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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2007 |
| mis à jour le 01/01/2007 | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
Le scandale du logement, il y a loin de la parole aux actes.
20 décembre, la liberté... de faire travailler.
À propos du 20 décembre 1848.
RMI... nimal.
L'État arrose les patrons de l'est...
Le PCR pleure sur les patrons exclus du dispositif !
Il n'y a aucune raison que ce soient toujours les mêmes qui se sucrent !
Tout pour les propriétaires rien pour les prolétaires !
La face cachée du soleil...
Madagascar, Ravalomanana réélu président.
Ensemble par delà leurs frontières.
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Le scandale du logement, il y a loin de la parole aux actes.
L'action de plusieurs associations a fait bouger les choses pour les sans-logis.
Il faut certes un réel culot de la part de Chirac pour annoncer qu'il veut inscrire " le droit au logement opposable " dans la loi. Cela fait près de douze ans qu'il est au pouvoir et pendant ce temps le nombre de mal-logés et de sans-logis n'a cessé d'augmenter. Mais enfin, au moins en paroles, Chirac reprend une vieille revendication des associations qui militent pour le droit au logement. Seulement, ces associations sont les premières à exprimer leurs craintes que les choses en restent aux mots.
Des lois qui assurent qu'un logement est un droit, il y en a eu dans le passé. La première du genre date de 1982. Aujourd'hui 100 000 personnes vivent dans la rue. Il faut y ajouter près d'un million de personnes qui sont privées de logement personnel, c'est-à-dire qui sont hébergées par la famille, des amis ou vivent en foyers. Et le nombre de personnes inscrites sur les listes d'attente de logement social avoisine 1,5 million.
À la Réunion et dans les autres DOM la situation est tout aussi indigne. Plus de 26 % des résidences principales peuvent être considérées comme insalubres. Il faudrait construire des dizaines de milliers de logements pour répondre aux besoins les plus urgents. Il faudrait aussi arrêter cette politique de défiscalisation, faite pour les riches, et dont les effets négatifs conduisent entre autres à la hausse du prix du foncier. Il faudrait encore que l'État débloque immédiatement les fonds promis pour le logement et jamais versés et que certains estiment à un milliard d'euros. Et pourquoi la loi de Cohésion sociale, même peu contraignante et peu efficace n'est-elle pas appliquée dans les DOM ?
Le problème du logement n'est pas vraiment nouveau car l'économie capitaliste n'a jamais pu assurer un logement correct à l'intégralité des classes populaires. Mais depuis quelques années, cet état de choses s'est aggravé.
L'État pourrait, s'il le voulait, briser la spirale de la spéculation immobilière. Il devrait prendre l'initiative de construire lui-même les logements corrects et à loyer accessible qui manquent, et cela sans générer du profit privé pour les promoteurs. Quant aux terrains dont la rareté et la cherté sont invoquées, l'État pourrait prendre les mesures coercitives qui s'imposent pour les réquisitionner si nécessaire.
Mais pour cela, il faudrait être prêt à marcher sur quelques privilèges et être capable d'appliquer une mesure en faveur des démunis avec la même détermination et la même célérité que lorsqu'il s'agit de favoriser les riches.
20 décembre, la liberté... de faire travailler.
Le 20 décembre n'a pas été un jour férié pour tout le monde. Presque tous les commerces de l'île ont trouvé cette année le moyen de faire travailler leurs employés ce jour-là.
Pas de répit donc pour que prospèrent les profits commerciaux.
Quant au paiement des heures supplémentaires, la plupart du temps il faut courir après. Il n'y aura vraiment de liberté, que quand aura été aboli l'esclavage salarié !
À propos du 20 décembre 1848.
C'est avec une unanimité dont il faudrait se méfier qu'est célébré chaque 20 décembre l'anni-versaire de l'abolition de l'esclavage, survenue en 1848. Mais quoi qu'en disent aujourd'hui les représentants des classes dominantes, qui ont le culot de parer les décisions du passé d'ornements idéalistes, celles concernant l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises n'ont pas été dictées par des décisions humanitaires.
Outre le fait que l'esclavage était alors devenu économiquement dépassé, il fallut surtout le contexte d'une révolution en France, celle de 1848, pour qu'une décision de principe soit prise le 4 mars, qui proclamait que : " Nulle terre française ne peut plus porter des esclaves. " Mais ce ne fut que le 27 avril que le gouvernement décréta l'abolition effective de l'esclavage... à Paris. A la Réunion, son abolition définitive n'est intervenue que le 20 décembre.
Si les planteurs et l'administration n'étaient pas pressés, les esclaves, eux, ne voulaient pas patienter. Certains d'entre eux se soulevèrent, comme à la Martinique le 22 mai. Le lendemain, le gouverneur proclama sans plus attendre que l'esclavage était aboli.
À la Réunion, il n'y eut aucun soulèvement, ce qui laissa plus de temps aux colons et au nouvel administrateur pour faire patienter les esclaves, prévoir les indemnisations des propriétaires et promulguer quatre jours après le décret annonçant l'abolition de l'esclavage, un second décret instituant le travail obligatoire pour tous les affranchis, dorénavant contraints de contracter des engagements.
Les possédants savaient que l'esclavage aboli, leur système d'exploitation se maintiendrait sous d'autres formes. Mais si le combat pour l'émancipation n'a pas pris fin le 20 décembre 1848, les changements importants survenus alors avaient montré que le sort des esclaves réunionnais avait été lié à celui des révolutionnaires parisiens et à celui de leurs frères des Antilles, sans lesquels le 20 décembre n'aurait certainement pas eu lieu.
Aujourd'hui il en est de même. Le sort des travailleurs réunionnais est lié à celui de ses alliés naturels : les travailleurs de France et ceux du monde entier. C'est dire que tous ceux qui veulent nous enfermer dans une prétendue spécificité réunionnaise voudraient en fait nous couper des solidarités qui seront nécessaires à notre émancipation.
RMI... nimal.
Tout comme l'Allocation adultes handicapés (AAH) et l'Allocation spécifique de solidarité (ASS), le Revenu minimal d'insertion (RMI) a été augmenté au 1er janvier d'un petit 1,8%, moins que le taux réel de l'inflation. Le RMI va donc passer à 440,86 euros pour une personne seule et à 661,29 euros pour un adulte avec un enfant ou un couple.
Ceux qui osent parler à ce propos de " revalorisation " de l'AAH, de l'ASS et du RMI se moquent bien de savoir comment survivent tous les d'allocataires avec des sommes aussi dérisoires.
L'État arrose les patrons de l'est...
Au prétexte du sous-développement de l'Est et bien sûr de la nécessité de créer des emplois, le gouvernement vient d'accéder à la demande de la droite locale de créer une Zone franche urbaine (ZFU) dans cette partie de l'île.
Trois milles hectares sont concernés sur les communes de Saint-Benoît, Bras-Panon et Saint- André. Les patrons employant jusqu'à 50 salariés qui y sont installés ou qui s'y installeront bénéficieront - avec effet rétroactif au 1er janvier 2006 s'il vous plaît ! - d'une exonération de fiscalité : taxe professionnelle, taxe foncière, impôts sur les sociétés et sur les bénéfices, exonérations de cotisations sociales sur les salaires, etc. Ces exonérations décidées pour une durée de cinq ans seraient dégressives les neuf années suivantes. De quoi voir venir !
Vu le peu d'emplois nouveaux créés lors de la mise en place de la première ZFU au Chaudron, de nombreux patrons ayant seulement profité de l'aubaine en déménageant dans cette région leurs entreprises déjà existantes, il y a donc peu de chances pour que dans l'Est, région où 40 % de la population active est au chômage, il y ait une création significative d'emplois.
Les patrons par contre pourront engranger sans contrepartie de l'argent public, qui aurait été bien plus utile ailleurs.
Le père Noël capitaliste est vraiment une fripouille !
Le PCR pleure sur les patrons exclus du dispositif !
Le PCR vient de découvrir un scandale : l'exclusion de certains patrons du dispositif de la zone franche. Dans l'édition du 23 décembre dernier de Témoignages, le PCR dénonce en effet une " Réunion coupée en deux et des frontières isolant trois communes sur 24 ".
En clair, le PCR réclame du gouvernement de droite qu'il étende la zone franche urbaine à l'ensemble des communes de l'île et des patrons !
En lisant cela le patronat doit être aux anges. Quant aux militants et aux électeurs du PCR, ils auraient eux plutôt du souci à se faire. Être communiste, n'est-ce pas reconnaître avant tout qu'il y a une opposition irréductible entre le monde patronal et celui des travailleurs ? Et n'est-ce pas choisir sans faille le camp des travailleurs ?
Il n'y a aucune raison que ce soient toujours les mêmes qui se sucrent !
La campagne sucrière s'est terminée sur une récolte en augmentation de 3 % par rapport à celle de l'année dernière. Les usiniers et les planteurs se frottent les mains car dans le pire des cas leur revenu sera maintenu.
Mais qu'en est-il de celui des ouvriers agricoles et des ouvriers d'usines qui ont largement contribué à la réussite de la production ? D'eux, personne ne parle, jusqu'au jour où ils se rappellent au bon souvenir des usiniers pour réclamer leur dû, comme lors de la grève de septembre à Bois-Rouge.
Tout pour les propriétaires rien pour les prolétaires !
À l'occasion de l'assemblée générale de la CGPER, son président s'est prononcé pour " une zone franche agricole sur l'ensemble du département et pour toutes les filières ", qui exonèrerait fiscalement les propriétaires terriens. Mais il y a aussi ceux qui permettent que les cultures se fassent dans les grands et moyens domaines : les ouvriers agricoles. Souvent, ces derniers ne sont pas déclarés et n'ont donc que des protections sociales a minima. Et lorsqu'ils sont déclarés, leurs salaires, mêmes dérisoires, sont soumis aux cotisations sociales.
Alors, si les plus pauvres cotisent, pourquoi ceux qui disposent de plus de moyens ou de forts revenus seraient-ils exonérés de verser aux caisses ?
La face cachée du soleil...
Mercredi 27 décembre, Brébion, le patron de la Saprim, ainsi que des représentants de la Région ont inauguré au Port la nouvelle " nouvelle centrale solaire ". Tout le monde était satisfait devant ce qui fut qualifié de " combat de civilisation ", " qui va marquer le monde entier au cours de ce siècle. "
Mais le plus ravi était sans aucun doute Brébion lui-même qui revendra les 1,35 mégawatts produits à 40 centimes le kilowatt, soit cinq fois le prix auquel EDF facture ses kilowatts aux consommateurs !
Un beau petit pactole en vue pour le patron de la Saprim, pour qui l'écologie a bon dos !
Madagascar, Ravalomanana réélu président.
Le président malgache, Marc Ravalomanana, a été réélu avec près de 55% des suffrages. Cette victoire a été saluée par les principaux bailleurs internationaux : Union européenne, Banque mondiale et FMI, ainsi que par les représentants des principales puissances tutélaires de Madagascar, Chirac en tête.
Madagascar a toujours été sous domination de l'impérialisme français. Actuellement, 600 entreprises dont 230 en zones franches ont des capitaux français, dont le Crédit Lyonnais-CA, BNP-Paribas, le groupe Total ou le Groupe Colas. Cent cinquante sociétés sont des filiales françaises. Les groupes réunionnais tels que Bourbon, Caillé, Ravate ne sont pas en reste et se disputent aussi leur part du gâteau.
Ravalomanana est lui-même un capitaliste, à la tête du groupe alimentaire Tiko, créé en 1981 grâce à un prêt de la Banque mondiale. Ce groupe qui a le monopole de la fabrication des yaourts s'est aussi développé dans le BTP, a investi dans une compagnie aérienne, la télévision et la radio. Le " roi du yaourt ", ancien maire de la capitale Tananarive, s'est frayé un chemin jusqu'au sommet du pouvoir, aidé par les quelques " Tiko boys " préalablement placés dans l'administration. Et comme deux précautions valent mieux qu'une, le président malgache a trouvé le soutien des autorités religieuses. Il s'est fait réélire en 2004 vice-président de l'Église réformée de Jésus-Christ, qui a obtenu en 2005 un prêt de la Banque mondiale pour financer un de ses rassemblements.
Mais si Ravalomanana s'est beaucoup enrichi, si les investissements étrangers se portent bien, la croissance ne profite qu'à un petit nombre. Les deux-tiers des Malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté et 60% de la population souffrent de malnutrition. La population a beaucoup souffert de l'augmentation du prix du riz en 2004. Les salaires sont très bas. Les pauvres ne fréquen-tent plus les hôpitaux publics depuis que le prix des consultations a été multiplié par dix en 2005.
En dehors de quelques travaux d'infrastructures qui ont surtout profité aux capitalistes, à commencer par Ravalomanana lui-même, rien n'a été fait pour améliorer un tant soit peu les besoins, même les plus élémentaires de la population. Et dans les cinq ans qui viennent, les pauvres ne peuvent espérer guère mieux de la part de Ravalomanana et de sa clique.
Ensemble par delà leurs frontières.
Selon le JIR du 20 décembre, la direction centrale de la police aux frontières de Mayotte s'est fixé pour objectif d'exécuter 900 interpellations de clandestins dans les derniers jours de l'année 2006. Les services de police, de la marine et de la gendarmerie s'acquitteront fort bien de cette mission, eux qui battent, paraît-il, des records nationaux dans l'arrestation des sans-papiers. Cette année, 12 000 reconduites à la frontière ont en effet été effectuées. Ce chiffre correspond à la moitié des expulsions réalisées sur le territoire national et annoncées par le ministre de l'Intérieur.
Les émigrants qui viennent des autres îles de l'archipel des Comores, principalement d'Anjouan, fuient la misère à bord d'embarcations de fortune, les " kwassa-kwassa ". Ils payent environ 400 euros pour franchir, souvent au péril de leur vie, les 70 kilomètres qui les séparent de l'île de Mayotte. Depuis janvier 2006, pas moins de 88 de ces " bateaux " ont été interceptés par la Marine nationale.
À terre, les Comoriens sont la proie de policiers peu scrupuleux, encouragés par des hommes politiques qui affichent sans vergogne leur mépris pour les "étrangers ".
La volonté du ministre de l'Outre-mer, de Sarkozy et du député de Mayotte Mansour Kamardine, d'enrayer ce qu'ils considèrent être un fléau, relève non seulement de l'infamie mais aussi de l'absurdité. Car sur les 160 000 habitants que compte Mayotte, 55 000 sont considérés comme étant des clandestins. Koungou, la deuxième ville de l'île, compte plus d'immigrés et de sans-papiers qu'une population dite d'origine.
Malheureusement, cette politique trouve un certain écho parmi la population mahoraise qui voit d'un mauvais Sil cette concurrence "étrangère ", alors qu'elle-même a beaucoup de mal à s'en sortir. Elle se trompe bien entendu d'adversaires. Les maux dont souffre notre monde viennent de la division de la société en classes sociales, entre exploiteurs et exploités. Et tant que les pauvres et les démunis ne seront pas unis pour d'abord se défendre et ensuite espérer bâtir un autre monde, la société d'exploitation et d'oppression que nous connaissons se maintiendra.
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