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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2004 |
| mis à jour le 01/12/2004 | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
Assouplissement des 35 heures , une régression sociale !
Non aux expulsions !
Budget de l'Outre-Mer en baisse.
Nassimah la comédienne.
Magamootoo dans son bon rôle.
Daniel Moreau, montre-moi ta cervelle, je te dirais qui tu es !
Un manque énorme dans le secteur sanitaire et social.
L'eau, produit de luxe ?
La SIDEC a reculé.
À bas le service minimum !
Air Bourbon, les salariés trinquent.
Pollution de l'étang du Gol.
Bhopal, les assassins et leurs Suvres.
Des enfants victimes de cette societe injuste.
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Assouplissement des 35 heures , une régression sociale !
Lors de sa dernière conférence de presse, Raffarin a annoncé qu'il entendait bien continuer sa politique. Après les retraites et l'assurance-maladie, il veut maintenant s'attaquer aux 35 heures.
Les lois Aubry sur les 35 heures sont pourtant favorables aux patrons. Ces derniers peu-vent bénéficier d'une réduction de leurs charges sociales, bloquer les salaires, imposer l'annualisation du temps de travail et réduire les temps de pause.
Mais bien sûr, ce n'est pas cela que le gouvernement et le patronat veulent faire dispa-raître. Ce qu'ils veulent c'est supprimer la réduction du temps de travail hebdomadaire.
Raffarin nous dit que la durée hebdomadaire légale du travail sera maintenue à 35 heures. Mais il envisage des " assouplis-sements " en autorisant des négociations sur la durée de travail par entreprise. Ainsi un patron aura la possibilité lorsque bon lui semble de remettre en cause les 35 heures. D'ailleurs, le gouvernement s'apprête à porter le contingent annuel des heures supplémentaires de 180 à 220 heures et s'apprête à accorder l'autorisation de travailler au-delà de 220 heures. Ce qui ramènera la semaine de travail à 40 heures et même à 45 heures.
C'est au nom de la liberté du travail et de la démocratie que Raffarin justifie son projet contre les 35 heures. Quelle hypocrisie ! Il nous berne avec la soi-disant possibilité pour un travailleur de travailler plus. Mais on sait très bien que ce sont les patrons qui imposent les heures supplémen-taires uniquement quand cela les arrange. On sait très bien les pressions exercées par les patrons sur leurs employés pour qu'ils fassent des heures supplé-mentaires, heures qui souvent ne sont pas correctement payées.
Notons que, le gouvernement prolonge de trois ans le régime qui accorde aux entreprises de moins de 20 salariés le paiement des heures supplémentaires majorée de 10 % au lieu de 25 %. Raffarin est même partisan d'étendre ce régime à toutes les entreprises. Et c'est ce que réclame le patronat.
On nous parle de travailler plus alors que le nombre de chômeurs dépasse les 2 millions en métropole et s'élève à plus de 100 000 à la Réunion. Si les patrons veulent avoir plus d'heures travaillées ils n'ont qu'à embaucher des chômeurs. Cela ferait du même coup diminuer le chômage.
Mais ce n'est pas là le problème pour les patrons. Ce qu'ils veulent c'est de pouvoir exploiter davantage le monde du travail en le payant le moins cher possible. Ils veulent faire encore plus de profits en voulant augmenter la durée du temps de travail.
C'est pour cette raison que le patronat applaudit des deux mains les annonces faites par Raffarin. Le contraire aurait d'ailleurs été étonnant surtout lorsqu'on sait que c'est le MEDEF qui dicte au gouverne-ment la politique à mener.
L' " assouplissement des 35 heures " est donc une attaque de plus contre le monde du travail. Nous devons refuser cette régression sociale qu'on veut nous imposer tout comme nous devons obliger le patronat à prendre sur ses profits pour donner à tous un travail et un salaire correct.
Non aux expulsions !
Des expulsions sont menées par la préfecture. Il s'agit notamment de l'expulsion brutale d'un jeune lycéen vers les Comores. Il a été menotté comme un vulgaire voyou. Ce jeune homme n'avait aucun lien familial aux Comores. Grâce à la mobilisation de sa famille, d'associations et de son avocat, il est de retour à la Réunion depuis peu.
Mais combien d'autres dans ce cas sont passés sous silence ?
Lutte Ouvrière est solidaire de toutes celles et de tous ceux qui sont menacés d'expulsion. Entre autres de cette jeune étudiante malgache qui demande qu'on lui laisse au moins le temps de terminer ses études avant de repartir à Madagascar.
Budget de l'Outre-Mer en baisse.
Après l'Assemblée Nationale, le Sénat a adopté le budget 2005 pour l'Outre Mer. Tous les parlementaires de l'UMP, de l'UDF et de la Relève ont voté ce budget qui est pourtant en baisse par rapport à celui de cette année.
Ces élus se déclarent même satisfaits, justifiant que malgré les restrictions budgétaires imposées aux différents ministères, la ministre Girardin a pu éviter une plus forte baisse.
Certains vont même jusqu'à affirmer que le budget est en augmentation. En réalité, ils incluent les sommes allouées par les différents ministères à l'Outre Mer. Mais même avec ces sommes-là le budget ne pourra pas satisfaire les besoins de la population en matière d'emplois, de logements, de services publics...
Nassimah la comédienne.
Nassimah Dindar, la présidente du Conseil Général ne rate pas une occasion de se donner une image de présidente soucieuse des intérêts des plus pauvres.
Mais cette façade ne parvient pas à cacher son soutien indéfectible à la politique de casse sociale du gouvernement Raffarin. Elle approuve, par exemple, la baisse des contrats aidés (CES, CEC,...) sans proposer de véritables solutions aux chômeurs.
Elle n'hésite pas non plus à justifier la politique du gouvernement en mettant en avant le fait que les socialistes, lorsqu'ils étaient au pouvoir, n'avaient rien fait pour la population pauvre.
Ce qui n'est pas faux mais cela ne doit pas être un prétexte pour justifier les mauvais coups de la droite contre la population laborieuse.
Magamootoo dans son bon rôle.
Magamootoo a été élu président de la chambre de commerce. Il a profité du vote des petits patrons et a bénéficié du soutien de TAK, de Bénard, de Virapoullé et du PS.
Mais une fois élu, il s'est vite empressé de déclarer qu'il allait se mettre au travail pour les petites, moyennes...et grosses entreprises de l'île. Une façon pour lui de rappeler qu'il n'entend pas gêner les affaires du grand patronat... bien au contraire !
Le PS nous avait présenté Magamootoo comme un socialiste. D'ailleurs, il occupait la troisième place sur la liste de Vergoz lors des dernières élections de mars 2004 où il s'était fait élire conseiller régional. Ce qui prouve seulement que la politique du PS n'est pas incompatible avec la défense des intérêts du patronat !
Daniel Moreau, montre-moi ta cervelle, je te dirais qui tu es !
Lors de l'élection du président de la CCIR qui a donné lieu à d'intenses tractations, certains n'ont pas hésité à dévoiler leurs plus profondes pensées !
C'est le cas de Daniel Moreau représentant du MEDEF et adjoint au maire de Saint Benoit qui aurait déclaré à un de ses colistiers qui souhaitait se faire élire que " la chambre n'est pas un temple malbar ", allusion aux origines de ce dernier.
Ce n'est pas seulement des toiles d'araignées que ces gens-là ont dans le crâne mais un grand vide parfois peuplé d'idées imbéciles et dangereuses.
Un manque énorme dans le secteur sanitaire et social.
Lors de sa dernière réunion, le Comité économique et social de la Réunion (CESR) a souligné le manque de moyens humains dans le secteur sanitaire et social.
Il estime nécessaire et urgent de créer entre 5 000 et 7 000 postes pour combler ce déficit. Le secteur de la petit enfance à lui seul (crèches, jardins d'enfants...) pourrait en créer 3 500.
Par ailleurs, le manque de personnel se fait cruellement sentir dans les hôpitaux, dans les structures d'accueil des personnes âgées ou handicapées...
Ce constat ne va pas pour autant pousser le gouvernement à réagir, sauf si la population l'y contraint !
L'eau, produit de luxe ?
Quatre centimes de plus par mètre cube d'eau, c'est la taxe qu'ont votée les élus des Conseils général et régional siégeant au " comité de bassin " pour, nous dit-on, financer l'Office de l'eau récemment créé. Cette taxe s'appliquera à compter du 1er janvier 2005.
Après la hausse de la bouteille de gaz et celle du gazole, voilà encore une augmentation de prix d'un produit essentiel qui va amputer un peu plus notre pouvoir d'achat !
Il ne serait pas venu à l'idée de ces "élus du peuple " de prendre sur les profits de la CISE et de la CGE !
La SIDEC a reculé.
Il aura fallu plusieurs jours de grève pour que les travailleurs du Gol et de Bois Rouge fassent revenir leur patron, la SIDEC, sur sa décision de remettre en cause le principe du versement de la " prime pour travaux pénibles et salissants ". Rappelons que cette prime leur est applicable depuis qu'ils ont gagné le droit au bénéfice du statut des industries électriques et gazières suite à la grève qu'ils avaient menée avec leurs camarades guadeloupéens de la centrale du Moule début 2002.
Malgré les menaces de procès de la SIDEC, les ordres de réquisition du préfet, et les rodomontades des syndicats de planteurs, les grévistes ont fait face, ont su faire preuve de solidarité et ont fait reculer la SIDEC. Quant aux jours de grève, ils seront moitié payés, moitié pris sur leurs congés et RC.
À bas le service minimum !
Pendant tout le conflit, les patrons de la SIDEC et la préfecture n'ont eu de cesse de vouloir monnayer leur recul par l'acceptation d'un " service minimum ".
Derrière le " service minimum " se cache évidemment la remise en cause du droit de grève. La CGTR a refusé de signer le " Service minimum ", mais elle a cependant renoncé par écrit à tout mouvement de grève pour la prochaine campagne sucrière et accepté de participer à " un groupe de travail afin de rédiger, avant la fin de l'année 2005, un protocole définissant les modalités de production (vapeur et électricité) pendant les conflits, afin de limiter leurs conséquences sur la population et l'économie de l'île " !
Des grèves sans arrêt de la production et sans que les profits soient lésés : le rêve de tous les patrons ! Mais les travailleurs n'ont pas dit leur dernier mot.
Air Bourbon, les salariés trinquent.
Le tribunal de commerce a finalement mis en liquidation Air Bourbon. Le PDG, Eric Lazarus avait laissé croire qu'un nouvel investisseur était prêt à injecter immédiatement plus de 7 millions d'euros dans les caisses de la compagnie afin de payer ses dettes. En fait, Lazarus comptait gagner du temps et espérait pouvoir bénéficier d'une aide financière du Département ou de la Région.
Aujourd'hui, 160 salariés se retrouvent sur le carreau. Certains auront du mal à retrouver un emploi comme hôtesse ou steward, surtout ceux qui habitent ici.
Lors de sa création, Air Bourbon était présenté comme une compagnie réunionnaise capable de concurrencer Air France, Air Austral et Corsair en offrant un prix unique pendant toute l'année.
Du vent que tout cela. Tant que Air Bourbon faisait du profit les actionnaires pouvaient être satisfaits. Mais le jour où les profits ont été jugés insuffisants, alors ils ont décidé de tout brader, et tant pis si cela se traduit par des désagréments pour les passagers et par des licenciements pour les salariés.
Pollution de l'étang du Gol.
L'étang du Gol de Saint Louis est envahi par des jacinthes d'eau qui asphyxient tout ce qui y vit. Il semblerait que les rejets de l'usine et de la station d'épuration situées à proximité soient à l'origine de cette pollution.
Ce problème n'est pas nouveau mais il a pris une ampleur particulière cette année. Il est intolérable, que rien n'ait été fait pour y mettre fin et que les pouvoirs publics aient laissé la situation se dégrader.
Bhopal, les assassins et leurs Suvres.
Le 3 décembre 1984, une fuite de gaz toxique à l'usine américaine Union Carbide de Bhopal (centre de l'Inde) a été à l'origine d'un des plus grands accidents industriels de l'histoire.
Environ 40 tonnes de gaz toxique se sont échappées de l'usine et se sont répandues sur 20 km2 contaminant des centaines de milliers de personnes. 3 500 personnes sont mortes de suffocation, environ 15 000 personnes sont décédées suite à des maladies liées à l'inhalation des gaz. On estime qu'environ 800 000 personnes ont été atteintes d'une manière ou d'une autre par cet accident.
Vingt ans après, on continue encore de mourir à Bhopal. En outre, de nombreuses familles se retrouvent sans ressources à la suite de cette catastrophe (perte d'un mari, perte d'emploi, handicap...)
Union Carbide a versé 470 millions de dollars au gouvernement indien en 1989 (après une longue bataille juridique) mais les victimes en ont très peu bénéficié.
Aujourd'hui, le site est abandonné mais des tonnes de déchets toxiques continuent à s'y entasser, polluant tout ce qui les entoure, en particulier l'eau consommée par la population.
Le capitalisme pue, pollue et tue.
Des enfants victimes de cette societe injuste.
Dans son dernier rapport sur la situation des enfants dans le monde, l'UNICEF souligne que plus d'un milliard d'enfants vivent dans une souffrance due principalement à la pauvreté, à la guerre ou au SIDA.
Dans ce même rapport il est noté que 640 millions d'enfants n'ont pas de logements adéquats, 500 millions vivent dans l'insalubrité, 400 millions consomment de l'eau non potable, 270 millions sont totalement privés de services de soins de santé, 140 millions n'ont jamais été scolarisés et 90 millions souffrent de privations alimentaires graves.
Bien sûr, tous les ans, les dirigeants de ce monde palabrent sur la nécessité de respecter les droits des enfants. Mais la situation ne s'améliore pas.
Il ne pourrait en être autrement tant que cette société d'injustices perdure.
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