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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2005 |
| mis à jour le 01/03/2005 | |
| ILE DE LA REUNION | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
À quand la titularisation des employés communaux ?
La "bonne idée" de Tholozan.
Les politiciens à la botte des industriels.
Les industriels gagneront plus que les planteurs.
Chateauvieux s'offre des actions dans Air Austral.
Des patrons voyous en action.
GLBR, le patron séquestré.
Fermeture d'Armony, des salariés inquiets.
Surtravail pour les uns... et chômage pour les autres !
Île Maurice, le capitalisme tue.
Colère à Mayotte.
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À quand la titularisation des employés communaux ?
Plusieurs rencontres ont eu lieu ces derniers mois entre les représentants syndicaux de la fonction publique territo-riale, les maires et la préfecture pour discuter de la titularisation des employés communaux de l'île.
Les syndicats voudraient que la titularisation se fasse avec une indexation des salaires, autrement dit avec une " prime de vie chère ", d'au moins 40%.
Si l'Etat et les maires sont a priori d'accord pour la titularisation, ils butent sur la prime. Seuls quatre maires (de gauche) seraient d'accord pour une prime de 25%. En fait, du côté de l'Etat comme du côté de la plupart des maires, tout le monde est peu enclin à sortir un euro de plus, ces derniers considérant que c'est à l'Etat de faire le premier pas et d'apporter d'abord ses 15%.
Et comme chacun continue de se renvoyer la balle, les syndicalistes pensent que les maires veulent gagner du temps jusqu'au mois de juillet prochain, date à laquelle une directive européenne pourrait régler à leur place la question des employés communaux.
Virapoullé, quant à lui, a annoncé que le Sénat a adopté le 23 mars dernier un projet de loi qui prévoit de transformer en CDI de droit privé les CDD des salariés...de plus de 50 ans ayant au moins huit ans d'ancienneté. Le projet prévoit aussi la possibilité de proposer un CDI aux autres travailleurs au bout de six ans.
"C'est la première étape d'un long combat vers la titularisation" a-t-il déclaré à la presse. Une autre façon de dire que les maires peuvent user pour longtemps encore des contrats précaires. Et Virapoullé, en tant que maire, ne s'en prive pas !
Mais c'est maintenant que les travailleurs communaux veulent leur titularisation, prime comprise, pas à la Saint Glin-glin !
La "bonne idée" de Tholozan.
À la Réunion, le prix de l'eau est moins cher qu'en France mais selon Daniel Tholozan, vice-président UMP au Conseil Général, elle est " gaspillée ". Sa solution pour inciter les réunionnais à faire plus attention : augmenter les tarifs. Il fallait y penser !
Les consommateurs doivent évidemment faire attention à ne pas gaspiller l'eau. Mais il faudrait peut-être commencer par réparer nombre de canalisations défectueuses car anciennes, et cela est du ressort des sociétés distri-butrices.
Quant aux fuites qui existent sur les installations d'un certain nombre de particuliers, le Conseil Général au lieu de vouloir faire les poches de la population pourrait par exemple aider les consommateurs à procéder à des vérifications sur leurs installations en mettant à leur disposition des plombiers payés par les sociétés de distribution d'eau, elles qui font d'énormes bénéfices sur le dos de la population.
Les politiciens à la botte des industriels.
La présidente du département, le président de la Région, les syndicats de planteurs et des industriels se sont retrouvés pour écrire une lettre commune à la Commissaire européenne chargée des affaires agricoles.
Dans ce courrier, ils réclament de l'argent pour compenser la baisse du prix de la tonne du sucre. Baisse que réclament par ailleurs les groupes industriels.
Le lendemain Raymond LAURET vice-président PCR de la Région, faisait sans honte l'éloge de ces personnes d'horizons politiques différents qui ont pu se rencontrer et avoir une démarche commune. Mais y a-t-il vraiment de quoi jubiler quand des industriels sont en train de dilapider les fonds publics, pour conforter leur profit ? Quand les travailleurs de la filière canne vont être licenciés ? Quand les petits planteurs voient d'année en année les difficultés s'accumuler, les empêchant de vivre correctement de leur terre ?
Les gens de droite peuvent évidemment jubiler mais ceux qui se disent communistes certainement pas !
Les industriels gagneront plus que les planteurs.
Après que les industriels dont SDA aient demandé la baisse du prix de la tonne de sucre, ils se battent maintenant, et notamment à la Réunion, pour obtenir des aides provenant des fonds publics européens.
L'Europe devrait débloquer 39 millions d'euros à la filière canne, dont 13 millions d'euros seront partagés entre deux groupes industriels et 26 millions entre 4 500 planteurs. Ce qui représente une moyenne de 5 532 par planteur (sachant que les petits planteurs en obtiendront moins dans la réalité). Par contre les deux industriels obtiendront chacun 6,5 millions d'euros en moyenne.
L'Europe comme l'Etat Français, continue à dilapider les fonds publics au profit de groupes privés, alors que l'un de ces groupes, la Sucrerie de l'Est, n'hésite pas à licencier pour, nous dit-il, faire face à la réforme de l'OCM sucre.
Comme d'habitude ce sont les travailleurs qui trinquent mais aussi les petits planteurs, à moins qu'ensemble ils se fassent entendre et demandent des comptes aux industriels sucriers et aux élus qui se démènent pour leur obtenir des millions d'aides.
Chateauvieux s'offre des actions dans Air Austral.
Jacques de Chateauvieux est en voie d'acquérir les 30 % de parts que possède Air France dans le capital d'Air Austral. Cette opération va certainement lui rapporter gros étant donné les bons résultats financiers de la compagnie régionale.
Il y a moins d'un an, les travailleurs des groupes Score et Jumbo Score appartenant au même Chateauvieux, revendiquaient une augmentation de 6 % de leur salaire. Ils n'ont pas obtenu gain de cause. Pourtant, Chateauvieux avait les moyens de satisfaire leurs revendications. La preuve c'est qu'il se permet aujourd'hui une telle transaction.
Les travailleurs des entreprises du Groupe Bourbon apprécieront !
Des patrons voyous en action.
En une semaine, près de 200 salariés ont appris leur licenciement pour raison économique. Des licenciements directement dus à la voracité des patrons.
Le groupe Quartier Français licencie 61 salariés pour raison économique dans sa filière sucre (Sucrerie de la Réunion et Société Agricole Nord et Est) alors que sa filiale agricole Sucrerie de la Réunion fait plus de 4 millions d'euros de bénéfice.
De plus, Xavier THIEBLIN, le pdg du groupe, avait obtenu le soutien de toutes les collectivités locales et du gouvernement pour offrir à la filière canne la garantie que jusqu'en 2012 la baisse des prix sera compensée. C'est 39 millions d'euros de subvention qui seront débloqués.
Alors, comment ce nanti peut-il licencier impunément pour raison économique ?
Quant aux entreprises de SETAMA, comment expliquer leur fermeture alors qu'elles ont souvent obtenu des marchés publics ? De plus, SETAMA a toujours privé ses salariés des primes de panier, de trajet et de transport. Il les sous-classait en matière de coefficient dans la grille des salaires. Ce qui représentait pour lui une économie de 600 à 700 euros par mois et par salarié.
GLBR, le patron séquestré.
Depuis plusieurs mois les salariés de l'entreprise Groupement Les Bâtisseurs de la Réunion ne sont pas payés régulièrement. Pendant que leur patron faisait bronzette en Afrique du Sud en famille pour les fêtes de fin d'année, les salariés ont reçu leur salaire de décembre que le 25 janvier 2005. Ces derniers, en contrat précaire de chantier, n'avaient pas droit aux primes prévues pour les contrats à durée indéterminée.
Aujourd'hui encore, les salaires de janvier n'ont toujours pas été payés. Les salaires de février ont été versés grâce aux deux jours de grève que les travailleurs ont menés au cours desquels ils ont séquestré le conducteur de travaux et le patron.
Fermeture d'Armony, des salariés inquiets.
Le jeudi 10 mars les employés de l'hôtel Armony, situé à Bourbier à Saint Benoît, ont appris la fermeture prochaine et définitive de leur établissement. Seize salariés risquent de se retrouver sans travail.
Armony appartient au groupe Apavou qui envisage de faire reprendre la structure par sa branche immobilière et d'en faire des appartements à louer, comme il l'a déjà fait l'année dernière pour l' " Ile de France "à Saint André.
Depuis quelques temps, les salariés d'Armony se doutaient bien que leur patron manigançait quelque chose. Avant de leur annoncer la cessation de toute activité, la direction avait déjà réduit le personnel du service restauration et envisageait même de le fermer. Malgré les interrogations des salariés sur les baisses de moyens alloués à l'hôtel, Apavou s'était bien gardé de dire clairement ses intentions.
Les seize salariés, dont quatre travailleurs handicapés, ne savent toujours pas aujourd'hui s'ils vont être reclassés au sein du groupe ou licenciés.
Dès l'annonce de la fermeture de l'entreprise, ils ont cherché à avoir des explications auprès de certains élus dont le maire de Saint Benoît qui prétend ne rien connaître des intentions du groupe Apavou. Mais la démarche des employés n'était pas anodine puisque c'est la municipalité de Saint Benoît qui est propriétaire du terrain où est situé l'hôtel Armony.
Les travailleurs d'Armony ne veulent pas être jetés comme des " kleenex " et ils ont raison de demander des comptes à tous ces profiteurs ! Il n'est pas normal que l'on puisse se débarrasser de travailleurs du jour au lendemain surtout de la part d'un groupe qui fait des millions de bénéfices et qui a obtenu de nombreuses subventions publiques.
Surtravail pour les uns... et chômage pour les autres !
Afin d'assurer les dépannages le soir, les week-end et les jours fériés, existe ce qu'on appelle des " astreintes "à EDF. Ces astreintes étaient jusqu'à présent assumées par les équipes travaillant sur les réseaux aériens et souterrains. Mais le nombre d'interventions augmentant sans cesse, avec l'augmentation de la population, et EDF ayant supprimé de nombreux postes de travail, ces agents étaient depuis des mois dans l'impossibilité de prendre leurs repos compensateurs de leurs nombreuses supplémentaires : 11 000 heures en 2003 et autant en 2004 !
En fait, EDF bafoue la loi depuis des années. Fréquemment la direction du centre régional ne respecte pas le repos consécutif minimal de 11 heures consécutives. Elle ne respecte pas non plus le délai de deux mois maximum pour prendre les repos compensateurs. Les travailleurs du réseau ont donc menacé EDF de se mettre en grève pour faire respecter leurs droits.
Eh bien tout ce que la direction a trouvé pour ne pas embaucher (il faudrait selon ses dire embaucher trois ouvriers, mais bien plus en réalité), c'est de faire effectuer une partie de l'astreinte par d'autres équipes qui n'y étaient pas assujetties !
Voilà comment un patron ayant fait, au niveau national, plus d'un milliard d'euros de bénéfices en 2004, manSuvre pour éviter d'embaucher.
Alors oui, ce sont les patrons qui sont responsables du chômage !
Île Maurice, le capitalisme tue.
Au début du mois de mars, un ouvrier chinois père de trois enfants a trouvé la mort dans une usine de la Compagnie Mauricienne du Textile à Port-Louis. Ses camarades de travail accusent la fatigue résultant de l'exploitation féroce qu'ils subissent tous. Ces ouvriers travaillent de 7h30 à 23h30 tous les jours, avec deux pauses d'une demi-heure, et il leur est presque impossible de prendre un congé maladie.
La mort de leur camarade a fait éclater leur colère. Refusant de remettre le corps de leur camarade, les ouvriers ont décidé de manifester pour dénoncer leurs conditions de travail.
La réaction ne s'est pas faite attendre et l'Etat mauricien, voulant faire de ces sans-droits des sans-voix, a aussitôt envoyé ses forces de répression. L'affrontement contre les travailleurs dont la grande majorité sont des femmes a fait plusieurs blessés. Entre temps, à Belle-Rose, quartier de Rose-Hill, un autre groupe de travailleurs chinois a décidé de manifester sa solidarité, tout en posant ses revendications. Là encore les forces de l'ordre sont intervenues violemment, faisant plusieurs blessés, dont deux qui ont du être transportés d'urgence à l'hôpital. Retranchés alors dans les dortoirs de la CMT, les travailleurs chinois ont refusé toujours de rendre le corps de leur camarade, placé dans un cercueil réfrigérant, jusqu'à ce que les forces spéciales mauriciennes s'en emparent brutalement deux jours plus tard.
Voilà comment l'Etat mauricien traite les travailleurs quand les profits de sa bourgeoisie sont en jeu.
Dans le classement des entreprises publié par l'Eco Austral on parle de la Compagnie Mauricienne du Textile, comme de l'une des plus profitables du secteur, avec 24 millions d'euros de bénéfices déclarés ; bénéfices qui se font avec la sueur et le sang des travailleurs.
Colère à Mayotte.
À Mayotte, les habitants de Pamamdzi ont manifesté leur colère contre la vente de terrains communaux à l'armée. Pour eux, il est nécessaire que ces terrains servent à la construction de lieux collectifs, comme un espace culturel, plutôt que d'y installer une caserne de militaires.
La réponse du préfet de Mayotte a été de leur renvoyer les gardes mobiles qui ne se sont pas privés d'utiliser la force et les bombes lacrymogènes.
Quand on ne sait employer que la force, c'est qu'on n'est pas dans son bon droit.
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