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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2005 |
| mis à jour le 01/10/2005 | |
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Dans ce numéro
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Les barbelés de l'Europe.
On a beau savoir que le monde des riches est sans pitié, même pour ceux qui sont à la recherche de quelques miettes tombées de leur table, on ne peut être bouleversé par la détresse de ces Africains qui tentent de franchir les barrières qui les séparent d'un monde où ils espèrent pouvoir survivre. Et on ne peut être aussi que révolté par le cynis-me de l'Union européenne qui, tout en parlant d'un nécessaire développement de l'Afrique, entreprend une véritable guerre contre ces hommes, ces femmes, réduits aux dernières extrémités.Les millions d'Africains qui sont prêts à tout pour immigrer en Europe, fuient la misère et les guerres qui touchent leurs pays. Mais cette situation à laquelle ils veulent échapper n'est pas née de rien. Elle découle de décennies, voire de plusieurs siècles de domination coloniale.
Si l'Afrique demeure ce continent pauvre, c'est parce que la colonisation, prétendu-ment civilisatrice, a pillé les pays qu'elle dominait. Et dans cette Suvre, les pays de l'ouest européen, dont la France, portent une responsabilité directe.
Tous, à un titre ou à un autre, ont saigné l'Afrique en organisant la traite négrière. Puis à partir du XIXe siècle se sont partagés le continent.
La " civilisation " que pré-tendaient implanter en Afrique les grandes puissances euro-péennes, fut synonyme de travail forcé et d'exploitation intensive des richesses mi-nières et agricoles de ces pays, qui enrichirent les métropoles coloniales.
Les indépendances accor-dées par les métropoles, parfois au prix de terribles guerres coloniales, ne chan-gèrent rien à ces réalités, en particulier dans les ex-colonies françaises. La situation fut même aggravée par la création d'une multitude d'Etats, ce qui lui permit aux ex-colonisateurs de mieux contrôler ces bouts d'une Afrique morcelée. L'ex-ploitation des ressources fut ainsi prolongée.
Les difficultés actuelles auxquelles sont aujourd'hui confrontées les puissances européennes pour contrôler leurs frontières méridionales sont le produit de cette histoire.
Alors, en venant frapper aux portes de ceux qui les ont affamés, les Africains ne font que réclamer une partie, bien faible, de ce qu'on leur a volé.
Poubelle d'or.
Annonçant la visite prochaine de Bussereau, le ministre de l'Agriculture, Baroin a eu ces mots : " Plus vous avez de ministre et mieux c'est pour la Réunion ". Viennent-ils avec des présents pleins les bras ? Pas vraiment ! Ils repartent plutôt avec des déchets plein les poches.
Grâce à la visite de Baroin à Mafate, les ordures qui s'y amoncelaient ont enfin été enlevées. Mais cela s'est fait à un prix par habitant dix fois supérieur à celui pratiqué dans le reste de l'île.
Un peu cher l'éboueur !
Grève chez Mac Do (Saint Benoît).
Payés pour certains à 540 net par mois, la quinzaine d'employés du Mac Do de Saint Benoît se sont mis en grève pour obtenir des augmentations de salaires. En fait pour faire reconnaître et payer le nombre d'heures réellement effectuées.
Le patron, qui déclare les employés à temps partiel, bénéficie de réduction de cotisations sociales, mais les fait travailler beaucoup plus. Les salaires sont versés en retard, la convention collec-tive de la restauration rapide n'est pas appliquée (primes diverses), sans compter les multiples pressions sur les travailleurs et leur déléguée syndicale.
Le mouvement a été massivement suivi et a permis de remettre, un peu, les pendules à l'heure. Il a reçu le soutien de la CGTR-Est et de nombreux travail-leurs. Mac Do qui dispose de 6 magasins dans l'île, 1000 en France et 20 000 dans le monde et exploite 500 000 salariés dans 100 pays, a les moyens de payer !
Il se paie notre tête !
Franck Robert le président du Syndicat des artisans du bâtiment (Sabr) et vice-président de la chambre des métiers voudrait réformer le système des congés payés appliqué dans le BTP pour que les patrons aient plus la main mise sur les salariés.
Actuellement, les travail-leurs du BTP sont payés par la caisse de congés payés. Ils prennent leurs congés quatre semaines en fin d'année et la cinquième vers le mois de mars.
Le président du Sabr qui se plaint non seulement que les patrons cotisent trop à la caisse, demande que les congés soient directement payés par eux, comme cela se fait dans les autres secteurs, pour éviter, dit-il, que les ouvriers soient tous en congés en même temps.
Ce monsieur voudrait en fait que les salariés partent en congés selon le bon vouloir de leurs employeurs. On sait comment cela se passe en général : ils fractionnent les congés, font fi de la cinquième semaine voire, " oublient " de donner les congés aux salariés. Et il faut parfois aller jusque devant les tribunaux pour leur faire entendre raison.
Quand prendrons-nous congés des patrons définitivement ?
Les paroles s'envolent.
À propos des prix du transport aérien, Baroin s'est dit conscient du fait que les billets d'avion sont chers. Seulement, a-t-il poursuivi : " l'État n'étant pas le seul maître à bord dans l'avion ", il n'y peut rien, sinon " ouvrir le débat avec les transporteurs ".
Les patrons imposent et les ministres causent. C'est là l'image de l'inefficacité gouvernementale ; ou plutôt de son inefficacité mais seule-ment à l'égard du patronat.
Tout pour eux.
Le Premier ministre a promis de ne pas remettre en cause la loi de défiscalisation dans les DOM, et en parti-culier à La Réunion.
Patrons, petits et grands, élus, de droite et de gauche, avaient fait front uni ces dernières semaines pour défendre cette loi.
Les opérateurs financiers, les spéculateurs et autres propriétaires sont donc rassu-rés, ils pourront continuer à investir dans les DOM, y faire des profits sans risque d'avoir à verser quoi que ce soit à l'Etat en retour.
Tout ceci est fait " pour rassurer les investisseurs qui créent de l'emploi " ! C'est en tout cas ce qu'ils disent, car côté emploi on ne voit rien venir.
Assez de cadeaux pour les riches !
Pain béni.
Le contrat Nouvel Embauche (CNE) devrait monter en puissance, puisque 93 % des entreprises ont moins de 20 salariés.
On nous a ainsi montré sur Antenne Réunion un chef cuisinier récemment embau-ché en CNE essayant de se rassurer comme il pouvait en déclarant que son patron n'allait pas changer de cuisinier tous les deux ans. C'est bien mal connaître la cuisine patronale !
Rappelons qu'avec un CNE, le patron peut, pendant les deux premières années, mettre dehors un salarié sans aucune justification. C'est dire qu'avec ce système, le patronat peut se sentir pousser des ailes ! Baroin qui, au sujet de la défiscalisation, déclarait hypocritement que l'Etat devait rester vigilant sur l' " effet d'aubaine " que certains spéculateurs pourrait utiliser à leur profit ( !), n'a pas évoqué l' " effet d'au-baine " que le CNE pourrait entraîner chez des patrons trop heureux de pouvoir remplacer les CDI par des CNE corvéables à merci. Et cerises sur le gâteau, avec ce contrat les salariés, s'ils sont âgés de moins de 26 ans, ne seront pas comptabilisés dans les effectifs.
Des employés fantômes quand il s'agit de leurs droits, mais bien réels quand il s'agira de leur faire suer du profit !
Minable !
Le ministre des DOM a fait aussi un petit geste de 30 millions d'euros pour les handicapés, reconnaissant que le taux d'équipement les concernant est 2 à 3 fois inférieur à celui de France.
Seulement, les fonds ne seront disponibles qu'à partir de 2006 et leur versement sera étalé sur une période de... quatre ans.
" Il faudra concilier la logique financière et la logique humaine qui ne sont pas facilement conciliables " a été la justification à ces restrictions.
De la part du représentant d'un gouverne-ment, plus rapide à sortir ses gros sous pour arroser les patrons que pour aider les handicapés, les chômeurs ou les bas salaires, c'est logique... mais minable.
Un toit c'est un droit.
Baroin a annoncé que le gouvernement débloquerait 10 millions pour le logement social.
Cette année, alors que 40 000 familles sont aujour-d'hui à la recherche d'un logement, seulement 3600 logements sociaux neufs ont été construits, contre deux à trois fois plus pour les résidences privées. Baroin, a annoncé 2000 logements sociaux de plus d'ici 2006. Il en manquera donc encore 34 600. C'est énorme !
Les gouvernements ont toujours des problèmes de trésorerie quand il s'agit des travailleurs et des classes populaires. Ils nous disent toujours que l'Etat est en déficit. Mais à qui la faute, pas aux travailleurs bien sûr qui, contrairement aux patrons, ne reçoivent aucune subvention, ne bénéficient quasiment d'aucune exoné-ration de cotisations sociales. Concernant les problèmes urgents, vitaux de la classe ouvrière, ils nous expliquent qu'il faudra encore attendre, encore se serrer la ceinture. Mais pourtant de l'argent il y en a.
À la Réunion le nombre de personnes soumises à l'impôt sur la fortune a augmenté de 15 % en un an.
Pendant qu'une minorité de privilégiés s'arroge tous les droits et accapare la richesse produite, la classe ouvrière s'appauvrit. Ce n'est pas dans 10 ans que nous aurons besoin d'une case pour nous protéger, d'un vrai salaire pour vivre, c'est tout de suite.
Bien loin des promesses.
Baroin l'a dit : " les titulaires d'emplois aidés doivent être assurés que personne ne sera laissé sur le bord du chemin ". Mais si le ministre se dit serein, ceux qui attendent le nouveau contrat d'accompagnement à l'emploi, qui doit se substi-tuer aux CES et CEC, sont inquiets et il y a de quoi.
Alors que toutes embau-ches devraient se faire en contrat à durée indéterminée, Borloo, en décembre dernier, avait promis 10 000 à 15 000 contrats aidés. Mais à ce jour, 394 ont été signés. On est donc bien loin de la promesse du ministre.
Vers la fin du colonat ?
Le lundi 17 octobre, l'Assemblée nationale a voté l'abolition du colonat partiaire dans les DOM.
Ce type de contrat lie le propriétaire d'un terrain à celui qui le cultive, obligeant ce dernier à céder au propriétaire une part de la récolte produite. De part la loi, cette part ne peut excéder 33 % de la production totale. É la Réunion, elle atteint aujourd'hui 25 % de la récolte. Les frais d'engrais et de main-d'Suvre sont à la charge du colon qui n'a pas le droit de diversifier sa production. Il ne peut planter sur sa parcelle que la culture, la canne en l'occurrence, s'y trouvant au moment de la passation du contrat de colonat.
Les colons espèrent un contrat de fermage à loyer fixe, leur permettant de surcroît de cultiver ce qu'ils veulent ? Témoignages cite à ce propos une étude soulignant la différence entre les deux statuts : " Pour cent tonnes de cannes, le colon doit en céder 25 au propriétaire, alors que le fermier doit lui payer l'équi-valent de 7 à 8 tonnes ".
Le colonat n'est rien moins qu'une survivance de l'époque féodale. É la Réunion, le premier contrat de ce type a été établi en 1690 mais s'est surtout développé après l'abolition de l'esclavage. Il concernait alors les blancs pauvres et les noirs affranchis qui n'avaient aucune envie de retourner travailler sur les plantations.
Il y a actuellement à la Réunion, environ 800 colons partiaires sur 3000 agriculteurs. Ils travaillent essentiellement la canne dans l'est et le sud de l'île.
Selon les chiffres de la Chambre d'agriculture, la moyenne de la surface exploitée par colon est de 2,45 hectares et ils tirent de leur travail environ 430 euros par mois. Et toujours d'après la Chambre d'Agriculture, en étant fermier, il gagnerait environ 662 euros par mois. Ce qui de toute façon serait loin d'être une sinécure.
Si la loi est ratifiée début novembre et adoptée par le gouvernement, la suppression du colonat ne sera pas immédiate. Sans effet rétro-actif, elle sera progressive et ne se fera qu'à la faveur des renouvellements de contrats. Et puis, la loi n'est pas assortie d'une obligation pour le propriétaire de signer un bail à ferme, ce qui fait craindre à bien des colons que les propriétaires reprennent leurs parcelles, les privant ainsi de leur outil de travail.
Il a donc fallu attendre le début du XXIème siècle pour que cette forme de contrat archaï que soit abolie. Une évolution qui a suivi la rapidité de la tortue la plus fatiguée.
La gauche, qui avait eu maintes fois l'occasion de faire abolir le colonat lorsque la gauche était au gouvernement en France, se dit satisfaite. La droite quant à elle, n'en revient pas de son audace, sauf Virapoullé, grand propriétaire de son état et employeur de quinze colons. Il votera tout de même la loi mais ne cache pas que pour lui " c'est un marché de dupes ", car ajoute-t-il, " mes colons vivent bien ". Certains accusent Virapoullé d'avoir voulu retarder l'adoption de la loi... par amour pour ses colons sans doute !
Vivre à temps partiel ?
En France, plus d'un million de salariés sont à temps partiel alors qu'ils souhaitent travailler normalement, relève un rapport de l'Insee. Cela frappe surtout les femmes, qui sont 80 % des salariés à temps partiel.
Ces salariés étant sous-payés, les patrons sont ravis. Le gouvernement aussi car ces travailleurs contraints de chômer une partie du temps ne sont pas répertoriés comme chômeurs. Les ministres prétendent que le chômage recule, la précarité progress
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