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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2007 |
| mis à jour le 01/06/2007 | |
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Dans ce numéro
Se servir de son bulletin de vote pour dire ce que l'on pense.
La Réunion devant et les travailleurs à la remorque ?
Période électorale ou pas la lutte continue !
Quand la droite verse une larme sur les travailleurs qu'elle a appauvris !
Quand ils construisent... leurs fortunes.
Notre droit de se soigner remis en cause par Sarkozy.
Il n'y en a que pour les riches.
Patron de haut vol.
Ils nous roulent !
À deux pas de la préfecture...
Communiqué à la presse.
La droite a les mains libres à la Chambre. Aux travailleurs de l'empêcher d'appliquer dans le pays ce qu'elle aura décidé.
Les difficultés du PCR.
Sarkozy taxe les travailleurs pour engraisser le patronat.
Ca chauffe !
Capitalisme=Barbarie.
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Se servir de son bulletin de vote pour dire ce que l'on pense.
Ministre de la Santé dans le gouvernement Sarkozy-Fillon, Roselyne Bachelot a annoncé que le déficit de la Sécurité sociale serait plus élevé que prévu, et a confirmé la création de nouvelles "franchises", c'est-à-dire d'une diminution des remboursements qui empêcheront un peu plus les plus pauvres d'accéder aux soins qui leur seront nécessaires. Dans le même temps, Sarkozy a confirmé les cadeaux fiscaux qu'il entendait faire aux plus aisés, car pour cela l'Etat n'a pas de problèmes d'argent.
Cela donne le ton de la politique que mènera le gouvernement après les élections législatives, quand il n'aura même plus à se soucier de ce que pense la fraction de l'électorat populaire qui s'est laissée séduire par la démagogie sécuritaire, nationaliste, anti-immigrés et anti-chômeurs de Sarkozy.
De son côté le Parti Socialiste prétend qu'il lui faut le plus grand nombre possible de députés pour constituer un contre-pouvoir face à l'UMP, et il le clame d'autant plus fort que les sondages pronostiquent une victoire écrasante de la droite. Les sondages ne valent que ce qu'ils valent, mais une telle hypothèse est dans la logique des choses, les élections législatives se déroulant dans la foulée de l'élection présidentielle. C'est d'ailleurs le Parti Socialiste qui est responsable de cet état de choses, ce calendrier électoral ayant été décidé par le gouvernement socialiste de Jospin.
Mais quand le Parti Socialiste affirme que plus il aura de députés, plus il pourra s'opposer à la politique de Sarkozy, c'est un mensonge éhonté, et une récidive du chantage au vote utile qu'il avait déjà utilisée pour la présidentielle. Demain, qu'il y ait 50 ou 200 députés socialistes à la chambre ne fera aucune différence. Même s'ils le voulaient, les députés socialistes n'auraient aucun moyen de s'opposer aux décisions du gouvernement, qui disposera du soutien inconditionnel de la majorité UMP. Et il n'est même pas sûr qu'ils le voudraient, le programme du PS ne différant pas sur certaines questions de celui de la droite.
Non, si le Parti Socialiste utilise ce chantage au vote utile, s'il tient à avoir le plus grand nombre de députés possible, c'est que toute son existence repose sur le nombre de ses élus, d'abord au parlement, mais aussi dans les conseils régionaux, les conseils généraux, les municipalités des grandes villes. Cette présence lui permet de nouer toutes sortes de relations avec les possédants, au niveau local comme au niveau national, car il y a longtemps que le Parti Socialiste a renoncé à transformer la société et n'a comme seul but que d'être admis à gérer les affaires de la bourgeoisie.
Aucun résultat électoral ne pourra empêcher Sarkozy d'accentuer la politique de régression sociale qui est menée depuis des années. La seule chose qui puisse y mettre un coup d'arrêt, c'est une réaction du monde du travail. Mais il n'y a pas de raison d'être démoralisé. Les forces de la classe ouvrière sont intactes. Ce qui lui manque, c'est la conviction qu'elle peut par la lutte, par les grèves, contraindre le gouvernement à mettre au rencart ses menaces sur le droit de grève, sur le démantèlement du code du travail, sa politique de généralisation de la précarité.
Beaucoup de travailleurs ne croient pas que cela soit possible. Eh bien, il faut montrer aux pessimistes qu'ils ont tort, qu'une fraction de la classe ouvrière ne s'est pas résignée à subir sans réagir de nouvelles attaques de la part du patronat et du gouvernement. Et la seule manière de le faire c'est de voter pour les candidats de Lutte Ouvrière, qui sont tous des travailleurs, et qui seront au premier rang, aux côtés de l'ensemble des travailleurs, dans les luttes à venir.
Arlette Laguiller.
La Réunion devant et les travailleurs à la remorque ?
Les candidats du PCR aux législatives font du " développement de la Réunion " et de " l'unité réunionnaise " leur cheval de bataille.
Ce programme n'est pas nouveau. Pendant les présidentielles, le PCR avait déjà fait de " La Réunion (son) candidat ".
Les dirigeants du PCR parlent de La Réunion comme si tout le monde ici avait les mêmes intérêts. C'est là une façon de faire croire que nous sommes tous logés à la même enseigne et que ce qui est bon pour les capitalistes le serait aussi pour les travailleurs et les plus pauvres.
Même si le PCR s'élève contre la politique de Sarkozy qui " appauvrit les Réunionnais " et qui " veut mettre au pilon le code du travail ", même si Paul Vergès rappelle régulièrement que " plus de 25.000 familles attendent un logement social, (et que) des dizaines de milliers vivent dans des habitats insalubres, inadaptés, exigus ", ce que le PCR propose reste dans le droit fil de ce que Vergès fait à la Région, c'est-à-dire servir les intérêts de la bourgeoisie et des plus riches.
Dans le contenu de la plateforme de l'Alliance présenté par le PCR comme pouvant " sortir La Réunion de la précarité et du mal vivre ", il est surtout question de préparer les entreprises locales à investir, de " créer un statut d'entreprises franches " ou encore de " dynamiser le marché intérieur "... autrement dit, permettre aux patrons d'amasser des profits, comme si la richesse patronale allait nécessairement amener un mieux-être pour les travailleurs.
Paul Vergès peut toujours se féliciter du vaste chantier de la route des Tamarins qui a créé 1500 emplois dans le BTP. Mais outre le fait que beaucoup d'ouvriers qui s'y sont succédés ont occupé des emplois précaires, aujourd'hui au moins un quart d'entre eux pointe au chômage ou a dû trouver du travail ailleurs.
Il n'a jamais été question pour les capitalistes du béton de " partager les richesses ". Cette année, les patrons du BTP n'ont lâché guère plus de 3,5 % d'augmentation de salaires aux travailleurs. Quand le bâtiment va, tout ne va pas forcément...pour les salariés.
" La Réunion avant tout " que prônent les leaders du PCR les amène à penser que le programme anti-ouvrier de Sarkozy ne doit pas être " appliqué mécaniquement à La Réunion, alors que la situation dans l'île n'a rien à voir avec celle de la Métropole ". Comme si ce qui serait mauvais pour les travailleurs réunionnais ne le serait pas pour les travailleurs de Métropole !
Dans le même ordre d'idée, Paul Vergès et Elie Hoareau considèrent qu'il " est nécessaire de tenir compte de la situation de La Réunion pour la mise en Suvre " du projet du gouvernement de remplacer le RMI par un Revenu de solidarité active (RSA). Une façon de dire que le PCR ne serait pas contre cette mesure qui obligerait les Rmistes à accepter n'importe quel travail et qui offrirait aux patrons des cadeaux supplémentaires du moment que quelques "conditions préalables " seraient réunies !
Toutes ces idées ne sont pas bonnes pour les travailleurs car elles les divisent et les isolent. Il n'y a pas de voie réunionnaise vers le mieux-être et encore moins vers l'émancipation du monde du travail. Et tenter de le faire croire est un mensonge qui ne peut qu'affaiblir le camp des travailleurs.
Période électorale ou pas la lutte continue !
À France Télécom, jeudi 31 mai une grève a eu lieu contre les 22 000 suppressions d'emploi annoncées par la direction au niveau national. Combien a-t-elle prévu d'en supprimer à la Réunion ? Suppressions massives d'emplois, contrats précaires et délocalisations des plateformes téléphoniques vers des pays où la main d'Suvre est sous-payée, voilà ce que refusent les travailleurs de France Télécom. Ces 22 000 suppressions d'emplois s'ajouteront aux 10 000 de 2006. La même année, les actionnaires se sont partagé 3,2 milliards d'euros et la direction promet la même chose en 2007. C'est scandaleux ! Il faut interdire les suppressions d'emplois dans les entreprises qui font du profit.
À Air Austral, les travailleurs mécontents de la tournure des négociations salariales, ont retardé vendredi 1er juin le départ du vol à destination de Marseille et Lyon. Dans cette entreprise les bénéfices s'envolent quand les salaires restent à terre. Cette fois-ci ce sont ses avions qui y sont restés, et les grévistes ont même reçu le soutien des voyageurs.
À Carrefour Sainte Clotilde, une bonne centaine d'employés a aussi débrayé le 1er juin pour dénoncer l'autoritarisme de la direction locale, sa gestion douteuse au niveau de la réception des marchandises, ainsi que les bas salaires. Carrefour, trust commercial employant 456.000 salariés dans le monde a fait 1,8 milliards d'euros de bénéfices en 2006. Il a les moyens de payer !
Quand la droite verse une larme sur les travailleurs qu'elle a appauvris !
S'il ne s'agissait pas du sort de dizaines de milliers de travailleurs et de Rmistes, on en rirait presque. Eh oui, il faut écouter les discours pleurnichards et démagogiques des candidat(e)s de la droite. Ils s'insurgent, en paroles, contre l'injustice faite aux contrats précaires dans les mairies et au Conseil général. Le fait qu'ils administrent depuis des années 20 communes sur 24 et qu'ils dirigent le Conseil général n'est pas pour les gêner. Elections obligent, les travailleurs constituent pour eux une masse potentielle de voix qu'ils rêvent d'attirer. Qu'ils soient leurs actuels patrons et à ce titre responsables de la situation faite aux travailleurs, cela les indiffèrent totalement. Ils sont comme Sarkozy, leur maître à penser, qui après avoir été des années responsable de la politique menée par le précédent gouvernement, ose aujourd'hui parler de rupture. Il ne suffit pas d'avancer un balai au derrière pour pouvoir effacer ses traces.
Ne serait-ce que pour sanctionner ces attitudes et ces propos écoeurants, pas une seule voix de travailleurs ne devrait se porter sur eux.
Quand ils construisent... leurs fortunes.
D'après le Quotidien du 31 mai, si les patrons du Cac 40 vendaient leurs stocks options ils disposeraient, en plus de leurs salaires, d'un revenu complémentaire d'un milliard d'euros.
Parmi ces gros patrons, on compte l'ancien PDG de l'Oréal, Lindsay Owen Jones, qui possède 104 millions de ces stock-options et le PDG du groupe de construction de Vinci, dont la SBTPC est une filiale, pour un montant de 254 millions !
Mais, à ce qu'on sache, les salariés de la SBTPC, à l'inverse de leur super PDG, n'ont pas vu leurs salaires exploser puisqu'aux dernières Négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires, on ne leur a accordé que 3 % d'augmentation, comme à tous leurs camarades du BTP.
Notre droit de se soigner remis en cause par Sarkozy.
Le déremboursement de centaines de médicaments et la franchise de 1 par acte médical ne suffisaient pas à l'ex-ministre de l'Economie et de la Police de Chirac. Devenu président, il nous annonce qu'il va faire voter une loi en urgence instaurant quatre franchises annuelles de 10 non remboursables par la Sécurité sociale pour nos dépenses en matière d' " examens biologiques, médicaments, consultations médicales et hospitalisations ".
Ainsi donc, ce sera une fois encore aux travailleurs et aux plus pauvres, que ce gouvernement soupçonne d'abus de dépenses de santé, de faire à nouveau les frais de sa politique budgétaire alors qu'ils ne sont en rien responsables du déficit de la Sécurité sociale.
Car, faut-il le rappeler, chaque année, le gouvernement exonère le patronat de 65 milliards d'euros de cotisations sociales, soit six fois plus que le déficit de la Sécu !
Il n'y en a que pour les riches.
Selon des estimations, le financement des diverses promesses de Sarkozy, comme le bouclier fiscal, l'exonération des droits de succession, etc. va augmenter le déficit de l'Etat de 10 à 15 milliards d'euros.
Quand il s'agit de faire des cadeaux aux plus riches, l'argument de la rigueur budgétaire ne joue plus. Cet argument est réservé aux services publics, pour justifier leur réduction ou le blocage des salaires de leurs employés.
Patron de haut vol.
L'ex-patron d'Air Liberté, une compagnie aérienne qui, un temps, a desservi La Réunion, comparaît en justice pour détournement de fonds et abus de biens sociaux dans la faillite de cette compagnie en 2003. Plus de 3 000 de ses salariés, auxquels il faut ajouter ceux de certains sous-traitants, étaient restés sur le carreau.
L'ex-actionnaire principal de la compagnie, le baron Seillière, avait lui revendu ses actions avant la faillite avec un très confortable bénéfice.
Ni le gouvernement Jospin d'alors, ni plus tard ses successeurs ne lui ont jamais demandé des comptes : on ne traîne pas en justice des capitalistes de haut-vol !
Ils nous roulent !
À la Montagne, les usagers de la ligne 21 desservie par Citalis ont bouché la route pour protester contre la vétusté des bus (pneus lisses), les horaires fantaisistes, le non respect des arrêts par les chauffeurs, le nombre insuffisant des bus affrétés par la compagnie aux heures de grande affluence. Une passagère expliquait qu'elle devait se présenter à l'arrêt de bus à 5 h 30 pour être sûre d'arriver à son travail à Bellepierre à 8 h !
En fait Citalis sous-traite a une autre compagnie privée, Carpaye, dont le patron est coutumier des économies réalisées sur le dos des usagers et de ses propres travailleurs à qui il dénie tout droit. Quatre de ses chauffeurs ont d'ailleurs décidé récemment de quitter l'entreprise tant ils devaient s'y trouver bien ! Carpaye n'est pas le seul à agir ainsi. On pourrait ajouter les noms de bien d'autres patrons du secteur.
Mais tout aussi scandaleux est l'attitude des collectivités qui arrosent grassement ces derniers à coup de millions avec l'argent public. Cet argent ne serait-il pas mille fois mieux utilisé dans une compagnie publique des transports ?
À deux pas de la préfecture...
En plein chef lieu, ruelle des Bassins, non loin du CHD Bellepierre, une case sans eau ni électricité est partie en fumée. Un bébé âgé de trois ans a manqué de perdre la vie. Cette case insalubre était louée à prix d'or à une famille dans le besoin.
C'est là un véritable scandale. Et pendant ce temps-là les responsables politiques en place n'ont aucune politique à proposer aux nécessiteux. Tout leur programme consiste à faire le jeu des spéculateurs et à baisser encore les impôts des plus riches.
Communiqué à la presse.
Lutte Ouvrière présente des candidats dans toutes les circonscriptions de la Métropole et dans trois circonscriptions de l'île :
Dans la première : Didier YYYMBARD, ouvrier électricien avec comme suppléante Linda PAYET, chercheuse en physique
Dans la quatrième : Serge LATCHOUMANIN, technicien du bâtiment, avec comme suppléant Emile AMILY, professeur des écoles
et dans la Cinquième : Jean-Yves PAYET, chargé d'études agricoles, avec comme suppléante Françoise BOYER, infirmière.
En votant pour ces candidats, les travailleurs affirmeront que la situation du monde du travail nécessite des réponses immédiates aux problèmes graves qui les accablent, comme le chômage de masse, la baisse du pouvoir d'achat, la précarité et le manque de logements à prix modéré.
Pour répondre aux exigences du monde du travail, il faut que les travailleurs, les consommateurs, la population puissent soumettre à leur contrôle :
- la comptabilité des entreprises et des banques, leurs stratégies, leurs projets à court et à long terme, notamment ceux qui visent à supprimer des emplois.
- que les impôts soient utilisés par les collectivités pour financer les grands travaux qui ne doivent absolument pas avoir pour principale conséquence l'enrichissement des grands groupes du BTP, avec des devis surestimés et non contrôlés...
Il faut encore :
Supprimer toutes les aides de l'Etat et des collectivités locales au grand patronat (plus de 65 milliards d'euros par an) et consacrer ces sommes colossales à créer des emplois dans les hôpitaux, l'Education nationale, la construction de logements sociaux, tous les services publics indispensables à la population ;
Imposer davantage les bénéfices des entreprises capitalistes (100 milliards d'euros pour les seuls groupes du CAC 40), ainsi que les hauts revenus. Tout cet argent devrait servir à créer des emplois permanents et utiles à la population et à construire les logements populaires qui font cruellement défaut.
Les candidats de Lutte Ouvrière défendent ces objectifs et vos suffrages contribueraient à les populariser. Il faudra que les travailleurs les mettent en tête de leurs revendications dans les luttes à venir. Ces luttes sont inévitables car le sort des classes populaires ne doit pas continuer à se dégrader. C'est trop important pour le sort des jeunes générations.
Voilà pourquoi il faut soutenir, voter et faire voter pour le programme de défense des travailleurs, des chômeurs, des retraités présenté par Lutte Ouvrière !
La droite a les mains libres à la Chambre. Aux travailleurs de l'empêcher d'appliquer dans le pays ce qu'elle aura décidé.
Sarkozy aura donc la majorité qui lui permettra, comme il l'a dit, de tenir ses promesses faites à la droite. Et certainement bien d'autres promesses, pas encore annoncées, de mauvais coups envers les classes populaires.
Mais s'il se croit les mains libres, il a tort ! L'ensemble des salariés ne se laissera pas éternellement pousser vers la misère. Ce qui guette tous les travailleurs, non seulement les mal ou sous payés mais aussi les moyennement payés, ce sont les plans sociaux, les licenciements, avec la perte de leur salaire remplacé par des indemnités de chômage insuffisantes pour vivre, jusqu'au RMI, où la droite leur reprochera d'être "assistés".
Sarkozy, comme pendant les cinq ans de gouvernement passés et de majorité de droite, pourra continuer à "assister" le patronat, surtout le grand, par des sommes qui atteignent ou dépassent largement la centaine de milliards d'euros. Rien que le pourboire des cadeaux fiscaux qu'il vient de faire aux plus riches pèsera de 11 à 15 milliards d'euros sur le budget de l'État. Mais cela c'est uniquement une aumône pour récompenser ses électeurs. Mais pendant cinq ans, il pense pouvoir continuer à répondre présent à toutes les sollicitations du grand capital.
Mais s'il a les mains libres à l'Assemblée, il ne les a pas dans le pays. Le monde du travail peut être sujet à des colères soudaines et imprévisibles. Il l'a montré dans le passé. La moindre petite grève ignorée peut, en certaines circonstances, se propager comme une traînée de poudre. De la poudre, le patronat va en répandre partout et, sans qu'on sache d'où elle vient, de Sarkozy probablement, une étincelle enflammera le tout.
Un ministre de Sarkozy a dit que le Parti socialiste entretenait la haine des patrons chez les travailleurs. C'est prêter beaucoup au Parti socialiste. La haine des patrons, c'est le patronat lui-même qui la suscite.
Rien qu'un tout petit exemple. Il vient de se dérouler, sur une zone industrielle de l'Etang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône. Quelques centaines de travailleurs de Cofathec, une filiale de 1 200 travailleurs de GdF qui s'occupe de la maintenance des installations dans plusieurs entreprises des raffineries (Esso, Total, Shell, BP) et dans la sidérurgie à Arcelor-Fos (ex Sollac), se sont mis en grève le 25 mai, suite à une quasi provocation de leur direction qui avait proposé une simple augmentation de 1,5 % accompagnée de 26 centimes pour la prime de déplacement. Ils cherchèrent à étendre la grève dans la zone industrielle. Et cela a marché, cela s'est étendu. Peu, mais étendu quand même. Pas à l'appel des syndicats, mais dix travailleurs par ci, trois par là, cela a touché plusieurs entreprises de la zone en dehors de Cofathec.
Sarkozy et le patronat du voisinage ont dû prendre peur car le sous-préfet lui-même est intervenu et le patron a cédé en grande partie aux revendications des grévistes.
Pourquoi ? Parce qu'aussi bien Sarkozy que le patronat environnant craignaient l'extension. Cela évidemment aurait été gênant à la veille d'une élection. Mais la crainte était là quand même.
Bien sûr, ils veulent faire une grande partie de leurs mauvais coups cet été, pendant les vacances. Mais l'écoeurement sera d'autant plus grand à la rentrée.
La conclusion est que Sarkozy aura une majorité de béni-oui-oui dans son Assemblée qui voteront, comme un seul homme, ce qu'il voudra.
Mais quant à tout faire appliquer, c'est un autre problème. Ce n'est pas l'Assemblée qui lui mettra des bâtons dans les roues, mais ce sont les grèves. De Gaulle a connu cela. Sarkozy est trop jeune pour avoir retenu toutes les leçons de l'histoire, mais chacun doit faire son expérience !
Arlette Laguiller.
Les difficultés du PCR.
Plus qu'en Métropole, le premier tour des élections législatives a été marqué à La Réunion par un fort taux d'abstention ayant dépassé les 50 %. Mais à l'inverse il n'y pas eu dans l'île de vague bleue, tout au plus la confirmation du vote de la présidentielle qui avait donné une nette avance à Ségolène Royal.
Contrairement à 2002 où la gauche avait présenté des candidats uniques, cette fois-ci le Parti socialiste et le Parti communiste ont présenté (ou soutenu) chacun des candidats dans les cinq circonscriptions. Cette marche séparée a davantage profité au Parti socialiste, le Parti communiste réunionnais ayant quant à lui eu plus de mal à convaincre les électeurs.
Elie Hoareau, le secrétaire général du PCR et ancien député-maire de Saint-Pierre, a été distancé au premier tour par le candidat de la droite et celui du PS, et de ce fait éliminé, tout comme Pierre Vergès. Quant à Paul Vergès, le président de la Région, c'est de justesse qu'il a pu se maintenir, ayant devancé de peu le candidat du Parti socialiste. Seule Huguette Bello sauve la face au PCR avec 46, 67% des voix dans sa circonscription. Cette dernière avait soutenu Ségolène Royal au premier tour des présidentielles, alors que son parti avait appelé à voter pour Marie-Georges Buffet.
Le " rassemblement de tous les Réunionnais " prôné par le PCR n'a donc pas fait recette. Présentée comme devant " sortir La Réunion de la précarité et du mal-vivre ", cette politique était avant tout destinée à préparer les entreprises locales à investir, à " créer un statut d'entreprises franches ", autrement dit à permettre aux patrons d'amasser des profits, comme si la richesse patronale allait nécessairement amener un mieux-être pour les travailleurs. À mener une politique que ne désapprouveraient pas le PS ni même la droite, rien d'étonnant qu'au bout du compte le PCR favorise ces partis... à son détriment.
Lutte Ouvrière a présenté des candidats dans trois circonscriptions, qui ont respectivement obtenu 0,47%, 0,50% et 1,23% des voix.
Sarkozy taxe les travailleurs pour engraisser le patronat.
Quelques jours avant le 1er tour des élections législatives, Sarkozy déclarait : " Je confirme la règle du non renouvellement d'un fonctionnaire sur deux dès le budget 2008. Je confirme que nous réformerons les régimes spéciaux en 2008. Je confirme aussi qu'il nous faudra trouver de nouvelles économies pour l'assurance maladie ".
Concernant ce dernier point, Sarkozy avait déjà annoncé l'instauration de quatre franchises de 10 non remboursables par famille. Il vient d'en remettre une couche en annonçant vouloir créer une " TVA sociale ", s'ajoutant à la TVA déjà existante. Quand Sarkozy fait dans le social, la potion est amère !
En fait son objectif est de compenser le manque à gagner de l'Etat et de la Sécurité sociale dû aux exonérations de cotisations patronales sur les heures supplémentaires (6 milliards d'euros) et autres cadeaux fiscaux accordés récemment aux plus riches.
Sarkozy dit vouloir réhabiliter le travail. En fait, il ne fait que soutenir le capital.
Ca chauffe !
La grève des pompiers de l'aéroport de Pierrefond a porté ses fruits. Leur employeur, le syndicat mixte de Pierrefond s'est finalement résigné à leur verser leurs arriérés de salaire. Il faut dire qu'ils attendaient cela depuis leur passage en début d'année au statut d'agents de la Fonction publique. Alors malgré de multiples mises en garde et rappels, voyant que rien ne bougeait, ils ont cessé le travail pour faire valoir leurs droits.
Pour l'Etat, " il n'y avait pas le feu ". Pour les pompiers si, et c'est eux qui ont eu gain de cause.
Capitalisme=Barbarie.
À Madagascar, d'après le Bureau International du Travail, un enfant sur cinq de moins de 5 ans à 9 ans, et un enfant sur deux âgé de 10 à 14 ans travaille afin d'aider sa famille à subvenir à ses besoins. Telle est la conséquence de l'extrême pauvreté dont sont victimes les travailleurs malgaches, dont les salaires ne suffisent pas à couvrir leurs besoins élémentaires : se nourrir, se loger, se soigner.
Ceci a pour conséquence que ces enfants ne fréquentent plus les bancs de l'école mais s'éreintent aux travaux les plus durs. La majorité d'entre eux travaillent dans l'agriculture, l'élevage et la pêche (33 %), dans les commerces et les services (24 %), et même dans les mines (11 %). Payés à des tarifs encore inférieurs à ceux de leurs parents, ils permettent surtout aux patrons de Madagascar, et aux nôtres, d'accumuler de la richesse à bon compte.
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