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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2003 |
| mis à jour le 01/11/2003 | |
| ILE DE LA REUNION | |
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Mensuel - archives
Année 2003
Dans ce numéro
Les Anjouanais victimes du racisme à Mayotte.
Ministre ou charlatan ?
Le droit des femmes.
RMA, l'entourloupe.
RMA, un hold-up contre les RMIstes.
MEDEF et gouvernement développent la misère.
La misère gagne du terrain.
Demain on rase gratis.
Faux débat sur l'école.
Universités, recul du ministre.
Où est le problème ?
La pompe à fric.
Le PS et les régionales.
Leçon de choses.
Chine, une dictature anti-ouvrière.
ORPH, responsabilité de l'État.
Bourbon Plastique.
Mort pour le capital.
Vira et les 35 heures.
Les 35 heures façon MEDEF.
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Les Anjouanais victimes du racisme à Mayotte.
Le 27 octobre dernier, le maire de la commune mahoraise de Brandélé a organisé l'incendie du village d'Hamouro, détruisant en totalité 28 paillotes occupées depuis trois ans par des Anjouanais en " situation irrégulière ".
Si cet acte raciste n'est pas un cas isolé, il illustre malheureusement, la xénophobie grandissante attisée par la lutte sans répit que mènent les autorités mahoraises, donc françaises, contre l'immigration dite clandestine, principalement anjouanaise, à Mayotte.
Mayotte détient en effet, la première place en France, peu enviable, pour le nombre d'expulsions d'étrangers, facilitées sans doute par l'instauration du visa depuis 1994. L'immigration clandestine y concernerait une personne sur quatre. On refoule chaque année 10 000 migrants, 5 070 " arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière " ont été pris en 2002.
Poussés par la misère, l'isolement et surtout l'insécurité due à la pression qu'exerce le régime dictatorial et policier du colonel Azali sur le reste des îles de l'archipel, les Comoriens espèrent bénéficier à Mayotte d'infrastructures telles qu'hôpitaux, écoles et trouver du travail.
Embarqués ou plutôt entassés sur des pirogues, les kwassa-kwassa, ces pauvres hères risquent leurs vies en parcourant en mer les quelques 80 kilomètres qui les séparent de " l'Eldorado ".
Ils sont d'abord la proie des passeurs peu scrupuleux qui se font payer 1500 euros le " passage " et qui parfois n'hésitent pas à les abandonner en les laissant sur des récifs coralliens.
Pour ceux qui arrivent à Mayotte, il faut fuir ou affronter les autorités et parfois la population autochtone. Pour survivre les immigrants se vendent à certains " employeurs " pour 200 euros au plus par mois, le triple de ce qu'ils pourraient espérer toucher, s'ils avaient trouvé un emploi chez eux.
Interrogé par le Quotidien, le préfet de Mayotte considère que " l'immigration clandestine est nocive pour le développement de Mayotte " que les clandestins " ne sont pas les bienvenus... "
Ces propos infâmes et xénophobes du représentant de la France encouragé sans doute par ses supérieurs à Matignon, ne sont pas pour rapprocher des populations sSurs de Mayotte et celles des autres îles.
Tout comme les travailleurs et les pauvres de Mayotte ou de La Réunion, les comoriens sont les victimes d'un système qui ne se soucie guère des miséreux qu'il fabrique.
Ministre ou charlatan ?
Chaque semaine des professionnels de la santé tirent le signal d'alarme. A nouveau des syndicats des agents hospitaliers et des médecins s'inquiètent pour "l'avenir du service public de santé".
Mattei quant à lui, campe sur ses positions : il fait ce qu'il peut..., il fait des économies..., il rembourse moins les soins et les médicaments... Et il ose se proclamer ministre de la Santé !
Le droit des femmes.
Des députés, tous des hommes et de droite, ont voté en douce un amendement qui institue un délit "d'interruption involontaire de grossesse", puni d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende. Soutenus par le gouvernement, ils voulaient en fait remettre en cause l'IVG.
Cela a soulevé un tollé. Alors, le gouvernement a dit qu'on l'avait mal compris, puis, qu'il retirerait ce texte.
Jusqu'à la prochaine fois. Car les milieux réactionnaires catholiques refusent toujours que les femmes puissent décider de leur maternité.
RMA, l'entourloupe.
Fillon, le ministre des Affaires sociales, déclarait récemment que " certains chômeurs s'étaient installés dans l'assistance " et que c'était pour les en sortir que le gouvernement a décidé de créer le RMA.
Quel culot a ce ministre, qui par ailleurs ferme les yeux sur les dizaines de milliers de licenciements, de traiter ainsi les licenciés de fainéants. Quel culot faut-il qu'il ait pour les traiter d'assistés quand le gouvernement arrose le patronat de milliards de subventions.
En l'occurrence, le RMA n'est rien d'autre qu'une subvention de plus aux patrons. Ceux-ci percevront le RMI et n'auront à payer que la différence entre le RMA et le RMI, c'est-à-dire 183 euros par mois, soit deux euros par heure.
Alors, s'il y a des " assistés ", ce sont bien les patrons. Mais eux le sont grâce à notre travail.
RMA, un hold-up contre les RMIstes.
Le RMA devait, selon les termes du gouvernement, "redonner le goût du travail " aux chômeurs.
Mais l'on constate qu'un travailleur au RMA, dès lors qu'il a un enfant perdrait de l'argent par rapport à son RMI. Ainsi avec un enfant il peut perdre entre 22,85 et 146,36 euros et avec 4 enfants le déficit de revenu peut varier de 475,72 à 599,23 euros.
RMA : Risque Maximum d'Arnaque !
MEDEF et gouvernement développent la misère.
L'accord signé en décembre 2002 par le MEDEF et les syndicats CFDT, CFTC et CGC va retirer le bénéfice de l'Allocation Spéciale de Solidarité (ASS) à de nombreux chômeurs en fin de droit.
Le gouvernement prétend qu'ils pourront bénéficier du RMA, mais pour bénéficier du RMA il faut être érémiste. Mais comme l'attribution du RMI tient compte des revenus du foyer et non pas uniquement ceux du chômeur, des milliers de chômeurs n'auront pas droit au RMI.
Le message du gouvernement et du MEDEF à ces travailleurs en fin de droit est clair : vous pouvez crever !
La misère gagne du terrain.
Le 8 décembre, les Restos du coeur vont à nouveau ouvrir leurs portes en France. Année après année, ils ont toujours davantage de pauvres car le chômage, la précarité, la misère, sont toujours en progression.
Et cela dans un des pays les plus riches de la planète. Rectification : où les patrons sont parmi les plus riches du monde.
Demain on rase gratis.
En période électorale les promesses sont de saison. La croissance en France, a dit Raffarin " sera l'an prochain de 1,7% à 2% ", et a-t-il ajouté " je pense qu'elle dépassera les 2% en 2005 ".
Raffarin n'en sait rien, mais remarquons tout de même au passage qu'il ne promet rien en ce qui concerne l'emploi.
C'est que si la croissance revient, ce sera évidemment bon pour les patrons, sans que cela conduise forcément à une amélioration pour les chômeurs, et pour l'ensemble des travailleurs sur qui pèse le chômage.
Raffarin est un homme "de communication" : il promet, il blablate. Mais pour lutter contre le chômage, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes.
Faux débat sur l'école.
Le débat sur l'école du 22 novembre dernier n'a pas attiré grand monde. Enseignants et parents ont conscience qu'il est une mascarade dans le but de cautionner la politique du ministère de l'Education Nationale.
Tout le monde s'accorde à dire que tout est déjà décidé mais que le gouvernement veut donner l'impression de privilégier les discussions avant de prendre de mauvaises mesures.
Un deuxième débat est prévu pour le 6 décembre. Ce jour-là des syndicats du personnel de l'Education Nationale appelle à manifester à Saint-Denis et à Saint-Pierre. Soyons nombreux à dire notre choix pour l'éducation de nos enfants : des moyens supplémentaires et surtout des moyens humains.
Universités, recul du ministre.
Ferry le ministre de l'Education est un spécialiste de la marche arrière.
Son projet "d'autonomie des universités", qui pourrait constituer une amorce de privatisation, avait été une première fois suspendu au printemps dernier quand les profs étaient dans la rue.
Il vient maintenant de déclarer, devant les manifestations étudiantes qu'"aucun projet de loi n'est inscrit au programme de travail du gouvernement". Avec les élections, ce n'est pas le moment. Mais pour lui ce n'est que partie remise.
Même si on sait que le gouvernement cède plus facilement aux étudiants qu'aux travailleurs, cela donne quand même des idées !
Où est le problème ?
Au terme de marchandages et peut être même de procès la France sera sans doute condamnée à une forte amende pour l'affaire du rachat d'Executive Life par le Crédit Lyonnais aux Etats-Unis.
Si elle ne paye pas, le Crédit Lyonnais, banque devenue privée aujourd'hui, risque de perdre le droit d'avoir des activités aux USA. Et alors, c'est le pro-blème des banquiers, pas celui des contribuables !
Et de toute façon, ce n'est pas à nous de payer pour les affaire véreuses du patron Pineau ou pour des dirigeants du Crédit Lyonnais de l'époque.
La pompe à fric.
Un cadre supérieur de chez Vivendi (aujourd'hui baptisée Veolia) révèle les procédés illicites du trust pour s'enrichir avec l'eau.
Entre autres, faire payer aux usagers des réparations de canalisations qui ne sont pas faites ou à peine faites. Et ainsi, le trust a accumulé un magot de plus de 5 milliards d'euros.
Vivendi pompe l'argent, et les autorités, qui étaient au courant, ont laissé faire.
Le PS et les régionales.
Le PS local a décidé de présenter sa propre liste aux prochaines élections Régionales. Ses dirigeants veulent compter leurs voix et misent sur un bon résultat au premier tour afin de pouvoir obtenir un nombre important de places au second sur la liste de Paul Vergès.
Le PS pense qu'une bonne partie de l'électorat se tournera vers lui pour sanctionner la politique du gouvernement Raffarin. Mais c'est faire fi du jugement des électeurs qui voient bien que leur programme ne diffère en rien de celui des autres listes. A part quelques promesses de créer des emplois dans des associations, il n'y a rien qui puisse donner envie aux travailleurs et aux plus pauvres de voter pour eux.
Et surtout c'est vite oublier que quand leurs amis étaient au pouvoir en France, ils ont mené une politique identique à celle de la droite c'est-à-dire tournant le dos aux intérêts des travailleurs et des plus pauvres.
Leçon de choses.
Depuis deux ans, la France et l'Allemagne ont un déficit qui dépasse les 3% autorisés par le "pacte de stabilité" européen. Pas étonnant, vu ce que Raffarin et Schroeder distribuent sans compter aux patrons.
Les gouvernements français et allemand bafouent le pacte de stabilité. Pourtant, ils n'ont pas été sanctionnés par les autorités européennes. Elles ont décidé de "geler" ce pacte.
Comme quoi, quand certains, dans la majorité ou l'opposition, invoquent le caractère prétendu impératif des critères de Maastricht, etc., ils se moquent de nous.
Cela leur sert à justifier leur politique anti-ouvrière. Mais quand les patrons en ont besoin, ils traitent leurs propres traités comme des chiffons de papier.
Chine, une dictature anti-ouvrière.
En Chine, les travailleurs paient le développement brutal et anarchique de l'économie du pays, sous capitaux privés, dont sont si fiers ses gouvernants. Pour les neufs premiers mois de cette année, il a été recensé 740 000 accidents de travail dont 96 000 mortels, une véritable hécatombe.
La rapacité des patrons dont un bon nombre sont des investisseurs occidentaux, ajoutée au cynisme, à la complicité et à la violence des autorités du pays expliquent cela.
La classe ouvrière chinoise paie de son sang l'enrichissement de quelques uns. La seule chose à souhaiter pour que cela change, c'est qu'elle prenne réellement le pouvoir pour son propre compte dans cet immense pays qui n'a eu de communiste que le nom.
ORPH, responsabilité de l'État.
Coup sur coup, plusieurs associations s'occupant de personnes handicapées se sont retrouvées dans l'incapacité financière de poursuivre leurs activités. Soit suite à des malversations financières de leurs dirigeants (comme l'Association Saint Jean de Dieu), soit par manque de fonds comme à l'ORPH.
Dans le cas de l'ORPH, il y a même eu toute une campagne de presse organisée par la direction pour accuser les grévistes de la CGTR d'avoir, par leurs revendications salariales, provoqué la liquidation de la structure.
En fait, ces structures associatives fonctionnent bien souvent grâce au dévouement des parents associés et des travailleurs majoritairement en contrat précaire.
L'Etat qui consacre des milliards à subventionner le patronat et à entretenir une armée inutile, se désintéresse complètement de ce service public. Ce serait pourtant à lui de financer ce type de structure qui devrait pouvoir fonctionner sans problème financier, aussi bien au niveau des investissements que pour payer ses salariés.
Bourbon Plastique.
Après une semaine d'arrêt de travail, les 90 grévistes de Bourbon Plastique à la Rivière du Mât ont contraint leur direction à reconnaître l' " unité économique " de tous les secteurs de l'entreprise, et en particulier de celui du roto moulage que leur patron Thiéblin voulait filialiser.
Dans la foulée de la filialisation, le groupe Quartier Français, propriétaire de l'usine ne visait ni plus ni moins qu'à casser les acquis communs à tous les salariés de l'usine.
La direction en a été pour ses frais. Elle a dû concéder aussi une prime de fin d'année de 250 euros. Les jours de grève sont en partie payés, pris sur les congés ou retenus sur plusieurs mois.
Mort pour le capital.
Le 24 novembre dernier, un ouvrier de Cenergy (ex-SPIE) perdait sa vie au travail.
On lui avait demandé d'ascensionner un poteau électrique non fiché en terre, simplement retenu au sol par un petit bloc de béton pour y fixer un câble lourd.
Les normes de sécurité dans un cas pareil auraient nécessité l'utilisation d'une nacelle, ce qui aurait évité une chute d'une hauteur de dix mètres jusqu'à terre. Cet ouvrier s'est retrouvé écrasé sous le poteau auquel il était attaché. Sa cage thoracique a été enfoncée et son cerveau irrémédiablement endommagé. Il avait 38 ans, était marié et père de quatre enfants.
Il paraît que dans cette entreprise, on avait " l'habitude de travailler de cette façon ". Les patrons de Cénergy, sous-traitant d'EDF, entre autres, n'y voyaient aucun inconvénient. Ca leur faisait gagner du temps... et de l'argent.
Vira et les 35 heures.
Virapoullé avait déclaré qu'avant la fin de son mandat de sénateur, il tuerait les 35 heures. Bien évidemment il ne s'agit pas pour lui de supprimer les subventions aux patrons prévues par la loi Aubry. Seulement de s'en prendre à la RTT en revenant aux 39 heures. Et il se justifie en disant que beaucoup de travailleurs veulent voir leur salaire augmenter quitte à être obliger de travailler plus.
Vira chaque fois que l'occasion se présente n'hésite pas à laisser entendre que les travailleurs sont des " tireurs o ki ". Il ne le dit pas clairement mais insiste sur le fait qu'on doit transpirer pour gagner un bon salaire.
Que les travailleurs souhaitent de réelles augmentations de salaire pour faire face aux coûts de la vie, pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, rien de plus normal. Mais pour cela pourquoi travailler plus ? Alors que le chômage est des plus important, qu'il faudrait pour le résorber partager le travail entre tous, n'y aurait-il pas d'autres solutions comme celle de prendre sur les profits patronaux trop longtemps accumulés ?
Les 35 heures façon MEDEF.
Les députés de droite ont créé une "mission d'évaluation sur les 35 heures". Cette mission conclut que les 35 heures issues des lois Aubry, c'est excellent pour les patrons.
En effet les patrons n'y ont rien perdu car la "modération salariale", ainsi que les gains de productivités dus à la flexibilité et à l'accroissement des rythmes de travail ont compensé la réduction de la durée du travail.
Cela n'a pas empêché l'Etat de dépenser 8 milliards d'euros en déduction des charges patronales en 2003, somme qui pourrait atteindre 23 à 24 milliards d'euros en 2004.
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