| Site régional | |
![]() |
Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2004 |
| mis à jour le 01/04/2004 | |
| ILE DE LA REUNION | |
|
Mensuel - archives
Année 2004
décembre 2004
novembre 2004
septembre 2004
octobre 2004
juillet 2004
juin 2004
mai 2004
avril 2004
mars 2004
février 2004
janvier 2004
Dans ce numéro
Après le vote sanction.
Les rats font semblant de quitter le navire.
Élections cantonales.
Chômage en baisse ?
Impôts locaux, ils nous taxent.
L'impôt, pas pour les riches.
Une dette creusee par le grand patronat.
Sécu, aux patrons de payer !
Succès de la grève à Coredime.
Des grèves pour les salaires.
SOGECIR.
La réussite sur le dos de qui ?
Pourquoi on ne nous dit pas tout !
Le capitalisme c'est ça !
Seule la lutte collective arrêtera les attaques du patronat et du gouvernement.
|
Après le vote sanction.
La liste de l'UMP a reçu un camouflet lors des élections régionales, et c'est tant mieux. Elle n'a recueilli que 25 % des voix au premier tour et 32 % au second payant ainsi son soutien à la politique anti-sociale du gouvernement Chirac-Raffarin. Dans les dix-neuf communes qu'elle dirige, elle a été souvent devancée par la liste de Paul Vergès.
La liste l'Alliance (PCR, Freedom et autres groupes politiques) a obtenu plus de 34 % des voix au premier tour et près de 45 % au second. Quant à la liste PS-Verts, avec ses 16 % du premier tour et ses 22 % du second, elle a enregistré un score supérieur à celui des deux listes socialistes de 1993.
La gauche a donc tiré profit du vote sanction à l'égard de la politique du gouvernement. Cependant, le vote des électeurs ne signifie pas pour autant une approbation de la politique menée par la gauche pendant six ans à la Région. Paul Vergès lui-même a reconnu ce fait le soir des élections.
Au-delà de l'appel à sanctionner la politique du gouvernement, les programmes des deux listes de gauche ne proposaient rien de bon pour réduire efficacement le chômage, le principal fléau qui touche plus de 100 000 personnes.
Quant à la liste Lutte Ouvrière - M.A.R.O.N., elle a obtenu 4 249 voix, soit 1,55 % des suffrages exprimés. En 1998, la liste Lutte Ouvrière avait recueilli 2 825 voix soit 1,26 % des voix.
Les électeurs qui ont porté leurs suffrages sur notre liste ont voulu exprimer outre leur opposition à la politique réactionnaire du gouvernement, leur accord avec le programme d'urgence que nous avons défendu pendant la campagne. Ils ont voulu sanctionner la droite sans amnistier la gauche.
Les élections sont terminées. La droite a été désavouée. Mais nous devons être conscients que la victoire de la gauche aux élections régionales ne nous protègera pas des coups du gouvernement Raffarin III et du grand patronat.
Les militants de Lutte Ouvrière continueront à poursuivre leur combat parmi les travailleurs, les chômeurs et les jeunes afin de les convaincre qu'il ne faut pas compter sur les élections, et qu'il y a d'autres voies efficaces : celles de la lutte collective, si nous ne voulons pas continuer à subir le chômage, la misère et toutes les détresses qui les accompagnent.
Les rats font semblant de quitter le navire.
Après que la droite ait reçu un coup de pied aux fesses lors des dernières élections, les TAK, Virapoullé et Bénard ont voulu donner l'impression qu'ils étaient opposés à la politique de Raffarin et qu'ils avaient entendu la protestation populaire.
Que ne feraient-ils pas pour sauver les postes de conseillers régionaux ou généraux ?
Seulement, la population n'a pas oublié qu'ils ont soutenu et même voté pour certains d'entre eux, toutes les décisions du gouvernement contre les classes populaires ; qu'ils ont justifié toutes les attaques contre les travailleurs, que ce soit le RMA, la remise en cause de l'indemnisation des chômeurs ou les licenciements.
Élections cantonales.
Lutte Ouvrière était présente dans douze cantons aux élections cantonales. Voici les résultats.
Par ailleurs, le groupe M.A.R.O.N. avait présenté à ces élections trois candidats qui ont obtenu 63 voix (1,24%) dans le premier canton de Saint-André, 79 voix (1,87 %) dans le neuvième canton de Saint-Denis et 276 voix (4,58 %) dans le deuxième canton du Port.
Chômage en baisse ?
D'après l'INSEE, le nombre des chômeurs de catégorie 1 (ceux qui cherchent un travail immédiat en CDI) aurait baissé de plus de 11 000 entre décembre 2002 et décembre 2003.
Mais ces chiffres ne tiennent pas compte des milliers de chômeurs de longue durée qui faute de propositions d'emplois renoncent au pointage et se font radier par les ASSEDIC. Ils ne tiennent pas compte non plus des nombreux travailleurs exerçant une activité réduite n'excédant pas 78 heures par mois. Ils sont passés de 10 600 à 15 300, soit une augmentation de 44,5 %.
Radiation massive des chômeurs de longue durée et travail partiel en expansion, voilà le traitement du chômage façon Chirac-Seillères.
Impôts locaux, ils nous taxent.
La majorité des maires ont attendu la fin des élections pour annoncer la hausse des impôts dans leur commune. C'est à Saint-André que les élus municipaux ont voté la plus forte augmentation.
Ainsi, la taxe d'habitation progresse de 44 %. Virapoullé justifie cette décision par le fait que l'Etat ne finance plus les emplois-jeunes dont les contrats arrivent à terme. Autrement dit, au lieu d'exiger du gouvernement le maintien du financement de ces emplois, Vira préfère faire payer les contribuables de Saint-André.
D'un autre côté, il se vante d'avoir baissé la taxe sur le foncier non bâti, oubliant de préciser que ce sont les gros propriétaires terriens comme lui qui en profiteront le plus.
L'impôt, pas pour les riches.
Les riches ont bien des soucis pour remplir leur déclaration d'impôt car il existe, en France, 518 "niches fiscales". Ces dispositifs permettent à ceux qui disposent des plus gros revenus d'échapper partiellement ou totalement à l'impôt.
Les foyers populaires, eux, paient plein pot sur leurs revenus, et plus encore sur tout ce qu'ils consomment, par le biais de la TVA. Là encore, le gouvernement applique une curieuse égalité : faire payer les pauvres pour épargner les riches.
Une dette creusee par le grand patronat.
Sarkozy a pris les commandes du ministère de l'Économie et parle de réduire la dette publique en accélérant les privatisations, notamment à France Telecom. Pour les usagers, cela entraînera une dégradation du service public déjà mal en point. Il y a une autre piste que Sarkozy se refuse d'explorer : la suppression pure et simple des subventions aux capitalistes. La banque de France a calculé que cela représentait 45 à 60 milliards d'euros. De quoi résorber la dette vite fait !
Sécu, aux patrons de payer !
La Sécu est de nouveau sur la sellette. Politiciens et journalistes nous rabâchent qu'il faut combler le déficit de la branche maladie. Pourtant, si les cotisations des patrons avaient progressé autant que celles des salariés ces trente dernières années (79%), il y aurait 20 milliards d'euros par an en plus dans les caisses de la Sécu. Et cette solution aurait évité le déficit et même donné un excédent.
Succès de la grève à Coredime.
Après quinze jours de grève, les travailleurs de la Coredime, entreprise qui commercialise du matériel électrique, ont fait reculer leur patron sur l'essentiel de leurs revendications :
- les salaires sont revalorisés à compter du 1er avril de 4 % pour les salaires supérieurs à 1 300 euros et de 120 euros pour les autres ;
- la prime de fin d'année est portée de 70 à 100% d'un mois de salaire ;
- un système de tickets restaurant sera mis en place et sera financé à 50 % par l'entreprise ;
- la moitié des jours de grève sera récupérée, l'autre moitié sera compensée par un rappel de prime de fin d'année.
Par leur lutte les travailleurs de Coredime ont montré que les patrons ont les moyens d'augmenter les salaires, et que la lutte collective paie !
Des grèves pour les salaires.
La SCPR est une entreprise de concassage et de fabrication de pierres artificielles qui dispose de plusieurs bases dans l'île. Les salaires des employés n'avaient pas bougé depuis des années.
Les salariés ont alors fait grève pendant quinze jours. Ils ont obtenu 1,20 % sur leurs salaires et une prime mensuelle de 38 euros.
Chez SANDERS, entreprise d'agro-alimentaire les salariés verront leur salaire augmenter de 2,4% après quelques journées d'arrêt de travail.
SOGECIR.
Les employés de la SOGECIR, société de production de repas des écoles de Saint-Benoît, ont arrêté le travail les 22 et 23 mars pour revendiquer un manque à gagner de 0,98 % sur leurs salaires.
Les deux jours de grève ont perturbé la livraison des repas dans les écoles de la commune. La municipalité UMP a tenté de monter les parents contre les grévistes, Bertho Audifax prouvant ainsi qu'il est allergique aux travailleurs en lutte.
En tout cas, les employés de la SOGECIR ont eu 0,45 % sur leur salaire. Ils ont pu obtenir une revalorisation de l'indice de base pour le personnel de production et l'intégration de la prime d'ancienneté dans le montant du 13ème mois. En cas de maladie, l'entreprise paiera le salaire à hauteur de 80 % alors que jusqu'à maintenant c'est la Sécurité Sociale qui payait le salarié en congé de maladie mais avec un différé dans le temps.
La réussite sur le dos de qui ?
Le 8 mars, lors de la journée internationale des femmes, les médias de la Réunion montaient en épingle la réussite d'une femme réunionnaise chef d'entreprise, Victorine Taï lou.
Cinq magasins dans l'île, des samoussas vendus par milliers même à l'exportation. Quelle réussite !
Pendant qu'elle y était la presse aurait dû se pencher aussi sur les conditions de travail et le traitement du personnel.
En février dernier une employée, après bien d'autres, était licenciée pour avoir demandé le respect de son deuxième jour de congé hebdomadaire comme le stipule la convention collective de la restauration rapide.
L'an prochain pour le 8 mars, qu'on nous montre plutôt celles qui résistent à Victorine Taï lou.
Chiche !
Pourquoi on ne nous dit pas tout !
En France, les médias sont à 90 % contrôlés par des capitalistes, et de surcroît des marchands de canons (Lagardère et Dassaut).
Ici à la Réunion, les quotidiens les plus lus sont aussi dans les mains de gros actionnaires. Le JIR fait partie du groupe contrôlé par Dassaut et le Quotidien appartient à un patron qui a des intérêts dans des dizaines d'entreprises.
Pour les télés, ça ne vaut guère mieux. La télé " indépendante " Antenne Réunion vient d'être vendue par son actionnaire principal De Chateauvieux à Christian Ducasse, ex-directeur de FR3 Méditerranée. Les autres actionnaires étant Caillé, SBTPC, Ravate, Léon Grosse et la CILAM.
Sûr qu'avec de tels propriétaires l'information sera " objective " !
Le capitalisme c'est ça !
1,1 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable et 2,4 milliards ne disposent ni d'égouts, ni de toilettes.
Cela fait que 2,2 millions de personnes meurent chaque année des suites des maladies liées à l'absence d'assainissement et d'eau potable.
La présence de trusts tels que la CGE ou la SOGEA en Afrique, malgré la puissance financière de ces entreprises, n'apporte aucun changement notable dans les quartiers pauvres ou dans les villages.
Au contraire leur logique financière débouche plutôt sur des coupures d'eau pour les consommateurs ne pouvant pas payer leurs factures.
À quoi il faut ajouter l'action désastreuse des gouvernants de ces pays qui se mettent entièrement à la solde de ces groupes capitalistes en détournant l'argent de l'Etat à leur profit au lieu de s'en servir pour développer les services publics, celui de l'eau en particulier.
Seule la lutte collective arrêtera les attaques du patronat et du gouvernement.
Nous publions l'éditorial des bulletins d'entreprise de Lutte Ouvrière après le discours de Raffarin à l'Assemblée Nationale.
Du discours de Raffarin devant le Parlement, aussi verbeux que vide, il ressort surtout qu'il est fier de sa politique passée et qu'il continuera à "garder le cap des réformes". Les victimes de ses "réformes", les retraités, les chômeurs, sont conviées à abandonner leur pessimisme. Ceux qui sont tombés dans la misère se voient promettre une "haute Autorité". Le mépris des hommes de paille du grand patronat pour la population est sans limite.
Après la démolition des retraites, c'est au tour de l'assurance maladie. On nous explique depuis des années que cela est une nécessité, qu'on ne peut pas faire autrement. C'est un mensonge. Si l'assurance maladie est en déficit, c'est à cause du chômage et des cotisations en moins, mais aussi en raison des exonérations de charges sociales patronales qui ne sont que partiellement remboursées par l'État.
Pourquoi serait-ce aux travailleurs de payer ce déficit, eux qui ne sont en rien responsables du chômage ? Pourquoi diminuer les remboursements de médicaments ? Pourquoi augmenter la CSG qui amputera encore le pouvoir d'achat des classes populaires ? Pourquoi n'est-ce pas les cotisations patronales qui sont augmentées ?
Résorber le déficit de la Sécurité sociale au détriment des travailleurs, et non pas en faisant payer les revenus du capital, n'est pas une nécessité. C'est un choix. Le gouvernement exécute servilement ce que lui demande le grand patronat. Mais il faut remarquer que si la gauche attaque le gouvernement sur ses méthodes, elle prétend aussi que les "réformes" sont nécessaires. Ce qui signifie que, si elle revenait au gouvernement, elle ferait peut-être autrement dans les nuances mais elle ferait quand même ce que fait la droite.
Le résultat de la politique menée depuis deux ans par la droite, mais qui est dans la droite ligne de celles du gouvernement Jospin, c'est la dégradation générale des conditions d'existence du monde du travail. Dans ce pays riche qu'est la France, on compte aujourd'hui officiellement près de 4 millions d'individus qui vivent sous le seuil de pauvreté. C'est vivre avec moins de 579 euros (3800 francs) par mois pour une personne seule. Il y a bien sûr, parmi eux, un grand nombre de chômeurs, mais pas seulement. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui, tout en travaillant, ne trouvent que des emplois précaires, avec des salaires en conséquence, et que le travail ne sauve nullement de la pauvreté.
C'est une situation révoltante dans un pays où les entreprises affichent des profits élevés, où tous ceux qui vivent du revenu de leur capital engrangent des dividendes en hausse et où des sommes fantastiques sont gaspillées dans toutes sortes de spéculations, de rachats d'entreprises les unes par les autres.
C'est révoltant mais on ne peut pas compter sur les gouvernements qui se succèdent pour protéger le monde du travail.
Les travailleurs ne peuvent et ne doivent pas attendre les futures élections, dans trois ans. Pas seulement parce qu'en trois ans ceux qui sont au bord de la noyade seront noyés, mais parce que ces élections changeront au mieux la majorité et le gouvernement, mais pas vraiment la politique.
Il faut que nous nous défendions nous-mêmes, en utilisant les armes qui sont les nôtres, les grèves, les manifestations et la mobilisation d'une ampleur telle que cela fasse peur aussi bien au patronat qu'au gouvernement.
Au lendemain du désaveu électoral du gouvernement, les confédérations syndicales ont un peu élevé la voix, mais ô combien peu. Mais il faut faire pression sur les syndicats pour qu'au lieu de proposer des journées d'action séparées, qui divisent les travailleurs, qui séparent les catégories les unes des autres, ils proposent une mobilisation d'ensemble. Toutes les catégories de travailleurs sont menacées par des licenciements, toutes auront à subir, si on laisse faire, les attaques contre l'assurance maladie.
Il faut au moins arrêter l'offensive, et ce n'est pas avec les bulletins de vote que nous le ferons.
Arlette Laguiller.
|