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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2005 |
| mis à jour le 01/01/2005 | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
Mais dans quel camp est-il ?
Le 5 février, tous ensembles dans la rue contre le gouvernement et le patronat !
Santé publique et profits.
Mutuelle, des hausses à vous rendre malade.
Quel cynisme !
Le textile à Maurice, une affaire juteuse pour les patrons !!!
Le racisme contre les Comoriens et les Mahorais, un poison qu'il faut combattre résolument.
Les patrons et l'État nous prennent à la gorge.
Salaires impayés, une pratique infecte.
EDF, responsable du service minimum.
Borloo aime faire la fete... avec les riches !
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Mais dans quel camp est-il ?
Dans ses vSux formulés à la population pour 2005 Paul Vergès souhaite, entre autres choses, l'unité des Réunionnais pour " développer La Réunion " et " atténuer les effets du chômage, de la pauvreté et de l'exclusion ". Mais l'unité des Réunionnais est aujourd'hui un leurre, tout simplement parce que dans la société il y des classes sociales aux intérêts diamétralement opposés.
Ainsi lorsque Vergés parle de développement de La Réunion, encore faudrait-il savoir à qui s'adresse sa politique : aux travailleurs ou à leurs exploiteurs? La politique que mènent le PCR et de ses élus depuis de nombreuses années nous donne de bonnes raisons de croire que Vergès n'entend pas améliorer le sort des travailleurs, mais bien plutôt servir les intérêts des plus riches. De même, avec ce qu'il appelle " les nombreux défis du 21ème siècle " nous ne voyons rien qui puisse augurer des jours meilleurs pour l'ensemble des travailleurs.
La " Route des Tamarins " permettra peut-être de fluidifier un peu la circulation et de soulager de nombreux travailleurs qui passent actuellement des heures dans les embouteillages. Mais le chantier " historique " représente surtout des profits assurés pour les gros patrons du BTP qui se disputent d'ailleurs déjà leur part de gâteau. Quant au Tram-Train, qu'on n'attend pas avant dix ou quinze ans, et encore s'il voit le jour, il n'est pas dit qu'il sera un service public à moindre coût et qu'il prendra le pas sur " le tout voiture ". " L'habitat du 21ème siècle " reste "à inventer " selon Vergès.
Mais au rythme où l'on construit aujourd'hui, autant dire qu'on n'est pas près d'atteindre les 10 à 12 000 logements par an, nécessaires à la population. Vergès se préoccupe des effets de ce qu'il considère comme des " bouleversements considérables "à savoir les changements climatiques, la mondialisation de l'économie et " la transition démographique ". Mais la façon de les résoudre ou d'y faire face dépend grandement de la politique mise en avant. Veut-on promouvoir une politique favorable à toute la population, ou une politique qui ne tienne compte que des intérêts des plus riches? Là est toute la différence.
Et ce n'est certainement pas au travers des organisations comme le GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Etude sur le Climat), l'ONU, RUP ou autre Union Européenne qui semblent revêtir une grande importance aux yeux de Vergès que l'on trouvera des remèdes aux fléaux que nous infligent cette société, en tout cas des remèdes qui puissent satisfaire le plus grand nombre.
Au contraire, toutes les nations et Etats qui s'y rencontrent n'ont pas d'autre but que de tirer leur épingle pour le compte de leur bourgeoisie et ils n'hésitent pas à utiliser si nécessaire la manière forte pour imposer ce qui semble bon à leurs capitalistes.
Nous sommes persuadés qu'un monde meilleur où les êtres humains vivraient en harmonie entre eux et avec la nature est possible. Mais nous y arriverons en débarrassant cette société du capitalisme, et ce n'est pas cette voie qu'emprunte Vergès.
Le 5 février, tous ensembles dans la rue contre le gouvernement et le patronat !
Tandis que du 1er au 3 février sera examinée à l'Assemblée Nationale la loi sur l'assouplissement des 35 heures, les organisations syndicales appellent les travailleurs du privé et du public à manifester tous ensemble le 5 février pour protester contre les attaques du gouvernement.
En France, les journées de mobilisation des 18, 19 et 20 janvier ont été un succès, notamment dans l'Education nationale où le taux de grévistes a atteint celui des meilleurs jours du grand mouvement de 2003. Malgré le fait que les directions syndicales ont choisi d'éclater les différentes grèves sur différentes journées avec des revendications différentes, ce qui n'était pas propice à la mobilisation, les travailleurs des secteurs appelés ont su saisir l'occasion pour montrer que la colère couvait. Car derrière nos revendications propres, nous avons tous les mêmes problèmes : les salaires, les conditions de travail et l'emploi.
La vie devient de plus en plus chère. Selon l'INSEE les prix à la consommation ont augmenté de 2,7% l'année dernière à la Réunion. Les augmentations de salaire, lorsqu'il y en a, sont ridicules comparé à ce qu'il faudrait pour garder son pouvoir d'achat. Les patrons ne respectent absolument pas les conventions collectives et économisent sur tout. Dans le bâtiment, la majorité des petites entreprises ne payent à leurs travailleurs ni la prime de panier, ni la prime de transport et ni celle de déplacement. Partout, dans le secteur hospitalier, à la Poste, dans l'Education nationale, il manque des emplois pour répondre correctement aux besoins.
Alors, le 5 février, que nous soyons des travailleurs du public ou du privé, manifestons tous ensembles pour montrer au patronat et au gouvernement à son service que ceux qui sèment la misère finiront par récolter la colère.
Santé publique et profits.
L'année dernière, des consommateurs ont été choqués par l'augmentation inconsidérée de leur facture d'eau.
Les responsables des différentes sociétés distributrices ont justifié ces augmentations en disant que les sommes ainsi récoltées serviraient à entretenir les réseaux et à améliorer la qualité de l'eau.
Quelle qualité ? A chaque période de grosses pluies nos robinets déversent une eau impropre à la consommation, à tel point que la DRASS doit rappeler qu'il ne faut pas consommer directement toute eau suspecte à moins de la faire bouillir auparavant.
La DRASS a déclaré récemment dans un quotidien local que sur les 168 réseaux que compte l'île, seulement 15 bénéficient de station de traitement. La majorité de ces réseaux acheminent des eaux de surfaces nécessitant des traitements pour les rendre propres à la consommation, plus que pour les eaux souterraines.
À La Réunion l'exploitation et la gestion de l'eau potable sont assurées à 95,5% par des groupes privés. Ces groupes n'ont visiblement pas l'intention d'assurer en toute circonstance une eau de bonne qualité. Ils sont là pour faire des profits et moins ils font de gros investissements, plus leurs profits sont florissants.
Si toutefois ils se décidaient à investir, il faudra, disent-ils, qu'ils augmentent les factures, c'est-à-dire qu'ils fassent payer à la population la mise en place des stations de traitement.
Pourtant, selon un article du code de la Santé publique : " Quiconque offre au public de l'eau potable est tenu d'assurer que cette eau est propre à la consommation ". Ces grosses entreprises assoiffés d'argent, notamment Vivendi, la CISE et la Saphir, s'assoient sur la loi, même lorsqu'il y va de la santé publique.
Mutuelle, des hausses à vous rendre malade.
En fin d'année dernière les mutuelles ont adressé non pas leurs meilleurs vSux mais leurs nouveaux tarifs en augmentation à leurs adhérents.
En moyenne les primes ont augmenté de 10%. Ces nouvelles hausses grèvent bien entendu tous les budgets, et en particulier le budget des personnes à faibles revenus. Les mutuelles considèrent que c'est une hausse " sensible ". En effet nous la sentons passer !
La Mutualité de La Réunion a précisé dans son courrier aux adhérents, que ces augmentations résultent des mesures prises par le gouvernement (déremboursement des médicaments, augmentation du forfait hospitalier...) pour " redresser " la Sécurité Sociale.
En somme c'est le gouvernement qui a aussi imposé ces augmentations !
Comme quoi, quand une politique est mauvaise, elle est mauvaise jusqu'au bout.
Quel cynisme !
Les salaires ne suivent pas les prix, c'est une évidence. Eh bien tout ce que trouve à dire les Chirac, Raffarin, et autres Sarkozy et le patronat qu'ils soutiennent , c'est qu'il faut permettre aux travailleurs de travailler plus pour gagner plus ! Il faut casser la loi des 35 heures !
Travailler plus ? Dans certaines entreprises de la Réunion, il n'est pas rare de voir des travailleurs travailler aujourd'hui 50, 60 voire 70 heures par semaine pour le SMIC, car leurs heures supplémentaires ne leur sont pas payées. De qui se moque-t-on alors ?
Des centaines de réclamations s'accumulent d'ailleurs devant les bureaux des Prud'hommes où la " Justice " est rarement rendue à ceux qui ont été spoliés du fruit de leur travail. C'est dire combien l'Etat et le gouvernement sont complices des patrons.
En fait, toute l'action du gouvernement ne vise qu'à une seule chose : permettre au patronat de s'enrichir encore plus sur le dos des travailleurs.
Le textile à Maurice, une affaire juteuse pour les patrons !!!
Le secteur du textile Mauricien a perdu environ 20.000 emplois au cours de ces quatre dernières années. Concentrés essentiellement dans la zone franche, beaucoup de patrons de ces entreprises ont mis la clef sous la porte, déménageant vers des cieux encore plus propices à leurs profits, en Chine, en Inde, au Vietnam ou ailleurs, attirés par un coût encore plus faible de la main-d'oeuvre.
Ces patrons agissent comme de véritables sangsues, pompant depuis des années le sang et la sueur des travailleurs pour leur bénéfice et celui des grandes compagnies du textile : Floreal Knitwear, Arvind Overseas (Mauritius) Ltd, Esquel, et bien d'autres encore.
Dans les années 70, lors de l'établissement de la zone franche, ces compagnies aidées par le gouvernement mauricien ont fait venir des travailleurs de toute la région pour se faire exploiter pour 2,50 roupies de l'heure, dans de pénibles conditions et sans aucune loi pour les protéger. Il y a aujourd'hui à Maurice 20 000 ouvriers étrangers, venant principalement d'Inde et de Chine.
Les actionnaires repartent maintenant les poches pleines faire la même chose dans d'autres pays, laissant sur le carreau ceux qu'ils ont usés à la tâche.
Il faudra bien un jour que les travailleurs de tous les pays s'unissent, pour renverser ce système capitaliste fait de larmes et de souffrances !
Le racisme contre les Comoriens et les Mahorais, un poison qu'il faut combattre résolument.
Il n'est malheureusement pas rare d'entendre des propos insultants et racistes envers la communauté comorienne et mahoraise. Cette xénophobie qui se renforce ici, n'est que l'ultime avatar de cette idéologie de fond de poubelle qui a fait le succès d'un Le Pen en France.
Cette communauté d'environ 30.000 membres est venue à La Réunion pour fuir le chômage, la misère, l'archaï sme du système hospitalier (il y a plusieurs centaines d'évacuations sanitaires de Mayotte vers La Réunion par an), les aides sociales insuffisantes, l'absence d'indemnisation du chômage, les salaires de misère (le SMIC mahorais est inférieur à la moitié du SMIC d'ici), ou encore un système scolaire insuffisant, entre autre par absence d'université. Alors beaucoup abandonnent tout et viennent à La Réunion pour espérer vivre un peu mieux et surtout offrir à leurs enfants un avenir meilleur.
Mais ce qu'ils trouvent ici à de quoi les faire rapidement déchanter. Victimes de discriminations à l'embauche, ces travailleurs n'ont souvent un emploi qu'au noir pour effectuer les travaux les plus pénibles, et sont largement sous-payés. La recherche de logement devient vite une course d'obstacles infranchissables, ce qui jette les membres de cette communauté dans les bras de marchands de sommeil d'autant moins scrupuleux qu'ils savent avoir à faire à des populations fragiles qui n'ont pas trop les moyens de se plaindre.
Ainsi, le bidonville de l'Oasis au Port reste un lieu où les familles mahoraises et comoriennes s'entassent sous des cases insalubres et propices au développement d'incendies ravageurs, comme celui du 6 décembre 2004 qui a mis 7 familles, soit 32 personnes à la rue.
Le 10 janvier, un incendie a détruit une maison de St-André, provoquant la mort de 3 enfants. A plusieurs reprises déjà, la famille s'était plainte auprès de la société immobilière, qui n'a jamais daigné vérifier, de problèmes récurrents au compteur électrique.Ces problèmes ont pourtant pu être à l'origine du drame
Le racisme, la xénophobie sont des poisons qui divisent les pauvres. Ils nous détournent de nos vrais ennemis, de ceux qui sont responsables du chômage, des bas salaires, de ceux qui emploient les travailleurs mahorais et comoriens pour faire le travail de 2 ou 3 personnes, et qui ont intérêt à ce qu'aucune solidarité ne puisse exister entre nous. C'est pourquoi il est du devoir de n'importe quel travailleur conscient de combattre ce venin partout où il veut s'introduire, que ce soit dans notre milieu familial ou dans notre quartier, sur nos lieux de travail et dans nos syndicats.
C'est en s'unissant que tous les travailleurs, ceux d'ici et ceux venant des îles alentour, pourront arracher aux patrons des meilleurs salaires, des meilleures conditions de travail, ainsi que de l'embauche en nombre suffisant et ensemble trouver une dignité qui nous rendra plus forts.
Les patrons et l'État nous prennent à la gorge.
L'INSEE vient de publier ses résultats concernant l'augmentation des prix à La Réunion en 2004. Il ressort de cette étude que les prix ont augmenté de 2,7 % en moyenne avec des pointes à 20 % pour les produits frais (tomates, oignons, brèdes, salades, fruits).
Le gouvernement a beau faire son cinéma sur la baisse des prix et des impôts, il ne peut cacher que tous les prix des produits et services de première nécessité augmentent : gaz, essence, électricité, alimentation, vêtements, assurances, frais scolaires, etc.
Il n'y a que les salaires qui sont à la traîne.
C'est pourquoi la lutte pour l'augmentation des salaires et des retraites est plus que jamais à l'ordre du jour.
Salaires impayés, une pratique infecte.
Une pratique patronale consiste à verser les salaires en retard (le 15, le 20 du mois, voire le mois d'après) ou de cesser de les verser. Certains d'entre nous sont ainsi poussés à faire grève pour exiger d'être payés.
En privant les travailleurs même momentanément de salaires, les patrons font travailler l'argent qu'ils ne nous versent pas en temps voulu. Mais en agissant ainsi, les patrons ont aussi l'objectif de nous faire accepter les salaires les plus bas ainsi que les pires conditions de travail.
Ils aimeraient bien que nous compatissions à leurs prétendues difficultés financières, mais eux compatissent-ils à la détérioration de notre niveau de vie qu'ils nous font subir ?
Non évidemment. Alors pour nous l'équation est simple : pas de salaire, pas de travail !
EDF, responsable du service minimum.
En ces derniers jours de janvier la foudre, en tombant sur les réseaux électriques, a fait de nombreux dégâts dans les postes de transformation en endommageant les boîtes de connexions souterrains, comme à Champ Fleury, ou détériorant compteurs et disjoncteurs chez les particuliers. À cela il n'y a pas pour l'instant de technique imparable, même si les dispositifs anti-foudre, loin d'être partout installés, permettraient de limiter la casse.
Les effets de la nature sont une chose. Mais là où la nature n'a rien à voir, c'est quand par exemple les ouvriers d'EDF se retrouvent dans l'incapacité de réparer faute de matériels de rechange ou quand le calibre des câbles est insuffisant pour supporter la charge électrique.
La raison c'est que la direction d'EDF refuse d'investir dans son réseau et ne veut pas entretenir un stock, car les stocks ça coûte cher ! Alors en cas de cyclone, comme lors du passage de Dyna, ou dans le cas plus récent de ces coups de foudre, elle oblige la population privée d'électricité à attendre l'arrivée de la prochaine livraison de matériels de rechange (fusibles, câbles, compteurs, disjoncteurs) et, en attendant, à s'éclairer à la bougie.
EDF : Effet De Foudre ou Effet Du Fric ?
Borloo aime faire la fete... avec les riches !
Lors de sa venue à La Réunion fin décembre, Jean-Louis Borloo a déclaré, après avoir évité les quelques dizaines d'emplois précaires et syndicalistes venus manifester contre sa politique de régression sociale : " Moi qui connaît cette île depuis 35 ans, je suis stupéfait que ce soit autre chose que la fête qui prédomine aujourd'hui ". (le Quotidien du 23/12/04)
Borloo, l'avocat des patrons, qui a consacré dans le passé tant d'allers-retours à conseiller les capitalistes réunionnais pour que ceux-ci puissent s'enrichir le plus efficacement possible, ne peut supporter la vue de quelques emplois-jeunes en fin de contrat venus lui dire qu'ils en ont marre de vivre dans la précarité.
C'est que Borloo ne leur apporte rien, contrairement aux patrons que son gouvernement gave d'aides et d'exonérations fiscales de toutes sortes. Il ne leur offre que des " contrats d'avenir " payés à coups de lance-pierre pour une durée maximale de dix-huit mois !
Malgré tout Borloo regrette qu'on ne lui dise pas merci, qu'on ne l'accueille pas avec des fleurs et des chants.
Et puis quoi encore, nous ne sommes plus aux temps bénis des colonies et des peuples soumis.
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