qui provoquait, entre autres, la colère des planteurs dont les cannes ne pouvaient être traitées au rythme normal.
On a vu à cette occasion de quelle démagogie anti-salariés étaient capables les dirigeants de la CDJA. Au lieu de faire pression sur la direction d'EDF, ils ont menacé les travailleurs en grève. Les planteurs qui les suivent feraient bien de réfléchir à deux fois pour savoir où se situe leur vrai intérêt qui est d'être aux côtés des salariés d'EDF et des centrales privées, contre les dirigeants d'EDF, de la SIDEC et des usiniers qui les exploitent eux aussi !
La direction d'EDF a finalement signé un protocole d'accord le 28 octobre au soir, reconnaissant aux chefs de blocs de la Réunion les mêmes classifications que leurs camarades de Corse et des Antilles. Cependant, elle maintient son chantage vis-à-vis de ces travailleurs en leur imposant soit leur retour dans d'autres secteurs d'EDF, soit leur transfert à la SIDEC.
Grève à la chambre d'agriculture.
Mercredi 22 octobre, à l'appel des syndicats CGTR et CFDT une centaine d'agents, de la Chambre d'Agriculture venant de toutes les antennes de l'île, se sont donnés rendez-vous " sous le manguier " devant le siège de l'institution à St Denis. Ils protestaient contre la mutation arbitraire de plusieurs de leurs collègues, dont deux à plus de 80 kilomètres de leurs domiciles, et demandaient également des augmentations de salaires ainsi que des indemnités de repas et de déplacement.
Dès le mois de juillet, les salariés ayant appris leurs mutations avaient fait une pétition et demandé à plusieurs reprises à leur direction une réunion de concertation à ce sujet. Devant le refus et l'obstination de la direction, il y eut deux jours de grève. Puis le mouvement a été suspendu et un autre préavis de grève déposé pour le 03 novembre.
Durant cette trêve, la direction de la Chambre a réuni les délégués syndicaux pour négocier sur les revendications des salariés. Le 31 octobre un accord a été trouvé. Les salariés ont obtenu la renégociation des mutations et des augmentations des indemnités de déplacement et de repas.
Bien que leur employeur ait préféré discuter avec les " représentants officiels " plutôt qu'avec les grévistes, les salariés de la Chambre ont le sentiment que c'est grâce à leur action que celui-ci a reculé.
La direction de la " Chambre verte "pensait faire passer son projet de force. Aujourd'hui elle broie du noir après que les salariés aient vu rouge !
Privatisation = régression sociale.
Les travailleurs de France Télécom se font du souci. L'Etat qui était l'unique actionnaire de leur entreprise diminue ses parts d'année en année au point que bientôt celles-ci tomberont au-dessous des 50 %. La pression des nouveaux actionnaires privés se fait donc sentir plus lourdement chaque jour et l'Etat qui avait garanti le statut de fonctionnaire à ceux qui l'avaient encore jusqu'en 2035 a ramené cette date à 2019.
La garantie de l'emploi gêne bien sûr les intérêts des actionnaires privés qui voudraient sabrer les effectifs et baisser les salaires en supprimant par exemple la prime de vie chère comme ils l'ont déjà fait pour ceux qui ont le statut privé.
Avec la privatisation, les profits grimpent, mais les travailleurs trinquent.
L'arithmétique capitaliste.
Une nouvelle loi permet aux pères de trois enfants, et ayant 15 ans d'ancienneté de partir en préretraite. A France Télécom Réunion, une centaine de travailleurs ont d'ores et déjà fait savoir que dans ces conditions ils étaient volontaires pour cesser le travail. Mais la direction n'a prévu en tout et pour tout que 30 embauches pour les remplacer.
Faire faire par un travailleur le travail de trois, voilà comment le gouvernement Chirac-Raffarin entend lutter contre le chômage.
Chômage, haro sur les victimes !
Jeudi 23 octobre, le président de la Cour d'Appel de Saint Denis a réclamé le paiement de 3 075 euros de dommages et intérêts et 6 mois de prison à l'encontre d'un chômeur de 54 ans.
Celui-ci, poussé à bout parce que les Assedic ne lui avaient toujours pas versé ses indemnités, " a saccagé du matériel informatique et brisé une porte vitrée " rapporte le JIR du 25 octobre.
Ainsi, pour la justice bourgeoise, ce n'est pas l'Etat mauvais payeur, ni le patron licencieur qui doivent être condamnés, mais la victime qui a le tort de se révolter et de réclamer son dû !
Un mauvais coup... sauf pour certains.
Disant vouloir "fluidifier le marché du travail", le gouvernement va supprimer le monopole de l'ANPE pour le placement des demandeurs d'emploi. Un prétexte pour un nouveau cadeau au privé.
Ce système ne redonnera pas de travail à plus de chômeurs, mais donnera de l'argent public aux margoulins privés.
Mozambique, les nouveaux commandeurs arrivent !
Une délégation des patrons réunionnais emmenée par le président de la Région, Paul Vergès, a été reçue par les autorités mozambicaines.
De ce pays 200 000 esclaves avaient été enlevés pour venir défricher la terre réunionnaise, planter la canne à sucre et ainsi permettre aux blancs français de faire fortune.
Le Mozambique est aussi un pays qui a subi pendant plusieurs siècles l'occupation coloniale portugaise. Ce n'est qu'au bout d'une longue et sanglante guerre de libération que le peuple mozambicain a recouvert son indépendance en 1975. Mais à la guerre d'indépendance a succédé une guerre civile entre le Frélimo, le parti qui a mené la guerre d'indépendance, et la Rénamo, mouvement soutenu par le régime raciste de Prétoria jusqu'au début des années 90.
Aujourd'hui le Mozambique est un pays épuisé et appauvri. L'espérance de vie y est de 40 ans (contre 75 ans à la Réunion) et les Mozambicains ne dispose en moyenne que de 60 centimes d'euro par jour pour vivre !
C'est dans ce pays aux salaires de misère que se tournent aujourd'hui les regards intéressés des Goulamaly (aquaculture), Apavou (hôtellerie), Cerisola (volailles) et autres Patrick Martin (acconiers) pour ce qui est la bourgeoisie réunionnaise, ou du groupe Péchiney (aluminium) pour la bourgeoisie française.
Bien sûr il ne s'agit pas pour ces gens-là d'établir de quelconques " relations fraternelles " avec le peuple mozambicain ou de réparer la dette que les colonialistes français ont vis-à-vis de lui, mais de l'exploiter à leur profit à nouveau.
Et la présence d'un Vergès dans leur délégation n'y change rien, elle ne fait que cautionner l'opération.
La repression avant la population.
L'Etat malgache manque d'argent. Il est endetté. Incapable jusqu'alors de répondre aux besoins élémentaires de sa population, on aurait pu penser que le nouveau gouvernement aurait tout de même consacré le peu d'argent à sa disposition à développer l'instruction des masses, à investir dans les routes et les chemins de fer qui font tant défaut, à développer la production d'électricité, les réseaux d'eau potable, les hôpitaux et dispensaires.
Eh bien non, Ravalomanana, en bon capitaliste et représentant des privilégiés malgaches, a choisi d'acheter à l'armée allemande 500 véhicules de troupes, d'occasion il est vrai. Pour mater plus efficacement les prochaines grèves contre la vie chère et les bas salaires ?
Madagascar, le " renouveau " capitaliste... rien de neuf !
Il y a deux ans le gouvernement malgache décidait de privatiser un certain nombre d'entreprises d'Etat. La Solima, une entreprise du secteur pétrolier l'a été au profit de Shell et Total.
À cette époque, le gouvernement avait promis aux travailleurs le versement d'un certain nombre d'indemnités. Voyant que cette promesse n'était pas tenue, ils ont déclenché une grève pour en exiger le versement ainsi que l'augmentation de leurs salaires de 50 %, tant les prix ont augmenté.
La réponse du gouvernement " démocratique " de Ravalomanana ne s'est pas faite attendre, il leur a envoyé l'armée pour les déloger et a réquisitionné de force une partie des grévistes sous prétexte " de ne pas saper l'élan du renouveau ".
Encore un gouvernement qui ne connaît que l'élan de la matraque !
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