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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2004 |
| mis à jour le 01/07/2004 | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
La jungle sociale, c'est le capitalisme !
Ils se moquent des TOS.
Aides au patronat, en veux-tu en voilà.
Le moutardier.
SOS chez les pompiers !
Grève dans le commerce.
Baisse de revenus pour les petits planteurs.
Et les ouvriers dans tout ça ?
Vergoz, grand prometteur.
Lo Rwa Kaf.
2003, encore une bonne annee pour les riches.
L'argent, à la sante, pas à l'armée.
Une injustice sociale de plus.
Quand raffarin s'attaque aux emplois.
Avortement, la lente application de la loi.
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La jungle sociale, c'est le capitalisme !
Après le prétendu référendum organisé par Bosch-Vénissieux pour imposer au personnel une augmentation de temps de travail sans compensation salariale, et l'annonce par Doux, le numéro un du conditionnement de la volaille, de son intention de suivre la même voie, le "Journal du Dimanche" a demandé à Raffarin s'il s'agissait de "chantages à la délocalisation". "Dans certains cas, j'y vois un abus de rapport de force" a-t-il répondu, parlant aussi de "jungle sociale". Mais dans quels cas y a-t-il de tels abus? Il s'est bien gardé de le préciser. Et il s'est surtout bien gardé de promettre des mesures pour empêcher ces pratiques qu'il fait mine de condamner.
En matière d'hypocrisie, Raffarin est bien dans la ligne de Chirac. Lorsque les patrons de Métaleurop avaient fermé purement et simplement l'entreprise en janvier 2003, jetant son personnel à la rue, sans respecter la moindre procédure légale, Chirac avait parlé de "patrons-voyous". Mais dix-huit mois plus tard, aucune mesure n'a été prise contre ces "patrons-voyous".
Pour les travailleurs, Chirac et Raffarin ont de temps en temps des mots compatissants. Mais dans les faits, toutes leurs décisions sont au service du patronat.
D'ailleurs, sur le fond, Raffarin n'a fait que confirmer qu'il restait partisan "d'assouplir" encore plus la loi sur les 35 heures, par des "discussions entre les partenaires sociaux", en précisant qu'il n'était "pas hostile à la discussion dans l'entreprise". Mais c'est précisément ce qui s'est passé chez Bosch, "une discussion dans l'entreprise", car il y a toujours une "discussion", par la force des choses, entre un maître-chanteur et ses victimes !
Évidemment, les patrons qui veulent faire travailler plus leur personnel sans augmentation du salaire ne facilitent pas les choses à Chirac et Raffarin, dont le principal argument, pour justifier de nouvelles entorses aux règles actuelles sur les heures supplémentaires, c'est qu'il faudrait "permettre à ceux qui veulent travailler plus de gagner plus". Mais cela aussi est une escroquerie. Les patrons ne font pas faire des heures supplémentaires à leurs salariés pour leur permettre de gagner plus. Mais seulement quand ils en ont besoin. Et quand les carnets de commande sont moins pleins, ils diminuent les horaires, sans se soucier de savoir si cela entraîne des baisses de salaire. L'annualisation du temps de travail, que permettait la loi Jospin-Aubry sur les 35 heures, a été un cadeau pour le patronat, en lui permettant de faire effectuer des heures supplémentaires non majorées, et s'est traduite par une baisse de salaire pour de nombreux travailleurs. Augmenter encore le contingent d'heures supplémentaires autorisées, comme le réclame le MEDEF, et comme Chirac et Raffarin s'en montrent partisans, irait exactement dans le même sens. La seule manière pour les travailleurs de gagner mieux leur vie, c'est d'imposer au patronat des concessions salariales.
La "jungle sociale"à laquelle Raffarin prétend être opposé, c'est pourtant la caractéristique même du système économique dans lequel nous vivons, un système qui fait passer avant tout la recherche du profit capitaliste, qui tient pour quantité négligeable le sort des travailleurs, et dont Chirac et Raffarin, tout comme leurs prédécesseurs, sont les serviteurs.
Et pour survivre quand règne la loi de la jungle, rien ne sert de réclamer plus de concertation, de réunions autour du tapis vert, comme se contentent trop souvent de le faire les grandes confédérations syndicales, plus soucieuses d'être reconnues comme des interlocuteurs valables par le gouvernement et le patronat, que de défendre les intérêts généraux du monde du travail. Il faut mener la lutte de classe aussi résolument que le patronat.
Arlette Laguiller.
Ils se moquent des TOS.
Le gouvernement a décidé de repousser le transfert des TOS de la Réunion à la Région ou au Département. Cette décision fait suite à l'amendement Virapoullé qui demande que le transfert se fasse après un rattrapage en postes sur l'académie.
La droite locale se félicite de ce report essayant ainsi de faire oublier qu'elle était opposée aux manifestations des personnels de l'Education Nationale de l'année dernière.
Mais une évidence s'impose : tout ce petit monde est en fait favorable au transfert des TOS. Quant au rattrapage en poste, ce n'est qu'un leurre permettant aux élus de droite de gagner du temps et surtout de faire bonne figure. Il existe effectivement un manque criant de 400 postes de TOS dans les établissements scolaires. Mais il ne faut pas se faire d'illusion, la droite se contentera de quelques créations de postes ou de quelques remplacements des départs, sans vraiment exiger ce qui serait nécessaire au bon fonctionnement des établissements scolaires.
Comme en 2003, les TOS ne doivent compter que sur leur mobilisation et sur le soutien des enseignants pour, à la fois obtenir la création d'un nombre suffisant de postes supplémentaires et leur maintien dans la fonction publique d'Etat.
Aides au patronat, en veux-tu en voilà.
La difficulté pour les patrons étant bien souvent de s'y retrouver parmi toutes les aides que le gouvernement et la Région mettent à leur disposition. Des colloques et autres réunions d'information sont de temps à autre organisés par les chambres patronales afin que leurs adhérents ne manquent pas de se saisir des aides mises à leur disposition.
Concernant l'aide à l'embauche de jeunes diplômés, la loi programme pour l'outre-mer a créé un dispositif qui attendait depuis janvier les textes d'application. C'est maintenant chose faite. Dorénavant les entreprises de moins de vingt salariés pourront bénéficier d'une aide de 225 euros par mois pendant deux ans, puis de 112 euros par mois la troisième année, pour un contrat à durée déterminée, au Smic et à temps plein, et cette aide peut être plus élevée si le salaire est plus élevé. Ce dispositif concerne les jeunes âgés de 18 ans à 30 ans et possédant au minimum un niveau bac plus deux.
Il existe encore d'autres aides concernant l'embauche des jeunes diplômés, comme les dispositifs mis en place par la Région (présidée par le Parti Communiste Réunionnais) et destinés aux entreprises des secteurs de l'artisanat, du tourisme et de l'industrie. Il y a, par exemple, la prime régionale à l'emploi qui finance 20% des salaires, avec un plafond de 1000 euros par emploi (ce qui n'est déjà pas si mal). On trouve encore sur le marché des primes une aide à l'encadrement qui finance sur deux ans 50% des salaires avec un plafond de 30000 euros (ce qui est encore mieux).
Au sortir d'une réunion d'information organisée par la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, certains patrons ont tenu à faire savoir qu'ils n'étaient pas des "chasseurs de primes". C'est vrai, ils n'ont même plus besoin de chasser quoi que ce soit, on leur apporte tout sur un plateau.
Le moutardier.
Après un congé de maladie, une employée de la maison de retraite Le Moutardier de Saint-Benoît a eu la mauvaise surprise de ne pouvoir accéder à son poste de travail.
Elle a été soutenue par une quinzaine de travailleurs et de militants syndicaux. La direction a finalement accepté de la réintégrer.
SOS chez les pompiers !
Manque de dortoirs, branchement électrique défectueux, locaux insalubres, toit en mauvais état..., les pompiers de Saint-Benoît sont bien mal lotis. Lors d'un débrayage, ils ont tenu à rappeler au Maire, au SDIS et au Conseil général leurs mauvaises conditions de travail.
Suite à leur action, ils ont obtenu la promesse que des travaux urgents seront rapidement entrepris en attendant les grands travaux qui n'auront lieu qu'au début de l'année prochaine. D'ici là, autant rester vigilant.
Grève dans le commerce.
Les travailleurs des magasins Score et Jumbo Score ont débrayé une journée pour des augmentations de salaires. Ils demandent 46 euros de plus par mois.
Certains magasins comme celui du Port ont été totalement perturbés. Partout, les grévistes ont eu le soutien des clients qui n'ont pas hésité à faire demi-tour après avoir pris connaissance des motifs du débrayage.
Le patron du groupe Vindémia accepte de ne donner que 38 euros d'augmentation. Mais les travailleurs ne veulent par céder, car ils estiment, à juste titre, que le groupe Vindémia gagne suffisamment d'argent et peut donc satisfaire leur revendication. Ils menacent de faire une grève illimitée si la direction ne prend pas en compte leur demande.
Baisse de revenus pour les petits planteurs.
Nous assistons depuis quelque temps, à des agitations autour de la décision de la commission de Bruxelles de baisser le prix de la tonne de sucre.
Cependant, une compensation sera accordée à hauteur de 60% de la baisse du prix. A regarder de plus près, les gros planteurs et les usiniers seront les gagnants. Par contre, les petits planteurs eux, risquent de voir leurs revenus diminuer.
C'est donc par crainte de la colère de ces derniers que les usiniers relayés par nos trois députés européens, sont montés au créneau pour soi-disant sauver la filière canne. Ce qu'ils craignent avant tout, c'est que les petits planteurs se retournent contre eux pour compenser la diminution de leurs revenus. Et dans ce cas, ils seront amenés à prendre sur leurs profits.
Et les ouvriers dans tout ça ?
Dans tout le concert qui est fait autour des menaces qui pèseraient sur la filière canne, personne n'a parlé des conditions des ouvriers agricoles et des salariés d'usine.
D'ailleurs, lors de la grève des ouvriers du Gol, personne ne leur a apporté le moindre soutien.
Quant aux ouvriers agricoles qui ont vu leurs revenus diminuer en particulier, lors du passage aux 35 heures, là aussi personne n'est monté au créneau pour s'opposer aux attaques des gros planteurs à leur égard.
Tout cela est le cadet des soucis de nos gouvernants.
Vergoz, grand prometteur.
Vergoz, le dirigeant du PS local adore faire des promesses dont il sait pertinemment qu'elles ne seront pas tenues. On se rappelle que pendant les élections régionales, il avait promis en cas de victoire de sa liste, la création de 15 000 emplois. Cela ne lui coûtait pas grand-chose puisqu'il savait qu'il n'avait aucune chance de gagner les élections.
Dernièrement, lors d'une conférence de presse, il a promis que si les socialistes accèdent aux affaires en 2007, ils reviendraient sur les mesures prises par Raffarin. Il semble oublier que celles-ci ont été bien souvent préparées d'une manière ou d'une autre par ses amis socialistes à Paris. Concernant le transfert des TOS et la casse du service public, les socialistes y ont leur part de responsabilité.
Faire des promesses sachant qu'à 10 000 km de là le PS ne prend aucun engagement sur une annulation des mesures de Raffarin, c'est ce qui s'appelle être un faux-cul.
Lo Rwa Kaf.
La mort du Rwa Kaf a été une occasion de se rappeler la période durant laquelle il était interdit de chanter ou de danser le maloya. Les autorités de l'époque avec la complicité des élus de la droite locale faisaient en effet la chasse à ceux qui osaient enfreindre cette interdiction.
Mais bon nombre de gens, et parmi eux des militants culturels ou des militants communistes ont résisté. Ils s'étaient organisés pour pratiquer le maloya de façon clandestine.
Ce n'est qu'en 1981 que le pouvoir a autorisé la pratique de cette musique héritée des esclaves.
2003, encore une bonne annee pour les riches.
Les 7,7 millions des plus riches de la planète ont vu leurs richesses augmenter de 7,5 % en 2003. Leurs fortunes réunies équivalent à trois fois le produit intérieur brut américain.
À l'inverse, environ 2,7 milliards de personnes vivent avec moins de 2 euros par jour.
Richesse d'un côté, misère de l'autre, voilà ce que crée et maintient le système capitalisme. Il est urgent de se débarrasser d'un tel système pour permettre à chaque individu de vivre dignement.
L'argent, à la sante, pas à l'armée.
Chirac a annoncé les premiers projets du plan Cancer qui est, paraît-il, une de ses grandes préoccupations. Or, le budget alloué est de 18 millions d'euros sur trois ans. Ce chiffre est à rapprocher des 88 milliards d'euros prévus pour les équipements supplémentaires de l'armée. Ainsi, chaque année, pour un euro dépensé pour la lutte contre le cancer, ce sont presque cinq mille euros qui seront consacrés aux engins de mort. Le plan Cancer, c'est vraiment une priorité du gouvernement !
Une injustice sociale de plus.
Le parlement a adopté en première lecture la réforme de l'assurance-maladie. Il s'agit d'augmenter le forfait hospitalier de 13 à 14 euros, de faire payer 1 euro par consultation et d'augmenter la CSG et la CRDS prélevées sur les salaires et les retraites.
À noter au passage que les cinq parlemen-taires de la Réunion ont voté ces mesures.
Le gouvernement et ses laquais locaux estiment que c'est aux travailleurs et aux malades de faire les frais du déficit de la Sécurité sociale. Mais ils oublient que la cause de ce trou provient essentiellement des exonérations de charges patronales qui se sont élevées, pour la seule année 2002, à 19,4 milliards d'euros.
De plus, si tous les chômeurs actuels avaient un emploi, cela ferait plus d'argent dans les caisses.
Mais le choix est clair pour la droite, pas question de toucher aux intérêts des patrons.
Quand raffarin s'attaque aux emplois.
Dans une interview, Raffarin l'a confirmé : "l'an prochain, la majorité des ministères respectera le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite".
Cela signifie que 15 000 à 20 000 emplois disparaîtront dans la fonction publique.
Le gouvernement contribuera ainsi à alimenter le chômage. C'est d'autant plus scandaleux que, des hôpitaux aux établissements scolaires, en passant par les crêches ou les guichets des administrations, on ne compte plus les services publics où le personnel est notoirement insuffisant.
Avortement, la lente application de la loi.
Les femmes pourront désormais mettre fin à une grossesse non désirée par voie médicamenteuse sur prescription d'un médecin généraliste. Jusque-là, ce type d'avortement devait obligatoirement se dérouler en milieu hospitalier.
Il a fallu attendre trois ans pour que les décrets de la loi votée en 2001 soient publiés, retard dû aux réticences des ministres successifs.
L'avortement est un droit pour lequel il a fallu se battre, et ce combat continue.
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