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mis à jour le 01/07/2007
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2007
Dans ce numéro
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La gauche prétend que la résistance passe par l'Assemblée, qu'elle le montre donc !
Ainsi, l'UMP, le parti de Sarkozy, dispose à lui seul de la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Sans même compter les députés centristes qui ont abandonné leur chef de file Bayrou pour assurer leur réélection en ralliant Sarkozy. Le président de la République dispose donc d'une majorité plus que confortable pour mettre en pratique la politique qu'il a annoncée. Une politique faite d'attaques contre le niveau de vie des classes populaires et leurs conditions d'existence et de travail.
Mais, contrairement aux prévisions des sondages, repris et répercutés entre les deux tours aussi bien par les dirigeants de la droite pour triompher que par les dirigeants de la gauche pour mobiliser leur électorat, il n'y a pas eu un tsunami en faveur de la droite, et la gauche s'en tire finalement mieux que ce que ses dirigeants eux-mêmes escomptaient.
Le PS augmente même d'une soixantaine le nombre de ses députés. L'opposition de gauche, PC et Verts compris, est plus nombreuse dans cette assemblée qu'elle ne l'était dans la précédente.
Le principal argument du PS lors de ces élections législatives, repris à son compte par le PC, a été de demander aux électeurs de lui donner assez de députés pour que l'opposition à la Chambre puisse constituer un contre-pouvoir à Sarkozy.
Eh bien, le PS a obtenu ce qu'il demandait ! Ses dirigeants se glorifient d'avoir endigué la vague bleue annoncée. Et cerise sur le gâteau : la défaite d'Alain Juppé, numéro deux du gouvernement, qui, après son échec à Bordeaux, a annoncé sa démission du gouvernement ! Il suffisait de voir la mine réjouie des dirigeants socialistes, le soir des élections, en particulier de ceux qu'on donnait perdants et qui finalement sauvent leur siège, pour y lire que ce deuxième tour constitue une heureuse surprise pour le PS.
Le PC, lui, se flatte d'avoir conservé 18 députés, bien loin de la chute calamiteuse prédite entre les deux tours.
Malgré la majorité conservée par la droite, la gauche est, en somme, contente.
Mais en sera-t-il de même pour les classes populaires ? Le PS dispose du groupe parlementaire conséquent qu'il demandait à son électorat de lui accorder. Qu'il montre donc en quoi une forte proportion de députés de gauche sera un moyen de résister aux mauvais coups qui s'annoncent ! Qu'il montre donc quelles sont les mesures préjudiciables aux intérêts des classes populaires qu'il est capable d'empêcher !
Il serait cependant hasardeux pour les travailleurs de ne compter, face aux attaques annoncées par le gouvernement, que sur l'opposition de gauche à l'Assemblée.
Mais le sursaut de l'électorat populaire entre les deux tours est l'indice qu'il n'est pas dupe des rodomontades de Sarkozy. Celui-ci comme ses ministres ont beau prétendre cyniquement que l'élection présidentielle leur a donné un chèque en blanc pour les mesures anti-ouvrières, celles annoncées pendant la campagne, voire celles sorties du chapeau après le premier tour, comme la hausse de la TVA, cela ne passe pas.
La véritable opposition dont Sarkozy et les siens ont toutes les raisons de s'inquiéter ne réside pas dans le plus grand nombre de députés obtenus par la gauche. D'après l'arithmétique parlementaire, Sarkozy dispose d'une majorité pour faire passer les lois qu'il veut. La véritable opposition menace de venir du pays lui-même, de ses classes populaires.
Ce que la majorité de droite a à redouter et, derrière elle, le grand patronat, c'est que l'opposition ne se limite pas à l'hémicycle de l'Assemblée nationale et à ses couloirs. C'est que le monde du travail exprime qu'il n'acceptera pas éternellement de voir son pouvoir d'achat baisser, les licenciements se multiplier et la pauvreté se généraliser. Et qu'il l'exprime par les moyens qui sont les siens, par la grève, par des manifestations, par une explosion sociale assez puissante et déterminée pour que le patronat craigne pour ses profits et pour ses capitaux.
Arlette Laguiller.
Menteurs, abuseurs, voleurs.
Le JIR des 19 et 20 juin 2007 et la télévision ont révélé une affaire de travail au noir qui concerne 14 travailleurs Chagossiens employés par un homme d'affaires mauricien et son associé, tous deux installés à La Réunion. Ces ouvriers travaillaient pour la plupart depuis trois mois, pour le compte de ces deux hommes. À leur embauche, le patron leur avait promis un salaire de 952 euros par mois. Mais au moment de les payer il opérait de fortes retenues et ne leur reversait que 100 à 200 euros. Le patron justifiait ces prélèvements en prétextant le paiement du loyer, la location des meubles, de la télévision et le versement d'une pension aux familles des ouvriers à Maurice.
Mais en fait, cet argent détourné n'a pas connu d'autre destination que la poche du patron et de son complice, qui ont poussé le mépris à l'égard des ouvriers jusqu'à leur interdire tout contact avec la population de Saint-André où ils résidaient.
Les ouvriers travaillaient sur plusieurs chantiers de l'île, de 4 heures à 18 ou 19 heures, à découper de la ferraille à destination de l'Inde. Ils ne mangeaient pas à leur faim, si bien que des habitants du quartier ayant eu connaissance de leur situation leur ont apporté de la nourriture et les ont logés provisoirement.
Plainte a été finalement déposée contre les deux exploiteurs qui ont dû s'acquitter d'une caution de 50 000 euros correspondant aux salaires impayés qu'il faudra bien qu'ils remboursent.
Grève générale à Score et Jumbo.
Il n'a pas fallu plus de deux jours aux salariés du groupe Vindémia pour faire plier leur direction et obtenir gain de cause sur leurs revendications salariales.
Depuis le vendredi 22 juin, les rideaux des 20 magasins Score et Jumbo de l'île étaient baissés. Les salariés s'étaient mis en grève après que les négociations annuelles sur les salaires aient échoué. Tout le personnel des grandes surfaces mais aussi les salariés de Salaisons Bourbon, ceux de la centrale d'achat la Saprim et Sotransco, les autres filiales de Vindémia, ont cessé le travail pour revendiquer notamment 70 euros d'augmentation, l' obtention des tickets repas, la prise en charge de la mutuelle ou encore l'ouverture des discussions sur le travail du dimanche. La direction du groupe qui, jusqu'à samedi après midi, ne voulait lâcher guère plus que 2,1 % d'augmentation de salaires a fini par céder 60 à 105 euros et une prime de froid pour les salariés travaillant par des températures comprises entre 3 et 10 °C.
En revanche, les salariés devront effectuer 36 heures de présence par semaine pauses comprises.
Avec 845 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2005, le plus gros réalisé à La Réunion, Vindémia qui appartient au groupe Casino avait largement les moyens de payer. Nul doute que pour les travailleurs de l'entreprise ce ne soit là que partie remise. Certains espèrent bien pouvoir à nouveau faire rouvrir ce gros tiroir-caisse pour le reste de leurs revendications.
Médecine pour riches et médecine pour pauvres.
L'une des principales mesures de la réforme dite " Hôpital 2007 " concerne le mode de financements des hôpitaux publics et les établissements Participant au Service public Hospitaliers (PSPH). Ce nouveau mode de financement qui est appelé tarification à l'acte remplace le " budget global " qui était alloué à ces établissements d'une année sur l'autre. Depuis 2004, ce budget décroît progressivement. Il laissera place en 2012 uniquement à la tarification à l'acte.
Ces établissements doivent obligatoirement respecter des objectifs définis en début d'année ; dans le cas contraire certaines prestations ne leur sont pas payées. Cette politique pousse les hôpitaux à réduire, voire à fermer des services qu'ils jugent non rentables. D'ores et déjà, à la clinique de Saint Benoît par exemple, on demande souvent aux patients d'aller faire certains examens ailleurs. En 2007, 100 blocs opératoires ont été fermés en France dans le cadre de cette politique.
Le but du gouvernement est de faire des économies dans la Santé en faisant supporter de plus en plus les frais médicaux et hospitaliers aux malades. Aujourd'hui, les malades payent déjà le forfait hospitalier. Bientôt ils paieront les franchises médicales que le gouvernement Fillon a annoncées et qui viendront s'ajouter aux nombreux médicaments et aux prestations médicales qui ne sont déjà plus remboursés par la Sécurité Sociale.
Certains malades hésitent aujourd'hui à se faire soigner parce qu'ils n'ont pas suffisamment d'argent. N'est-ce pas notre monde qui est malade et qu'il faut guérir du capitalisme qui le ronge ?