| Site régional | |
![]() |
Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2007 |
| mis à jour le 01/07/2007 | |
| ILE DE LA REUNION | |
|
Mensuel - archives
Année 2007
décembre 2007
novembre 2007
octobre 2007
septembre 2007
octobre 2007
juillet 2007
juin 2007
mai 2007
avril 2007
mars 2007
février 2007
janvier 2007
Dans ce numéro
La gauche prétend que la résistance passe par l'Assemblée, qu'elle le montre donc !
Menteurs, abuseurs, voleurs.
Grève générale à Score et Jumbo.
Payer moins et gagner plus.
Je t'aime, moi non plus.
Les syndicats boudent l'OPR.
Zone franche globale, encore des cadeaux pour le patronat.
Pas de coup de pouce au SMIC.
Ségolène Royal, si peu de gauche.
Feu sur le déficit.
Un pour tous... tous pourris.
CHD de Bellepierre en difficulté financière.
Médecine pour riches et médecine pour pauvres.
|
La gauche prétend que la résistance passe par l'Assemblée, qu'elle le montre donc !
Ainsi, l'UMP, le parti de Sarkozy, dispose à lui seul de la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Sans même compter les députés centristes qui ont abandonné leur chef de file Bayrou pour assurer leur réélection en ralliant Sarkozy. Le président de la République dispose donc d'une majorité plus que confortable pour mettre en pratique la politique qu'il a annoncée. Une politique faite d'attaques contre le niveau de vie des classes populaires et leurs conditions d'existence et de travail.
Mais, contrairement aux prévisions des sondages, repris et répercutés entre les deux tours aussi bien par les dirigeants de la droite pour triompher que par les dirigeants de la gauche pour mobiliser leur électorat, il n'y a pas eu un tsunami en faveur de la droite, et la gauche s'en tire finalement mieux que ce que ses dirigeants eux-mêmes escomptaient.
Le PS augmente même d'une soixantaine le nombre de ses députés. L'opposition de gauche, PC et Verts compris, est plus nombreuse dans cette assemblée qu'elle ne l'était dans la précédente.
Le principal argument du PS lors de ces élections législatives, repris à son compte par le PC, a été de demander aux électeurs de lui donner assez de députés pour que l'opposition à la Chambre puisse constituer un contre-pouvoir à Sarkozy.
Eh bien, le PS a obtenu ce qu'il demandait ! Ses dirigeants se glorifient d'avoir endigué la vague bleue annoncée. Et cerise sur le gâteau : la défaite d'Alain Juppé, numéro deux du gouvernement, qui, après son échec à Bordeaux, a annoncé sa démission du gouvernement ! Il suffisait de voir la mine réjouie des dirigeants socialistes, le soir des élections, en particulier de ceux qu'on donnait perdants et qui finalement sauvent leur siège, pour y lire que ce deuxième tour constitue une heureuse surprise pour le PS.
Le PC, lui, se flatte d'avoir conservé 18 députés, bien loin de la chute calamiteuse prédite entre les deux tours.
Malgré la majorité conservée par la droite, la gauche est, en somme, contente.
Mais en sera-t-il de même pour les classes populaires ? Le PS dispose du groupe parlementaire conséquent qu'il demandait à son électorat de lui accorder. Qu'il montre donc en quoi une forte proportion de députés de gauche sera un moyen de résister aux mauvais coups qui s'annoncent ! Qu'il montre donc quelles sont les mesures préjudiciables aux intérêts des classes populaires qu'il est capable d'empêcher !
Il serait cependant hasardeux pour les travailleurs de ne compter, face aux attaques annoncées par le gouvernement, que sur l'opposition de gauche à l'Assemblée.
Mais le sursaut de l'électorat populaire entre les deux tours est l'indice qu'il n'est pas dupe des rodomontades de Sarkozy. Celui-ci comme ses ministres ont beau prétendre cyniquement que l'élection présidentielle leur a donné un chèque en blanc pour les mesures anti-ouvrières, celles annoncées pendant la campagne, voire celles sorties du chapeau après le premier tour, comme la hausse de la TVA, cela ne passe pas.
La véritable opposition dont Sarkozy et les siens ont toutes les raisons de s'inquiéter ne réside pas dans le plus grand nombre de députés obtenus par la gauche. D'après l'arithmétique parlementaire, Sarkozy dispose d'une majorité pour faire passer les lois qu'il veut. La véritable opposition menace de venir du pays lui-même, de ses classes populaires.
Ce que la majorité de droite a à redouter et, derrière elle, le grand patronat, c'est que l'opposition ne se limite pas à l'hémicycle de l'Assemblée nationale et à ses couloirs. C'est que le monde du travail exprime qu'il n'acceptera pas éternellement de voir son pouvoir d'achat baisser, les licenciements se multiplier et la pauvreté se généraliser. Et qu'il l'exprime par les moyens qui sont les siens, par la grève, par des manifestations, par une explosion sociale assez puissante et déterminée pour que le patronat craigne pour ses profits et pour ses capitaux.
Arlette Laguiller.
Menteurs, abuseurs, voleurs.
Le JIR des 19 et 20 juin 2007 et la télévision ont révélé une affaire de travail au noir qui concerne 14 travailleurs Chagossiens employés par un homme d'affaires mauricien et son associé, tous deux installés à La Réunion. Ces ouvriers travaillaient pour la plupart depuis trois mois, pour le compte de ces deux hommes. À leur embauche, le patron leur avait promis un salaire de 952 euros par mois. Mais au moment de les payer il opérait de fortes retenues et ne leur reversait que 100 à 200 euros. Le patron justifiait ces prélèvements en prétextant le paiement du loyer, la location des meubles, de la télévision et le versement d'une pension aux familles des ouvriers à Maurice.
Mais en fait, cet argent détourné n'a pas connu d'autre destination que la poche du patron et de son complice, qui ont poussé le mépris à l'égard des ouvriers jusqu'à leur interdire tout contact avec la population de Saint-André où ils résidaient.
Les ouvriers travaillaient sur plusieurs chantiers de l'île, de 4 heures à 18 ou 19 heures, à découper de la ferraille à destination de l'Inde. Ils ne mangeaient pas à leur faim, si bien que des habitants du quartier ayant eu connaissance de leur situation leur ont apporté de la nourriture et les ont logés provisoirement.
Plainte a été finalement déposée contre les deux exploiteurs qui ont dû s'acquitter d'une caution de 50 000 euros correspondant aux salaires impayés qu'il faudra bien qu'ils remboursent.
Grève générale à Score et Jumbo.
Il n'a pas fallu plus de deux jours aux salariés du groupe Vindémia pour faire plier leur direction et obtenir gain de cause sur leurs revendications salariales.
Depuis le vendredi 22 juin, les rideaux des 20 magasins Score et Jumbo de l'île étaient baissés. Les salariés s'étaient mis en grève après que les négociations annuelles sur les salaires aient échoué. Tout le personnel des grandes surfaces mais aussi les salariés de Salaisons Bourbon, ceux de la centrale d'achat la Saprim et Sotransco, les autres filiales de Vindémia, ont cessé le travail pour revendiquer notamment 70 euros d'augmentation, l' obtention des tickets repas, la prise en charge de la mutuelle ou encore l'ouverture des discussions sur le travail du dimanche. La direction du groupe qui, jusqu'à samedi après midi, ne voulait lâcher guère plus que 2,1 % d'augmentation de salaires a fini par céder 60 à 105 euros et une prime de froid pour les salariés travaillant par des températures comprises entre 3 et 10 °C.
En revanche, les salariés devront effectuer 36 heures de présence par semaine pauses comprises.
Avec 845 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2005, le plus gros réalisé à La Réunion, Vindémia qui appartient au groupe Casino avait largement les moyens de payer. Nul doute que pour les travailleurs de l'entreprise ce ne soit là que partie remise. Certains espèrent bien pouvoir à nouveau faire rouvrir ce gros tiroir-caisse pour le reste de leurs revendications.
Payer moins et gagner plus.
Dans Le Quotidien du 14 juin on pouvait lire que la grande surface Jumbo-Score a augmenté les prix des marchandises, y compris des produits de première nécessité, de 11% en moins de trois mois.
Les autres enseignes de l'île ne sont pas non plus en reste. Les travailleurs, les chômeurs, les retraités qui font leurs courses régulièrement en savent quelque chose.
Les prix grimpent, les bénéfices des patrons de la grande distribution explosent, par contre les salaires restent à la traîne. C'est donc bien 300 euros d'augmentation et un salaire minimum de 1500 euros net qu'il nous faut !
Je t'aime, moi non plus.
Au lendemain des législatives le Parti communiste et le Parti socialiste ont déclaré vouloir faire l'union pour les municipales de 2008. Mais le PS lorgne également vers la droite, en l'occurrence vers les centristes.
Paul Vergès le reconnaît d'ailleurs et dit, en parlant du PS, que " la gauche fait la même politique que la droite en l'habillant autrement ".
En s'exprimant ainsi, Vergès veut donner l'impression de ne pas faire partie de cette gauche, alors que toute sa politique n'est pas différente de celles du PS et de ses autres alliés, et consiste à apporter des cadeaux aux patrons.
Les syndicats boudent l'OPR.
L'intersyndicale CFTC-CGTR-FO-Solidaires-Unsa-UIR CFDT a fait savoir que les organisations syndicales des salariés ne siègeront pas dans l'Observatoire des Prix et des Revenus mis en place par le gouvernement Villepin.
Les syndicats rappellent qu'avant la publication du décret, ils avaient " dénoncé l'absence de représentation des organisations syndicales patronales, la sur-représentation des acteurs politiques et la sous-représentation des organisations syndicales salariales ".
L'intersyndicale regrette donc " l'absence essentielle " du Medef dans cet Observatoire. Mais si le Medef ou les patrons du BTP par exemple, avaient souhaité en faire partie, peut-être auraient-ils pu le faire savoir eux-mêmes.
Outre le fait que cet Observatoire n'observera rien de plus de ce qui est déjà observé par l'Insee et d'autres organismes du même genre, les patrons sont bien connus pour ne pas pratiquer la transparence sur leurs comptabilités.
Alors, à quoi bon faire appel à eux ?
Zone franche globale, encore des cadeaux pour le patronat.
Le 20 juin le nouveau Secrétaire d'État à l'Outre-mer, Christian Estrosi a affirmé que la zone franche globale d'activité est une priorité du gouvernement.
Les entreprises et les commerçants qui s'étaient offusqués de ne pas être concernés par la ZFU initialement prévue dans l'Est, peuvent désormais être rassurés. Ils pourront profiter des exonérations des taxes professionnelles, des taxes foncières sur le bâti, des impôts sur les bénéfices (sur les sociétés ou sur les revenus), des exonérations sur les cotisations sociales patronales...
Ces cadeaux viendront s'ajouter aux nombreux autres contenus dans la Loi Programme de Girardin qui est le prolongement de la YYYOM mise en place par la gauche sous Jospin.
Pour le patronat, les gouvernements passent et... se ressemblent.
Pas de coup de pouce au SMIC.
Il n'y aurait pas de coup de pouce à l'augmentation du Smic au 1er juillet. Le salaire minimum sera porté à 8,44 euros brut de l'heure. On ne pouvait pas s'attendre à mieux de la part d'un gouvernement qui a déjà fait un gros effort en confortant le bouclier fiscal pour les plus riches et la suppression des charges sociales sur les heures supplémentaires pour les entreprises.
Aux salariés qui veulent gagner plus, Sarkozy leur conseille cyniquement de se lever tôt et de travailler plus.
Ceux de Jumbo et Score ont montré que pour gagner plus une autre voie est possible : se lever tôt peut-être, mais ça de toute façon les travailleurs le font sans cesse, et surtout combattre plus.
Ségolène Royal, si peu de gauche.
Ségolène Royal vient d'avouer, à la télévision, que ses promesses de Smic à 1 500 euros ou de généralisation des 35 heures ne reflétaient pas ses choix. En clair, elle était encore moins de gauche qu'elle n'était apparue durant sa campagne.
À dire vrai, cet " aveu " n'est pas surprenant. Tout le monde pouvait voir que quand Ségolène Royal parlait de revendications ouvrières, elle forçait sa nature.
Feu sur le déficit.
À l'heure où le gouvernement Sarkozy-Fillon exige de réduire les dépenses de l'Etat en supprimant un emploi de fonctionnaire sur deux partant à le retraite, Hervé Morin, le nouveau ministre de la Défense a déclaré lundi 25 juin que " si nous voulons être conséquent avec nous-mêmes, il faut un second porte-avion nucléaire, c'est la volonté du président de la République ".
Quand il s'agit d'arroser à coup de milliards d'euros les marchands de canon, ces gens-là oublient le déficit de l'Etat. Il ne s'en rappelle que lorsqu'il s'agit d'embaucher des profs ou des infirmières.
Un pour tous... tous pourris.
Au prétexte de diminuer le déficit de la Sécurité sociale, Martin Hirsch, un rallié prétendument de gauche au gouvernement Fillon et qui fut président de l'association Abbé Pierre, vient de lancer l'idée de ne plus payer la première journée d'arrêt de travail. Cette proposition, si elle était retenue, ne changerait rien au sort des millions de travailleurs du privé qui, de toute façon, se voient imposer trois jours de carence en cas de maladie. Par contre, pour tous ceux qui étaient encore remboursés dès le premier jour de leur arrêt, ce serait un recul.
Cette crasse supplémentaire faite à certains travailleurs rapporterait 180 millions d'euros à la Sécu. Elle s'inscrirait dans la lignée de toutes celles qui l'ont précédée et qui consiste à présenter les travailleurs en arrêt maladie comme des tire-au-flan.
La seule solution que Hirsch et ses semblables se refusent à envisager, c'est celle qui consisterait à revenir sur les milliards d'exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les patrons et qui plombent le budget de la Sécurité sociale.
CHD de Bellepierre en difficulté financière.
À l'heure actuelle le Centre Hospitalier de Bellepierre accuse un déficit de neuf millions d'euros. Cette situation financière serait due notamment à une baisse d'activité depuis le début de l'année et une augmentation des dépenses de 4%.
En conséquence, l'établissement envisage de réduire de près de deux millions d'euros ses dépenses en personnel, notamment en redéployant son effectif tout en réorganisant les activités dites déficitaires. La direction de l'hôpital a déjà commencé la compression du personnel en ne renouvelant pas les contrats des auxiliaires soignants, administratifs, techniques et médico-techniques. Les charges de travail ne diminuant pas, ce sera donc aux salariés permanents comme les infirmières et les aides-soignants de compenser en prenant sur leurs congés ou leurs jours de repos. Témoignages du 27 juin rapporte d'ailleurs que des personnels sont rappelés de congés pour faire face aux besoins des services.
Médecine pour riches et médecine pour pauvres.
L'une des principales mesures de la réforme dite " Hôpital 2007 " concerne le mode de financements des hôpitaux publics et les établissements Participant au Service public Hospitaliers (PSPH). Ce nouveau mode de financement qui est appelé tarification à l'acte remplace le " budget global " qui était alloué à ces établissements d'une année sur l'autre. Depuis 2004, ce budget décroît progressivement. Il laissera place en 2012 uniquement à la tarification à l'acte.
Ces établissements doivent obligatoirement respecter des objectifs définis en début d'année ; dans le cas contraire certaines prestations ne leur sont pas payées. Cette politique pousse les hôpitaux à réduire, voire à fermer des services qu'ils jugent non rentables. D'ores et déjà, à la clinique de Saint Benoît par exemple, on demande souvent aux patients d'aller faire certains examens ailleurs. En 2007, 100 blocs opératoires ont été fermés en France dans le cadre de cette politique.
Le but du gouvernement est de faire des économies dans la Santé en faisant supporter de plus en plus les frais médicaux et hospitaliers aux malades. Aujourd'hui, les malades payent déjà le forfait hospitalier. Bientôt ils paieront les franchises médicales que le gouvernement Fillon a annoncées et qui viendront s'ajouter aux nombreux médicaments et aux prestations médicales qui ne sont déjà plus remboursés par la Sécurité Sociale.
Certains malades hésitent aujourd'hui à se faire soigner parce qu'ils n'ont pas suffisamment d'argent. N'est-ce pas notre monde qui est malade et qu'il faut guérir du capitalisme qui le ronge ?
|