| Site régional | |
![]() |
Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2005 |
| mis à jour le 01/12/2005 | |
| ILE DE LA REUNION | |
|
Mensuel - archives
Année 2005
décembre 2005
novembre 2005
octobre 2005
septembre 2005
juillet 2005
juin 2005
mars 2005
février 2005
janvier 2005
Dans ce numéro
Quelle que soit l'arène de leurs guerres, ce sont les travailleurs qui y meurent.
Leur histoire et la nôtre.
Sarkozy aux Antilles, courage fuyons !
Drame social.
Vaincre la misère par la lutte.
La gestion du RMI par le Conseil Général.
Les contractuels continuent leur lutte.
Trop plein...d'abus.
Vira-fils suit Vira-père.
Avenir assuré pour les usiniers.
2005, une bonne année pour les actionnaires.
Remboursez !
Ponctions sans fin.
Drame et manque de moyens.
Va-t-en guerre.
|
Quelle que soit l'arène de leurs guerres, ce sont les travailleurs qui y meurent.
Deux des institutions du monde capitaliste viennent de terminer leurs réunions au sommet. Les 25 pays de l'Union européenne se sont mis d'accord sur un budget après trois mois de crise. L'Organisation mondiale du commerce (OMC), censée réglementer le commerce international, a accouché, à Hong Kong, d'un compromis entre les 149 pays qui la composent. Par delà leurs différences, les deux institutions ont pour but de faciliter le commerce international.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'économie est mondialisée et inter-dépendante. Pour ce qui est de la complémentarité des ressources naturelles, c'est vrai depuis des temps immémoriaux. Le dévelop-pement capitaliste a rendu les industries étroitement imbriquées d'un pays à l'autre. Chaque tra-vailleur sait que le processus de production dans lequel s'insère son entreprise traverse les frontières. Avant qu'une automobile, un poste de télévision, un moulin à café, soit livré au consommateur final, les travailleurs d'un grand nombre de pays auront participé à sa fabrication.
La mondialisation est poussée toujours plus loin du fait aussi bien du progrès technique, de la communication quasi-instantanée, de la rapidité des transports, que de la volonté des grands groupes capitalistes dont le terrain de chasse est de longue date le monde entier.
La mondialisation n'est pas un problème en lui-même, contraire-ment aux balivernes des démago-gues nationalistes. Elle est un fait. Et personne ne peut concevoir que, par exemple, chacune des 149 nations de l'OMC se dote d'une industrie aéronautique et même d'une industrie automobile. La mondialisation, sous la forme d'une coopération internationale visant à satisfaire au mieux les besoins de tous, est la seule base concevable du progrès de l'humanité.
Mais voilà, cette économie mondialisée est dominée par la con-currence, la compétition entre grou-pes capitalistes qui se mènent une guerre féroce avec l'aide de leurs Etats, non pas pour mieux satisfaire les besoins, mais pour rapporter le plus de profits à leurs actionnaires.
La fameuse "libre concurrence", à laquelle les dirigeants du monde capitaliste accordent toutes les vertus, est en fait la loi de la jungle où les forts écrasent impitoyable-ment les faibles. Les Etats-Unis comme l'Europe subventionnent leur agriculture en sachant sciem-ment que leur riz, blé, coton subventionnés écrasent l'agriculture des pays pauvres.
"Nos" dirigeants prétendent que cet "égoï sme national" est dans l'intérêt de "nos" paysans. Mais ce sont les grosses exploitations qui encaissent les subventions de la politique agricole commune -en Angleterre, c'est la reine elle-même- et c'est, en dernier ressort, l'industrie agroalimentaire qui en profite. Et lorsque l'Etat américain et les Etats européens marchent sur la libre concurrence pour aider leurs grandes entreprises indus-trielles, ce n'est pas pour "sauver l'emploi" mais pour augmenter les profits des actionnaires.
Un grand révolutionnaire du passé disait des capitalistes d'Europe que c'étaient des brigands enchaînés sur les mêmes chaînes. Aujourd'hui, c'est enchaînés les uns aux autres par la mondialisation qu'ils se mènent une guerre féroce pour le partage du profit, avec la peau de leurs travailleurs.
Mais le profit qu'ils se disputent vient de l'exploitation des travailleurs des pays riches comme des pays pauvres. Il vient des salaires insuffisants même en Occi-dent et qui, dans les pays pauvres, n'empêchent même pas de mourir de faim. Il vient du fonctionnement même d'une économie faite pour dépouiller ceux qui produisent, travailleurs mais aussi paysans pauvres, des fruits de leur travail, pour polariser entre les mains d'une petite minorité des richesses qui dépassent l'entendement.
Ce n'est pas "la faute à l'Europe" et à ses marchandages. Ce n'est pas la faute à l'OMC ni à telle institution du capitalisme. C'est la faute au capitalisme lui-même, à l'économie de marché, à la dictature des groupes capitalistes sur le monde. C'est à cela qu'il est nécessaire de mettre fin avant que la société humaine en crève.
Arlette Laguiller.
Leur histoire et la nôtre.
Lutte Ouvrière s'associe à toutes les protestations demandant l'abrogation de la loi reconnaissant le rôle positif de la colonisation française.
Pendant des mois, le gouvernement n'a pas été gêné par le fait que l'Assemblée ait adopté en février dernier cette loi. Mais dès que des Antillais se sont mobilisés contre la venue de Sarkozy, en lui reprochant entre autre chose cette loi et le refus de l'UMP dont il est le président de l'abroger, Villepin a fait un tout petit pas en arrière en déclarant que ce n'est pas à l'Assemblée d'écrire l'histoire. Il a été en cela suivi par Chirac, qui n'a tout de même pas été jusqu'à demander la suppres-sion de cette loi.
La majorité de droite est pourtant dans son rôle lorsqu'elle défend le passé colonial d'une bourgeoisie qu'elle représente encore aujourd'hui. Mais on peut aussi s'interroger sur la sincérité d'un Parti socialiste qui a mis neuf mois à découvrir ce que ce texte avait d'indécent, et qui surtout a été complice de toutes les guerres coloniales.
Ceux qui affichent leur solidarité avec les victimes d'hier, opprimées, exploitées, humiliées par des minorités esclavagistes puis colonialistes, ont d'autant plus raison de le faire que cela ne concerne pas que le passé. Car même si aujourd'hui certaines méthodes ont changé, il y a toujours des riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités, des oppresseurs et des opprimés.
Aux travailleurs de choisir leur camp et leur histoire.
Sarkozy aux Antilles, courage fuyons !
Mercredi 7 décembre, Sarkozy a décidé d'annuler son voyage en Martinique et en Guadeloupe parce que, a-t-il dit, " les conditions d'un débat serein n'étaient pas réunies ".
L'annonce de sa venue avait été prise comme une véritable provocation par une partie de la population. Ainsi, les parents des jeunes Antillais vivant dans les cités de métropole n'avaient pas digéré que l'on traite leurs enfants de " racaille " et les descendants des anciens esclaves de cette colonie française avait encore moins supporté que la majorité de l'Assemblée nationale adopte une loi présentée par des députés UMP, faisant état du " rôle positif de la colonisation ".
Pour une fois, Sarkozy, ce fier à bras quand il est sous haute protection, ne s'est pas senti de vérifier en direct les réactions de ceux qui s'étaient, à juste titre, sentis insultés par ses propos inqualifiables. Et puis, le ministre de l'Intérieur n'a sans doute pas voulu connaître le sort d'un Le Pen qui, il y a quelques années, avait été empêché d'atterrir à Fort-de-France, après que des manifestants aient envahi les pistes de l'aéroport.
À marcher sur les brisées de l'extrême droite, normal que Sarkozy reçoive un accueil similaire. C'est d'ailleurs une bonne réponse à tous ces démagogues de bas étage.
Drame social.
Dimanche 11 décembre, lors d'une fête de fin d'année, un ex-travailleur des Brasseries de Bourbon a tiré sur des dirigeants de cette entreprise. Militant syndical, il avait été licencié en 2001. Cela faisait plus de 20 ans qu'il travaillait dans la même entreprise où, de par ses qualités humaines, il était apprécié de ses camarades. Le licenciement a acculé cet homme au désespoir ; un désespoir entre-tenu par un profond sentiment d'injustice et par l'isolement social dans lequel le mettait sa mise à l'écart du monde du travail.
Son geste fou a conduit à une catastrophe : un mort, des blessés, des personnes présentes (enfants et adultes) profondément choquées, et pour finir sa propre mort puisqu'il a lui-même été tué par la police.
Certes, on ne peut que condamner un tel geste. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il que la condamnation tienne aussi compte de tout ce qui a pu conduire à l'acte.
Nous vivons dans un monde difficile, parfois inhumain, fait d'une multitude d'humiliations et d'injustices dures à supporter par ceux qui les subissent. Et ceux qui les subissent sont toujours les plus pauvres, les plus démunis. Alors, il y en a parfois assez, et sans que l'on sache toujours quelle goutte a fait déborder le vase, la colère et la haine débordent mais pas de la façon la plus juste et la plus utile au camp des opprimés.
Si ce qui s'est passé salle Candin a bouleversé beaucoup de monde, c'est aussi parce que nombreux parmi nous sont ceux qui peuvent témoigner de l'extrême souffrance des travailleurs qui n'arrivent pas à s'en sortir malgré le travail harassant qu'ils sont obligés de fournir, ou qui voient leur vie brisée par un licenciement. Comme toujours après un tel drame la question "comment éviter cela ?" est posée sans qu'aucune réponse ne puisse être apportée, si ce n'est de dire que seule une société plus juste, faite de respect et d'égalité, pourrait apporter à tout un chacun cet équilibre parfois difficile à trouver dans notre monde d'oppression et d'exploitation.
Vaincre la misère par la lutte.
À l'occasion des fêtes de fin d'année, des associations s'organi-sent pour offrir des cadeaux et des repas aux plus démunis. C'est pour elles l'occasion de montrer qu'il faut rester solidaires de ceux que le système capitaliste a plongés dans la misère. Mais ces associations, et elles le savent, ne pourront jamais supprimer la pauvreté.
C'est que l'actuelle organi-sation sociale ne répond pas aux besoins de l'ensemble de la popula-tion. Elle écarte impitoyablement des biens produits ceux qui ne sont pas solvables. Ces personnes démunies sont souvent des privées d'emploi, voire même des travail-leurs avec des revenus très faibles.
Pour combattre la misère et la pauvreté il faut que toutes et tous aient un travail et surtout un salaire qui permettrait de satisfaire tous les besoins élémentaires. Cela on ne peut l'attendre du système capitaliste. Autant demander à un bouc de produire du lait.
La gestion du RMI par le Conseil Général.
Lors de la dernière assemblée plénière du Conseil Général, Nassimah Dindar a déclaré qu'il y aura un problème de trésorerie pour assurer le versement du RMI. L'Etat qui s'est désengagé sur le Département ne donne pas les moyens financiers correspondant au nombre élevé de bénéficiaires du RMI.
Ce nombre s'élevait à 76 276 au 31 décembre 2004, soit une hausse de 7,6 % par rapport à 2003.
Cette augmentation résulte du chômage et de la diminution de la durée des indemnités dont béné-ficient les travailleurs licenciés.
Nassimah Dindar, qui soutient la politique du gouvernement, est obligée de quémander auprès de l'Etat les moyens nécessaires pour que la gestion du RMI n'alourdisse pas les charges du Conseil Général. Mais s'il y a des priorités à satisfaire de façon urgente, ne serait-ce pas plutôt celles concernant les plus démunis ?
Les contractuels continuent leur lutte.
Les 560 contractuels du Département (CEC-CEJ) conti-nuent leur lutte pour conserver leurs emplois. Ils ont manifesté et ont obtenu de Nassimah Dindar la promesse de titulariser 120 d'entre eux.
Malgré tout, ils maintien-nent leur action pour que cette promesse soit tenue mais aussi pour que tous les contractuels soient titularisés.
Trop plein...d'abus.
Il y a des surprises dont auraient pu se passer les habitants de Bras Panon en cette fin d'année. Ils ont en effet reçu dans leurs boites aux lettres des factures d'eau avec des montants très élevés allant jusqu'à 500 euros pour certains. Et encore, il ne s'agit là que d'acomptes sur les prochaines factures !
Il y a trois mois, les factures avaient été tout aussi salées. Les habitants avaient protesté auprès de la Mairie, mais le maire étant resté sourd à leurs demandes, ils ont dû se résigner à payer les sommes demandées au bout des échéances.
Cette fois-ci encore, bon nombre d'abonnés victimes des abus de la Cise font entendre leur mécontentement à la municipalité de Bras Panon et tentent de rallier à leur mouvement de colère d'autres personnes qui sont pour le moins désemparées. Certains proposent que la distribution et la gestion de l'eau redeviennent une régie communale.
L'eau étant source de pro-fits pour les capitalistes, c'est en bons serviteurs de ces derniers que les municipalités de l'île ont remis son exploitation aux compagnies privées.
Les habitants ont raison de se battre contre tous ces profiteurs. Espérons qu'ils obtiendront de ne pas payer les sommes astro-nomiques qui leur sont réclamées mais également le remboursement du supplément qu'ils ont versé la fois précédente.
Vira-fils suit Vira-père.
La région Est de l'île compte peu d'entreprises. Beaucoup de travailleurs sont obligés de se rendre sur le Nord ou sur l'Ouest pour travailler.
J-Marie Virapoullé, le pré-sident de la Cirest, propose donc que toute la zone Est bénéficie du statut de zone franche afin dit-il d'y attirer des entreprises. Qui dit zone franche dit exonération de charges sociales patronales, exonération de la taxe professionnelle, baisse de l'impôt sur les bénéfices...
J-M Virapoullé se félicite d'avoir eu cette idée qui n'est pas particulièrement nouvelle. D'autres avant lui ont déjà émis ce vSu. En tout cas Vira-fils montre ainsi qu'il est bien dans la ligne politique de Vira-père. Ce dernier s'est toujours vanté d'être, avec Michel Debré, à l'origine des mesures de défiscalisation dans les DOM.
Avenir assuré pour les usiniers.
La baisse du prix du sucre sur le marché européen sera totale-ment compensée pour les produc-teurs domiens. L'Europe participera à 64 % et l'Etat à 26 %. Ce qui représente 90 millions de subventions.
Quant aux subventions liées au transport du sucre qui s'élevaient à 23 millions d'euros, elles ont été diminuées de seule-ment 8 millions d'euros que les industriels envisagent déjà de récupérer sur les 90 millions que représente la compensation. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre l'un de leurs représentants lors d'un colloque organisé par la Chambre d'agriculture. Ce sont les petits planteurs qui ont du souci à se faire puisque leurs aides diminueront d'autant.
Du côté des travailleurs d'usine et des ouvriers agricoles, il n'y a rien de prévu pour améliorer leurs conditions de vie. Cela n'est pas le souci de la Commission agricole de Bruxelles ni de l'Etat, ni des politiciens locaux qui se vantent pourtant d'avoir bien défendu les intérêts de la filière canne... en oubliant ceux qui travaillent le plus.
2005, une bonne année pour les actionnaires.
Si au cours de cette année 2005, la situation des classes labo-rieuses ne s'est pas améliorée, celle des actionnaires a été florissante. En effet, les quarante entreprises les mieux cotées en bourse ont enregistré en moyenne une hausse de 23,11 % de leurs actions.
Souhaitons que pour 2006, les travailleurs se donnent les moyens de prendre l'argent là où il est, c'est-à-dire sur les bénéfices du grand patronat, s'ils veulent améliorer leurs conditions de vie.
Remboursez !
L'Etat aurait plus de 1 100 milliards d'euros de dette, soit plus de 18 000 euros par Français, bébés compris. Le gouvernement parle donc de réduire les dépenses de l'Etat en diminuant encore les services publics.
"La France vit au dessus de ses moyens" prétend le ministre de l'Economie. En réalité, c'est le patronat qui impose au pays de vivre au-dessus de ses moyens.
Les réductions d'impôt accordées aux catégories les plus aisées, la baisse des impôts pour les sociétés, les exonérations de cotisa-tions patronales ainsi que les diver-ses aides publiques aux employeurs ont creusé le déficit au fil des ans.
Les grosses sociétés qui font d'énormes profits et les plus riches en profitent. C'est à eux de payer, pas aux salariés, aux smicards et chômeurs, ni aux usagers.
Ponctions sans fin.
Depuis le 1er janvier 2005, on est moins remboursés d'un euro sur les actes et examens médicaux. Selon le gouvernement, cela aurait dû rapporter 700 millions d'euros, mais il n'y aurait que 400 millions de rentrés.
Si le gouvernement est en panne d'imagination, on leur signale que les cotisations patronales, si on les augmentait de la même manière que les cotisations salariales, permettraient largement de combler le déficit de l'Assurance maladie.
Drame et manque de moyens.
Une enseignante d'Etampes a été poignardée en classe et les professeurs de son lycée menacent de ne pas faire cours si la sécurité n'est pas assurée.
Depuis des années, ils réclament une infirmière et une psychologue à plein temps. Ils veulent aussi qu'on prolonge le contrat de trois surveillants qui se termine en janvier. Le jour du drame, les enseignants voulaient organiser une journée sur la violence, ce que l'inspection académique leur a refusé.
Bien sûr, rien ne garantit contre des actes insensés. Mais ce qui est criminel, c'est le manque général et croissant de moyens destinés à l'école publique.
Va-t-en guerre.
La ministre de la Défense va envoyer des centaines de soldats supplémentaires en Afghanistan, où il y a déjà 800 militaires français dans le cadre de la coalition armée dirigée par les Etats-Unis.
Cette fois, on ne parle plus de déficit et d'économies à faire. Ces militaires servent à protéger le régime des chefs de guerre locaux qui mettent l'Afghanistan et sa population en coupe réglée.
Baptisée "retour à la démocratie" par les armées coalisées, c'est plutôt la continuation de l'oppression d'un peuple avec l'appui des grandes puissances.
|