Site régional
mis à jour le 01/01/2005
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2005
Dans ce numéro
Version imprimable de la page
Mais dans quel camp est-il ?
Dans ses vSux formulés à la population pour 2005 Paul Vergès souhaite, entre autres choses, l'unité des Réunionnais pour " développer La Réunion " et " atténuer les effets du chômage, de la pauvreté et de l'exclusion ". Mais l'unité des Réunionnais est aujourd'hui un leurre, tout simplement parce que dans la société il y des classes sociales aux intérêts diamétralement opposés.
Ainsi lorsque Vergés parle de développement de La Réunion, encore faudrait-il savoir à qui s'adresse sa politique : aux travailleurs ou à leurs exploiteurs? La politique que mènent le PCR et de ses élus depuis de nombreuses années nous donne de bonnes raisons de croire que Vergès n'entend pas améliorer le sort des travailleurs, mais bien plutôt servir les intérêts des plus riches. De même, avec ce qu'il appelle " les nombreux défis du 21ème siècle " nous ne voyons rien qui puisse augurer des jours meilleurs pour l'ensemble des travailleurs.
La " Route des Tamarins " permettra peut-être de fluidifier un peu la circulation et de soulager de nombreux travailleurs qui passent actuellement des heures dans les embouteillages. Mais le chantier " historique " représente surtout des profits assurés pour les gros patrons du BTP qui se disputent d'ailleurs déjà leur part de gâteau. Quant au Tram-Train, qu'on n'attend pas avant dix ou quinze ans, et encore s'il voit le jour, il n'est pas dit qu'il sera un service public à moindre coût et qu'il prendra le pas sur " le tout voiture ". " L'habitat du 21ème siècle " reste "à inventer " selon Vergès.
Mais au rythme où l'on construit aujourd'hui, autant dire qu'on n'est pas près d'atteindre les 10 à 12 000 logements par an, nécessaires à la population. Vergès se préoccupe des effets de ce qu'il considère comme des " bouleversements considérables "à savoir les changements climatiques, la mondialisation de l'économie et " la transition démographique ". Mais la façon de les résoudre ou d'y faire face dépend grandement de la politique mise en avant. Veut-on promouvoir une politique favorable à toute la population, ou une politique qui ne tienne compte que des intérêts des plus riches? Là est toute la différence.
Et ce n'est certainement pas au travers des organisations comme le GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Etude sur le Climat), l'ONU, RUP ou autre Union Européenne qui semblent revêtir une grande importance aux yeux de Vergès que l'on trouvera des remèdes aux fléaux que nous infligent cette société, en tout cas des remèdes qui puissent satisfaire le plus grand nombre.
Au contraire, toutes les nations et Etats qui s'y rencontrent n'ont pas d'autre but que de tirer leur épingle pour le compte de leur bourgeoisie et ils n'hésitent pas à utiliser si nécessaire la manière forte pour imposer ce qui semble bon à leurs capitalistes.
Nous sommes persuadés qu'un monde meilleur où les êtres humains vivraient en harmonie entre eux et avec la nature est possible. Mais nous y arriverons en débarrassant cette société du capitalisme, et ce n'est pas cette voie qu'emprunte Vergès.
Le 5 février, tous ensembles dans la rue contre le gouvernement et le patronat !
Tandis que du 1er au 3 février sera examinée à l'Assemblée Nationale la loi sur l'assouplissement des 35 heures, les organisations syndicales appellent les travailleurs du privé et du public à manifester tous ensemble le 5 février pour protester contre les attaques du gouvernement.
En France, les journées de mobilisation des 18, 19 et 20 janvier ont été un succès, notamment dans l'Education nationale où le taux de grévistes a atteint celui des meilleurs jours du grand mouvement de 2003. Malgré le fait que les directions syndicales ont choisi d'éclater les différentes grèves sur différentes journées avec des revendications différentes, ce qui n'était pas propice à la mobilisation, les travailleurs des secteurs appelés ont su saisir l'occasion pour montrer que la colère couvait. Car derrière nos revendications propres, nous avons tous les mêmes problèmes : les salaires, les conditions de travail et l'emploi.
La vie devient de plus en plus chère. Selon l'INSEE les prix à la consommation ont augmenté de 2,7% l'année dernière à la Réunion. Les augmentations de salaire, lorsqu'il y en a, sont ridicules comparé à ce qu'il faudrait pour garder son pouvoir d'achat. Les patrons ne respectent absolument pas les conventions collectives et économisent sur tout. Dans le bâtiment, la majorité des petites entreprises ne payent à leurs travailleurs ni la prime de panier, ni la prime de transport et ni celle de déplacement. Partout, dans le secteur hospitalier, à la Poste, dans l'Education nationale, il manque des emplois pour répondre correctement aux besoins.
Alors, le 5 février, que nous soyons des travailleurs du public ou du privé, manifestons tous ensembles pour montrer au patronat et au gouvernement à son service que ceux qui sèment la misère finiront par récolter la colère.
Santé publique et profits.
L'année dernière, des consommateurs ont été choqués par l'augmentation inconsidérée de leur facture d'eau.
Les responsables des différentes sociétés distributrices ont justifié ces augmentations en disant que les sommes ainsi récoltées serviraient à entretenir les réseaux et à améliorer la qualité de l'eau.
Quelle qualité ? A chaque période de grosses pluies nos robinets déversent une eau impropre à la consommation, à tel point que la DRASS doit rappeler qu'il ne faut pas consommer directement toute eau suspecte à moins de la faire bouillir auparavant.
La DRASS a déclaré récemment dans un quotidien local que sur les 168 réseaux que compte l'île, seulement 15 bénéficient de station de traitement. La majorité de ces réseaux acheminent des eaux de surfaces nécessitant des traitements pour les rendre propres à la consommation, plus que pour les eaux souterraines.
À La Réunion l'exploitation et la gestion de l'eau potable sont assurées à 95,5% par des groupes privés. Ces groupes n'ont visiblement pas l'intention d'assurer en toute circonstance une eau de bonne qualité. Ils sont là pour faire des profits et moins ils font de gros investissements, plus leurs profits sont florissants.
Si toutefois ils se décidaient à investir, il faudra, disent-ils, qu'ils augmentent les factures, c'est-à-dire qu'ils fassent payer à la population la mise en place des stations de traitement.
Pourtant, selon un article du code de la Santé publique : " Quiconque offre au public de l'eau potable est tenu d'assurer que cette eau est propre à la consommation ". Ces grosses entreprises assoiffés d'argent, notamment Vivendi, la CISE et la Saphir, s'assoient sur la loi, même lorsqu'il y va de la santé publique.
Le racisme contre les Comoriens et les Mahorais, un poison qu'il faut combattre résolument.
Il n'est malheureusement pas rare d'entendre des propos insultants et racistes envers la communauté comorienne et mahoraise. Cette xénophobie qui se renforce ici, n'est que l'ultime avatar de cette idéologie de fond de poubelle qui a fait le succès d'un Le Pen en France.
Cette communauté d'environ 30.000 membres est venue à La Réunion pour fuir le chômage, la misère, l'archaï sme du système hospitalier (il y a plusieurs centaines d'évacuations sanitaires de Mayotte vers La Réunion par an), les aides sociales insuffisantes, l'absence d'indemnisation du chômage, les salaires de misère (le SMIC mahorais est inférieur à la moitié du SMIC d'ici), ou encore un système scolaire insuffisant, entre autre par absence d'université. Alors beaucoup abandonnent tout et viennent à La Réunion pour espérer vivre un peu mieux et surtout offrir à leurs enfants un avenir meilleur.
Mais ce qu'ils trouvent ici à de quoi les faire rapidement déchanter. Victimes de discriminations à l'embauche, ces travailleurs n'ont souvent un emploi qu'au noir pour effectuer les travaux les plus pénibles, et sont largement sous-payés. La recherche de logement devient vite une course d'obstacles infranchissables, ce qui jette les membres de cette communauté dans les bras de marchands de sommeil d'autant moins scrupuleux qu'ils savent avoir à faire à des populations fragiles qui n'ont pas trop les moyens de se plaindre.
Ainsi, le bidonville de l'Oasis au Port reste un lieu où les familles mahoraises et comoriennes s'entassent sous des cases insalubres et propices au développement d'incendies ravageurs, comme celui du 6 décembre 2004 qui a mis 7 familles, soit 32 personnes à la rue.
Le 10 janvier, un incendie a détruit une maison de St-André, provoquant la mort de 3 enfants. A plusieurs reprises déjà, la famille s'était plainte auprès de la société immobilière, qui n'a jamais daigné vérifier, de problèmes récurrents au compteur électrique.Ces problèmes ont pourtant pu être à l'origine du drame
Le racisme, la xénophobie sont des poisons qui divisent les pauvres. Ils nous détournent de nos vrais ennemis, de ceux qui sont responsables du chômage, des bas salaires, de ceux qui emploient les travailleurs mahorais et comoriens pour faire le travail de 2 ou 3 personnes, et qui ont intérêt à ce qu'aucune solidarité ne puisse exister entre nous. C'est pourquoi il est du devoir de n'importe quel travailleur conscient de combattre ce venin partout où il veut s'introduire, que ce soit dans notre milieu familial ou dans notre quartier, sur nos lieux de travail et dans nos syndicats.
C'est en s'unissant que tous les travailleurs, ceux d'ici et ceux venant des îles alentour, pourront arracher aux patrons des meilleurs salaires, des meilleures conditions de travail, ainsi que de l'embauche en nombre suffisant et ensemble trouver une dignité qui nous rendra plus forts.