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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2004 |
| mis à jour le 01/05/2004 | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
Pour une Europe unie, débarrassée de la dictature des financiers.
1954, la victoire de Dien Bien Phu.
Le voile contre la liberté des femmes.
Une liste Lutte Ouvrière dans la circonscription Outre Mer.
La circonscription d'Outre Mer.
T'as rien à déclarer ?
Les patrons veulent déguster la retraite des travailleurs.
La voix de son maître.
Prenons-en de la graine !
Vive la lutte des ouvriers du BTP !
Non à la privatisation d'EDF !
Soutenons les militants de l'UGTG !
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Pour une Europe unie, débarrassée de la dictature des financiers.
Les grands partis se lancent, les uns après les autres, dans la campagne pour les élections européennes qui auront lieu dans cinq semaines. Derrière les envolées sur l'Europe, chaque camp a surtout des préoccupations de politique intérieure.
Raffarin voudrait que les résultats des listes UMP soient assez bons pour lui permettre de prétendre que le désaveu qui lui a été infligé aux régionales est accidentel. Le Parti socialiste, de son côté, voudrait que le mécontentement à l'égard de la politique du gouvernement se traduise, comme aux régionales, par un vote massif en faveur de ses listes. Ses dirigeants font appel au "vote sanction" contre le gouvernement.
À coup sûr, les élections européennes offrent une nouvelle occasion de désavouer la politique de ce gouvernement à plat-ventre devant le grand patronat et le Medef, qui, après avoir amputé les retraites, s'attaque à l'assurance maladie, au droit de se soigner convenablement. Ce serait dommage de ne pas se saisir de l'occasion.
Mais sans cautionner le P.S. qui, pendant les cinq ans où il a dirigé le gouvernement, n'a pas protégé les travailleurs contre les licenciements, au contraire, et dont bien des mesures contre les travailleurs ont préparé celles de la droite.
Contrairement aux régionales, les européennes n'ont pour enjeu ni de décider d'une majorité ni de la couleur d'un exécutif. L'électorat populaire a intérêt, tout en s'opposant clairement à la droite, à avertir qu'il n'acceptera pas qu'un nouveau gouvernement de gauche mène, comme Jospin, une politique favorable au seul grand patronat.
Faut-il ou non un référendum pour adopter la future Constitution européenne ou, encore, la Turquie fait-elle ou non partie de l'Europe ? Voilà les seules questions qui préoccupent la caste politique. Comme si une Constitution, tout entière élaborée pour protéger la propriété privée et les intérêts patronaux, pouvait devenir meilleure si elle était adoptée par référendum ! Comme s'il était souhaitable de claquer la porte de l'Europe au nez de la Turquie alors que des millions de travailleurs turcs vivent et travaillent en France ou en Allemagne et qu'on consi-dère les populations des restes de l'ancien empire colonial français comme européennes d'office, même si elles vivent en Amérique du sud ou en Polynésie.
Le Parti socialiste, lui, parle d'Europe sociale et se prononce même pour un salaire minimum européen. Il affirme cependant qu'il est impossible que le salaire minimum polonais ou slovène puisse être du même montant qu'en France. Mais pourquoi donc serait-il plus difficile d'imposer un salaire minimum européen, aligné sur le pays où il est le plus élevé, que d'imposer la monnaie unique, l'euro, et les contraintes budgétaires qui vont avec ?
Les travailleurs, la population, ont intérêt à une Europe unie, sans frontières entre les peuples, aussi large que possible. Mais cette Europe ne pourra être sociale ni véritablement unifiée que si elle est débarrassée de la dictature des groupes financiers. Ce n'est pas l'unification européenne, mais c'est cette dictature-là qui est responsable du chômage, des bas salaires, des retraites amputées et de l'assurance maladie menacée.
L'extrême droite, imitée par certains à gauche, brandit contre l'Europe la menace des délocalisations des usines ou celle de la venue massive de travailleurs aux salaires bas, pesant sur les salaires de France. Comme si, depuis plus d'un siècle, les capitaux ne se "délocalisaient" pas sans cesse pour s'investir là où ils rapportent le plus ! Comme si, bien avant l'élargis-sement de l'Europe, les grandes entreprises n'avaient pas l'habitude d'importer des travailleurs mal payés du Maghreb, de Turquie ou d'Afrique noire !
Ce ne sont pas les frontières qui nous protègent des licenciements ; pas plus qu'elles ne nous protègent contre les bas salaires. Ne les laissons pas nous opposer les uns aux autres. Travailleurs d'Europe, ensemble nous représentons une force capable d'interdire les licenciements et d'imposer des salaires corrects pour tous.
Arlette Laguiller.
1954, la victoire de Dien Bien Phu.
Le 7 mai 1954, il y a cinquante ans, le corps expéditionnaire français capitulait devant les combattants vietnamiens à Dien Bien Phu. Cette victoire militaire sonnait le glas de l'occupation coloniale française en Indochine où, depuis le milieu du 19 ème siècle de riches colons, protégés par l'armée, amassaient des fortunes en exploitant des centaines de milliers d'ouvriers agricoles dans les plantations d'hévéas où l'on produisait de la gomme à caoutchouc, celle-la même qui a enrichi Michelin. Des centaines de milliers d'autres ouvriers travaillaient dans les mines de charbon, dans les ports et autres usines, à raison de 12 à 14 heures de travail par jour. Les opposants à ce régime infernal étaient condamnés par les tribunaux français au travail forcé dans des camps tristement célèbres comme celui de Poulo Condor.
Mais le combat pour mettre fin à l'exploitation coloniale ne devait pas finir avec le départ des troupes françaises qui furent bientôt remplacées par des troupes américaines.
Il fallut au peuple vietnamien endurer encore vingt ans de souffrances sans nom, les bombardements au napalm, les tortures, les massacres pour recouvrer son indépendance.
Mais cette indépendance, si elle rendait sa dignité au peuple vietnamien ne pouvait résoudre tous les problèmes si elle restait cantonnée dans l'étroitesse d'une politique nationaliste.
La lutte pour la libération du peuple vietnamien, organisée dès le début des années 1930 par le Parti Communiste Vietnamien, fut pourtant réorientée par les staliniens vietnamiens vers une politique strictement nationaliste, consistant à faire la part belle aux intérêts de la petite bourgeoisie vietnamienne, au détriment des masses ouvrières et paysannes.
Les militants trotskistes vietnamiens représentaient une autre option. Ils luttaient aux côtés des comités populaires qui se formaient dans le Sud du pays, où les paysans commençaient à occuper des terres et les ouvriers leurs usines, constituant une concurrence insupportable pour les staliniens. Aussi, ces derniers pourchassèrent et massacrèrent-ils les militants trotskistes vietnamiens, regroupés dans deux organisations, la Ligue communiste Internationaliste et le groupe la Lutte, dont le dirigeant Ta Tu Thau fut assassiné en 1946.
Aujourd'hui cinquante ans après, le peuple vietnamien a gagné son indépendance, mais il reste sous la coupe de l'impérialisme et de ses propres exploiteurs. Les capitalistes des ex-puissances coloniales, française et américaine, reviennent y proposer leurs " services ", et un certain Jacques de Châteauvieux, bien connu des travailleurs de la Réunion, y possède des milliers d'hectares de cannes à sucre et une centrale électrique.
La révolution sociale reste encore à faire au Vietnam !
Le voile contre la liberté des femmes.
Plusieurs élus ont demandé au gouvernement que la Réunion soit considérée de manière spécifique vis-à-vis du voile islamique. Le voile dont il s'agit est un signe religieux mais surtout un des symboles de l'oppression de la femme.
Il ne devrait pas y avoir de spécificité, ni à la Réunion ni ailleurs pour les archaï smes qui veulent maintenir les femmes dans des conditions de soumission envers les hommes. Contre cette oppression et en soutien avec les femmes qui se battent dans les pays musulmans et dans les banlieues françaises pour leur liberté, nous nous devons d'être solidaires d'elles contre le port du voile.
D'ailleurs, il existe des pays (Tunisie, Turquie) où la religion la plus représentée est l'Islam mais où le voile est interdit dans tous les établissements publics d'enseignement, écoles et universités. Alors, qu'on ne vienne pas essayer de nous expliquer que cette mesure d'oppression contre les femmes serait un simple problème de culture.
Une liste Lutte Ouvrière dans la circonscription Outre Mer.
Lutte Ouvrière présente une liste aux élections européennes du 13 juin prochain dans la circonscription Outre Mer. Elle sera conduite par Ghislaine Joachim-Arnaud, une militante de Combat Ouvrier en Martinique. Des militants de Combat Ouvrier de la Guadeloupe y seront présents. Nos camarades Jean-Yves PAYET et Didier YYYMBARD seront respectivement en deuxième et sixième position sur cette liste.
La circonscription d'Outre Mer.
Aux élections européennes de 1999, il y a avait une seule circonscription et les électeurs de métropole et de l'ensemble des DOM-TOM avaient à choisir entre les mêmes listes. Pour les élections européennes du 13 juin prochain, la loi électorale a créé huit circonscriptions invoquant la nécessité de " rapprocher les élus de leurs électeurs ". La huitième regroupe La Réunion, La Guyane, La Martinique, La Guadeloupe, Mayotte, Polynésie française, Nouvelle Calédonie, Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon. Ces territoires sont dispersés aux quatre coins de la planète.
Quelle façon de rapprocher les peuples !
T'as rien à déclarer ?
Lorsqu'on est salarié et imposable il est impossible de ne pas payer ses impôts. Par contre, à la Réunion et dans le reste de l'Outre Mer la plupart des patrons n'ont pas ce souci. Les gouvernements qui savent si bien prendre soin d'eux leur épargnent ce mal depuis de nombreuses années, grâce à la loi Pons devenue la loi Paul sous Jospin, et grâce maintenant à la loi Girardin. Ils bénéficient de réduction d'impôt et peut-être ne payent même pas d'impôt du tout.
Il suffit pour en être exonérés qu'ils fassent des " investissements " dits productifs dans les secteurs comme l'artisanat, l'agriculture, la pêche, l'industrie, les transports, ou le tourisme etc. L'exonération est égale à 50% du montant hors taxe de l'acquisition du bien. Ce taux est majoré de 10 points dans la production d'énergie renouve-lable et de 20 points (70% !) pour les travaux de rénovation d'hôtels et de résidences de tourisme.
La réduction d'impôt n'est soumise à aucun plafond. Si l'impôt est insuffisant pour absorber cette réduction, l'excédent est reportable sur l'impôt dû pendant les cinq années qui suivent ! Le coût annuel de ce petit cadeau est estimé à 164 millions d'euros. Et les patrons ont encore de beaux jours devant eux car le dispositif est prévu jusqu'au 31 décembre 2017.
Les patrons veulent déguster la retraite des travailleurs.
Les décrets d'application du plan épargne populaire (PERP) sont signés. Il s'agit là du début de la privatisation des retraites, qui vont rapporter aux groupes financiers pas moins de sept milliards d'euros par an.
Ce fonds de pension tant voulu par le patronat, va évidemment contribuer à creuser l'inégalité.
Il y a un an, lors de la grève de l'année dernière contre les mesures gouvernementales sur les retraites, les Chirac-Raffarin promettaient de ne pas toucher au système de retraite par répartition. Eh bien, il n'a pas fallu longtemps pour voir que leurs propos étaient mensongers car la brèche ouverte ne peut que s'agrandir au détriment du système actuel.
Pour l'heure, ceux qui pourront cotiser plus devraient avoir un petit plus, ce qui n'est même pas sûr, tandis que les autres devront se contenter de retraites au rabais et amputées. Mais qu'importe aux faiseurs de fric, du moment qu'ils remplissent leurs coffres.
Une vieille chanson du mouvement ouvrier disait : " Et gare à la revanche quand tous les pauvres s'y mettront ". Ils ne perdent rien pour attendre.
La voix de son maître.
Après la victoire des comités de chômeurs CGT de Marseille devant les tribunaux, la décision du gouvernement et des gestionnaires de l'Unedic (Médef-CFDT, CFTC et CGC) de priver 600 000 chômeurs de leurs allocations de fin de droit (ASS) a été déclarée illégale. Les chômeurs ont donc été rétablis dans leurs droits et ont recommencé à percevoir l'ASS.
Eh bien la première réaction publique de Jalmain, administrateur CFDT de l'UNEDIC, ainsi que de Chérèque, secrétaire général national du même syndicat, a été de qualifier cette décision de " Catastrophe ".
Jalmain et Chérèque pleurent parce que les chômeurs, par leur lutte, leur rendent impossible la tâche de gérer la misère des comptes de l'UNEDIC. Piètres syndicalistes !
S'il n'y a plus d'argent dans les caisses, que les dirigeants de la CFDT réclament au patronat de revoir ses cotisations à la hausse et pas aux travailleurs d'augmenter les leurs. Voilà ce que demanderaient des syndicalistes qui se respectent. Mais avec Chérèque et Jalmain, Seillères et ses amis peuvent dormir sur leurs deux oreilles !
Prenons-en de la graine !
Le Figaro a publié une enquête sur les salaires des patrons français.
Avec 6,57 millions d'euros (environ 43 millions de F) par an, celui de l'Oréal arrive en tête, suivi d'Edouard Michelin (4,26 millions d'euros). Fourtou, PDG de Vivendi, déclare 2,25 millions, plus un million de stock-options. Pas mal pour une société qui disait aller mal !
En deux ans, les salaires des patrons des grosses entreprises de France ont progressé en moyenne de... 18 %.
C'est différent quand on regarde nos feuilles de paie.
Vive la lutte des ouvriers du BTP !
Après des mois et des mois de discussions autour de la nouvelle convention collective du Bâtiment, les syndicats s'attendaient à ce que les organisations patronales signent l'extension des primes de panier, de transport et de trajet à tous les ouvriers. Leur espoir a été douché par les déclarations des représentants de la FRBTP et de la CAPEB qui ont refusé d'accorder aux ouvriers en contrat de chantier (7500 sur 14 000) ce qui l'est aux permanents.
La réponse des syndicats a été le déclenchement de la grève générale du BTP, pour les primes, mais aussi pour 5 % d'augmentation des salaires.
Les patrons du BTP dont les carnets de commandes sont pleins, pleurent la bouche pleine, comme l'a dit justement le représentant de la CGTR-BTP. Mais comme ils ne sont pas habitués à partager leur magot, il leur faut injurier les travailleurs en grève en les traitant de saoûlards comme l'a fait Tillon, secrétaire général de la FRBTP dans le JIR. Le représentant de la CAPEB, Personné, estime lui que les ouvriers qui triment sur ses chantiers et les autres, peuvent se contenter de 5 euros pour se restaurer le midi, puisque c'est le prix d'une barquette à emporter.
Voilà avec quel mépris ces patrons considèrent le monde des travailleurs. Et bien espérons que ces derniers leur donneront une leçon bien méritée et leur arracheront tout ce qui leur est dû !
Non à la privatisation d'EDF !
Les grèves des électriciens et gaziers d'EDF-GDF des 8 et 12 avril dernier ont montré la forte opposition des travailleurs de l'énergie à la volonté du gouvernement de privatiser EDF et GDF.
Les agents d'EDF-GDF se battent bien sûr contre ce projet, car ils savent que si les actionnaires privés prennent le contrôle de leur entreprise, ils voudront faire du chiffre, des profits. Seront visés immanquablement leur statut qui leur garantit la sécurité de l'emploi, mais aussi un certain nombre d'acquis comme une grille unique des salaires, 13ème mois, couverture maladie, tarif agent.
Mais leur combat ne se limite pas à cela. Le fait qu'EDF soit encore un service public fait qu'un certain nombre d'interventions chez les abonnés sont gratuites (changement de compteur, de disjoncteur, de tableau, réparation des branchements suite à cyclone par exemple), ceux qui ne peuvent pas payer leurs factures pour cause de pauvreté peuvent bénéficier de délais supplémentaires, enfin les tarifs pratiqués à la Réunion sont les mêmes qu'en France. Le prix du courant est donc facturé ici en-dessous de son prix de revient, grâce à un système de solidarité nationale qu'on nomme la " péréquation tarifaire ". Tout cela en cas de privatisation risque fort de sauter, et les prix du courant d'exploser !
Alors, tous ensemble, opposons-nous à la privatisation d'EDF !
Soutenons les militants de l'UGTG !
En Guadeloupe, la justice ne chôme pas avec des militants syndicalistes de l'UGTG (Union Générale de Travailleurs de Guadeloupe). Treize militants sont condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis, sans compter les amendes et les condamnations à des dommages et intérêts. Certains risquent d'aller en prison car ils ont décidé de ne plus faire appel, les peines y étant aggravées le plus souvent.
Par exemple, le secrétaire de l'UTC-UGTG (fédération des travailleurs des communes) a est condamné à 4 mois de prison avec sursis et 6000 euros d'amende pour présence à un barrage. Un autre dirigeant de ce même syndicat est condamné à 6 mois de prison avec sursis et 1627,50 euros d'amende pour le même motif. Un responsable de l'UTPP (produits pétroliers) est condamné à 3 mois ferme et 7000 euros de dommages et intérêts pour manifestation et dégradation en réunion ; il est par ailleurs condamné à 10 mois de prison ferme et 53 000 euros de dommages et intérêts car accusé d'avoir brisé une vitre de 4x4. Un autre militant a eu 6 mois de prison ferme et 8700 euros d'amende...
Neuf autres militants ont été lourdement condamnés et des travailleurs ont été licencié pour avoir participer à des grèves dans leur entreprise.
La justice fait payer au prix fort les travailleurs qui luttent contre leur exploitation mais elle n'est pas aussi zélée quant il s'agit de condamner des patrons. Ceux qui frappent leurs salariés profèrent des insultes ou détournent l'argent public sont à peine inquiétés.
Face à un tel acharnement, les travailleurs doivent être solidaires et ensemble faire face aux patrons et à la justice qui les protège.
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