Un non pour Fillon.
La "réforme", une de plus, de Fillon n'a pas d'autre but que de réduire le budget de l'Education nationale, en réduisant la formation des jeunes et en faisant travailler davantage le personnel du secteur.
Fillon prétend vouloir lutter contre l'échec scolaire, faciliter l'apprentissage de langues étrangères ou diminuer les violences à l'école...
Sa réforme représenterait "un effort financier de l'ordre de deux milliards d'euros avec la programmation de 150 000 recrutements d'enseignants d'ici à cinq ans".
Mais Fillon fait semblant de s'y connaître en multiplication. Les deux milliards dont il parle ne représentent pas de crédits nouveaux. Ils seront récupérés sous forme de "redéploiements" de moyens existants. Les 150 000 personnes que Fillon affirme vouloir recruter ne sont pas 150 000 enseignants supplémentaires mais seulement le recrutement nécessaire pour pallier le départ en retraite prévu de nombreux enseignants dans les années qui viennent.
Fillon est surtout un spécialiste en soustraction. La maternelle, pourtant si nécessaire pour les apprentissages fondamentaux dans les milieux modestes, est remise en cause. Quant à l'école primaire, pourquoi ne pas répondre à la revendication des instituteurs, qu'il y ait plus d'enseignants que de classes ? Au lieu de cela, Fillon promet trois heures de soutien individuel hebdomadaire, qui constitueront une charge de plus pour les équipes enseignantes déjà surchargées, dans les établissements dont les élèves ont particulièrement besoin de soutien.
Avec sa loi, Fillon compte envoyer en apprentissage les élèves en "difficulté", dès la fin de la cinquième, ou vers des classes à orientation professionnelle anticipée dès la troisième. Cela entraînerait la réduction de classes générales dans les collèges et les lycées. A cela s'ajoute la diminution des options, la réduction du coût de l'organisation du baccalauréat en faisant effectuer par les enseignants les épreuves de contrôle continu.
Telle est la recette Fillon : un système de formation amputé au niveau des moyens mis à la disposition de l'éducation des jeunes, et surtout ceux des milieux populaires.
Ceux qui fréquentent les établissements scolaires savent que le nombre des personnels administratifs, d'entretien et de surveillance a fortement diminué, les postes d'enseignants remplaçants ont été supprimés. Les conditions sont donc loin d'être réunies pour permettre aux jeunes de réussir.
Les travailleurs et les jeunes qui manifestent ne veulent pas que la dégradation continue. Ils ont raison.