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mis à jour le 01/08/2004
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2004
Dans ce numéro
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Seillière, un paquet d'actions à la place du cSur.
Le baron Seillière a annoncé qu'il était mécontent de la politique du gouvernement qui n'en ferait pas assez pour les entreprises. Il a regretté que Raffarin n'envisage plus d'étaler sur plusieurs années la revalorisation du SMIC. Il a déploré aussi que le niveau au-dessous duquel intervient la réduction des charges sociales sur les salaires soit passé de 1,7 fois le SMIC à 1,6 fois. "Le gouvernement pénalise les entreprises" a affirmé Seillière avec culot. Il considère comme des compensations légitimes, la baisse de l'impôt sur les bénéfices annoncée pour le budget 2005 et l'annonce de nouvelles facilités données aux patrons pour s'en prendre aux 35 heures.
Le gouvernement participe sans honte à l'offensive lancée par le patronat contre le monde du travail. Les petites phrases de Chirac sur la "fracture sociale", ou les "patrons voyous" ne sont que des hypocrisies. Cela n'empêche pas le milliardaire Seillière de dire qu'en France "la part prélevée sur les actifs (entendez : les entreprises) est démesurée par rapport à la part octroyée à tous ceux qui sont chômeurs, malades, en retraite ou en formation". Les actifs, ce sont évidemment lui et ses semblables, et ceux qui ne font rien, ce sont toutes les victimes des licenciements faits par le patronat !
La réalité sociale c'est aussi que, lorsqu'un patron décide de déménager les machines de son entreprise à la barbe de son personnel avant qu'on puisse contester la validité du plan de licenciement, Chirac et Raffarin envoient leurs CRS pour protéger l'opération.
Le président du MEDEF se plaint qu'on n'en fait pas assez pour le patronat, en se préparant à obtenir encore plus. Et il le fait cyniquement, en prétendant que le patronat revendique tout cela dans l'intérêt des salariés. La suppression de toute réglementation sur les heures supplémentaires, ce serait, selon lui, pour permettre aux travailleurs de gagner plus. La possibilité de licencier sans contrainte, ce serait pour permettre la création d'emplois.
C'est au nom de ces énormes mensonges que Seillière déclare comprendre tout à fait le référendum-chantage de la direction de Bosch Vénissieux pour imposer à son personnel de travailler plus sans gagner plus. Rien d'étonnant car Seillière proclame, au nom de l'ensemble du patronat : nos profits d'abord !
Mais il y a au moins un mérite que Seillière reconnaît au gouvernement. Il se félicite de la loi Fillon qui admet que la négociation par entreprise est meilleure (pour les patrons) que la négociation de branche ou la négociation interprofessionnelle. Il se félicite en fait de la possibilité d'"accords" moins favorables aux salariés que les conventions collectives dans les entreprises. Il se dit même partisan de la "micro-négociation". Salarié par salarié sans doute, pour écarter les syndicats !
C'est évidemment logique de la part du porte-parole du patronat. Il sait que la force de la classe ouvrière réside surtout dans son nombre et dans sa cohésion.
Mais c'est aussi la raison pour laquelle les travailleurs ne peuvent faire face aux agressions du patronat qu'en unissant leurs forces. Quand les travailleurs sont engagés en grand nombre dans une même lutte, ils peuvent obtenir la satisfaction de revendications qui leur paraissaient hors d'atteinte. Ce sera nécessaire pour résister à l'offensive de régression sociale que nous sommes en train de subir. Il faut donc imposer aux organisations syndicales de préparer et d'organiser une telle défense qui, si difficile qu'elle soit, est plus efficace que les parlottes autour d'une table.
Arlette Laguiller.
Repos compensateurs, EDF hors la loi.
Il y a quelques années, la direction du centre EDF-Réunion avait supprimé les équipes d'astreinte de chaque agence pour les remplacer par de nouvelles équipes travaillant sur plusieurs agences à la fois. Lors de cette opération, appelée " Maille-Exploitations " (les Exploitations étant les services travaillant sur le réseau et assumant les astreintes, le soir et les jours fériés compris), la direction avait réussi à supprimer de nombreux postes de monteurs.
Aujourd'hui, si le nombre d'abonnés a fortement augmenté et si le nombre d'interventions techniques et de dépannage s'est amplifié, les effectifs eux, n'ont pas bougé.
Résultat : les monteurs travaillant dans les Exploitations font des dizaines d'heures supplémentaires par semaine. Normalement ils devraient avoir droit à des heures de récupération, mais la direction d'EDF, vu l'insuffisance des effectifs, leur refuse de les prendre. Elle bafoue complètement la loi, puisque celle-ci lui impose, comme à tous les patrons, d'accorder les repos compensateurs dans les deux mois qui suivent l'heure travaillée.
Certains monteurs ont ainsi des centaines d'heures de récupérations qu'ils sont dans l'incapacité de prendre et que la direction d'EDF voudrait stocker sous forme d'épargne temps, à prendre... dans 5 ans !
Cette situation est une honte dans un pays qui compte 120 000 chômeurs dont parmi eux de nombreux électriciens confirmés. Seule l'embauche immédiate de dizaines de monteurs pourrait régler justement cette affaire et permettre aux autres de prendre leurs repos bien mérités !
Maurice, des travailleurs de la zone franche licenciés.
À l'île Maurice les licenciements continuent dans la zone franche. En ce mois d'août l'entreprise du Floréal Knitwear Textile a licencié 900 travailleurs. Environ 700 employés d'Arvind Overseas et de Arvind Spinning, deux filiales du groupe indien Arvind Lills, ont eux aussi été remerciés. Un autre groupe du textile, Rosana Textiles, vient d'annoncer son intention de licencier 150 employés.
En 2003, 13 000 ouvrières et ouvriers du textile se sont retrouvés à la rue et rien que pour le premier trimestre 2004, 1600 emplois ont été supprimés dans l'île sSur.
Les patrons mauriciens expliquent que les restructurations sont inévitables pour que les entreprises restent compétitives en prévision du " démantèlement " que provoquerait selon eux l'accord multi-fibre dans le textile. Interrogés par le journal mauricien l'Express, ces patrons se disent angoissés et en proie à un sentiment d'incertitude. Mais que dire du drame que vivent les pères et mères de familles qu'ils ont jetés à la rue ?
Alors que les travailleurs trinquent, les affaires ne vont pas aussi mal pour les patrons, quoiqu'ils en disent. Toujours d'après l'Express, les exportations globales de la zone franche ont grimpé de 9,4 % par rapport au premier trimestre de 2003, soit 7,5 milliards de roupies (220 millions d'euros). Les ventes de l'industrie des vêtements ont enregistré une croissance de 8,4 %. Pour la même période les exportations de matière premières de textiles ont-elles aussi augmenté.
La " dure réalité " dont se plaignent les patrons n'a rien de comparable avec celle des ouvriers qui, licenciés, doivent parfois accepter un autre travail quand ils en trouvent, et payé moitié moins.
Le gouvernement, quant à lui, ne propose rien aux chômeurs. Le ministre du travail, ShoWkutally Soodun, considère même qu'il " n'y a pas de véritables chômeurs à Maurice. Il y a juste des Mauriciens qui sont " devenus difficiles ". Pas assez encore pour mettre à la raison ce ministre et les patrons qu'il représente !
Réforme de l'OCM sucre.
À l'approche de la révision de la convention canne en 2006, le commissaire Européen a laissé filtrer des informations concernant la réforme de l'Organisation Commune de Marché du sucre. Plusieurs paramètres seront revus, entre autre la baisse de la production et du prix de la tonne du sucre.
Ce projet, déjà bien avancé n'a pas été élaboré par le seul commissaire Européen mais surtout par de gros industriels, comme TEREOS. Ce groupe bien implanté en France et à la Réunion, vient de s'offrir des usines au Brésil.
En France, il a anticipé l'application de la réforme en particulier la baisse de production préconisée par le projet, par la fermeture de plusieurs usines, jetant des centaines de travailleurs à la rue.
Puis, ces gros industriels, dont un certain nombre sont des producteurs de betteraves, ont réclamé l'intervention de l'Etat pour compenser la baisse du prix de la tonne de sucre. Ils ont déjà été entendus et rassurés puisqu'une compensation partielle se fera sur le prix de référence. Pour la Réunion, c'est une compensation totale qui a été annoncée.
En compensant la baisse du prix de la tonne de sucre, l'Etat se substitue aux industriels. Car ce sont ces groupes qui réalisent des millions de profits qui auraient dû assurer un prix d'achat correct aux petits producteurs sous peine de faire face à leur colère.
Quant aux travailleurs des usines il n'y a pour eux que des sacrifices. Ce fut le cas à l'usine de Bois Rouge où les travailleurs, après avoir réclamé une augmentation de salaire, ont vu purement et simplement leur revendication rejetée. Le patron prenant le prétexte de la réforme pour ne rien céder.
Il faut arrêter de faire des concessions aux gros producteurs et usiniers. Ce n'est pas l'Europe qui a tracé les grandes lignes de cette réforme mais les industriels eux-mêmes. C'est donc à eux que travailleurs et petits planteurs doivent réclamer leurs dus.