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mis à jour le 01/01/2004
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2004
Dans ce numéro
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Préparons une mauvaise année à Chirac, Raffarin et au MEDEF.
À partir du 1er janvier entrent en vigueur un certain nombre de mesures antisociales, dites " réformes " du gouvernement Raffarin. A La Réunion, 5000 chômeurs sont d'ores et déjà privés de l'indemnité que leur versait les Assedic. D'autres vont voir en cours d'année leurs allocations être fortement diminuées. Pire encore, l'accord signé entre le Medef et des dirigeants syndicaux comme Chérèque de la CFDT va aboutir à l'exclusion de 25 000 chômeurs d'ici 2005 à La Réunion qui, du coup, disparaîtront de la liste des chômeurs officiels. Nombre d'entre eux iront rallonger la liste des pauvres, des sans-toit, pour qui il n'existe pas de statistiques officielles, mais qu'on retrouvera plus nombreux dans les rues. Voilà le " cadeau " que leur offrent le Medef et les syndicalistes cogestionnaires de l'Unedic.
Pour ceux qui ne perdront pas tous les droits, il leur restera peut-être comme planche de " salut " le RMI ou l'ASS, suivant leur situation. Mais là encore, le gouvernement a frappé fort en réduisant la durée de l'allocation spécifique de solidarité à deux ans.
En plus de cela, comment oublier l'offensive contre les retraites qui va se traduire par l'obligation pour tous les salariés de cotiser 40 ans, puis 42 ans, pour avoir une retraite "à taux plein " ?
Toutes ces mesures sont d'autant plus ignobles qu'elles accroissent les difficultés dues à un chômage croissant, aussi bien en France qu'à La Réunion.
Par contre, pour les patrons et les riches 2003 n'a pas été une année noire. Ils ont profité de la baisse de leurs impôts. Et étant donné ce qu'ils gagnent, cela leur a fait de bonnes étrennes, auxquelles se sont ajoutées subventions et exonérations de toutes sortes.
Pour 2004, le gouvernement n'a pas l'intention de freiner ses largesses vis-à-vis du patronat qui ici bénéficie d'un traitement spécial avec l'application de la Loi Programme, une version de la Loi d'Orientation pour l'Outre Mer (YYYOM) que la droite a eu du mal à améliorer tant la gauche avait déjà bien fait les choses pour le patronat local.
Grâce à la loi programme, toutes les entreprises bénéficient dorénavant d'une exonération totale des cotisations sociales patronales dans la limite de dix à cinquante salariés suivant les secteurs, voire pour la totalité des salariés lorsqu'il s'agit des patrons de l'industrie de la restauration ou du tourisme.
Et puis, la cerise sur le gâteau c'est le Titre de Travail simplifié (TTS) déjà imaginé sous la gauche plurielle. Les entreprises de moins de onze salariés peuvent, grâce à lui, embaucher des salariés pour cent jours au plus par an, consécutifs ou non, sans contrat de travail, sans bulletin de salaire, sans même que ces derniers soient considérés comme faisant partie de l'effectif et ce, uniquement en retirant un " chéquier " au Trésor Public, à La Poste...
Si ce n'est pas là de la précarité poussée à l'extrême, qu'est donc ?
Pour ne pas faire de jaloux, Raffarin se propose de l'étendre au reste de la France sous le nom de " Chèque Emploi Petite Entreprise " !
Mais tous ces messieurs auraient tort de croire que leur horizon restera éternellement sans nuage. Raffarin, Fillon et leur patron Chirac, ont pu constater en mai-juin que leurs mauvais coups à répétition ne passaient pas aussi facilement qu'ils se l'imaginaient. Les grèves n'ont pas pu empêcher la remise en cause des retraites mais elles ont malgré tout inquiété ce gouvernement. C'est loin d'être suffisant, mais c'est un avertissement !
2003 est enterrée. Faisons de l'année 2004 l'année de l'enterrement des mesures antiouvrières de l'équipe chirac-Raffarin-Seillère.
Profits et salaires des dirigeants à la hausse.
Selon les calculs de spécialistes en la matière, les salaires des dirigeants les plus importants des principales entreprises françaises ont quasiment doublé en quatre ans. Ils atteindraient aujourd'hui des moyennes de l'ordre du million d'euros annuels, et du double si l'on compte les stock-options dont ces dirigeants bénéficient. Quant à ceux des PDG, ils sont plus importants encore.
L'un d'entre eux a justifié l'ampleur de ces hausses en déclarant : " Traditionnellement, les dirigeants français étaient moins payés que leurs homologues étrangers. On a donc assisté à un phénomène de rattrapage à partir de 1997-1998 qui s'est poursuivi jusqu'à 2002 ".
Des salaires qui explosent, des phénomènes de " rattrapage "...comme on est loin du sort qui est réservé aux salaires des travailleurs qui eux sont, de fait, bloqués pour la plupart depuis des années et pour lesquels il n'y a ni rattrapage de ce que l'inflation leur rogne, ni alignement sur les salaires plus élevés perçus à l'étranger.
Ces salaires de PDG représentent l'équivalent du salaire de centaines de travailleurs. Mais ce n'est encore qu'un pourboire relativement à ce que les entreprises qu'ils dirigent rapportent aux actionnaires et aux principaux d'entre eux. Lorsque l'on observe les profits de ces principales entreprises françaises, on constate qu'ils représentent souvent mille fois le salaire de leurs PDG, voire davantage encore.
De bas salaires à la baisse pour les travailleurs, d'énormes salaires à la hausse pour les principaux dirigeants, et des profits énormes pour les actionnaires des principales entreprises, voilà résumé le fonctionnement " normal " du capitalisme.
Les antillais ont dit non à l'assemblée unique.
Appelés à se prononcer le 7 décembre 2003 sur l'assemblée unique, les Antillais ont voté majoritairement pour le " non "à 71,48% en Guadeloupe et à 50,48% en Martinique.
Nous publions ici des extraits de " Combat Ouvrier " daté du 20 décembre 2003, journal de l'organisation trotskyste du même nom qui milite aux Antilles :
[...] Sur les deux îles Guadeloupe et Martinique, la majorité des électeurs qui ont voté " non " est constitué de gens pauvres, de travailleurs. Ils ont refusé de donner leur caution à une opération lancée par des politiciens de droite (Michaux-Chevry, P.Petit) et politiciens indépendantistes (Marie Jeanne), auxquels s'étaient ralliés partis et groupements de gauche, partis socialistes de Martinique, diverses fractions socialistes de Guadeloupe, partis communistes (PCM et PCG), UPLG, Mouvement Guadeloupéen (indépendantistes). La ministre des DOM (avec le président derrière) jouait aussi son rôle dans l'opération. [...]
Ce projet dit d'assemblée unique, était mené tambour battant, sans clarté, avec de larges zones d'ombre, avec des aspects importants qui devaient être décidés après le vote et ailleurs ! Tout cela a rendu méfiantes les larges couches de la population. [...] L'ampleur du " non " ne laisse guère place à l'ambiguï té, il s'agit bel et bien d'un refus populaire catégorique d'une opération plébiscitaire des élus politiques. [...]
Le non massif expose donc crûment la méfiance et le mécontentement de la population envers les élus de tous bords. C'est une gifle aux politiciens locaux et une condamnation de toute la politique que mène le gouvernement contre les travailleurs, sur les retraites, les chômeurs, contre les rmistes, etc.[...]
La population, et principalement les couches pauvres et laborieuses, ont fait la démonstration aux politiciens de tout bord qu'elle est capable de peser sur les événements. Elle jouera un rôle encore plus déterminant lorsque cette influence ne se limitera pas aux urnes mais se fera aussi sentir dans la rue et dans les entreprises !