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mis à jour le 01/09/2004
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2004
Dans ce numéro
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Les as du baratin durable.
Quelle stratégie pour l'emploi d'ici 2030 ? Tel est le sujet sur lequel se sont penché les présidents des conseils général et du conseil régional, ainsi que le préfet et les " acteurs économiques ", c'est-à-dire essentiellement les patrons et leurs proches.
Les projections concernant la population annoncent un million d'habitants en 2030, et cent mille personnes de plus en âge de travailler. Voilà qui donne des sueurs froides à tous ceux qui sont responsables de la détresse des cent mille chômeurs actuels. Combien seront-ils demain et comment faire en sorte que ça ne leur pète pas à la figure ? Il est vrai que jusqu'à maintenant ils ont réussi à éviter l'explosion sociale grâce au RMI, aux allocations chômage, et dans une moindre mesure, aux aides à l'emploi versées aux patrons.
Seulement, aujourd'hui, le grand patronat estime que tout ce dispositif coûte encore trop cher. Moins d'Etat pour les pauvres, moins d'aides pour les chômeurs, voilà ce que réclame Seillères. Il faut laisser agir la concurrence, ne laisser vivre que les affaires qui rapportent des profits rapides et en constante augmentation, même dans le secteur public. A tous ces patrons il faut des travailleurs payés à coup de lance-pierre et acceptant la flexibilité des horaires, sans salaire minimum, sans protection contre les licenciements, sans conventions ni garanties collectives.
Sous prétexte d'aider les patrons à embaucher, la gauche les avait arrosés de subventions via la YYYOM. En revenant au gouverne-ment, la droite a essayé de faire plus, en étendant les exonérations de charges patronales à tous les secteurs d'activité, en faisant entre autre sauter le verrou des 50 salariés maximum au-delà desquels les subventions n'étaient plus versées ou seulement partiellement versées.
À la Réunion, le retour de la droite s'est traduit par une diminution de la contribution de l'Etat aux emplois aidés, surtout ceux travaillant dans le secteur public (Education nationale, santé, communes, associations). Le nouveau préfet s'est d'ailleurs félicité que les crédits affectés aux CES aient diminué de 5 % en 2004 par rapport à 2003. Il a même souhaité que " cette baisse soit encore plus forte en 2005 ". Le résultat est que des centaines de jeunes, des femmes en particulier, n'ont pas vu leur contrat prolongé et se retrouvent aujourd'hui à nouveau au chômage.
En plus de tout cela, la nouvelle convention chômage signée entre le Médef d'une parte et la CFDT, la CFTC et la CGC d'autre part a entraîné une baisse moyenne d'indemnisation de six mois pour les chômeurs. Des centaines d'entre eux se sont retrouvés exclus du droit aux Assedic. Et aujourd'hui la préfecture ose nous annoncer une baisse de 10,5 % des chômeurs à la Réunion... des chômeurs que l'Etat a rayés des listes Assedic !
Après avoir poussé des centaines, voire des milliers de nouveaux travailleurs vers le besoin et la misère, on nous annonce à présent une campagne de " lutte contre le travail au noir " ! Leur cynisme n'a pas de limite !
Leur cynisme étant frère du culot, voilà maintenant que nos bonnes âmes de la préfecture, des conseils général et régional disent vouloir " augmenter de 20 % en trois ans le nombre des emplois marchands ".
Mais à l'heure où les patrons font la chasse aux emplois permanents pour les remplacer par des emplois précaires, où la sous-traitance s'étend, qui peut bien les croire ? Depuis quand le système capitaliste peut-il générer tant d'emplois alors qu'il ne jure que par leurs suppressions, les déloca-lisations, les baisses d'effectifs et de salaires, les augmentations des cadences et des horaires ?
Leurs mensonges ne nous ont jamais fait rêver.
Le capitalisme ça tue.
Une étude sur les bassins versants de Sharrié (hauts de la Petite île) et de Dos d'Ane menée conjointement par la Chambre d'Agriculture et l'association Forum Agriculture Raisonnée Respectueuse de l'Environnement Réunion, a fait ressortir " une absence quasi systématique de protection nécessaire tels que masques, gants, combinaison lors de l'application des pesticides ". Cette remarque est valable pour tous les secteurs de l'île.
Depuis des décennies, des ouvriers agricoles et des petits agriculteurs, manipulent des produits dangereux sans être véritablement protégés. Les vendeurs et les trusts qui fabriquent ces produits devraient pourtant informer les utilisateurs et surtout distribuer les matériels de protection. Quant aux gros propriétaires terriens qui imposent l'utilisation des pesticides sans attribuer le moindre matériel de protection, ils sont eux aussi criminels.
Si certains petits planteurs doutent du danger que peuvent provoquer les pesticides, soit parce qu'ils manquent d'informations, soit parce qu'ils ne savent par lire, les grands propriétaires fonciers connaissent très bien les dangers et d'ailleurs ils ne s'aventurent jamais à utiliser ces produits sans se protéger.
Des statistiques font apparaître, un nombre élevé de cancer chez les utilisateurs de produits phytosanitaires. Mais ce qui intéresse les grands groupes, ce n'est pas la santé publique mais le profit. C'est également le cas pour les grands propriétaires fonciers pour qui protéger un salarié est toujours trop cher. La moindre humanité voudrait que la vie d'un être passe avant leurs profits.