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(LO #1897) -Ile de La Réunion, réforme du marché du sucre en faveur des gros producteurs et des industriels.
Un projet de réforme de l'Organisation commune du marché du sucre se donnerait, paraît-il, pour objectif de "stabiliser les prix et d'assurer un niveau de vie équitable aux agriculteurs". Mais entre les affirmations des experts et la réalité, il y a place pour toutes les craintes des producteurs (des petits en particulier) et des ouvriers de la filière, quant à leurs revenus, voire leur avenir.
Le commissaire européen en charge du dossier s'est prononcé pour la baisse du prix de la tonne de sucre, qui devrait se faire en plusieurs étapes, jusqu'à 2007. Ce même commissaire a aussi préconisé une baisse de la production et des quotas, ainsi qu'une diminution des aides à l'exportation.
La réglementation actuelle fixe le niveau des quotas attribués à chaque pays. Ces quotas bénéficient de la garantie de prix et d'écoulement. Il y a en fait trois quotas. Le quota A correspond à 98% du prix d'intervention, c'est-à-dire du prix fixé chaque année par les ministres de l'Union européenne. Sa commercialisation est destinée à la France et à l'Europe. Le quota B comptabilise pour sa part la production du sucre exportée sur le marché mondial grâce à des subventions. Enfin, les surplus appartiennent au quota C, dont le prix dépend des seuls cours mondiaux.
Les départements d'outre-mer bénéficient actuellement d'un quota indépendant de celui défini pour la France métropolitaine. Le quota garanti de l'île de la Réunion s'élève à 294648 tonnes.
Quelle réforme ?
Les prix fixés par le système européen donnent la tonne de sucre à 632 euros, ce qui est trois fois plus élevé que le prix du marché mondial (210 euros la tonne). Au sein de l'Organisation mondiale du commerce, de nombreux pays ont donc protesté contre le système européen, jugé trop protectionniste. En 2002 par exemple, l'Australie, le Brésil et la Thaïlande, trois gros pays producteurs de sucre, avaient déposé une plainte contre l'Union européenne. Après maintes rencontres et discussions, une réforme a été présentée par les instances européennes elles-mêmes en juillet dernier, qui prévoit de réduire de 33% le prix du sucre. Il passerait de 632 euros à 421 euros la tonne dans les trois années à venir. Le quota de production communautaire serait lui aussi réduit de 17,4 millions à 16,63 millions de tonnes en quatre ans. Enfin, un coup de frein serait donné aux exportations subventionnées, qui passeraient de 2,4 millions à 400000 tonnes.
Il peut sembler paradoxal que les commissaires et autres experts européens cèdent si facilement sur les prix et les quotas de production, alors que ceux-ci déterminent les profits des gros producteurs et des principaux industriels qu'ils ont pour tâche de défendre. Mais la réforme envisagée ne lèse quasiment pas les producteurs et les industriels du sucre.
Les gros pas perdants
Ainsi, le groupe français Tereos, qui ne possède pas moins de 125000 hectares de canne à sucre au Brésil et à la Réunion et 155000 hectares de terre à betteraves en Europe, dont la majeure partie en France, sans compter ses sucreries et autres distilleries, a lui-même proposé une baisse des prix au commissaire européen. Ce groupe, comme Saint-Louis sucre et d'autres encore, a anticipé la réforme du marché en restructurant ses entreprises, c'est-à-dire en concentrant sa production, en fermant des usines, en supprimant des emplois par milliers, notamment en Picardie. Et ce phénomène n'est pas spécifiquement français. Alors qu'on comptait 240 sucreries dans l'Union en 1990, il n'en restait plus que 135 en 2001.
Et puis, pour qu'aucun des principaux producteurs et industriels ne soit touché, garantie leur a été faite de toucher une compensation d'environ 60% sur la perte de revenus engendrée par la réforme. Pour l'île de la Réunion, c'est une compensation totale qui a été annoncée. Et comme cette compensation devrait être accordée à tous les producteurs, on pourrait penser qu'aucun d'entre eux ne sera lésé. Ce qui n'est pas du tout sûr.
Aujourd'hui, pour s'assurer un revenu décent, le petit planteur, qui ne peut espérer voir sa surface de terre s'accroître, doit produire une canne très riche en sucre, qui va au-delà de 13,8% de teneur. Il reçoit alors un supplément pour une telle production. Mais la compensation à venir pourrait, elle, être calculée non pas sur la teneur en sucre, mais sur la seule quantité de canne produite. Dans ce cas, le petit planteur serait fortement défavorisé.
Par toutes les compensations qu'il offre, l'Etat se substitue en fait aux industriels. Pourtant ce serait à eux, à ces groupes riches à milliards, d'assurer un prix d'achat correct aux petits producteurs, sous peine de faire face à leur colère, comme ils devraient faire face aussi à la colère de tous les ouvriers qu'ils ont mis dehors et de ceux dont ils s'apprêtent encore à supprimer les emplois.
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(LO #1889) -Ile de La Réunion, le chômage et les as du baratin.
Quelle stratégie pour l'emploi à La Réunion d'ici à 2030? Tel est le sujet sur lequel se sont penchés les présidents des conseils général et régional, ainsi que le préfet et les "acteurs économiques", c'est-à-dire essentiellement les patrons de La Réunion et leurs proches.Les projections concernant la population annoncent un million d'habitants en 2030 et cent mille personnes de plus en âge de travailler. Voilà qui donne des sueurs froides à tous ceux qui sont responsables de la détresse des cent mille chômeurs actuels.
Combien seront-ils demain et comment faire en sorte que ça ne leur explose pas à la figure?Jusqu'à maintenant, s'il n'y a pas eu d'explosion sociale, l'existence du RMI, les allocations chômage y sont sans doute pour quelque chose. Seulement, aujourd'hui, le grand patronat estime que tout ce dispositif coûte encore trop cher. Moins d'Etat pour les pauvres, moins d'aides pour les chômeurs, voilà ce que réclame Seillière. Il faut laisser agir la concurrence, ne laisser vivre que les affaires qui rapportent des profits rapides et en constante augmentation, même dans le secteur public.
À tous ces patrons, il faut des travailleurs payés au lance-pierres, acceptant la flexibilité des horaires, sans salaire minimum, sans protection contre les licenciements, sans convention ni garanties collectives.Sous prétexte d'aider les patrons à embaucher, la gauche les avait arrosés de subventions, via la loi d'orientation pour l'outre-mer.
En revenant au gouvernement, la droite a essayé de faire plus, en étendant les exonérations de charges patronales à tous les secteurs d'activité, en faisant, entre autres, sauter le verrou des cinquante salariés maximum au-delà desquels les subventions n'étaient plus versées ou seulement partiellement versées.En sens contraire, le retour de la droite s'est traduit par une diminution de la contribution de l'Etat aux emplois aidés, surtout ceux travaillant dans le secteur public (éducation nationale, santé, communes, associations). Le nouveau préfet s'est d'ailleurs félicité de la diminution de 5% en 2004 des crédits affectés aux CES (les Contrats emploi-solidarité offrant un travail dans des activités d'intérêt général). Il a même souhaité que "cette baisse soit encore plus forte en 2005". Le résultat est que des centaines de jeunes, des femmes en particulier, n'ont pas vu leur contrat prolongé et se retrouvent aujourd'hui à nouveau au chômage.
En plus de tout cela, la nouvelle convention chômage signée entre le Medef d'une part et la CFDT, la CFTC et la CGC d'autre part, a entraîné une baisse moyenne d'indemnisation de six mois pour les chômeurs. Des centaines d'entre eux se sont retrouvés exclus du droit aux Assedic. Et aujourd'hui la préfecture ose nous annoncer une baisse de 10,5% des chômeurs à La Réunion... du simple fait que l'Etat les a fait rayer des listes Assedic!Après avoir poussé des centaines, voire des milliers, de nouveaux travailleurs vers la misère, on nous annonce à présent une campagne de "lutte contre le travail au noir". Leur cynisme n'a pas de limite, et celui-ci étant frère du culot, voilà maintenant que nos bonnes âmes de la préfecture, des conseils général et régional disent vouloir "augmenter de 20% en trois ans le nombre des emplois marchands"!
Mais à l'heure où les patrons font la chasse aux emplois permanents pour les remplacer par des emplois précaires, où la sous-traitance s'étend, qui peut bien les croire?Leurs mensonges ne nous ont jamais fait rêver.
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(LO #1874) -Ile de la Réunion, grève chez Asia Food.
À la Réunion, les travailleurs d'Asia Food, entreprise alimentaire situées à Bra Panon et spécialisée dans la confection de nems, bouchons et autres samousas, viennent de remporter une nouvelle victoire sur leur patron. Cette grève fait suite à un premier conflit, engagé en février dernier contre des licenciements et qui s'était lui aussi terminé par un recul du patron.
Cette fois-ci encore, c'est la volonté du patron de licencier sept salariés (dont certains pour fautes graves), sur les 43 que compte l'usine, qui a été l'élément déclencheur. Depuis la dernière grève, des travailleurs ont eu à subir de nombreuses brimades. Un ouvrier s'est blessé en nettoyant une machine, poussé qu'il était à faire le nettoyage durant son temps de travail, puisque en dehors de ses heures normales les heures supplémentaires ne lui étaient pas payées. L'ouvrier laissait donc tourner sa machine pendant qu'il nettoyait, c'est ainsi que s'est produit l'accident.
Les ouvriers d'Asia Food ne veulent plus de ces conditions de travail. La grève a été le moyen de le dire. Mais les revendications ne s'arrêtèrent pas là... Ne percevant pour beaucoup que 859 euros par mois, ils ont exigé aussi une revalorisation de leurs salaires de 100 euros net.
Le jeudi 3 juin, les travailleurs se sont donc organisés pour une grève qui pouvait être longue et dure. La décision fut prise dès le deuxième soir de maintenir un piquet de grève 24 heures sur 24. Un grand feu de bois et de pneus a été entretenu durant tout ce temps devant le portail principal de l'usine. Les grévistes ont pu compter sur la présence active de plusieurs militants et adhérents de la CGTR. Même le maire UMP s'est senti obligé de venir discrètement "soutenir" les grévistes.
De son côté la direction, qui n'a jamais un sou pour les salaires, n'a pas hésité à faire appel à une société de gardiennage et à faire venir un huissier tous les jours pour faire constater l'éternelle "entrave à la liberté du travail".
Mardi 15 juin, la direction a invité tous les grévistes à une réunion. Il s'agissait en fait de permettre à l'huissier de remettre à chaque gréviste, par assignation, une convocation au tribunal de grande instance pour "entrave à la liberté du travail". Les grévistes ont quitté la réunion en invitant l'huissier à faire déposer les convocations chez eux.
Le moral des grévistes restant très bon, le patron accepta de reprendre les négociations le lendemain et fut même surpris de voir que les responsables CGTR et les grévistes étaient plutôt joyeux d'aller au tribunal pour pouvoir dire ce qu'ils avaient sur le coeur et demander un médiateur au juge.
Enfin, et peut-être de peur que ses faits et gestes soient rendus un peu plus publics, la direction a fini par accepter de signer un protocole stipulant que quatre licenciements économiques étaient annulés, deux licenciements pour fautes graves étaient requalifiés en licenciements économiques, ce qui permettait à ces travailleurs de bénéficier des mesures légales d'accompagnement. Enfin, un septième travailleur déjà licencié était réintégré. Quant aux salaires, les grévistes ont gagné 86 euros net d'augmentation et 6% d'augmentation pour les primes.
Il s'agit là d'un deuxième recul important que les travailleurs imposent à leur patron. Et si besoin est, ils se disent prêts à lui prouver qu' "il n'y a jamais deux grèves sans trois!"
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(LO #1869) -Ile de la Réunion, après la grève du bâtiment.
Après neuf jours de grève, les ouvriers du Bâtiment ont repris le travail le lundi 17 mai. C'est le refus des patrons de signer une nouvelle convention collective accordant les mêmes primes de panier, de transport et de trajet aux huit mille travailleurs en "contrat de chantier" (sur les quatorze mille salariés que compte le secteur) qui a été l'élément déclencheur de ce mouvement.
La détermination des ouvriers a été forte dans les grosses entreprises. Ils ont fait le tour des petites entreprises et des chantiers pour les faire débrayer. Au bout de quelques jours, 80% des ouvriers étaient en grève, et cela a suffi pour obliger le patronat à renégocier devant la direction du Travail.
Une avancée a été obtenue avec la reconnaissance de l'attribution de la prime de panier pour ce qu'on appelle la "zone zéro", qui correspond à la commune où se situe le lieu d'embauche. Jusqu'à présent, les travailleurs employés sur des chantiers dans cette zone ne touchaient rien. Par un système de calcul compliqué des primes, les travailleurs précaires ont été défavorisés sans que cela ait semblé gêner les syndicats CFDT, FO et CFTC. D'ailleurs, le problème de la précarité imposée par les patrons aux ouvriers du BTP n'a pas été posé lors de cette grève, alors que certains travailleurs en "contrat de chantier" le sont depuis treize ans!
Les employeurs sont aussi parvenus à changer le mode d'indexation des primes. Jusqu'à présent il se faisait sur la grille de salaire du BTP-Réunion. Dorénavant, et toujours avec l'accord de la CFDT, de FO et de la CFTC, il se fera sur la base de l'indice de l'INSEE, moins favorable.
En ce qui concerne la prime de trajet (indemnisation du temps passé en dehors du temps de travail effectif à se rendre du siège de son entreprise à son lieu de travail), le système d'indemnisation a lui aussi été changé de façon défavorable pour les travailleurs.
Eh bien, au lieu d'éclairer les travailleurs sur les reculs que voulait leur imposer le patronat, ces trois syndicats se sont empressés d'aller signer le 14 mai au soir, en dehors de tout contrôle des grévistes, un accord situé en deçà même des engagements du patronat en décembre 2003. Seuls les représentants de la CGTR ont, à juste titre, refusé.
Malgré tout, pendant deux semaines, les ouvriers du BTP ont fait parler d'eux, les travailleurs permanents en particulier, qui ont montré leur solidarité envers les plus exploités. Ils ont dit qu'ils n'admettaient pas qu'à travail égal ne s'applique pas le principe de salaire égal. Et pour cela ils ont eu la sympathie de la majorité des travailleurs de la Réunion.
Et même si l'application de ce principe est différée, même si les patrons sont parvenus à récupérer une partie de leurs concessions en changeant de mode d'indexation, le combat va continuer. Il faut aussi signaler que, grâce à cette grève, les salaires du BTP augmenteront de 2,7% pour les salariés faisant trente-cinq heures et de 5% pour ceux faisant trente-neuf heures.
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(LO #1855) -Ile de la Réunion, une liste Lutte Ouvrière-M.A.R.O.N.
À la Réunion se présente une liste commune XXXM.A.R.O.N.(Mouvement pour une alternative réunionnaise à l'ordre néolibéral,
mouvement né il y a deux ans et proche de la LCR). Cette liste est donc soutenue par la LCR.
En votant pour cette liste, les travailleurs réunionnais dénonceront la
politique du gouvernement Raffarin, le blocage des salaires, les licenciements, la multiplication des emplois précaires, des temps partiels imposés, la remise en cause des acquis des travailleurs en matière de retraite.
Ils dénonceront aussi tous les cadeaux faits au patronat de l'outre-mer
par la gauche et poursuivis par la droite. Ainsi, à la Réunion, la plus grande partie des entreprises bénéficient d'une exonération totale des cotisations sociales patronales dans la limite de 10 à 50 salariés, suivant les secteurs, voire pour la totalité de leurs salariés dans le tourisme et la restauration.
Les 47 candidats et candidates de Lutte Ouvrière-M.A.R.O.N. sont tous des
travailleurs, techniciens, ouvriers, enseignants ou à la recherche d'un emploi. Ils veulent aider les plus défavorisés à se battre pour faire changer les choses, car seule la mobilisation des travailleurs peut faire reculer les patrons et les politiciens à leur service.
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