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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2007 |
| mis à jour le 01/08/2007 | |
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Dans ce numéro
Un gouvernement qui assure le service maximum aux plus riches.
RSA, un contrat précaire de plus.
Des travailleurs en lutte.
1,8 milliards pour les patrons.
C'est pas super !
La seringue à prélever du gouvernement.
La chasse aux immigrés.
C'est la rentrée... d'argent pour les commerçants.
L'ARS, pas de quoi faire dans la dentelle !
22 700 fonctionnaires en moins.
Sarkozy en Afrique, continuité dans le soutien aux dictateurs.
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Un gouvernement qui assure le service maximum aux plus riches.
Sarkozy et sa majorité ont décidé d'imposer ce qu'ils appellent le " service minimum " en cas de grève dans les transports pour, disent-ils, répondre aux attentes des usagers.
En fait, c'est une mesure contre le droit de se défendre par la grève qui en prépare d'autres, non seulement contre les salariés des services publics mais aussi contre tous les autres travailleurs. Cela va dans le sens de ce qu'ils appellent " la réforme du code du travail ", c'est-à-dire la restriction accrue des droits des salariés.
Sarkozy et sa majorité se moque totalement des usagers des services publics et c'est l'Etat qui, depuis des années, réduit les services publics.
En restreignant le droit de grève un peu, puis beaucoup, puis totalement s'il le peut, Sarkozy est au service non pas du public mais du patronat. Par exemple, c'est parce que les grèves dans les transports gênent surtout le patronat qui y perd de l'argent, que ce sont les grèves dans ce secteur qui y sont les plus efficaces. Et c'est pourquoi Sarkozy s'y intéresse en premier. Les usagers ne viennent que loin derrière dans ses préoccupations.
Le gouvernement parle de s'en prendre ensuite à l'Education nationale. Mais qu'est-ce qui est le plus nuisible aux enfants et gênant pour leurs parents ? Quelques grèves ou la suppression annoncée de dix mille postes d'enseignants ? Sans parler de l'insuffisance des crèches et des garderies. Et il n'y a pas que là que les coupes sont annoncées. Il y a aussi la franchise sur les remboursements médicaux de 50 euros par an et par personne, à la charge de chaque malade.
Pourquoi toutes ces attaques contre les services publics, transports, éducation nationale, santé, sans parler de l'inaction dans le domaine du logement ? La réponse est évidente ! C'est parce que ce gouvernement veut réduire la majorité de la population et en premier lieu les classes populaires au service minimum afin de mieux assurer, sur les fonds publics, un service maximum aux plus riches.
Mais jusqu'à quand la population, les classes populaires, laisseront-elles faire ? On ne peut le prévoir, mais on peut dire que la réaction sera à la hauteur de ce que faire subir le gouvernement aux classes populaires.
RSA, un contrat précaire de plus.
François Fillon et Martin Hirsch à qui on a donné le titre ronflant de Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, ont présenté le RSA, Revenu de Solidarité Active. Le RSA est destiné aux bénéficiaires du RMI et de l'API (Allocation Parent Isolé) et devrait permettre à ceux qui le toucheront de ne pas voir leur revenu baisser quand ils retrouvent un emploi. Pour l'instant, le gouvernement a choisi d'expérimenter le système pendant trois ans dans 25 départements volontaires.
Fillon et Hirsch prétendent que le RSA va sortir le Rmiste du système des minima sociaux. Mais le RSA n'est rien d'autre qu'un contrat précaire de plus, et guère mieux payé que les CIA, CAE, contrats d'avenir, Cirma ou Rma qui existent déjà. À la fin d'un RSA, le Rmiste continuera à courir après un CDD ou un contrat à temps partiel comme c'est majoritairement le cas. Loin n'améliorer leur situation, le RSA permettra, par contre, un contrôle plus accru des Rmistes qui se verront sans doute contraints d'accepter n'importe quel travail dans n'importe quelles conditions.
Les plus heureux seront les patrons qui bénéficieront d'une main d'Suvre quasi gratuite livrée avec le " paquet fiscal " qui leur est destiné.
Des travailleurs en lutte.
Ce mois de juillet les travailleurs de plusieurs entreprises de l'île se sont mis en grève, principalement pour des augmentations de salaires. Chez REP 80 salariés, répartis sur 13 sites, ont cessé de démonter et remonter les pneus pendant sept jours. Depuis le 23 juillet ils réclamaient 60 euros d'augmentation. Au terme de leur conflit, ils ont obtenu 41 euros nets et une hausse de la participation du patron pour les chèques déjeuner.
Dans un tract syndical, les travailleurs ont démontré, chiffre à l'appui, que le patron avait largement les moyens de payer : " une heure de salaire payée 8,27 euros bruts est facturée 400 euros aux clients [...] une demi-heure de salaire pour changer un pneu " génie civil " qui coûte 3000 euros, est facturée 6000 euros [...] . Chaque salarié réalise un chiffre d'affaires de 22 000 euros en moyenne pour l'entreprise ". REP appartient au groupe Hayot, bien placé dans l'automobile et qui est aussi un des propriétaires des magasins Carrefour.
Chez Rhum Réunion, au Port, 22 des 24 salariés réclament 150 euros en plus sur leurs salaires. Leur direction qui ne propose quant à elle qu'une augmentation de la prime d'intéressement et des chèques déjeuner n'a évidemment pas convaincu les salariés à reprendre le travail.
Le 30 juillet, au premier jour du démarrage de la campagne sucrière dans le Sud, les ouvriers de l'usine du Gol ont refusé de lancer les machines. Ils revendiquaient, entre autres, la hausse de la prime de nuit de 350 euros à 650 euros et la garantie pour les saisonniers de toucher les ASSEDIC en fin de coupe. C'est que la nouvelle réforme de l'allocation chômage prévoit, à partir de 2009, que les ASSEDIC ne seront plus versées aux saisonniers au bout de trois ans d'ancienneté.
Même dans le système actuel c'est l'incertitude. La campagne ne durant pas six mois, les ouvriers du Gol, comme ceux de Bois Rouge, ont dû prendre en compte, pendant plusieurs années de suite, leurs jours de congé pour totaliser le nombre d'heures nécessaires afin de pouvoir toucher les allocations. Lors de leur débrayage, les ouvriers ont donc réclamé une modification de leurs contrats ou bien avoir la possibilité de travailler pendant l'inter-campagne ou bien encore le versement d'une prime pour compenser les ASSEDIC.
La direction de l'usine a accepté le paiement de la prime de 650 euros sur trois ans, ainsi que la mise en place d'un plan de formation pour les saisonniers pendant l'inter-campagne. Mais cette dernière proposition ayant une allure somme toute provisoire, le sort des 180 saisonniers est loin d'être réglé.
1,8 milliards pour les patrons.
La commission européenne a validé les dix régimes d'aides en faveur des entreprises qui s'appliqueront dans les quatre départements d'Outre-mer.
Les patrons domiens qui " souffrent " de prétendus handicaps spécifiques aux régions dites " ultrapériphériques " se partageront donc une manne de 1,8 milliards d'euros par an pendant cinq ans, de 2007 à 2013. L'aide n'est pas nouvelle, elle n'a été que renouvelée.
Que l'argent soit donné par l'Etat français ou par l'Europe, il est toujours prélevé aux mêmes sources, celle des consommateurs et des travailleurs, et a toujours comme destination la poche des riches, c'est-à-dire les principaux et véritables assistés..
C'est pas super !
Depuis le 1er août, le litre de super a augmenté de 13 centimes, le litre de gasoil de 5 centimes et la bouteille de gaz a pris 27 centimes de plus.
La raison invoquée est la sempiternelle hausse du prix du baril de pétrole. Ces hausses grèvent encore un peu plus le budget des travailleurs qui ne peuvent faire autrement que de prendre leur voiture pour aller travailler chaque jour. La dernière augmentation du Smic ne suffit évidemment pas à couvrir ces dépenses supplémentaires.
Patrons et gouvernement ne se privent pas d'augmenter les prix. Les salaires doivent suivre la même pente.
La seringue à prélever du gouvernement.
Sous prétexte de venir en aide aux personnes âgées dépendantes, Sarkozy a demandé à son ministre de la Santé la mise en place de trois franchises, autrement dit de trois taxes dont devront s'acquitter les malades : cinquante centimes d'euros par boîte de médicament acheté, cinquante centimes par acte paramédical effectué et deux euros pour le transport sanitaire.
Ces franchises, nous assure-t-on ne devraient pas excéder cinquante euros par an et par malade. Mais une fois qu'elles seront instaurées, rien ne nous garantie que leurs montants n'augmenteront pas au fil du temps comme c'est le cas avec le forfait hospitalier qui est passé de cinq euros, à sa création en 1982 par le socialiste Bérégovoy, à seize euros en 2007.
La chasse aux immigrés.
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi a déclaré que le gouvernement veut " renforcer les moyens d'interpellation et de reconduite des étrangers en situation irrégulière " dans les Dom Tom, notamment en Guyane, en Guadeloupe et à Mayotte.
Le gouvernement entend donc faire mieux qu'en 2006 où il y a eu 9 994 expulsions d'étrangers depuis les quatre DOM, en augmentation de 160 % par rapport à 2002. Il ne compte pas non plus lésiner sur les moyens. Il projette de mettre en place dans les DOM des groupes d'interventions régionaux (GIR) composés de policiers, de gendarmes, de fonctionnaires des impôts et des douanes qui sévissent déjà en Métropole depuis 2002.
Réprimer ceux qui fuient la pauvreté et la misère que produit le système social ne les empêchera évidemment pas de venir frapper toujours plus nombreux à nos portes. Mais en menant une politique essentiellement répressive ceux qui nous gouvernent laissent intacte le système lui-même, et c'est cela qui compte le plus pour eux.
C'est la rentrée... d'argent pour les commerçants.
Avec la rentrée des classes, les affaires des commerces, petits et grands battent leur plein. Pour que les chiffres d'affaires soient les plus importants possible, les patrons accommodent les horaires de travail à leur guise, parfois en exerçant bien des pressions sur les employés. C'est alors la trêve des 35 heures hebdomadaires et des repos dominicaux pour le personnel.
Mais quand vient l'heure de la paye, le compte n'y est souvent pas. Bien des patrons " se trompent ", par exemple dans le calcul des heures supplémentaires.
Aux travailleurs alors d'expliquer les tables d'addition et de multiplication à ceux qui ne savent que soustraire !
L'ARS, pas de quoi faire dans la dentelle !
Cette année, le montant de l'Allocation de Rentrée Scolaire sera de 272, 57 euros par enfant.
À chaque rentrée, les parents sillonnent les magasins pour acheter le moins cher possible les effets scolaires de leurs progénitures. Un gamin de primaire " coûte " en moyenne 100 euros à ses parents, cartable compris. Mais dès lors qu'il faut acheter habits, chaussures ou autres vêtements pour le sport, l'ARS suffit tout juste.
Et tout au long de l'année, les parents doivent faire face à d'autres dépenses comme le paiement de la cantine, l'assurance scolaire (environ 30 euros par an et par enfant au primaire)
Il est inadmissible que l'État fasse supporter aux familles une partie du coût lié à l'enseignement et à l'éducation. L'école doit être publique et gratuite !
22 700 fonctionnaires en moins.
Le gouvernement Fillon-Sarkozy va supprimer 22 700 postes dans la fonction publique en 2008. C'est l'Éducation nationale qui risque de payer le plus lourd tribut.
22 700 départs en retraite qui ne seront pas remplacés signifient autant d'enseignants, d'agents techniques et administratifs, d'infirmières scolaires, de personnels hospitaliers, d'agents de collectivités territoriales en moins et autant de chances en moins aussi pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail.
Cette coupe sombre dans la fonction publique représentera une économie de 7 à 800 millions par an pour le gouvernement. Sarkozy espérant faire passer l'amère pilule a prétendu que la moitié de cette somme serait utilisée pour la revalorisation des salaires. Comment ? Faudra-t-il encore travailler plus ?
Les services publics vont se dégrader, l'ensemble de la population en subira les conséquences, tout cela parce que le gouvernement a besoin d'argent pour financer les cadeaux fiscaux qu'il réserve aux plus riches.
Sarkozy en Afrique, continuité dans le soutien aux dictateurs.
Sarkozy avait promis lors de la campagne électorale " une relation nouvelle, assainie, décomplexée " avec l'Afrique. Il voulait tourner la page de la corruption, aller au Ghana, en Tanzanie, en République démocratique du Congo. Ce serait la fin de " la Françafrique " !
Mais pour son premier voyage en Afrique, Sarkozy a suivi les traces de ses prédécesseurs, de Giscard à Chirac en passant par Mitterrand, il a rendu visite aux principaux présidents dictateurs du pré- carré français, où se trouvent les principaux intérêts des multinationales, de Total, Bouygues ou Bolloré.
Dans ses discours sur " l'immigration choisie " et la " colonisation ", Sarkozy a fait preuve d'une rare condescendance. Il a certes qualifié la traite négrière et l'esclavage de crimes contre l'humanité. Il a reconnu du bout des lèvres " les méfaits de la colonisation " parlant en substance de l'exploitation et du pillage des ressources du sous-sol africain. Mais il a aussitôt atténué ses propos en affirmant avec cynisme que si les colonisateurs " se trompaient ", ils "étaient sincères " ! Ce qui aux yeux du président français les absout de tous les crimes. Certes, la colonisation a été une mauvaise chose, mais c'est du passé. Que voilà une façon cavalière et légère de balayer d'un revers de main les responsabilités, les crimes de l'impérialisme français commis en Afrique depuis le début du XIXe siècle.
Mais, comble de cynisme, Sarkozy a choisi de renvoyer dos à dos les responsabilités des colonisateurs et des ex-colonisés, déclarant que " l'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur : la colonisation n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption et de la prévarication ".
Mais qui peut croire un seul instant que plusieurs siècles de traite négrière, de domination coloniale n'ont laissé aucune trace ? Qui peut croire qu'après avoir divisé les peuples, les avoir fait s'opposer les uns aux autres, pendant près de deux siècles, l'impérialisme français n'aurait plus de responsabilité dans la situation de l'Afrique d'aujourd'hui ? Qui peut croire que la France, ancienne puissance tutélaire, ait laissé s'échapper les marchés que représentaient les colonies sans réagir ? La principale stratégie des gouvernements français, dans les années soixante, a été justement de mettre en place des dirigeants africains favorables à la France, par le trucage des élections, par l'élimination physique quand cela s'avérait nécessaire.
Non seulement la France est intervenue militairement, faisant la guerre aux peuples colonisés qui combattaient pour leur indépendance à Madagascar, en 1947, et plus tard en Algérie, mais elle a aussi massacré de nombreux indépendantistes au Cameroun, au Togo où elle a mis en selle un soudard tortionnaire du nom d'Eyadema, ancien soldat de l'armée française. Au Tchad, la politique française fut plus directement interventionniste. Là, elle fit et défit les présidents, au gré de ses intérêts, de Tombalbaye à l'actuel dictateur Idriss Déby.
Depuis les années soixante, pas un chef d'État africain du pré-carré français qui ne soit en place sans l'aval de l'Élysée. Dans les années soixante-dix, la France est intervenue dans la guerre du Biafra qui a fait près de deux millions de morts. À la même époque au Zaïre, elle a sauvé à plusieurs reprises l'ancien dictateur Mobutu. Par compagnie pétrolière interposée, le gouvernement français a financé les belligérants de la guerre civile du Congo-Brazzaville, au cours des années quatre-vingt-dix, hissant Sassou Nguesso au pouvoir, pour garder la mainmise sur les puits de pétrole. Le même gouvernement a entraîné militairement, financé et soutenu politiquement les responsables du génocide au Rwanda, en 1994. Enfin, l'armée française est toujours présente en Côte-d'Ivoire, au Sénégal, au Tchad, à Djibouti et au Gabon.
Tous ces faits se sont déroulés bien après les indépendances africaines et illustrent l'omniprésence de l'impérialisme français en Afrique noire. Et ce n'est pas le dictateur gabonais Omar Bongo, cet ancien des services secrets français, mis en selle par l'armée française et qui se maintient au pouvoir par une dictature féroce depuis 1967, qui contredira Sarkozy : les loups ne se mangent pas entre eux.
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