| Site régional | |
![]() |
Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2005 |
| mis à jour le 01/11/2005 | |
| ILE DE LA REUNION | |
|
Mensuel - archives
Année 2005
décembre 2005
novembre 2005
octobre 2005
septembre 2005
juillet 2005
juin 2005
mars 2005
février 2005
janvier 2005
Dans ce numéro
Budget de l'Outre Mer, encore pour les patrons et pour les riches.
Epidemie de Chikungunya et de... suppressions d'emplois !
Des niches fiscales qui ne sont pas pour les chiens.
Le scandale de la spéculation immobilière.
Auteuil, Passy, Tampon, tel est notre ghetto !
Blablabla...
Les emplois précaires doivent devenir permanents !
Non aux discriminations.
L'abécédaire.
Le capitalisme nous handicape !
Mourir de faim en 2005 !
Le 11 novembre, commémoration de la première boucherie impérialiste.
|
Budget de l'Outre Mer, encore pour les patrons et pour les riches.
L'Assemblée nationale a voté en première lecture les crédits de la mission Outre Mer (qui prend le relais du ministère de l'Outre Mer) pour 2006. Ces crédits s'élè-vent à 1,9 milliard d'euros et ne sont pas beaucoup plus élevés que ceux de 2005 (1,7 milliard). Ils seront prioritai-rement affectés à l'emploi (1,1 milliard) et au logement (173 millions).
Mais à regarder de plus près, ces sommes seront pour une bonne part consacrées au financement des mesures de la loi Programme votée par la droite en 2002.
En effet, sur le 1,1 milliard d'euros pour l'emploi, 700 millions d'euros seront utili-sés pour couvrir les exonéra-tions de charges sociales patronales.
Il est urgent de créer des emplois et de construire des logements en nombre suffisant. Mais le budget de 2006, comme les précédents budgets, est largement insuffisant au regard du nombre important de chômeurs et du manque crucial de logements.
À la Réunion, le taux de chômage est supérieur à 30 % et 25 000 demandes de logements non satisfaites sont enregistrées à ce jour.
Les travailleurs, les chômeurs, les pauvres, les petites gens n'ont pas grand-chose à attendre des crédits alloués à l'Outre-Mer pour 2006, tout comme ils n'ont rien à attendre de la politique générale du gouvernement totalement dévoué à la satisfaction des intérêts des patrons et des bourgeois.
Epidemie de Chikungunya et de... suppressions d'emplois !
L'épidémie de Chikun-gunya continue à progresser. Plus de 4500 personnes sont atteintes dans l'île, et les services sanitaires recensent entre 80 et 100 nouveaux cas de contamination chaque semaine.
Il n'y a là aucune fatalité. C'est l'Etat qui a la charge de la désinsectisation et qui ne s'en donne plus les moyens.
Sur les 200 foyers actifs de l'épidémie recensés dans toute l'île, seul un tiers a été traité. En fait il existe bien un service prophylaxie à la DRASS, mais d'année en année, ses effectifs ont été réduits. Il n'y plus que 40 employés dans ce service, dont beaucoup sont à quelques années de la retraite. Ceux qui sont partis n'ont pas été remplacés.
La politique de réduction du nombre de fonctionnaires prônée et appliquée par la droite au pouvoir fait aujourd'hui ravage dans le domaine de la santé publique.
Il faut obliger l'Etat à embaucher... Il y va de notre santé.
Des niches fiscales qui ne sont pas pour les chiens.
Le débat sur la réforme fiscale qui est révélateur des objectifs du gouvernement: favoriser les riches tout en essayant (ô combien mal!) de donner l'impression de vouloir limiter certains de leurs avantages, d'où quelques propo-sitions qui viseraient à plafonner des "niches fiscales".
Seulement, la majorité des députés de la majorité ne l'entend pas de cette oreille et veut au contraire ne rien plafonner du tout, au point de mettre dans l'embarras le président UMP de la commis-sion des finances. Ce dernier craint en effet que la réforme fiscale donne trop l'apparence de favoriser les classes les plus aisées, ce en quoi il n'a pas tort puisque de nombreuses mesures prises actuellement vont effectivement dans ce sens. En témoignent les 100000 personnes qui gagnent plus de 220000 euros par an et qui vont voir chaque année leurs impôts baisser au total de 885 millions.
En témoignent aussi les 16800 contribuables qui profi-teront du beau cadeau que viennent de leur faire les députés de droite : un "bouclier fiscal" qui limite à 60% de leurs revenus ce que les plus riches verseront en impôts directs. Grâce à cette mesure ces riches vont récupérer 282 millions d'euros. À tout cela, il faut encore ajouter la révision des tranches de l'impôt dont profi-tent les contribuables qui ne sont pas dans le besoin.
En ce qui concerne les niches fiscales, la volonté du gouverne-ment d'y toucher est en fait inexistante. Il s'agit de multiples déductions, réductions, exonéra-tions, abattements et autres étalements fiscaux, en fait pas moins de 400 dispositifs d'excep-tion, qui font que chaque année l'État renonce à quelque 40 milliards d'euros. La discussion était à peine engagée sur ce terrain que le gouvernement a fait voter un amendement qui maintenait sans les modifier tous les dispositifs de défiscali-sation concernant les Dom-Tom: une des plus grosses niches fiscales.
La loi de programme pour l'outre-mer de juillet 2003 avait instauré un important régime de défiscalisation et d'allégement de charges sociales dans les Dom-Tom, prétendument desti-né à doper les investissements, et par voie de conséquence l'emploi. D'emploi, il ne fut pas question. Par contre, concernant les baisses de charges et les réductions d'impôts, ce ne fut que du bonheur... pour les patrons. Pour ne prendre qu'un exemple, en 2006, la seule réduction d'impôt sur le revenu du plan de défiscalisation coûtera à l'État 400 millions d'euros, au bénéfice de seulement 6400 personnes (soit en moyenne 62500 euros par tête de pipe!), dont beaucoup de riches métropolitains. Quatre secteurs en bénéficient surtout : l'hôtellerie, le logement, les énergies renouvelables et... le financement des entreprises.
En ce qui concerne l'île de la Réunion, tous les élus, qu'ils soient de droite ou de gauche, ont approuvé la reconduction des dispositifs de défiscalisation, ainsi que celle concernant les exonérations des charges sociales patronales. De la part des représentants de la droite, cela est somme toute logique. Mais que les parlementaires de gauche aient tenu à affirmer que "toute la Réunion doit s'unir pour défendre les mesures spécifiques en faveur de l'île", oubliant de préciser que ces mesures profitent surtout, voire exclusivement, aux patrons et aux riches, montre dans quel camp ils se situent.
Défiscalisation et allégement de charges n'ont rien d'un "puissant levier pour le développement économique". Ce ne sont que des cadeaux faits aux plus riches et qui se traduisent par des réductions d'impôts, allant jusqu'à 70%, dans le domaine de la rénovation et de la réhabilitation hôtelière par exemple, ou encore pour des dépenses concernant les bateaux de plaisance. À ce propos d'ailleurs, le Syndicat national unifié des impôts de la Réunion dénonce le fait que "des bateaux destinés à des voyages d'entreprise servent en fait à des voyages d'agrément privés". Ce sont donc des avantages donnés en pure perte et qui n'ont pas pour objet de relancer l'emploi ou les investissements mais de satisfaire les caprices de quelques-uns.
Cela est d'autant plus choquant qu'à la Réunion plus de 30% des travailleurs n'ont pas d'emploi et que 25000 demandes de logements ne sont pas satisfaites. Ce ne sont pas les besoins ni les moyens qui manquent mais la volonté de les satisfaire, ce qui signifierait prendre à quelques-uns pour contenter le plus grand nombre.
Le scandale de la spéculation immobilière.
Alors que des dizaines de milliers de personnes sont à la recherche d'un meilleur loge-ment ou tout simplement d'un toit, certains spéculent sur le prix des terrains. En dix ans ceci a été multiplié par trois (300 % d'augmentation !) et dans certains quartiers comme Saint Gilles ville, le prix du mètre carré est passé à plus de 1000 euros.
La politique de défiscalisa-tion du gouvernement donne l'occasion à une minorité de privilégiés de spéculer sur des produits vitaux, le terrain sur lequel on construit des loge-ments et les logements eux-mêmes. Elle tourne le dos au besoin criant de se loger de la population laborieuse. Depuis un an, sur 12 000 logements construits, seuls 3000 sont des logements sociaux.
Auteuil, Passy, Tampon, tel est notre ghetto !
Suite aux évènements dans les banlieues métropolitaines, Chirac et ses ministres hypocrites se sont réveillés en sursaut, se rappelant que toutes les communes se doivent d'avoir a minima 20 % de " logements sociaux " dans leur parc d'habitations.
À la Réunion, seules trois communes se situent en dessous de ce seuil : Le Tampon, Saint André et Sainte Marie, trois communes de droite. Tien Ah Koon piqué au vif a voulu se défendre en disant qu'il s'était refusé à construire le nombre de logements sociaux exigés par la loi parce que cela créait des " ghettos pour pauvres " !
Il préfère les ghettos pour riches !
Blablabla...
La Région s'est payée une page entière dans les journaux du 14 novembre pour expliquer qu'elle n'est pas responsable de la hausse des carburants du 1er novembre.
Chiffres à l'appui, la Région précise que les taux, fixés par elle, de la Taxe Spéciale Sur les carburants (TSSC) n'ont pas augmenté depuis 2000. Ces taux représentent aujourd'hui seuls 42,5% du prix de l'essence à la pompe et 36,13% du prix du gazole. Si on y rajoute l'octroi de mer, l'ensemble des taxes entrent pour respectivement, 65,5% dans le prix de l'essence et 41,13% pour le gazole.
Pour ceux qui oseraient imaginer un instant que la Région pourrait baisser la TSSC, l'auteur du communiqué de presse avertit qu'un tel acte " serait injuste, pénalisant et dangereux " ! Quant à la baisse de l'octroi de mer, " une telle perspective aurait de graves conséquences " sur les budgets des communes et donc " sur les services rendus à la population ".
" Que faire ? " se demande donc la Région.
Eh bien, elle est " disposée à participer à toute concertation associant l'ensemble des acteurs concernés " pour réfléchir sur les alternatives au tout automobile ou aux hydrocarbures, ainsi que sur la réglementation, les conditions d'approvisionnement...
L'idée de modifier les orientations budgétaires et d'arroser moins le patronat pour mieux répondre aux besoins de la population, ne lui a pas effleuré l'esprit !
Les emplois précaires doivent devenir permanents !
En cette fin d'année, plus de 700 emplois aidés de l'Educa-tion nationale sont sur la sellette. Malgré les propos de Girardin et de son successeur Baroin, affirmant que " per-sonne ne serait laissé sur le bord du chemin ", l'Etat a décidé de ne plus financer ces emplois pourtant bien utiles et appréciés par les élèves et les professeurs. La gestion de ces personnels incombe doréna-vant au Département et à la Région qui eux non plus n'en veulent pas, faute disent-ils, de financements suffisants de l'Etat.
Exaspérés par tant de mépris, hommes et femmes en CEC, CES, menacés de perdre leur emploi ont réagi en allant manifester leur colère devant le rectorat... et ils menacent à leur tour le gouvernement de se mettre en grève et de bloquer le fonctionnement des établissements scolaires si leurs emplois ne sont pas maintenus.
Ils ont bien raison et doivent trouver le soutien de la population !
Non aux discriminations.
D'après les chiffres de l'ANPE, le chômage aurait baissé à la Réunion. Mais cette baisse a profité deux fois plus aux hommes qu'aux femmes, si bien que le pourcentage des femmes dans le nombre total des chômeurs est passé de 42,1 % à 43,2 %.
Les femmes travailleuses sont donc, dans cette société, doublement victimes : du chômage et de la discrimination sexiste à l'embauche !
L'abécédaire.
À l'école primaire de Sainte Rose, les enseignants sont priés de ne pas manger à la cantine. La municipalité ne veut pas, paraît-il, mécontenter les restaurateurs et autres tenanciers de snack-bars qui se plaignent de concurrence déloyale.
Des élus aux ordres des capitalistes, grands ou petits, c'est élémentaire !
Le capitalisme nous handicape !
La loi stipule que toutes les entreprises de plus de 20 salariés sont tenues d'embau-cher 6 % de travailleurs reconnus handicapés. En France, le chiffre tourne autour de 4 % et à la Réunion autour de 2 %. Il s'agit là d'une des multiples formes de racisme qui se manifestent dans les entreprises contre tous ceux qui risquent de poser problème aux patrons : les femmes au prétexte qu'elles peuvent tomber enceinte, les jeunes parce qu'ils n'ont pas l'expérience requise, les travailleurs immigrés pour plaire aux racistes, les handicapés parce qu'ils les obligent à aménager les postes de travail et dans certains cas travaillent moins vite.
En fait la société capitaliste est synonyme de ségrégation, d'exclusion et d'exploitation. N'est-il pas temps d'en changer ?
Mourir de faim en 2005 !
14 000 enfants du sud-est de Madagascar sont menacés de mourir de faim à brève échéance, faute, dit-on, d'une forte sécheresse qui aurait réduit les récoltes escomptées. Il y a pourtant d'autres régions plus arrosées à Madagascar, une île dont la superficie est quand même 1,3 fois supérieure à celle de la France, pour une population de 17 millions d'habitants.
Ravelomanana, le président malgache, qui est aussi le premier capitaliste de l'île, s'est dépêché... d'aller demander de l'aide à la communauté mondiale ! Il est à court d'argent, lui qui ne se déplace qu'en jet privé et va bientôt s'en faire livrer un deuxième !
Le peuple malgache est d'abord victime des pays riches, qui lui volent ses richesses et maintiennent la population dans un état de dépendance et de misère, propices à la rentabilité des quelques investissements im-périalistes. Mais il est aussi victime de ses propres exploi-teurs, eux-mêmes complices des grandes puissances. !
Le 11 novembre, commémoration de la première boucherie impérialiste.
Le 11 novembre 1918 était signé l'armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale. Cette guerre qui avait opposé pendant quatre ans les bourgeoisies européennes et s'était étendue au monde entier. Elle a provoqué la mort de 9 millions de personnes et fait 20 millions de blessés.
La France coloniale enrégimenta alors des dizaines de milliers de colonisés africains et asiatiques qui perdirent leur vie sur les champs de bataille d'Europe.
Cette guerre devait être, aux dires des gouvernants de l'époque, la " Der des der ". Mais les rivalités entre pays impérialistes provoquèrent 21 ans plus tard une Deuxième Guerre mondiale, encore plus sanglante, qui fit 60 millions de morts.
Il n'y a pas eu de troisième guerre mondiale, mais depuis la fin de la Seconde, il ne s'est pas passé une année sans qu'une guerre éclate dans un ou plusieurs pays.
Ces atrocités ne finiront que le jour où les travailleurs désarmeront les bourgeoisies. Car, comme le disait Jaurès, un socialiste français du début du 20ème siècle : " le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ".
|