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25/11 - (LO #1947) - Ile de la Réunion, les niches fiscales, c'est pas pour les chiens.
28/10 - (LO #1943) - Ile de La Réunion, vers la fin du colonat.
30/09 - (LO #1939) -Ile de La Réunion, les propos nauséabonds de la xénophobie.
23/09 - (LO #1938) -Ile de La Réunion ; sans-logis et mal-logés, une situation scandaleuse.
01/07 - (LO #1926) -Ile de La Réunion, filière canne,les capitalistes se sucrent toujours.
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25/11/2005
(LO #1947) - Ile de la Réunion, les niches fiscales, c'est pas pour les chiens.
Le débat sur la réforme fiscale qui a lieu actuellement à l'Assemblée est révélateur des objectifs du gouvernement : favoriser les riches tout en essayant (oh combien mal) de donner l'impression de vouloir limiter certains de leurs avantages, d'où quelques propositions qui viseraient à plafonner des "niches fiscales".
Seulement, la majorité des députés de la majorité ne l'entend pas de cette oreille et veut au contraire ne rien plafonner du tout, au point de mettre dans l'embarras le président UMP de la commission des finances. Ce dernier craint en effet que la réforme fiscale donne trop l'apparence de favoriser les classes les plus aisées, ce en quoi il n'a pas tort puisque de nombreuses mesures prises actuellement vont effectivement dans ce sens. En témoignent les 100 000 personnes qui gagnent plus de 220 000 euros par an et qui vont voir chaque année leurs impôts baisser au total de 885 millions. En témoignent aussi les 16 800 contribuables qui profiteront du beau cadeau que viennent de leur faire les députés de droite : un "bouclier fiscal" qui limite à 60 % de leurs revenus ce que les plus riches verseront en impôts directs. Grâce à cette mesure ces riches vont récupérer 282 millions d'euros. A tout cela, il faut encore ajouter la révision des tranches de l'impôt dont profitent les contribuables qui ne sont pas dans le besoin.
En ce qui concerne les niches fiscales, la volonté du gouvernement d'y toucher est en fait inexistante. Il s'agit de multiples déductions, réductions, exonérations, abattement et autres étalements fiscaux, en fait pas moins de 400 dispositifs d'exception, qui font que chaque année l'Etat renonce à quelques 40 milliards d'euros
La discussion était à peine engagée sur ce terrain, que le gouvernement a fait voter un amendement qui maintenait sans les modifier tous les dispositifs de défiscalisation concernant les DOM-TOM : une des plus grosses niches fiscales.
La loi de programme pour l'Outre-mer de juillet 2003 avait instauré un important régime de défiscalisation et allégement de charges sociales dans les Dom-Tom, destinésoi-disant à doper les investissements et par voie de conséquence l'emploi. D'emploi il ne fut pas question. Par contre, concernant les baisses de charges et les réductions d'impôts, ce ne fut que du bonheur... pour les patrons. Pour ne prendre qu'un exemple, la seule réduction d'impôt sur le revenu du plan de défiscalisation, coûtera en 2006 à l'Etat 400 millions d'euros, au bénéfice de seulement 6400 personnes, dont beaucoup de riches métropolitains. Quatre secteurs en bénéficient surtout : l'hôtellerie, le logement, les énergies renouvelables et... le financement des entreprises.
En ce qui concerne l'île de la Réunion, tous les élus, qu'ils soient de droite ou de gauche ont approuvé la reconduction des dispositifs de défiscaliation, ainsi que celles concernant les exonérations des charges sociales patronales. De la part des représentants de la droite, cela est somme toute logique. Mais que les parlementaires de gauche aient tenu à affirmer que "toute la Réunion doit s'unir pour défendre les mesures spécifiques en faveur de l'île", oubliant de préciser que ces mesures profitent surtout, voire exclusivement aux patrons et aux riches, montre dans quel camp ils se situent.
Défiscalisation et allégement de charges n'ont rien d'un "puissant levier pour le développement économique". Ce ne sont que des cadeaux fait aux plus riches et qui se traduisent par des réductions d'impôts, allant jusqu'à 70 %, dans le domaine de la rénovation et de la réhabilitation hôtelière par exemple, où encore pour des dépenses concernant les bateaux de plaisance. A ce propos d'ailleurs, le Syndicat national unifié des impôts de la Réunion dénonce le fait que "des bateau destinés à des voyages d'entreprise servent en fait à des voyages d'agrément privés". Ce sont donc des avantages donnés en pure perte et qui n'ont pas pour objet de relancer l'emploi ou les investissements mais de satisfaire les caprices de quelques uns.
Cela est d'autant plus choquant qu'à la Réunion, plus de 30 % des travailleurs n'ont pas d'emploi et que 25 000 demandes de logements ne sont pas satisfaites. Ce ne sont pas les besoins ni les moyens qui manquent mais la volonté de les satisfaire, ce qui signifierait prendre à quelques uns pour contenter le plus grand nombre.
28/10/2005
(LO #1943) - Ile de La Réunion, vers la fin du colonat.
Le lundi 17 octobre, l'Assemblée nationale a voté l'abolition du "colonat partiaire" dans les départements d'outre-mer
Ce type de contrat lit le propriétaire d'un terrain à celui qui le cultive, obligeant ce dernier à céder au propriétaire une part de la récolte produite. De par la loi, cette part ne peut excéder 33% de la production totale. À la Réunion, elle atteint aujourd'hui 25% de la récolte. Les frais d'engrais et de main-d'oeuvre sont à la charge du colon qui n'a pas le droit de diversifier sa production. Il ne peut planter sur sa parcelle que la culture, la canne à sucre en l'occurrence, s'y trouvant au moment de la passation du contrat de colonat.
Les colons espèrent un contrat de fermage à loyer fixe, leur permettant de surcroît de cultiver ce qu'ils veulent. Le journal Témoignages cite à ce propos une étude soulignant la différence entre les deux statuts: "Pour 100 tonnes de canne, le colon doit en céder 25 au propriétaire, alors que le fermier doit lui payer l'équivalent de 7 à 8 tonnes."
Le colonat n'est rien moins qu'une survivance de l'Ancien Régime. À La Réunion, le premier contrat de ce type a été établi en 1690, mais il s'est surtout développé après l'abolition de l'esclavage. Il concernait alors les Blancs pauvres et les Noirs affranchis qui n'avaient aucune envie de retourner travailler sur les plantations.
Il y a actuellement à la Réunion environ 800 colons partiaires sur 3000 agriculteurs. Ils travaillent essentiellement la canne dans l'est et le sud de l'île.
Selon les chiffres de la chambre d'agriculture, la moyenne de la surface exploitée par colon est de 2,45 hectares et ils tirent de leur travail environ 430 euros par mois. Et toujours d'après la chambre d'agriculture, en étant fermiers, ils gagneraient environ 662 euros par mois. Ce qui de toute façon serait loin d'être satisfaisant.
Si la loi est ratifiée début novembre et adoptée par le gouvernement, la suppression du colonat ne sera pas immédiate. Sans effet rétroactif, elle sera progressive et ne se fera qu'à la faveur des renouvellements de contrats. Et puis, la loi n'est pas assortie d'une obligation pour le propriétaire de signer un bail à ferme, ce qui fait craindre à bien des colons que les propriétaires reprennent leur parcelle, les privant ainsi de leur outil de travail.
Il a donc fallu attendre le début du XXIe siècle pour que cette forme de contrat archaïque soit abolie. Une évolution qui a suivi la rapidité de la tortue la plus fatiguée.
La gauche, qui avait eu maintes fois l'occasion d'abolir le colonat lorsqu'elle était au gouvernement en France, se dit satisfaite. La droite, quant à elle, n'en revient pas de son audace, sauf le sénateur-maire Virapoullé, grand propriétaire de son état et employeur de quinze colons. Il votera tout de même la loi mais ne cache pas que pour lui "c'est un marché de dupes" car, ajoute-t-il, "mes colons vivent bien". Certains accusent Virapoullé, l'homme de droite réunionnais, d'avoir voulu retarder l'adoption de la loi... par amour pour ses colons sans doute!
30/09/2005
(LO #1939) -Ile de La Réunion, les propos nauséabonds de la xénophobie.
Depuis que Baroin, le ministre de l'Outre-mer a évoqué dans une récente interview une possible remise en cause du "droit du sol", prétendument pour lutter contre l'immigration clandestine dans certaines collectivités d'outre-mer, l'émoi a été grandissant dans l'île de Mayotte, un territoire français de l'océan Indien, d'ailleurs citée par le ministre. Et ce d'autant que par la porte entrouverte se sont engouffrés bien des propos nauséabonds et des idées qui ne le sont pas moins.
À Mayotte, les propos xénophobes de Baroin, relayés par le député UMP de l'île, ont provoqué des réactions, dont une manifestation qui s'est déroulée dimanche 25 septembre. Quatre cents personnes en situation irrégulière, originaires de l'île voisine des Comores, ont exprimé leur ras-le-bol. Un représentant des Comoriens a affirmé: "Là-bas, aux Comores, c'est la misère. Là, on nous exploite comme des bêtes." Et pour souligner combien leur situation était difficile, il n'a pas hésité à affirmer: "Maintenant on va nous demander de partir, nous sommes prêts. Que l'on nous donne un bateau." Seulement, les deux bateaux qui faisaient la liaison entre les Comores et Mayotte sont interdits de navigation dans les eaux territoriales françaises, sans doute de peur qu'ils convoient de nouveaux immigrants comoriens.
D'autres manifestations sont prévues. Il n'est pas si fréquent de voir des immigrés crier ainsi leur désarroi et leur colère. Il y a un an, dans l'est de l'île de Mayotte, des manifestants avaient bloqué des routes pendant plusieurs jours mais c'était pour... s'opposer à la scolarisation d'enfants d'immigrés. En octobre 2003, le maire d'une commune, toujours dans l'est de île, avait ordonné l'expulsion et l'incendie d'un village occupé par une grande majorité d'immigrés.
A la Réunion, Ibrahim Dindar, élu de la ville de Saint-Denis et vice-président du Conseil général, a fait encore plus fort que Baroin en proposant que soit mis en place un test ADN pour "lutter contre la fraude à la paternité"à Mayotte. La mesure viserait des femmes comoriennes venant accoucher à Mayotte où elles feraient reconnaître leur enfant par des habitants de l'île, des Français donc, qui n'auraient rien à voir avec le père biologique. De cette façon pourrait être garanti pour l'enfant et pour la mère le droit de vivre sur un territoire français.
De tels propos, tenus à la Réunion, ne visent évidemment pas les quelques cas rapportés par Dindar, et qui sont somme toute assez rares, mais bien plutôt tous ceux originaires de Mayotte ou des Comores. Dindar l'avoue lui-même lorsqu'il affirme: "Ils viennent ensuite à la Réunion et créent la situation que l'on connaît dans certains domaines."
Et voilà un bouc émissaire montré du doigt. Si la situation du logement par exemple est scandaleuse à la Réunion, ce serait la faute de ceux en provenance de Mayotte, et que la très grande majorité d'entre eux soient français importe peu à Dindar. Si la situation de l'emploi est désastreuse, ce serait encore la faute aux Mahorais, aux Comoriens ou bien encore aux Malgaches. Exit les responsabilités de l'Etat et des diverses autres administrations qui imposent des budgets les plus bas possibles; exit les responsabilités des patrons licencieurs... la faute, toutes les fautes incombent aux plus pauvres, qui n'ont que le tort de vouloir survivre.
Mardi 27 septembre, des Comoriens vivant à la Réunion ont organisé une manifestation au Conseil général pour y rencontrer Dindar. Fortement chahuté il a présenté des excuses, sans pour autant revenir sur ses déclarations.
23/09/2005
(LO #1938) -Ile de La Réunion ; sans-logis et mal-logés, une situation scandaleuse.
A la Réunion, l'association Momon Papa Léla et une dizaine de familles sans logement ont, tour à tour, occupé symboliquement une maison de fonction non habitée à La Montagne, destinée aux cadres de la société Cinor, l'hôtel Armony à Saint-Benoît, et des logements vides à La Rivière-du-Mât. Ils ont voulu, par leurs actions, protester contre le manque de logements dans l'île, en particulier pour les plus pauvres.
Apostrophés par l'association, la présidente du Conseil général, Nassimah Dindar, ainsi que plusieurs maires n'ont pu dans leurs réponses que décrire une situation préoccupante, pour ne pas dire alarmante. Il y aurait à la Réunion 25000 demandes de logements sociaux en souffrance. Autrement dit, 80000 personnes seraient dans l'attente d'un logement, soit plus de 10% de la population, puisque l'île compte 750000 habitants.
Concernant la construction des logements, il faudrait en construire 10000 à 12000 par an pour satisfaire les besoins de la population. Mais chaque année, on en construit à peine 4000.
Et même si aujourd'hui Nassimah Dindar fait mine de s'insurger contre des propriétaires et des promoteurs immobiliers qui profitent des mesures de défiscalisation contenues dans la loi programme, en faisant construire des immeubles haut de gamme ou des bureaux qui restent inoccupés, elle n'est pas exonérée de ses responsabilités. D'autant que les mesurettes qu'elle propose sont, ni plus ni moins, des aides destinées à ceux-là mêmes qui sont la cible de son dernier courroux !
Elle propose en effet de céder ou de vendre à bas prix, aux promoteurs, des terrains dont la collectivité est propriétaire. En contrepartie, ceux-ci devraient vendre les logements à des prix modérés. Autre mesure : verser aux propriétaires-bailleurs 6000 euros par logement construit, dans la limite de 1000 logements ; ou bien encore, les soutenir à hauteur de 20% pour l'acquisition du foncier.
La " chasse " aux logements vides préconisée par Nassimah Dindar consiste donc à aider les propriétaires aux frais du département et des contribuables.
Ce n'est donc pas demain que les jeunes qui désespèrent chez leurs parents, que les occupants de maisons insalubres ou les personnes sans logis auront un toit digne de ce nom. Dans de telles conditions, rien d'étonnant à ce que certains tombent dans les serres de marchands de sommeil sans scrupules, qui se frottent les mains et remplissent leurs portefeuilles en faisant payer jusqu'à 450 euros par mois pour un taudis. D'autres encore squattent des locaux vides, souvent insalubres, mettant leur vie en danger. Un récent incendie à Saint-Pierre en est une malheureuse illustration.
Dans ce monde où les besoins ne sont pas pris en compte, où l'on ne construit que pour ceux qui ont les moyens de payer, il faudra bien que la population s'en mêle, pour imposer de vraies mesures afin que personne ne soit à la rue.
01/07/2005
(LO #1926) -Ile de La Réunion, filière canne,les capitalistes se sucrent toujours.
Après de longues tractations qui ont débuté à la fin de l'année 2003, le projet de réforme du règlement sucrier européen vient d'être adopté. Il s'est conclu par une diminution de 39% du prix de la tonne de sucre à partir de 2007. Concernant les quotas, aucune baisse n'a été demandée.
Le secteur sucrier était un des pans de la Politique agricole commune à ne pas avoir été réformé. Mais après la condamnation de l'Union européenne par l'Organisation mondiale du commerce, qui estimait que l'ancien règlement faussait la concurrence, c'est maintenant chose faite. L'Union européenne, qui est devenue le second producteur mondial de sucre, va donc réviser les prix à la baisse. La tonne de sucre passera de 550 euros à 335 euros, encore bien au-dessus du cours mondial qui s'établit à environ 175 euros la tonne.
Les usiniers qui transforment la canne, et dont certains avaient déjà anticipé la baisse des prix, en investissant par exemple dans d'autres secteurs économiques, vont de toute façon répercuter la baisse sur les planteurs. Les usiniers n'y perdront rien, d'autant que les subventions liées au transport du sucre qui devaient être supprimées, ont été finalement maintenues dans leur presque totalité. À ce propos, le représentant des usiniers s'est dit satisfait, même s'il considère que le compte n'y est pas. La perte concernant l'aide au transport se montant à 3 millions d'euros, il souhaite obtenir de l'Etat une compensation totale.
Concernant les producteurs des régions ultra-périphériques (y compris les planteurs donc), la compensations sera de 75%. Pour ceux de métropole et d'Europe, la compensation sera moindre: 60%. Dès l'annonce de ces mesures, les politiciens de l'île ainsi que les syndicats des planteurs et des usiniers ont estimé que le pire, pour eux, avait été évité et que la prochaine étape serait de demander à l'Etat de compenser les 25% restants. Tous ces gens qui ne jurent que par leur liberté d'entreprendre, qui revendiquent sans cesse moins d'étatisme, ne sont pas gênés de tendre la sébile, dès qu'une petite égratignure risque d'atteindre leurs profits. En fait, ce qu'ils veulent, c'est que l'Etat dépense le moins possible pour les services publics collectifs, afin de leur réserver le plus de fonds possibles.
Et dans toutes ces affaires, personne ne dit mot des travailleurs de la filière, des ouvriers agricoles ou des chauffeurs de camions qui transportent les cannes. Ceux qui travaillaient à la SANE, filiale du groupe Quartier français avaient connu une baisse de 300 à 400 euros sur leur salaire, avant d'être tout simplement licenciés pour certains. Le patron de la SANE a en effet décidé de sous-traiter une bonne partie de ses activités à différentes entreprises qui paient leurs chauffeurs au smic et les font travailler dans des conditions pénibles.
Ce sont donc les patrons et autres détenteurs de capitaux qui s'en sortent bien, avec le concours des politiciens locaux, nationaux et européens. Par contre, les travailleurs sont comme d'habitude les laissés pour compte.
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