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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2005 |
| mis à jour le 01/06/2005 | |
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Dans ce numéro
Après le référendum.
Un travailleur qui pense, danger !
Les jeunes des classes pauvres doivent balayer cette société.
Le minimum pour les travailleurs.
Des retards de paiement inadmissibles.
Grève à Bois-Rouge et au Gol.
À travail égal, salaire égal !
Mêmes salaires, les plus élevés, pour tous !
Harcèlement au travail !
À qui profitent les 35 heures ?
Le « droit » d'attendre encore plus !
La casse du service public se poursuit.
Pretextes.
Réunion ou Madagascar.
L'eau première cause de mortalité.
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Après le référendum.
Après la claque reçue lors du référendum sur la constitution européenne, Chirac a démissionné son premier ministre, l'honni Raffarin, pour le remplacer par son ex-ministre des affaires étrangères, Dominique Galouzeau de Villepin.
Chirac avait déclaré au lendemain du référendum qu'il avait entendu la voix du peuple et qu'il en tiendrait compte. Galouzeau de Villepin ne pouvait en dire moins, il a donc ajouté que « des décisions seront prises avant l'été (de France) pour lutter contre le chômage ! Il a intérêt à faire fissa car l'été, en France, commence le 21 juin !
De Villepin a aussi déclaré, sans rire, « comprendre ses concitoyens échaudés par plusieurs décennies de promesses », lui qui est associé de près au pouvoir chiraquien depuis le début des années 1980 ! Faisant partie de la garde rapproché du président, il est donc comptable au même titre que les Juppé (dont il a été directeur de cabinet en 1993), Sarkozy ou Raffarin, de la détérioration de la situation de la classe ouvrière.
Il n'y a donc rien à attendre de bon de ce responsable politique de droite qui a été associé de près à tous les mauvais coups portés contre les travailleurs et les chômeurs.
Et pour ceux qui n'auraient pas bien compris, il a déclaré : « Nous ne changerons pas notre modèle social. Il s'agit de l'adapter à l'évolution du monde ». Entendez par là qu'il n'est pas question de remettre en cause le pouvoir des patrons et qu'il faudra que les travailleurs acceptent encore plus de reculs sociaux pour « s'adapter » aux exigences de la bourgeoisie française.
Face à cette droite pleine de morgue pour le « petit peuple », on retrouve un PS « officiel », dirigé par Hollande, Straus-Kahn et Aubry, ayant appelé, comme Chirac et le Médef, à voter oui au référendum. Le désaveu vaut aussi pour eux qui, quand ils étaient au gouvernement ont gouverné contre les travailleurs. Et puis il y a le PS du Non, mais dirigé par un Fabius qui fut directement associé, en tant que ministre du Budget (1981), puis en tant que Premier ministre en 1984, aux coups portés contre les travailleurs par Mitterrand et son équipe : blocage des salaires, remise en cause des indemnités chômage, licenciement massif dans la sidérurgie, privatisations. Il trempa aussi dans le scandale du sang contaminé... puis fut relaxé.
Fabius, le libéral du PS, ne s'engage bien sûr sur aucune mesure à prendre en faveur des travailleurs et des pauvres. Il laisse le soin à ses accolytes de l'alliance pour le Non de lui refaire une image de dirigeant de gauche, un peu comme le PCF, et le PCR, avait fait pour le politicien bourgeois qu'était Mitterrand.
Il faut espérer que les travailleurs ne se laisse-ront pas manSuvrer cette fois-ci par un tel indivi-du, même avec les « garanties de moralité » appor-tées en temps voulu, en 2007 et après, par les PC.
Face aux attaques patronales et gouvernementales, les travailleurs, les chômeurs, les pauvres, les jeunes, ne peuvent compter que sur leurs luttes et leur solidarité pour que soient imposées les mesures d'urgence concernant les salaires, l'emploi, la survie des services publics...
De l'argent il y en a dans les coffres-forts de la bourgeoisie. C'est à elle qu'il faut s'en prendre pour changer notre sort.
Tous ceux, de droite comme de gauche, qui osent affirmer qu'il nous faut encore patienter des mois, des années, dans l'improbable espoir que notre situation s'améliore, voire qui veulent nous imposer une détérioration de nos conditions de vie, nous mentent et sont nos ennemis !
Un travailleur qui pense, danger !
À la Réunion, le pourcentage du Non frôle les 60 %, reflet du ras-le-bol des travailleurs et des pauvres contre la politique menée par Chirac-Raffarin pendant trois ans et par le patronat depuis toujours.
Ce résultat a évidemment déplu aux responsables de la droite locale qui ont laissé éclater leur mépris et leur haine de la classe ouvrière.
La sénatrice de l'UDF-La Relève Anne-Marie Payet s'est déclarée « révoltée par le vote de la Réunion. Les Réunionnais sont des enfants gâtés de l'Europe. Par reconnaissance ou par conviction, ils auraient pu voter OUI. Au lieu de cela, ils pleurent la bouche pleine ».
Margie Sudre, ex-Secrétaire d'Etat de Chirac, se déclare, elle, « non seulement déçue, mais écoeurée ».Certainement pour les mêmes raisons.
Voilà en tout cas comment ces gens-là considèrent « le petit peuple ». Voilà la haine qu'ils éprouvent dès que nous manifestons notre conscience et notre colère, une colère qui pourrait bien leur péter à la figure plus tôt qu'ils ne s'y attendent !
Les jeunes des classes pauvres doivent balayer cette société.
À la Réunion, 20 000 jeunes de 16 à 29 ans sont « privés d'emplois, de formation et de diplôme ».
Ne dit-on pas que la jeunesse est l'avenir de l'humanité ? Eh bien, un régime social qui prive une grande partie de sa jeunesse de travail et de dignité ne devrait plus avoir d'avenir !
Le minimum pour les travailleurs.
Des centaines de milliers de Réunionnais vivent au jour le jour, ne disposant que de sommes dérisoires pour faire face à leurs besoins. Il s'agit bien sûr des Rmistes, mais aussi des chômeurs en fin de droit et des retraités payés au tarif de la Sécurité sociale. Nombre de ces derniers ont trimé dès leur plus jeune âge pour de gros propriétaires, pendant quarante ans voire plus. Mais n'ayant pas été déclarés pendant de longues années, ils ne disposent pas du nombre d'annuités requises par l'administration, qui se garde bien de réclamer quoi que ce soit aux responsables de leur situation. Ils se retrouvent donc au minimum et eux aussi doivent faire face à de grandes difficultés dès que le versement de leur retraite retarde de quelques jours.
Misère d'un côté, opulence de l'autre.
Des retards de paiement inadmissibles.
Ne pouvant se faire payer leur RMI, une centaine de Rmistes ont bloqué les guichets de la Poste à Saint Benoît. L'administration leur a finalement déclaré qu'ils ne pourraient pas percevoir leur allocation avant le 7 ou le 8 juin. Certains manifestants expliquaient qu'ils n'avaient plus d'argent pour payer leurs traites, que leurs frigidaires étaient vides et se demandaient comment ils allaient nourrir leurs enfants.
En tout cas cet incident montre combien, pour les 75 000 Rmistes de la Réunion, car tous sont concernés dans cette histoire de retard de paiement, la vie est difficilement gérable, voire insupportable.
Grève à Bois-Rouge et au Gol.
Mercredi 25 et jeudi 26 mai les ouvriers des centrales thermiques de Bois Rouge et du Gol ont cessé le travail. Ils réclamaient le paiement d'une prime pour « travaux pénibles et salissants » qui aurait dû leur être versée depuis l'année dernière.
C'est la seconde fois en six mois que les ouvriers de ces centrales se sont mis en grève pour cette prime. Les directions des deux usines ont à nouveau refusé de la payer, arguant que le versement de la prime est conditionné par la mise en place d'un service minimum en cas de grève.
Les grévistes n'ont pas cédé à ce chantage. Déterminés à se faire payer, ils envisagent de durcir leur action à la prochaine campagne sucrière.
À travail égal, salaire égal !
Lundi 6 juin, à l'appel de l'intersyndicale de la Poste, les contractuels se sont mis en grève. Ils représentent 697 agents sur 1223 postes, soit plus de la moitié du personnel qui trie et distribue le courrier. Seulement les contractuels sont souvent à temps partiel, mais leur patron leur impose des centaines d'heures supplémentaires chaque année qu'ils ne peuvent même pas récupérer. Ils n'ont pas la sécurité de l'emploi, ne bénéficient pas de la prime de vie chère (53 %) attribuée à leurs camarades fonctionnaires, ni du treizième mois.
C'est donc pour obtenir l'égalité de traitement avec ces derniers et pour obtenir un salaire minimum de 1400 euros net qu'ils ont déclenché leur mouvement.
Lundi 6, ils étaient 60 % en grève et 11 bureaux et agences sur 45 étaient fermés. Le courrier n'était plus distribué. N'ayant pas obtenu satisfaction ils reconduisaient la grève le mardi 7.
Mêmes salaires, les plus élevés, pour tous !
Il y a quelques semaines le groupe Ansaldo, chargé de la construction de la nouvelle chaudière de l'usine thermique du Gol, faisait scandale en voulant faire venir 150 soudeurs thaï landais payés 200 euros par mois.
En Alsace, le patron d'une PME produisant des bobines électriques décidait de licencier ses 38 ouvrières et leur proposait un reclassement dans une entreprise partenaire en Roumanie à 110 !
Rien n'arrête le patronat pour augmenter ses bénéfices, ni les frontières, ni les lois sociales... quand elles existent !
Eh bien du côté des travailleurs la réponse unanime doit être d'exiger que partout il y ait pour les travailleurs, les mêmes salaires et les mêmes avantages.
Harcèlement au travail !
Le Quotidien s'est fait l'écho du harcèlement moral dont une douzaine de salariés de l'ARAR-HAD (hospitalisation à domicile) se disent victimes de la part de leur directeur. Celui-ci vient d'ailleurs d'être mis en garde à vue et en examen, suite aux plaintes de ces travailleurs.
Avant qu'une telle action collective ait pu être mise en Suvre, de nombreux salariés de cette structure ont été victimes des agissements de ce personnage et de sa garde rapprochée, y compris des responsables de services !
Jusqu'à présent le directeur obtenait toujours que les victimes démissionnent ou bien il les démissionnait lui-même, sous un prétexte ou un autre. A bas le harcèlement au travail !
À qui profitent les 35 heures ?
Pour avoir une petite idée de ce que « coûte » le passage aux 35 heures, un ouvrage récent écrit par deux économistes français le rappelle : chaque année, l'Etat fait un cadeau de 8 milliards d'euros sous forme d'allègement de cotisations patronales.
Malgré ce cadeau colossal, les patrons n'arrêtent pas de se plaindre que les 35 heures leur coûtent cher !
Par contre, pour les salariés, le passage aux 35 heures se traduit souvent par un blocage des salaires, l'annualisation du temps de travail, la diminution des bonifications pour heures supplémentaires, etc. Deux poids, deux mesures !
Le « droit » d'attendre encore plus !
EDF Ile de la Réunion a du fric pour se payer des pubs ! La dernière nous annonçait fin avril : « Pour payer sa facture, on peut aller à la Poste ! ». et d'ajouter : « Vous disposez ainsi de 110 points de paiement au plus près de votre domicile ». Comme si c'était une nouveauté ! Un certain nombre d'abonnés EDF ont toujours procédé de cette façon pour régler leurs factures.
Non, la « nouveauté, c'est qu'EDF a l'intention de supprimer plusieurs postes de caissiers pour augmenter ses bénéfices et dans cette perspective-là a commencé à fermer ses caisses l'après-midi. Non contente de cela, elle vient de décider de n'ouvrir les caisses de Saint Joseph, Saint André et du Port que les mardis et jeudis de 7h30 à 11h30.
Voilà quel type de « liberté » pour les petits abonnés défend la dorénavant « Société Anonyme EDF » !
La casse du service public se poursuit.
Après que la gauche ait privatisé France Télécom, c'est au tour d'EDF d'être transformée par la droite en société anonyme. Les ex-services publics deviennent des boîtes à faire du fric. La direction de la Poste demande par exemple à ses agents de guichet de placer ses « produits financiers » tandis qu'elle économise sur les autres services obligeant la population à supporter des attentes toujours plus longues.
Cette situation est générale et atteint bien d'autres services publics comme celui de la Santé où la grève du personnel des urgences dans les hôpitaux atteste d'une situation dramatique.
Il n'y a là aucune fatalité seulement les résultats d'une politique délibérée de vouloir rentabiliser ce qui ne devrait pas l'être, d'autant que pour ces services la population paye déjà des impôts.
Pretextes.
Les journalistes à la solde du patronat expliquent que tant que la « pression démographique » sera aussi forte, tout le monde ne pourra pas trouver du travail. C'est un refrain que l'on nous sert depuis des générations et qui sert à masquer la responsabilité du patronat dans la montée du chômage. On nous explique qu'il y a « trop de gens, trop de jeunes ». Mais la vérité est tout autre si les patrons n'embauchent pas c'est que cela ne leur rapporte pas assez. Car peu leur importe que des milliers de personnes attendent un logement, que les transports en commun soient insuffisants ou qu'il faille attendre des heures aux urgences de l'hôpital faute de personnel suffisant !
Pour que la société ne fonctionne que pour le profit, les patrons préfèrent imposer des heures supplémentaires plutôt que d'embaucher ; des emplois précaires plutôt que des emplois permanents. C'est cette politique qu'il s'agit de combattre pour qu'un jour on en finisse avec le chômage.
Réunion ou Madagascar.
Lors de son voyage à la Réunion Ravelomanana avait emporté plusieurs dizaines de patrons malgaches dans ses bagages. On y retrouvait souvent des noms connus ici ; des noms d'exploiteurs qui ont bien souvent un pied dans chaque île. Il s'agit en l'occurrence des groupes appartenant aux Goulamaly, Apavou, De Châteauvieux, Caillé, les banques, EDF, etc.
Puis on apprenait que le groupe Quartier Français s'était mis sur les rangs pour la reprise de la SIRAMA, la société sucrière nationale malgache en passe d'être privatisée. Le même groupe venait de procéder ici au licenciement scandaleux de 60 travailleurs dans ses filiales de la SANE et de l'usine sucrière du Gol au prétexte fallacieux que ses revenus baissaient à cause de la nouvelle convention sucrière.
Voilà ceux qui vont « se sucrer » à Madagascar, et le genre d'individus que souhaite faire venir Ravelomanana pour soi-disant relever le pays. Rien d'étonnant en fait de la part du premier capitaliste malgache !
L'eau première cause de mortalité.
Il y a cinq ans des grandes puissances avaient promis d'augmenter la distribution d'eau potable dans le monde afin de réduire de moitié le nombre de personnes privées de ce bien essentiel.
Actuellement beaucoup de personnes meurent parce qu'elles consomment de l'eau polluée. C'est même la première cause de mortalité dans le monde, une situation qui existe surtout dans les pays pauvres.
Pour que tous les habitants aient accès à une eau de qualité, ce n'est pas les moyens qui manquent, mais la volonté de satisfaire les besoins des hommes et des femmes, aux regards desquels les profits capitalistes comptent beaucoup plus.
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