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mis à jour le 01/11/2007
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2007
Dans ce numéro
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Retraites, salaires, il faut résister aux attaques du gouvernement.
Les cheminots, les agents des transports publics parisiens, ainsi que les travailleurs d'EDF-GDF seront en grève à partir du mardi 13 novembre au soir. Les principaux syndicats proposent donc une suite à la journée du 18 octobre qui fut un réel succès.
Les travailleurs savent que l'attaque contre les régimes spéciaux sera suivie par d'autres concernant le régime général : 42 ans de cotisation pour tous et l'âge de la retraite repoussé à 62 ans, voire à 65 ans. Et pour ceux qui n'auront pas le nombre d'annuités nécessaire, quelle qu'en soit la raison, cela annonce des retraites amputées qui permettront tout juste de survivre, mal, après une vie de travail.
Mais la démolition des retraites n'est qu'un des fronts sur lesquels le patronat et le gouvernement attaquent l'ensemble du monde du travail, pour permettre à la classe riche d'accaparer, directement ou avec l'aide de l'État, toujours plus d'argent au détriment des salariés. Il y a tout le reste : le blocage des salaires alors que les prix augmentent, à commencer par l'essence et le fioul ; la généralisation de la précarité et la paie aléatoire qui va avec. Il y a aussi toutes ces mesures comme les franchises médicales, les déremboursements, le forfait hospitalier, qui font que les assurés sociaux cotisent de plus en plus pour être de moins en moins remboursés et de plus en plus mal soignés.
Sans parler de l'aggravation de l'exploitation au quotidien, de l'augmentation du rythme de travail, la pression permanente pour faire faire plus de travail avec moins de personnel, en supprimant des emplois.
Il n'y a pas que sur les retraites que les travailleurs réagissent. Les hôtesses et les stewards d'Air France ont pratiquement bloqué cette compagnie aérienne pendant cinq jours. Même si la grève s'est limitée à une seule catégorie, les revendications n'ont rien de catégoriel, pas plus que le sont les raisons de leur mécontentement. En se révoltant contre l'insuffisance de leurs salaires, les hôtesses et les stewards soulèvent un problème qui concerne tous les travailleurs. Tous subissent les hausses de prix et la multiplication des prélèvements, alors que les salaires n'augmentent que peu ou pas du tout.
Si le pouvoir d'achat baisse, c'est parce que les patrons ne payent pas le salaire qu'il faut pour faire face aux dépenses nécessaires, à commencer par le loyer d'un logement convenable. Le seul moyen pour les travailleurs d'augmenter leur pouvoir d'achat, c'est de contraindre le patronat à prendre sur ses profits de quoi augmenter les salaires.
Les travailleurs sentent par la dégradation de leurs conditions d'existence, dans leur chair, que cela ne peut pas continuer ainsi. Or, si cela ne dépend que du patronat et du gouvernement à sa botte, cela continuera, pour que les capitalistes puissent dégager toujours plus de profit, qu'ils gaspillent dans des spéculations financières, sans créer d'emplois.
La seule façon d'y mettre un coup d'arrêt est que les patrons et le gouvernement se heurtent à l'ensemble du monde du travail, décidé à ne pas se laisser réduire à la pauvreté. Tout le passé prouve amplement que c'est lorsque les patrons ont craint pour leurs profits, et craint vraiment, qu'ils ont incité leurs laquais au gouvernement à céder devant les revendications des travailleurs.
Nombreux sont, certes, les travailleurs qui ne croient pas encore aujourd'hui à la possibilité d'une lutte large, et encore moins à ce qu'elle puisse être victorieuse. Mais l'exemple de la préparation et de la réussite du 18 octobre, l'exemple de la grève à Air France montrent que le climat, cela se change.
L'offensive générale du patronat et du gouvernement aggrave les conditions d'existence de tous les travailleurs, retraités et chômeurs. Il ne faut pas les laisser faire. La contre-offensive doit être celle de l'ensemble du monde du travail !
Décès de Bob Dénard, mort d'un serviteur méritant de l'Etat français.
L'ex-mercenaire Bob Denard vient de mourir. Avant de tomber en disgrâce pour une tentative de putsch aux Comores en 1995, il avait derrière lui une longue carrière d'exécutant des basses Suvres des puissances coloniales en Afrique et au Moyen-Orient.
Après avoir servi dans les rangs de l'armée française au cours des guerres d'Indochine puis d'Algérie, il était devenu mercenaire. À ce titre, il se retrouva successivement au Katanga (Congo), au Yémen, au Biafra (Nigeria), en ex-Rhodésie, en Angola, au Bénin puis aux Comores. Dans la plupart des coups tordus et des putschs auxquels il participa, celui qui s'était baptisé " le corsaire de la République " intervint avec la bénédiction des services secrets français et de Jacques Foccart, qui fut longtemps le Monsieur Afrique de l'Elysée, ainsi qu'avec le soutien des relais locaux de l'impérialisme français en Afrique comme Omar Bongo ou Houphouët-Boigny.
Ce mercenaire fut une incarnation des filières occultes grâce auxquelles l'État français a maintes fois pesé sur les événements africains, sans avoir les mains liées par une mission officielle ou des accords internationaux. Denard mena également des opérations pour le compte d'autres commanditaires, sans forcément bénéficier de l'aval du gouvernement français.
Ces opérations lui valurent plusieurs comparutions devant la justice française : pour une tentative de coup d'État perpétré au Bénin en 1977, pour l'assassinat du président comorien Ahmed Abdallah en 1989 ou pour une tentative de putsch aux Comores en 1995. Mais chaque fois la justice sut se montrer indulgente avec celui qui fut un si bon serviteur de l'État français. C'est d'ailleurs chez lui que ce " chien de guerre " a fini par s'éteindre, emportant sans doute dans sa tombe bien des secrets d'État.
Famine dans le sud malgache.
Depuis des mois, les régions du sud de Madagascar subissent une sécheresse qui entraîne la famine (en malgache, kéré) et frappe les populations qui y vivent.
Ces régions sont constamment menacées par le kéré faute notamment d'approvisionnement en eau. Bien que récurrent le kéré n'est pas pour autant une fatalité. La famine est due davantage à l'inaction des gouvernements successifs, aux ponctions prélevées par les capitalistes et la classe riche de Madagascar, et aux choix des pays occidentaux prompts à piller les ressources du sol et du sous-sol malgache.
La production de riz étant nettement insuffisante pour nourrir la population, son importation ne cesse de croître au grand bonheur des importateurs privés. Le capitaliste réunionnais, François Caillé, a demandé à l'Etat malgache 1000 hectares pour produire diverses denrées et... les exporter ensuite vers La Réunion ! À l'heure actuelle, il a obtenu une concession de 300 hectares.
Depuis le 1er janvier 2007, le président malgache a lancé son MAP (Madagascar Action Plan), qui veut être un programme de développement sur cinq ans. Ce nouveau plan, tout comme le précédent, le DSRP, (Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté) ne vise pas à enrayer la pauvreté ni à supprimer la famine dans le pays. Le MAP concerne en premier lieu les infrastructures, c'est-à-dire, les routes, les voies ferrées, les aéroports les ports, les moyens de télécommunication et la formation des cadres malgaches. Il contribuera sans doute à faire prospérer les affaires des capitalistes locaux et étrangers mais laissera les 63% de la population malgache dans l'insécurité alimentaire.
Quant au Programme alimentaire mondial de l'ONU, il n'a jamais fait reculer la misère. Pire, les responsables de ce programme ont trouvé le moyen d'engraisser la compagnie d'assurance française Axa-ré en lui passant des contrats pour soi-disant débloquer rapidement des fonds en cas de sécheresse dans les pays pauvres. Le hic, c'est qu'Axa-ré ne verse les primes qu'en fonction d'un seuil minimum (et vraiment minimum) de pluviométrie.
Il y a une semaine, il a commencé à pleuvoir sur la région de Ambovombe-Androy. Avec un peu de chance, la situation pourrait être moins catastrophique que celle de l'an passé dans cette région. Mais qu'en sera-t-il des autres régions touchées par le kéré ?
La lettre de Guy Môquet, une leçon, mais laquelle ?
Le 29 octobre dans tous les lycées et collèges de l'île, à la demande de Sarkozy, la lettre de Guy Môquet a été lue.
Certains enseignants n'ont pas voulu, à juste titre, se faire utiliser par Sarkozy dans sa campagne de séduction tout azimut, d'autant que son gouvernement ne se prive pas de s'attaquer à eux et à l'Education nationale. Il n'empêche qu'à cette occasion des élèves ont pu découvrir qui était Guy Môquet.
Guy Môquet avait 17 ans lorsqu'il fut fusillé, avec 26 de ses camarades, tous militants communistes comme lui. Il avait été arrêté, un an plus tôt, en octobre 1940 par des policiers français aux ordres d'un gouvernement français, celui de Vichy, en application d'un décret-loi qui avait été adopté en septembre 1939 par un gouvernement lui aussi français, celui de Daladier, qui interdisait toute propagande communiste. Cette décision s'était traduite par l'arrestation et l'emprisonnement de nombreux militants. C'est parce qu'il était communiste que Guy Môquet fut arrêté, puis fusillé.
Incontestablement, il peut servir d'exemple pour la jeunesse d'aujourd'hui, mais pas à la manière dont l'espèrent Sarkozy et son ministre de l'Éducation nationale, Darcos.
Il a été un parmi ces jeunes qui, quoi qu'on puisse penser de la politique du Parti Communiste Français dans ces années-là, aux côtés de générations plus anciennes, refusaient de courber la tête devant l'ordre établi, n'acceptaient pas de subir un système économique fondé sur l'exploitation de l'homme par l'homme, et avaient choisi d'agir, de s'organiser pour le combattre, le renverser pour mettre en place une autre société. Ce n'est évidemment pas cela que Sarkozy et nombre de politiciens d'aujourd'hui souhaitent mettre en valeur, car le système contre lequel se rebellaient Guy Môquet et ses camarades règne encore. Il justifie les mêmes révoltes, les mêmes combats que ceux qui furent à l'origine de son engagement. Voilà ce que l'on peut dire aux jeunes et aux moins jeunes en 2007.