Site régional
mis à jour le 01/02/2004
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2004
Dans ce numéro
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Une liste d'extrème gauche aux régionales.
Lutte Ouvrière et M.A.R.O.N. se sont mis d'accord pour présenter une liste commune aux élections régionales du 21 mars prochain. Elle sera conduite par notre camarade Jean-Yves PAYET.
Cette liste s'oppose résolument à la politique anti-sociale du gouvernement Chirac-Raffarin mais entend aussi rappeler aux travailleurs que la gauche au pouvoir avait tourné le dos aux aspirations des classes laborieuses. Et demain, si cette gauche revenait aux affaires, elle ne reviendrait pas sur les décisions de la droite.
Notre liste aura à cSur de défendre un programme d'urgence pour les travailleurs et les pauvres :
- arrêt de toute aide ou subvention au patronat
- l'argent public pour améliorer les services publics
- embauche massif dans les secteurs utiles à la population (écoles, crèches, hôpitaux, transport, logement, éducateurs dans tous les quartiers populaires...)
- interdiction des licenciements collectifs surtout dans les entreprises qui font du profit.
Toutes ces mesures impliquent de rendre public aux travailleurs et à la population les comptes réels des entreprises, privées comme publics. Les salariés, les consommateurs, toute la population pourraient ainsi avoir un contrôle sur leur fonctionnement aujourd'hui secret.
Les candidats de la liste Lutte Ouvrière - M.A.R.O.N. s'engagent à défendre les intérêts des travailleurs et des pauvres.
Soyons donc nombreux à mettre le bulletin " Lutte Ouvrière-M.A.R.O.N. " dans les urnes et convainquons tous les membres de notre famille, nos amis, nos camarades de travail, nos voisins à en faire de même.
Benard à la place de Vira.
C'est finalement Alain Bénard, le maire de Saint-Paul, qui conduira la liste UMP aux élections régionales. La presse misait sur une candidature de Virapoullé étant donné que lors d'une réunion des 19 maires de droite son nom avait été retenu pour être la tête de liste.
Mais plusieurs raisons l'ont poussé à changer d'avis. Certains parlent de problème de santé, d'autres laissent entendre qu'il ne souhaite pas laisser la mairie à son fils Jean-Marie du moins pour le moment, car il le juge pas assez mûr pour faire face aux appétits de Camatchy, son premier adjoint.
Mais on peut aussi penser que Vira, conscient qu'il est difficile actuellement de porter les couleurs de l'UMP, le parti qui soutient la politique du gouvernement Chirac-Raffarin et dont le président Alain Juppé vient d'être condamné par la Justice, craignait une défaite. Cela aurait remis en cause son titre de leader de la droite locale.
En tout cas, les travailleurs et les pauvres n'ont rien à perdre du retrait de Vira. Et ils n'ont rien à gagner de la candidature de Bénard. Bénard comme Vira défend la politique du gouvernement Chirac-Raffarin. Avec ses amis politiques TAK, Audifax, Margie Sudre, Victoria, il a approuvé l'augmentation du nombre d'années de cotisation pour avoir droit à une retraite, la diminution de l'indemnisation des chômeurs, et bien d'autres mesures toutes plus désastreuses les unes que les autres pour les travailleurs. Alors, pas une de nos voix pour ces gens-là.
Juppé condamné par une loi qu'il a fait voter.
Dans la guerre qu'il livre aux catégories les plus pauvres de la population, le gouvernement ne laisse passer aucune occasion. Le remplacement de diverses prestations familiales par la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant) va se traduire pour des milliers de femmes vivant déjà avec de très faibles ressources (les 530 euros mensuels garantis par l'Allocation pour parent isolé) par une perte de 1300 euros dans les huit mois entourant la naissance de leur enfant, soit 30% de leurs revenus en moins durant cette période. Par contre, les familles les plus riches percevront 180 euros de plus par mois et quand elles emploient une nurse pour s'occuper de leurs enfants, elles continueront à bénéficier d'une réduction d'impôt pour emploi de personnel à domicile.
Pour le ministre des Affaires sociales, ce hold-up sur les ressources des mères les plus déshéritées ne serait qu'un "point de détail". En tout cas, le cas Juppé a plus intéressé la grande presse que le sort de ces mères qui n'ont pourtant, elles, commis aucun délit !
On a rarement entendu un tel concert de louanges adressé à un homme condamné pour des faits dont personne n'ose nier la réalité. "Un homme courageux... un homme d'honneur... un homme dont la France a besoin"... L'ironie de l'histoire, c'est que Juppé a été condamné par des juges qui ont simplement appliqué une loi que fit voter le gouvernement Balladur... auquel ce même Juppé appartenait (...).
Que Juppé ( ...) n'ait pas retiré d'avantage personnel de cette affaire d'emplois fictifs, offerts par la ville de Paris et des entreprises privées à des cadres du RPR, est secondaire. Car ce que cette affaire montre, comme celles qui avaient éclaboussé le Parti Socialiste en son temps, c'est l'emprise de l'argent sur la vie politique.
Nous vivons dans un pays qui se veut une "démocratie". C'est évidemment mieux qu'un régime de dictature. Mais cette prétendue démocratie n'est qu'un paravent, derrière lequel se dissimule la toute puissance du grand capital. La bourgeoisie possède ou contrôle tous les grands moyens d'information. Elle a à son service des armées de prétendus spécialistes dont le métier consiste à fabriquer l'opinion dans le sens qui convient le mieux aux possédants. Mais aussi des partis qui défendent ses intérêts, et à qui elle offre en retour les moyens de monopoliser la vie politique.
Ce sont les électeurs qui décident, nous dit-on hypocritement. Mais aucun travailleur, aucune organi-sation ouvrière indépendante des puissances d'argent, ne peut rivaliser à armes égales, dans une compétition électorale de quelque importance, avec les partis qui représentent les intérêts des classes dominantes.
Il y a quelques années, à la suite de la multiplication "d'affaires" trop criantes, la loi a hypocritement interdit les subventions ouvertes des entreprises aux partis politiques, et a mis en place un financement "public" (dans lequel la droite et le Parti socialiste se sont réservé la part du lion). Mais cela n'a évidemment pas empêché les vieilles pratiques, l'aide indirecte des grandes entreprises aux partis politiques de leur choix, les commissions versées à la suite de marchés juteux, ou l'utilisation des moyens que donne la gestion d'une grande ville ou d'une région, de continuer. Pour les classes riches, ces miettes redistribuées aux partis qui les servent ne sont rien en comparaison des cadeaux que les dirigeants politiques du pays leur font : les innombrables mesures prises pour permettre à la bourgeoisie de s'enrichir toujours plus au détriment des travailleurs en sont la preuve.
Mais puisque nous allons bientôt être appelés à voter pour décider qui, de la droite ou de la gauche (...), gérera dans les conseils régionaux les intérêts de la bourgeoisie, servons- nous du bulletin de vote pour faire le seul geste utile possible, pour dire que nous ne sommes pas dupes et que nous sommes de plus en plus nombreux à être déterminés à vouloir chambouler ce régime.
Arlette Laguiller.