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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2004 |
| mis à jour le 01/01/2004 | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
Préparons une mauvaise année à Chirac, Raffarin et au MEDEF.
Patrons assassins !
Non au service minimum, oui au droit de grève !
Encore un forfait du gouvernement !
Ça presse aux urgences.
Qui dit mieux ? adjugé, vendu.
Michel Fontaine, ce n'est pas moi, c'est eux !
Grève des postiers à Saint Louis.
Profits et salaires des dirigeants à la hausse.
Les antillais ont dit non à l'assemblée unique.
Bas les voiles !
Lutte Ouvrière dans les prochaines élections régionales.
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Préparons une mauvaise année à Chirac, Raffarin et au MEDEF.
À partir du 1er janvier entrent en vigueur un certain nombre de mesures antisociales, dites " réformes " du gouvernement Raffarin. A La Réunion, 5000 chômeurs sont d'ores et déjà privés de l'indemnité que leur versait les Assedic. D'autres vont voir en cours d'année leurs allocations être fortement diminuées. Pire encore, l'accord signé entre le Medef et des dirigeants syndicaux comme Chérèque de la CFDT va aboutir à l'exclusion de 25 000 chômeurs d'ici 2005 à La Réunion qui, du coup, disparaîtront de la liste des chômeurs officiels. Nombre d'entre eux iront rallonger la liste des pauvres, des sans-toit, pour qui il n'existe pas de statistiques officielles, mais qu'on retrouvera plus nombreux dans les rues. Voilà le " cadeau " que leur offrent le Medef et les syndicalistes cogestionnaires de l'Unedic.
Pour ceux qui ne perdront pas tous les droits, il leur restera peut-être comme planche de " salut " le RMI ou l'ASS, suivant leur situation. Mais là encore, le gouvernement a frappé fort en réduisant la durée de l'allocation spécifique de solidarité à deux ans.
En plus de cela, comment oublier l'offensive contre les retraites qui va se traduire par l'obligation pour tous les salariés de cotiser 40 ans, puis 42 ans, pour avoir une retraite "à taux plein " ?
Toutes ces mesures sont d'autant plus ignobles qu'elles accroissent les difficultés dues à un chômage croissant, aussi bien en France qu'à La Réunion.
Par contre, pour les patrons et les riches 2003 n'a pas été une année noire. Ils ont profité de la baisse de leurs impôts. Et étant donné ce qu'ils gagnent, cela leur a fait de bonnes étrennes, auxquelles se sont ajoutées subventions et exonérations de toutes sortes.
Pour 2004, le gouvernement n'a pas l'intention de freiner ses largesses vis-à-vis du patronat qui ici bénéficie d'un traitement spécial avec l'application de la Loi Programme, une version de la Loi d'Orientation pour l'Outre Mer (YYYOM) que la droite a eu du mal à améliorer tant la gauche avait déjà bien fait les choses pour le patronat local.
Grâce à la loi programme, toutes les entreprises bénéficient dorénavant d'une exonération totale des cotisations sociales patronales dans la limite de dix à cinquante salariés suivant les secteurs, voire pour la totalité des salariés lorsqu'il s'agit des patrons de l'industrie de la restauration ou du tourisme.
Et puis, la cerise sur le gâteau c'est le Titre de Travail simplifié (TTS) déjà imaginé sous la gauche plurielle. Les entreprises de moins de onze salariés peuvent, grâce à lui, embaucher des salariés pour cent jours au plus par an, consécutifs ou non, sans contrat de travail, sans bulletin de salaire, sans même que ces derniers soient considérés comme faisant partie de l'effectif et ce, uniquement en retirant un " chéquier " au Trésor Public, à La Poste...
Si ce n'est pas là de la précarité poussée à l'extrême, qu'est donc ?
Pour ne pas faire de jaloux, Raffarin se propose de l'étendre au reste de la France sous le nom de " Chèque Emploi Petite Entreprise " !
Mais tous ces messieurs auraient tort de croire que leur horizon restera éternellement sans nuage. Raffarin, Fillon et leur patron Chirac, ont pu constater en mai-juin que leurs mauvais coups à répétition ne passaient pas aussi facilement qu'ils se l'imaginaient. Les grèves n'ont pas pu empêcher la remise en cause des retraites mais elles ont malgré tout inquiété ce gouvernement. C'est loin d'être suffisant, mais c'est un avertissement !
2003 est enterrée. Faisons de l'année 2004 l'année de l'enterrement des mesures antiouvrières de l'équipe chirac-Raffarin-Seillère.
Patrons assassins !
Le 19 avril dernier un ouvrier de l'entreprise funéraire Panchbaya mourait écrasé par l'effondrement de dizaines de plaques mortuaires au fond d'un container. Les plaques avaient été disposées sur la tranche afin de pouvoir en transporter plus. Le respect des normes de sécurité aurait voulu qu'elles soient empilées à plat.
Le patron vient d'être condamné à 18 mois d'emprisonnement avec sursis et à 15 000 euros d'amende.
Voilà ce que vaut la vie d'un ouvrier pour les capitalistes, à peine plus que le prix d'une plaque mortuaire.
Non au service minimum, oui au droit de grève !
À l'initiative de députés de l'UMP (le parti de Chirac) et de l'UDF (celui de Bayrou), un projet de loi instaurant le " service minimum " dans les services publics est discuté à l'Assemblée nationale. Ce projet est évidemment inspiré par le patronat et soutenu par tout ce que la France compte de réactionnaires.
Quant au PS, il s'est dit " partisan d'une négociation ", traduisez : il est déjà prêt à faire des concessions sur le droit de grève. Il demande même " une charte négociée des services publics " Avec une opposition de cette nature, le patronat et la droite n'ont rien à craindre. Nous si !
C'est tout de même un comble d'entendre tous ces privilégiés qui n'utilisent jamais les transports en commun, ne fréquentent ni les écoles, ni les hôpitaux publics, qui ne font pas la queue dans les bureaux de postes surchargés à cause du manque d'effectifs, venir la ramener sur la nécessité de maintenir le service public pendant les grèves.
À cause de leur politique de restrictions, c'est toute l'année que nous avons droit au service minimum. Alors pas question de toucher au droit de grève
Encore un forfait du gouvernement !
Parmi les mesures anti-sociales qui prennent effet le 1 janvier 2004, il y a l'augmentation du forfait hospitalier. Ce forfait a été institué par le socialiste Bérégovoy en 1983. Il l'avait justifié déjà à l'époque en disant que les hôpitaux n'avaient pas pour vocation de nourrir les malades mais de les soigner. En 1983 cette participation des malades à la restauration avait été fixée à 20 F (3,05 ).
Aujourd'hui Chirac et Raffarin la font passer de 10,67 à 13 . Soit une augmentation du forfait hospitalier de 423% en 20 ans.
Ça presse aux urgences.
Manque de personnel pour accueillir et soigner les patients rapidement et dans de bonnes conditions, cela fait des années que la coupe est pleine aux urgences. Ainsi, après l'inauguration, début décembre, des nouveaux locaux du centre des urgences du Groupe Hospitalier Sud Réunion (GHSR) au les moyens en personnels n'ont pas du tout suivi. Les urgentistes du GHSR se sont donc mis en grève une semaine, du 24 décembre au soir au 02 janvier. Ils réclamaient notamment la création de 5 postes de médecins et dénonçaient le sous-effectif permanent surtout pour les équipes de nuits, des dimanches et jours fériés où il n'est pas rare qu'un seul praticien doive faire face aux urgences vitales.
Finalement, après avoir obtenu la promesse de la création des cinq postes réclamés, les urgentistes ont suspendu leur mouvement de grève.
Faire des économies sur la santé est criminel et souhaitons, que, comme les médecins urgentistes, tous les travailleurs de la santé obligent bientôt ce gouvernement à donner les moyens pour soigner correctement les patients.
Qui dit mieux ? adjugé, vendu.
Le nombre de chômeurs qui vivent à la Réunion a, ces dernières semaines, été l'objet d'une petite polémique entre l'ANPE et les services de l'INSEE. Le dernier rapport de l'INSEE annonçait que le taux de chômage avait augmenté ces deux dernières années et qu'au deuxième trimestre 2004 l'île comptait 99.504 demandeurs d'emploi. Soit quasiment 25.000 de plus que ceux qui ont été recensés par l'ANPE qui se félicitait régulièrement de la baisse du taux de chômage depuis 1999.
Ce que les chiffres de l'INSEE ont au moins eu le mérite de mettre en lumière, c'est l'augmentation continue du chômage, chose que les travailleurs vivent au jour le jour et qui pèse de plus en plus dans la vie de tous. A l'occasion a été aussi levé un coin du voile sur les méthodes de l'ANPE, cette soi-disant agence au service des chômeurs qui fait tout pour les faire disparaître sur le papier, puisqu'elle ne peut leur trouver de véritable emploi. " Cachez-moi ces chômeurs que je ne saurais voir ! " lui commande en somme l'Etat.
Michel Fontaine, ce n'est pas moi, c'est eux !
Le 26 décembre 2003, le maire de St Pierre avait annoncé la reconduction sur trois ans de 86 CEJ. Nul doute que pour les jeunes concernés cela aurait été un ballon d'oxygène, au moins pour les trois ans à venir.
Mais le cadeau s'est avéré être un pétard mouillé : Le 31 décembre 2003 la mairie de Saint Pierre signifiait à certains la fin définitive de leur contrat et à d'autres la reconduction pour un an seulement.
Le maire, dans un article du JIR du 3 janvier 2004, a expliqué son revirement par le fait qu'il refuse de voir des contrats systématiquement renouvelés. Pour appuyer son affirmation, il a ajouté : " A-t-on déjà vu un employeur transformer 400 CDD en 400 CDI ?. " Pas vraiment ! Mais il faudra bien contraindre les patrons à le faire, tout comme il faudra obliger les maires à embaucher vraiment et pas seulement à jouer des CES, CEC, ou autres emplois jeunes, le temps des élections.
Grève des postiers à Saint Louis.
Depuis le 8 décembre les facteurs de La Rivière Saint Louis s'opposent à leur transfert vers la poste du centre ville. Cette délocalisation les obligerait à faire plus de trajet.
Le but avoué de cette opération, aux dires même d'une des responsables de la Poste au niveau de l'île, est faire des économies. Rentabilité, économies, concurrence, tels sont aujourd'hui les maîtres mots de la Poste qui s'intéresse plus aux placements financiers qu'à la distribution des courriers.
Profits et salaires des dirigeants à la hausse.
Selon les calculs de spécialistes en la matière, les salaires des dirigeants les plus importants des principales entreprises françaises ont quasiment doublé en quatre ans. Ils atteindraient aujourd'hui des moyennes de l'ordre du million d'euros annuels, et du double si l'on compte les stock-options dont ces dirigeants bénéficient. Quant à ceux des PDG, ils sont plus importants encore.
L'un d'entre eux a justifié l'ampleur de ces hausses en déclarant : " Traditionnellement, les dirigeants français étaient moins payés que leurs homologues étrangers. On a donc assisté à un phénomène de rattrapage à partir de 1997-1998 qui s'est poursuivi jusqu'à 2002 ".
Des salaires qui explosent, des phénomènes de " rattrapage "...comme on est loin du sort qui est réservé aux salaires des travailleurs qui eux sont, de fait, bloqués pour la plupart depuis des années et pour lesquels il n'y a ni rattrapage de ce que l'inflation leur rogne, ni alignement sur les salaires plus élevés perçus à l'étranger.
Ces salaires de PDG représentent l'équivalent du salaire de centaines de travailleurs. Mais ce n'est encore qu'un pourboire relativement à ce que les entreprises qu'ils dirigent rapportent aux actionnaires et aux principaux d'entre eux. Lorsque l'on observe les profits de ces principales entreprises françaises, on constate qu'ils représentent souvent mille fois le salaire de leurs PDG, voire davantage encore.
De bas salaires à la baisse pour les travailleurs, d'énormes salaires à la hausse pour les principaux dirigeants, et des profits énormes pour les actionnaires des principales entreprises, voilà résumé le fonctionnement " normal " du capitalisme.
Les antillais ont dit non à l'assemblée unique.
Appelés à se prononcer le 7 décembre 2003 sur l'assemblée unique, les Antillais ont voté majoritairement pour le " non "à 71,48% en Guadeloupe et à 50,48% en Martinique.
Nous publions ici des extraits de " Combat Ouvrier " daté du 20 décembre 2003, journal de l'organisation trotskyste du même nom qui milite aux Antilles :
[...] Sur les deux îles Guadeloupe et Martinique, la majorité des électeurs qui ont voté " non " est constitué de gens pauvres, de travailleurs. Ils ont refusé de donner leur caution à une opération lancée par des politiciens de droite (Michaux-Chevry, P.Petit) et politiciens indépendantistes (Marie Jeanne), auxquels s'étaient ralliés partis et groupements de gauche, partis socialistes de Martinique, diverses fractions socialistes de Guadeloupe, partis communistes (PCM et PCG), UPLG, Mouvement Guadeloupéen (indépendantistes). La ministre des DOM (avec le président derrière) jouait aussi son rôle dans l'opération. [...]
Ce projet dit d'assemblée unique, était mené tambour battant, sans clarté, avec de larges zones d'ombre, avec des aspects importants qui devaient être décidés après le vote et ailleurs ! Tout cela a rendu méfiantes les larges couches de la population. [...] L'ampleur du " non " ne laisse guère place à l'ambiguï té, il s'agit bel et bien d'un refus populaire catégorique d'une opération plébiscitaire des élus politiques. [...]
Le non massif expose donc crûment la méfiance et le mécontentement de la population envers les élus de tous bords. C'est une gifle aux politiciens locaux et une condamnation de toute la politique que mène le gouvernement contre les travailleurs, sur les retraites, les chômeurs, contre les rmistes, etc.[...]
La population, et principalement les couches pauvres et laborieuses, ont fait la démonstration aux politiciens de tout bord qu'elle est capable de peser sur les événements. Elle jouera un rôle encore plus déterminant lorsque cette influence ne se limitera pas aux urnes mais se fera aussi sentir dans la rue et dans les entreprises !
Bas les voiles !
Le débat suscité par le projet de loi qui interdirait le voile islamique ainsi que tous les signes ostensibles manifestant une appartenance religieuse... à l'école a provoqué une levée de bouclier de la part de chefs religieux et d'autres individus, qui mettent en avant la " tolérance religieuse "
Derrière le voile se cache en fait l'oppression dont sont victimes les femmes et les jeunes filles que des hommes (des pères, des grand-frères, des maris..) veulent être soumises.
Dans de nombreux pays comme en Algérie, en Afghanistan, au Nigeria...les femmes sont maintenues dans l'ignorance la plus totale et dans l'esclavage domestique. Celles qui refusent leur sort le font souvent au péril de leur vie.
Alors nous devons être du côté de toutes celles, ici comme ailleurs, qui luttent pour être libres et traitées comme des êtres humains à part entières.
Lutte Ouvrière dans les prochaines élections régionales.
Lutte Ouvrière fera tout pour présenter localement une liste constituée de femmes et d'hommes appartenant à la classe des travailleurs, à la population pauvre. Notre programme sera axé sur défense des intérêts de la classe ouvrière.
Face à la politique du gouvernement d'agression contre les travailleurs nous opposerons des mesures d'urgences :
- Interdire les licenciements collectifs dans les entreprises qui font des profits sous peine de réquisition.
-Arrêter des exonérations de cotisations sociales patronales et suppression des subventions accordées aux entreprises.
-Arrêter de toutes les privatisations et extension du service public sur tout le territoire et aux entreprises qui font du profit sur les besoins élémentaires de la population.
-Relever du taux de l'impôt sur les bénéfices, ainsi que sur les tranches supérieures de l'impôt sur le revenu.
Nous nous présentons aussi pour dire qu'il faut rejeter radicalement les idées de l'extrême droite qui divisent les travailleurs.
En France nos camarades feront des listes communes dans toutes les régions avec La Ligue Communiste Révolutionnaire.
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