Grands chantiers, des profits à la pelle.
Le 19 mars, la Région et la préfecture avaient invité les représentants patronaux de la CCIR, de la Chambre des métiers ainsi que le président de la Fédération nationale des travaux publics pour leur expliquer tout l'intérêt des futurs grands chantiers que seront le Tram-train et la route du littoral. Et bien sûr, comme on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre, c'est de " gros sous " qu'il s'est essentiellement agi.
Le secrétaire général de la préfecture a rappelé que le contrat Etat-Région, pour la période 2007-2013, prévoit d'injecter quatre milliards d'euros dans l'économie réunionnaise dont 2,2 milliards pour les deux seuls grands chantiers, soit deux fois plus que pour la route des Tamarins.
Paul Vergès et le représentant de la préfecture veulent ainsi garantir " la stabilité " des entreprises de l'île pour, disent-ils, avoir la " certitude " qu'elles embaucheront pendant sept à dix ans. Mais si les patrons du BTP sont assurés d'engranger les profits, la réalité que vivent les travailleurs est bien moins idyllique.
En effet, la plupart des ouvriers qui ont été formés pour la route des Tamarins, l'ont été pour effectuer des travaux spécifiques comme le terrassement ou le génie civil. Ils ont été embauchés avec des " contrats de chantiers " ou des " contrats de tâches " de moins de deux ans. Les patrons se gardent de faire travailler les ouvriers au-delà de cette durée car un jour de plus sur le chantier leur garantirait un CDI. Il n'est donc pas rare que les patrons alternent des " contrats de chantiers " avec des périodes d'intérim.
Aujourd'hui, environ un quart des 1500 salariés qui ont été occupés sur les divers chantiers n'y travaillent plus. Vers la fin de l'année prochaine, presque autant devront ranger leurs outils, bien que le chantier de la route des Tamarins ne se terminera qu'en 2010.
Si les patrons du BTP sont donc assurés pour les dix ans à venir, les ouvriers du BTP, eux, le sont moins. C'est pourquoi certains, comme ceux de l'entreprise Fougerolle-Balot ont fait grève à deux reprises et ont obtenu, en janvier 2006, plus de 300 euros d'augmentation de salaires. Et ce n'était là qu'une part de ce qui leur est dû.