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mis à jour le 01/02/2005
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2005
Dans ce numéro
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Le baratin de girardin.
En ce temps où les coups portés par le gouvernement pleuvent de tous les côtés, Brigitte Girardin, la ministre de l'Outre Mer, est venue à La Réunion faire un peu de social. Elle disait porter une attention particulière aux populations dites sensibles, autrement dit les handicapés, les personnes âgées, les malades etc... Mais comme elle pouvait rencontrer quelques hostilités puisque les jours précédant sa venue, des ouvriers, des enseignants, des lycéens et autres chômeurs étaient descendus dans la rue, elle a préféré se rendre chez ses amis maires et députés de droite.
Concernant les handicapés, La Réunion souffre d'un manque criant de structures d'accueil. Par exemple, dans un établissement du Tampon le nombre de personnes sur les listes d'attente est le double du nombre de places disponibles. De nombreuses personnes restent cloîtrées chez elles faute de transports adaptés. La réponse de Girardin à toutes ces attentes a été ... d'attendre la visite prochaine de la secrétaire d'Etat aux handicapés en juin prochain tout en lançant un appel à la "mobilisation", comme son patron Chirac l'avait fait lors du vote de la nouvelle loi sur le handicap il y a 15 jours.
Cette loi prévoit de faire respecter le quota d'embauche de 6% de handicapés dans les entreprises de plus de vingt salariés que la plupart des patrons n'appliquent pas. Mais dans le même temps, le ministère de la Santé prépare un décret qui veut limiter le remboursement du transport des enfants polyhandicapés de leur domicile aux centres spécialisés. La main sur le cSur mais pas sur le porte-monnaie !
Brigitte Girardin a aussi assuré de son soutien les personnes âgées. Mais avec quels moyens ? Comme le rapporte le Quotidien du 20 février, une très grande majorité de nos gramounes vit avec le minimum vieillesse. Mais le gouvernement continue de leur faire les poches en rendant les soins de plus en plus cher.
Si elle a été accueillie à bras ouverts par ses amis politiques, en revanche, ce ne fut pas le cas pour les salariés, les chômeurs, les lycéens qui sont venus lui dire en face tout le mal qu'ils pensent de la politique de son gouvernement.
Un non pour Fillon.
La "réforme", une de plus, de Fillon n'a pas d'autre but que de réduire le budget de l'Education nationale, en réduisant la formation des jeunes et en faisant travailler davantage le personnel du secteur.
Fillon prétend vouloir lutter contre l'échec scolaire, faciliter l'apprentissage de langues étrangères ou diminuer les violences à l'école...
Sa réforme représenterait "un effort financier de l'ordre de deux milliards d'euros avec la programmation de 150 000 recrutements d'enseignants d'ici à cinq ans".
Mais Fillon fait semblant de s'y connaître en multiplication. Les deux milliards dont il parle ne représentent pas de crédits nouveaux. Ils seront récupérés sous forme de "redéploiements" de moyens existants. Les 150 000 personnes que Fillon affirme vouloir recruter ne sont pas 150 000 enseignants supplémentaires mais seulement le recrutement nécessaire pour pallier le départ en retraite prévu de nombreux enseignants dans les années qui viennent.
Fillon est surtout un spécialiste en soustraction. La maternelle, pourtant si nécessaire pour les apprentissages fondamentaux dans les milieux modestes, est remise en cause. Quant à l'école primaire, pourquoi ne pas répondre à la revendication des instituteurs, qu'il y ait plus d'enseignants que de classes ? Au lieu de cela, Fillon promet trois heures de soutien individuel hebdomadaire, qui constitueront une charge de plus pour les équipes enseignantes déjà surchargées, dans les établissements dont les élèves ont particulièrement besoin de soutien.
Avec sa loi, Fillon compte envoyer en apprentissage les élèves en "difficulté", dès la fin de la cinquième, ou vers des classes à orientation professionnelle anticipée dès la troisième. Cela entraînerait la réduction de classes générales dans les collèges et les lycées. A cela s'ajoute la diminution des options, la réduction du coût de l'organisation du baccalauréat en faisant effectuer par les enseignants les épreuves de contrôle continu.
Telle est la recette Fillon : un système de formation amputé au niveau des moyens mis à la disposition de l'éducation des jeunes, et surtout ceux des milieux populaires.
Ceux qui fréquentent les établissements scolaires savent que le nombre des personnels administratifs, d'entretien et de surveillance a fortement diminué, les postes d'enseignants remplaçants ont été supprimés. Les conditions sont donc loin d'être réunies pour permettre aux jeunes de réussir.
Les travailleurs et les jeunes qui manifestent ne veulent pas que la dégradation continue. Ils ont raison.
À bas le régime des délinquants patronaux !
À l'heure où les médias font leurs gros titres sur la petite délinquance, on passe allègrement sous silence une autre forme de délinquance qui frappe de plus en plus de travailleurs, c'est la délinquance patronale.
Ce phénomène prend de plus en plus d'ampleur. On voit ainsi des patrons licencier pour n'importe quel prétexte, parce qu'un travailleur a demandé qu'on lui paie ses heures supplémentaires ou à être payé au niveau où il doit l'être. On voit des patrons refuser à leurs salariés leurs congés annuels et les obliger à travailler 12 mois sur 12 ! On voit des patrons ne plus payer leurs travailleurs pendant des mois (cas récent de l'entreprise GLBR).
Mais il y a aussi des centaines de travailleurs isolés qui sont dans ce cas là et qui doivent attendre parfois plusieurs mois que l'affaire soit jugée devant les prud'hommes pour être enfin payés. On voit même des patrons s'en prendre physiquement, directement ou par nervis interposés, aux travailleurs revendiquant leurs droits, mettre hors service le moteur d'une voiture d'un délégué syndical, payer des délinquants pour mettre le feu à sa case.
Eh bien, cette violence, ce vol permanent des travailleurs, bien peu en parlent. Parce que ceux qui sont en cause, ce ne sont pas les petits flambeurs de quartiers. Non, ce sont des gens qui disposent de plusieurs comptes en banque, qui se paient des 4x4 dernier cri, ont plusieurs villas, mais qui trouvent que les travailleurs en demandent toujours trop.
Ces gens-là, les flics et la justice ne les touchent pas, car ce sont des gens "bien", qui ont du bien. Ces gens-là qui forment la classe bourgeoise sont intouchables dans le régime actuel. La justice, les politiciens leur trouvent toujours une excuse car dans ce monde c'est le fric qui prime sur tout. Et celui qui n'en a pas n'est rien !
Ce monde est fou. Espérons que sa folie le perdra.
Grève à Fumaison Créole.
Du 8 au 12 février les travailleurs de l'entreprise Fumaison Créole, une entreprise de fabrication de charcuteries située dans la zone industrielle de Bras Panon, se sont mis en grève pour entre autres, une augmentation de salaires, l'octroi d'un treizième mois, le paiement des heures supplémentaires, l'arrêt des pressions...
Les salariés ont considéré que pendant plusieurs années ils ont fait des efforts et des sacrifices sans que le patron n'ait daigné rien donner en retour.
Les salaires, pour la majorité d'entre eux, n'excédent pas 1090 euros, avec plus de 7 ans d'ancienneté. Les heures supplémentaires n'ont jamais été payées. Il y a deux ans, lorsque l'entreprise a déménagé de Ste Marie pour s'installer à Bras Panon, plusieurs travailleurs ont dû faire le trajet depuis Ste Marie ou St Denis sans percevoir aucune indemnité supplémentaire. Ajouté à cela les pressions, voire les insultes du patron ou du chef d'atelier qui trouvent que les ouvriers ne produisent pas suffisamment et la coupe a été vite pleine.
Pendant 5 jours donc, les 6 salariés grévistes ont bloqué la production. Plus de saucisses ou de boucanés ! Le patron lui-même et le chef ont dû s'y mettre pour essayer d'honorer les commandes. Certains clients faisaient même demi-tour en voyant les grévistes devant le portail de l'entreprise.
Dès le premier jour de grève, en réponse aux revendications des salariés, le patron prétexta des difficultés financières et menaça de licencier 4 salariés, voire même de mettre la clé sous la porte.
Les salariés ayant continué la grève, le patron a commencé à mettre en Suvre son plan de licenciement.
Le lundi 14, un accord a été finalement trouvé et les salariés ont décidé de reprendre le travail. En contrepartie, le patron s'est engagé à ne pas licencier et à appliquer la convention collective qui prévoit notamment le paiement d'un treizième mois et des primes d'ancienneté.
Les salariés ont gagné mais craignent quand même que le patron ne revienne sur sa décision.
Algérie, leur devoir de mensonges.
Plusieurs députés de droite, dont Douste-Blazy, aujourd'hui ministre de la Santé, ont déposé un projet de loi pour que soit reconnu "l'Suvre positive de l'ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de la présence française".
En cette période où l'importance du "devoir de mémoire" est à juste titre soulignée, il faut rappeler à ces députés et autres sommités que leur mémoire est étonnamment sélective.
Oubliés les centaines de milliers de morts de la conquête coloniale et des premières décennies de la présence française en Algérie.
Oubliés les soudards de Bugeaud (soudard lui-même quoique ayant le titre de général) dont les razzias meurtrières entraînèrent non seulement une dépopulation du pays mais une spoliation des terres destinées à satisfaire les appétits des gens alors venus de métropole.
Oubliés le code d'indigénat qui soumettait les Algériens à une justice expéditive et d'exception. Oubliés les massacres de Sétif et Guelma perpétrés le 8 mai 1945 contre une population qui manifestait pour ses droits nationaux. A l'époque, les partis de gauche PS et compagnie étaient au gouvernement en France. Oubliés encore les centaines de milliers de morts et les milliers de tortures de la guerre d'Algérie.
Quand Douste-Blazy et ses amis se penchent sur le passé, c'est pour gommer la vérité en occultant tout ce qu'il avait de monstrueux pour les populations les plus pauvres et d'heureux pour quelques privilégiés.