Archives du mensuel régional
Région ILE DE LA REUNION01/01/2005
 Retour
Le racisme contre les Comoriens et les Mahorais, un poison qu'il faut combattre résolument.
Il n'est malheureusement pas rare d'entendre des propos insultants et racistes envers la communauté comorienne et mahoraise. Cette xénophobie qui se renforce ici, n'est que l'ultime avatar de cette idéologie de fond de poubelle qui a fait le succès d'un Le Pen en France.
Cette communauté d'environ 30.000 membres est venue à La Réunion pour fuir le chômage, la misère, l'archaï sme du système hospitalier (il y a plusieurs centaines d'évacuations sanitaires de Mayotte vers La Réunion par an), les aides sociales insuffisantes, l'absence d'indemnisation du chômage, les salaires de misère (le SMIC mahorais est inférieur à la moitié du SMIC d'ici), ou encore un système scolaire insuffisant, entre autre par absence d'université. Alors beaucoup abandonnent tout et viennent à La Réunion pour espérer vivre un peu mieux et surtout offrir à leurs enfants un avenir meilleur.
Mais ce qu'ils trouvent ici à de quoi les faire rapidement déchanter. Victimes de discriminations à l'embauche, ces travailleurs n'ont souvent un emploi qu'au noir pour effectuer les travaux les plus pénibles, et sont largement sous-payés. La recherche de logement devient vite une course d'obstacles infranchissables, ce qui jette les membres de cette communauté dans les bras de marchands de sommeil d'autant moins scrupuleux qu'ils savent avoir à faire à des populations fragiles qui n'ont pas trop les moyens de se plaindre.
Ainsi, le bidonville de l'Oasis au Port reste un lieu où les familles mahoraises et comoriennes s'entassent sous des cases insalubres et propices au développement d'incendies ravageurs, comme celui du 6 décembre 2004 qui a mis 7 familles, soit 32 personnes à la rue.
Le 10 janvier, un incendie a détruit une maison de St-André, provoquant la mort de 3 enfants. A plusieurs reprises déjà, la famille s'était plainte auprès de la société immobilière, qui n'a jamais daigné vérifier, de problèmes récurrents au compteur électrique.Ces problèmes ont pourtant pu être à l'origine du drame
Le racisme, la xénophobie sont des poisons qui divisent les pauvres. Ils nous détournent de nos vrais ennemis, de ceux qui sont responsables du chômage, des bas salaires, de ceux qui emploient les travailleurs mahorais et comoriens pour faire le travail de 2 ou 3 personnes, et qui ont intérêt à ce qu'aucune solidarité ne puisse exister entre nous. C'est pourquoi il est du devoir de n'importe quel travailleur conscient de combattre ce venin partout où il veut s'introduire, que ce soit dans notre milieu familial ou dans notre quartier, sur nos lieux de travail et dans nos syndicats.
C'est en s'unissant que tous les travailleurs, ceux d'ici et ceux venant des îles alentour, pourront arracher aux patrons des meilleurs salaires, des meilleures conditions de travail, ainsi que de l'embauche en nombre suffisant et ensemble trouver une dignité qui nous rendra plus forts.