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(LO #1839) - Chômage, Haro sur les victimes !
Jeudi 23 octobre, le président de la Cour d'Appel de Saint-Denis (île de
la Réunion) a réclamé le paiement de 3075 euros de dommages et intérêts et six mois de prison à l'encontre d'un chômeur de 54 ans.
Celui-ci, poussé à bout parce que les Assedic ne lui avaient toujours pas
versé ses indemnités, a "saccagé du matériel informatique et brisé une porte vitrée" rapporte le journal de l'île du 25 octobre.
Ainsi, pour la justice, ce n'est pas l'Etat mauvais payeur, ni le patron licencieur qui doivent être condamnés, mais la victime qui a le tort de se révolter.
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(LO #1835) - EDF Ile de La Réunion, accidents dans les entreprises sous-traitantes.
Depuis de nombreuses années, le centre EDF de La Réunion sous-traite de
nombreuses tâches qu'il assurait auparavant, parmi lesquelles les branchements aériens et souterrains, l'élagage, mais aussi la production d'électricité puisqu'à l'heure actuelle la moitié de celle-ci est fournie par deux usines privées, Le Gol et Bois-Rouge.
La situation des travailleurs dans ces entreprises sous-traitantes est fort dégradée par rapport aux conditions de travail qui prévalent à EDF: les salaires y sont largement inférieurs, les conditions de travail mauvaises, la formation inadaptée, voire inexistante.
Ceci expliquant sans doute cela, bien des tâches pénibles reviennent aux
travailleurs de ces entreprises ainsi que les risques qui en découlent pour leur santé.
Coup sur coup, deux travailleurs de deux de ces entreprises ont été victimes d'accidents graves. Le 13 août dernier, un travailleur de l'entreprise E2R recevait un flash électrique alors qu'il se trouvait dans un poste moyenne tension sur un chantier de raccordement d'un câble de 15000 volts à Saint-Denis. Emmené en urgence à l'hôpital, les médecins ont constaté une forte dégradation de sa vue puisqu'il avait alors perdu neuf dixièmes. N'empêche que, peu de temps après, cet ouvrier a été commandé pour travailler sans protection sur un réseau nu. De plus, cet accident de travail d'origine électrique a été considéré par la direction EDF comme un simple incident lui évitant d'être mise en cause.
Cependant, l'affaire s'étant ébruitée, des représentants CGTR ont obligé
la direction à convoquer un CHSCT extraordinaire pour étudier toutes les causes de cet accident.
Il en ressort que le chantier n'était pas assez préparé, que la victime
n'avait pas la formation suffisante, que le travail n'aurait jamais dû être fait sous tension, que certains agents EDF présents sur le chantier n'auraient jamais dû travailler ce jour-là, ayant à prendre des centaines d'heures de récupération et des dizaines de jours de congés annuels. Et cela parce qu'il y a deux ans, la direction a imposé, dans les services exploitation, un regroupement des équipes se traduisant par la suppression de la moitié des postes!
Suite à cet accident, on apprenait qu'un autre avait eu lieu quelques semaines avant. Alors qu'un ouvrier d'une autre entreprise extérieure montait sur un poteau de bois, celui-ci se cassait à la base, déstabilisant l'ouvrier et lui causant une fracture de la clavicule et une blessure à un Sil. Sans doute pressé par sa hiérarchie, celui-ci n'avait pas eu le temps de sonder le poteau qui était en mauvais état, alors qu'il devrait avoir le temps de le faire avant chaque ascension.
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(LO #1816) - Education nationale - Ile de la Réunion, une mobilisation toujours forte.
Le personnel de l'Education nationale maintient la pression. Les grévistes
ont multiplié les actions depuis le retour des vacances le 15 mai.
Le vendredi 16 mai, plusieurs centaines de grévistes s'étaient donné rendez-vous devant le siège du Medef local. Ils ont lancé des oeufs, de la farine et du papier toilette sur le bâtiment. Il s'agissait de dénoncer le patronat qui dicte sa politique au gouvernement, en particulier sur les retraites.
Le 19 mai, jour de la manifestation nationale de la fonction publique, le
rectorat a compté 80% de grévistes. Ce même jour, plus de 15000 personnes ont à nouveau défilé dans les rues de Saint-Denis. Les enseignants formaient le gros bataillon du cortège. Mais d'autres secteurs étaient aussi présents.
A mi-chemin du défilé, tandis que la tête du cortège se dirigeait vers RFO, la télévision publique, pour dénoncer les commentaires antigrévistes de la rédaction, un groupe d'une centaine de personnes est parti occuper les locaux de la Chambre de commerce, symbole du patronat. Les présents ont voté l'occupation du bâtiment et ont fermé toutes les portes. Cinq heures après, le GIPN et les gardes mobiles sont intervenus. Les manifestants n'ont opposé aucune résistance et se sont laissés traîner vers l'extérieur. Cinq personnes ont été arrêtées et menottées. Parmi elles, trois sont connues comme des militants syndicaux. Les quelques
centaines de manifestants encore présents sur les lieux ont tenté de s'opposer à ces arrestations, ils se sont rendus devant l'hôtel de police, réclamant la libération de leurs camarades, qu'ils ont obtenue une heure plus tard.
Le mardi 20 mai, les différentes AG ont voté la grève jusqu'au vendredi 23
mai et plusieurs manifestations sont prévues, entre autres contre le député-maire UMP des Tampon, opposant notoire au mouvement.
Du côté de la gauche, quelques dirigeants du PS local se font voir dans
les manifestations avec une banderole dénonçant la politique antisociale de la droite, voulant faire oublier que les projets du gouvernement actuel sur les retraites et sur la décentralisation ont été concoctés par leurs amis à Paris, lorsqu'ils étaient aux affaires. Le Parti Communiste Réunionnais soutient le mouvement actuel, tout en disant qu'il n'est pas contre la décentralisation, et ses dirigeants sont présents dans les manifestations.
En tout cas, les grévistes sont déterminés à ne pas lâcher. Ils sont convaincus que seule leur mobilisation et celle de leurs collègues de France auront une chance de faire reculer les projets du gouvernement.
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(LO #1814) - Enseignants - Ile de la Réunion, forte mobilisation.
Après Saint-Denis le 15 avril, Saint-Pierre le 23, où ils étaient respectivement 20 et 25000, et après avoir contribué au succès du Premier mai (15000 manifestants, du jamais vu un Premier mai dans l'île, qui compte 750000 habitants), les salariés de l'Education nationale de la Réunion se sont retrouvés à 10000 dans les rues de Saint-André pour la manifestation du 6 mai. Le lieu, quoique excentré par rapport aux deux principales villes, Saint-Denis et Saint-Pierre, n'a pas été choisi par hasard car Virapoullé, le sénateur-maire UMP de Saint-André, affiche sa farouche hostilité au mouvement des enseignants.
Malgré le mauvais temps (l'île était en vigilance cyclonique) et malgré les vacances, les manifestants ont tenu à montrer qu'ils refusent les projets de transfert du personnel vers la Région ou le Département. Des étudiants opposés à un projet qui conduirait à une privatisation des universités étaient aussi présents dans la manifestation, ainsi que des parents d'élèves venus apporter leur soutien.
Les manifestants se sont bien entendu donné rendez-vous pour le13 mai, avec cette fois-ci d'autres travailleurs et en particulier ceux de la Chambre de commerce, en grève depuis quinze jours pour des aménagements aux 35 heures et une prime de 266 euros.
Avant de se disperser, nombre de manifestants ont chanté l'Internationale,
ce qui n'était pas arrivé depuis bien longtemps dans une manifestation.
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(LO #1812) - Education Nationale, à la Réunion.
L'ensemble des personnels de l'Education nationale (ouvriers, techniciens,
infirmiers, conseillers d'orientation-psychologues, enseignants du primaire et du secondaire) de l'académie de la Réunion est en grève quasi totale et reconductible depuis le mardi 8 avril. La grève a démarré chez les ouvriers, techniciens, infirmiers, conseillers d'orientation-psychologues qui ont reçu du ministère la lettre leur annonçant, sans concertation préalable, leur affectation aux services
régionaux dès janvier prochain.
Les techniciens et ouvriers du rectorat ont aussitôt pacifiquement occupé
le bâtiment, jour et nuit, avant d'être expulsés le 10 avril par la police. Le mardi 15 avril, 20000 manifestants (ce qui est exceptionnel pour Saint-Denis, 150000 habitants) ont défilé à Saint-Denis pour protester contre les attaques gouvernementales envers la fonction publique en général et l'Education nationale en particulier. Les enseignants du secondaire puis du primaire sont entrés dans le mouvement, avec un taux de grévistes de l'ordre de 85%.
En se mettant en grève, ils refusent une décentralisation à la hussarde,
où l'on voit le gouvernement et ses auxiliaires (Conseil d'Etat et Cour des comptes) adopter la stratégie militaire américaine -foncer dans le tas le plus vite possible sans se soucier du chaos provoqué. Ils s'opposent à toutes les mesures plus ou moins discrètes dégradant les conditions de l'enseignement (suppression des MI-SE, suppressions de postes d'enseignement, augmentation de la charge de travail des stagiaires d'IUFM...) et affirment aussi leur rejet du projet de dégradation des retraites (âge, annuités, pouvoir d'achat).
Le mouvement rencontre la sympathie de beaucoup de Réunionnais, même parmi
ceux (parents d'élèves et élèves) qui sont gênés par la fermeture des écoles.
Il est organisé par une quadruple coordination (Nord, Ouest, Sud et Est) aux réunions quotidiennes. Les jeunes enseignants, pour la plupart non syndiqués, qui animent ces coordinations font preuve de dévouement et d'efficacité, à côté d'une intersyndicale au fonctionnement plus opaque et nettement moins actif.
On ne peut pas dire par exemple que la principale fédération enseignante, la FSU, mobilise toutes ses forces et organise de manière dynamique la solidarité entre les différentes académies. Loin s'en faut.
Si les médias locaux de la Réunion ont bien été obligés de couvrir -souvent de manière partiale- le mouvement, les médias métropolitains, eux (TV, radios, journaux), l'ont pratiquement ignoré.
Les grévistes de la Réunion doivent compter sur leur propre détermination
et sur l'entrée dans le mouvement de grève de l'ensemble des personnels de l'Education nationale dans la France entière pour obliger le gouvernement à reculer.
La grève à la Réunion était reconduite pour le mardi 22 avril, date à laquelle les académies de Bordeaux, Paris, Créteil et Versailles rentraient de congé, et une manifestation massive s'organisait pour le mercredi 23 à Saint-Pierre, la sous-préfecture du sud de la Réunion.
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(LO #1804) - Huit mille travailleurs dans les rues contre la politique de Chirac-Raffarin.
Raffarin avait dit vouloir rendre visite à la Réunion avant les autres départements d'outre-mer, parce que l'île était confrontée au plus fort taux de chômage des départements français: plus de 30%. Mais lui qui aime se présenter comme un "homme de terrain" n'a pas été jusqu'à aller rencontrer les 8000 manifestants qui ont défilé le 21 février contre sa politique. Le "terrain" de Raffarin est plutôt celui, bien protégé, des assemblées de patrons, de politiciens respectueux de l'ordre établi, du préfet et des représentants de différents sectes religieuses.
A la Réunion, le chiffre des chômeurs, qui était un temps quelque peu retombé, a de nouveau augmenté ces derniers mois. Cela est dû aux licenciements, bien sûr, mais aussi au manque chronique d'emplois pour les milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le mal-nommé "marché du travail".
Le gouvernement Jospin avait mis en place dans l'île 9000 contrats emplois-jeunes (CEJ) soi-disant pour offrir une solution d'attente aux chômeurs âgés de 20 à 25 ans, possédant au moins le bac et ne pouvant même pas prétendre au RMI. Le gouvernement de droite qui lui a succédé a tout de suite annoncé que ce dispositif allait être supprimé et serait remplacé par un autre type d'emplois-jeunes, les contrats jeunes, ouverts à ceux âgés de 16 à 22 ans et n'ayant pas le bac. Une aide de 15000 euros par an et par emploi serait allouée aux patrons du secteur privé qui les embaucheraient, couvrant ainsi la quasi-totalité du salaire et des cotisations patronales de ces emplois-jeunes.
L'annonce de la fin des CEJ a évidemment créé un fort mécontentement parmi les milliers de jeunes visés par cette mesure. C'est pourquoi ils avaient déjà manifesté à 2000 dans les rues de Saint-Denis, à l'occasion de la venue de Girardin, la ministre des DOM, le 18 septembre dernier. Afin de calmer le jeu, le gouvernement avait alors annoncé une prolongation d'un an pour les CEJ arrivant en fin de contrat.
Les CEJ se sont retrouvés nombreux en tête de la manifestation du 21 février appelée par leur Collectif emplois en danger, AC, mais aussi par une intersyndicale composée de la CGTR, la CFDT, la CFTC, FO, UNSA, et la FSU. Des travailleurs des docks, de La Poste, des Télécom, d'EDF, de l'Education nationale, du bâtiment, de la santé, mais aussi des chômeurs se sont donc retrouvés. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu une telle manifestation dans les rues de Saint-Denis. Les manifestants réclamaient un emploi pour tous, la transformation des contrats précaires en emplois permanents, la retraite à 60 ans au bout de 37,5 ans de cotisation. Tous s'opposaient en revanche aux privatisations des services publics et à la décentralisation, synonyme de moyens financiers en baisse, voire de diminution des salaires pour les ATOS par exemple.
Du côté gouvernemental, tout avait été prévu pour que Raffarin, Girardin et les 800 représentants du gratin des "décideurs"économiques et politiques de l'île puissent colloquer en toute quiétude: doubles barrières métalliques, laissant une distance de sécurité de plusieurs dizaines de mètres entre l'entrée du théâtre de Champ-Fleury et les manifestants, ainsi que de nombreux CRS suant sous leurs carapaces de protection.
Les manifestants ont ainsi pu voir les députés, sénateurs, maires de droite et de gauche longer les murs pour s'engouffrer dans le théâtre. Chaque apparition d'une personnalité de droite était saluée par des invectives dénonçant leur complicité avec la politique antiouvrière du gouvernement. Seuls les responsables du Parti Communiste Réunionnais, avec à leur tête Paul Vergès, l'actuel président de la Région, sont venus au-devant des manifestants. Vergès déclara alors, comme pour se justifier, que les représentants du PCR à l'intérieur et les manifestants à l'extérieur faisaient partie du même camp. Il s'avança même à dire que la transformation en emplois permanents de tous les emplois précaires travaillant en mairie était en bonne voie.
Vergès a été applaudi par ses partisans mais d'autres manifestants n'avaient pas oublié, eux, la responsabilité de la gauche, et en particulier celle de Vergès, dans les problèmes que rencontrent aujourd'hui les travailleurs de la Réunion. D'ailleurs, Vergès continue toujours à réclamer plus de cadeaux pour le patronat réunionnais, sous prétexte de handicaps divers que ces derniers rencontreraient: concurrence des pays de la zone à coût salarial faible (Madagascar, Maurice), éloignement de la métropole, etc. Les même arguments sont bien sûr repris par le Medef-Réunion pour obtenir toujours plus de subventions. Le jour précédant la venue de Raffarin, le patronat a dénoncé dans les quotidiens de l'île l'insuffisance des mesures prévues dans la loi-programme, estimant qu'elles leur apporteraient, dans certains cas, moins que les dispositions de la loi d'orientation pour l'outre-mer qu'avaient initiée le PS et... le PCR!
La mobilisation réussie du 21 février doit maintenant avoir une suite et s'amplifier. Car pour les plus pauvres, c'est aujourd'hui qu'il faut imposer les solutions d'urgence au chômage, au travail précaire, aux bas salaires et à la misère, et pas d'ici quinze ans, comme le prévoit cyniquement la loi-programme du gouvernement.
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