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Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2006 |
| mis à jour le 01/01/2006 | |
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Mensuel - archives
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Dans ce numéro
Chikungunya, la responsabilité de l'État.
Tien Ah Koon "TAKé" par la justice.
TAK et son PPR.
Lacouture, pa la ek sa.
CPE, avantageux pour les patrons.
Encore une exonération.
Économie sur les salariés et sur les chomeurs.
Jugement en faveur des patrons.
Foucherolles-Ballot et Razel, travailleurs en lutte.
Privés d'eau potable.
Gendarmes lé pa là.
Brutalité policière à Maurice.
Carrefour rime avec voyou.
L'Afrique de l'Est touchee par la famine.
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Chikungunya, la responsabilité de l'État.
Depuis bientôt un an, le chikungunya ronge la Réunion. Cette maladie, aujourd'hui vérita-ble épidémie, est transmise par un moustique, l'Aedes albopictus. Elle provoque chez les personnes atteintes une forte fièvre, des démangeaisons et des douleurs musculaires et articulaires inten-ses. Certains malades se retrou-vent dans l'incapacité de se déplacer sans l'aide d'une tierce personne. Les symptômes peu-vent disparaître au bout de quelques jours mais parfois les douleurs durent plus longtemps.
Si les chiffres de la Préfecture font état de 10 500 personnes atteintes par le virus du chikungunya, ceux fournis par l'Ordre des Médecins sont large-ment supérieurs, au bas mot quatre fois plus importants. Plu-sieurs décès sont maintenant attribués à la maladie. L'épidémie est devenue telle que l'établisse-ment français du sang a suspendu tout prélèvement sur l'île.
Aujourd'hui les autorités préfectorales disent vouloir pren-dre la mesure du problème. Elles ont fait intervenir l'armée dans des opérations de démoustica-tion, mais le moins que l'on puisse dire est qu'elles ont beaucoup tardé.
Pourtant, dès les premiers mois de l'épidémie, la députée et la sénatrice du Parti communiste réunionnais avaient à maintes reprises interpellé les autorités locales ainsi que le gouvernement sur ce problème de santé publi-que. Elles n'ont eu aucune réponse satisfaisante de la part du gouvernement, seulement des attitudes méprisantes de ceux qui estimaient qu'elles n'avaient pas les compétences requises pour parler de ce problème et que le chiffre des 30 000 malades qu'elles avançaient étaient faux, étant donné que les responsables de la Direction des affaires sanitaires et sociales, la DRASS, n'en dénombraient que 4 500.
Tout au long de l'année de 2005, l'Etat a ainsi fait la sourde oreille. La seule fois où le préfet est intervenu, c'était pour dire, condescendant, qu'il ne pouvait rien faire contre le virus mais qu'il comprenait la souffrance des malades.
Seulement, cette incompé-tence affichée masquait d'autres problèmes, comme la faiblesse des moyens mis en Suvre dans l'éradication de l'épidémie. La DRASS disposait auparavant d'un important service de pro-phylaxie qui avait d'ailleurs con-tribué à l'éradication du paludis-me à la Réunion. Or, l'Etat a supprimé 120 postes dans ce service entre 1985 et 2005. Aujourd'hui il ne reste que 40 agents pour toute l'île. Ce qui est bien insuffisant pour lutter contre le moustique vecteur du chikungunya.
Non seulement les servi-ces de l'Etat ne se sont pas pressés pour bien informer la population sur l'origine et les conséquences de cette maladie, mais surtout ils n'ont presque rien fait pour lutter contre sa propagation. Ils auraient pu par exemple distribuer aux habitants les produits anti-mous-tiques comme l'a fait le maire du Port, eh bien non ! Et même la baisse des taxes à l'importation sur ces produits a été refusée.
Les autorités ont au con-traire tenté de culpabiliser la population en l'accusant de main-tenir des sites larvaires à travers des points d'eaux stagnantes ou par la présence de déchets dans leurs cours. Bien sûr, la contribu-tion de la population est nécessai-re afin de lutter contre l'épidémie mais cela ne doit pas dédouaner l'Etat de ses responsabilités.
C'est seulement ce mois-ci que le gouvernement a promis de débloquer une enveloppe, bien faible, de 600 000 euros afin de mener des actions de sensibilisa-tion et de démoustication.
La population avait de plus en plus le sentiment que l'on se moquait de sa santé et qu'on lui cachait la vérité. Des médecins affirmaient d'ailleurs que les chiffres de la préfecture étaient faux et très loin de la réalité. Trente deux médecins de Saint Louis ont déclaré par exemple que sur leur seule ville, ils ont enregistré plus de 7 000 person-nes contaminées par le virus.
Ce virus n'est pas inconnu des autorités sanitaires. Réperto-rié au début des années cinquan-te, il touche l'Afrique de l'Est depuis de nombreuses années. Certes, il n'existe pas de médica-ments contre cette maladie, peut-être simplement parce que la mise au point d'un anti-viral ne serait pas suffisamment rentable. Restent alors les actions de prévention. Mais là c'est l'Etat et ses économies qui sont responsa-bles. Concernant la contamination par le chikungunya, le moustique n'est donc pas seul en cause. Il semble fortement aidé par les autorités publiques.
Tien Ah Koon "TAKé" par la justice.
La Cour de cassation a confirmé le jugement de la Cour d'appel. Celle-ci avait condamné TAK à 24 mois de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende et 3 ans d'inéligibilité. Il avait été reconnu coupable de malversations entre ses différentes entreprises.
TAK a essayé de faire croire que sa condamnation était une injustice. Pour dire qu'il ne mérite pas le traitement que lui inflige la Justice, il met en avant ses 30 ans d'élu dont 23 années en tant que maire du Tampon et ses "actions en faveur de la population".
Mais au fait, de quelles actions parle-t-il ?
Personne n'a oublié qu'un des partisans de TAK était passé avec son véhicule sur les jambes d'un militant communiste, après l'avoir renversé.
Des femmes qui avaient manifesté dans sa ville n'ont pas oublié elles aussi, l'ordre qu'il avait donné à ses partisans de les empê-cher d'arriver devant la mairie. Il y eut alors un déchaînement de haine et de violence à l'égard des manifestantes, molestées et blessées par les sbires de TAK.
Les habitants du Tampon connaissent aussi le système d'espionnage mis en place depuis 1983. Tous les quartiers de la commune sont sous la surveillance de délégués nommés par TAK, dont le rôle consiste à espionner la population.
TAK parle de son "dévoue-ment pour la population", mais il oublie que des habitants du Tampon ne sont toujours pas raccordés au réseau d'eau potable et qu'il a volontairement limité la construction de logements sociaux, préférant payer les amendes prévues par la loi.
Et puis, TAK qui se targue d'être un défenseur des défavorisés a toujours voté ou approuvé les mesures défavorables aux travail-leurs et aux plus pauvres. Il était notamment opposé à l'instauration du RMI sous le prétexte méprisant que la mesure allait créer une population assistée.
En revanche, TAK a été un bon défenseur des intérêts des capitalistes. Rappelons qu'il a voté toutes les lois favorables au patro-nat (loi Pons, loi d'orientation pour l'Outre-mer, loi Programme pour l'Outre-mer) qui se sont entre autres traduites par des exonéra-tions de charges sociales patronales et des allégements fiscaux pour les patrons et les riches.
Voilà pourquoi nous ne verserons aucune larme sur la condamnation de TAK.
TAK et son PPR.
Même si TAK est inéligible pendant trois ans, il compte bien ne pas disparaître de la scène politique. Pour cela il a créé le PPR, le Parti Populaire Réunionnais.
En regroupant son petit monde, TAK pense qu'il aura les moyens de peser sur les candidatures à droite lors des prochaines échéances électorales. Fontaine, le maire de Saint-Pierre, aura besoin des partisans de TAK pour les législatives de 2007 et surtout pour pouvoir conserver sa mairie en 2008. De son côté, Poudroux, souhaite avoir la bénédiction de TAK pour lui succéder comme député.
Magouilles financières, magouilles politiques, magouille toujours.
Lacouture, pa la ek sa.
Lacouture, le Maire de l'Etang-Salé, a fait adopter par son conseil municipal l'extension du terrain de golf passant outre les résultats de l'enquête publique qui donnaient une nette majorité opposée au projet.
Des militants écologistes ont attiré l'attention sur le risque d'érosion des sols que provoquera le défrichage de la cinquantaine d'hectares prévu pour le terrain de golf. Le Kolektif, qui regroupe des opposants à l'extension du golf, s'oppose aussi à l'expulsion d'une famille qui vit de l'élevage sur la zone concernée.
Mais Lacouture veut satisfaire la société qui gère le terrain de golf et une minorité de bourgeois qui ne voit pas au-delà de ses petits plaisirs.
CPE, avantageux pour les patrons.
Le gouvernement avait créé en juillet 2005 le Contrat Nouvelle Embauche, le CNE, qui permet aux entreprises de moins de vingt salariés d'embaucher avec une période d'essai de deux ans au cours de laquelle l'employeur peut mettre fin à tout moment au contrat de l'employé.
Le MEDEF avait demandé que le CNE soit étendu à toutes les entreprises. Villepin lui a donné en grande partie satisfaction puisqu'il a annoncé la création du Contrat Premier Emploi, le CPE, destiné aux entreprises de plus de vingt salariés et aux jeunes de moins de 26 ans. Le jeune employé en CPE devra, comme pour le CNE, effectuer une période d'essai de deux ans avant d'espérer avoir un contrat à durée indéterminé, mais seulement si le patron veut bien le garder dans son entreprise.
Avec ce nouveau contrat de travail le gouvernement généralise la précarité.
Des organisations de jeunes ont commencé à réagir. Souhaitons que cette réaction se généralise pour faire avaler à Villepin ses mesures.
Encore une exonération.
En plus d'offrir une main d'oeuvre jeune aux patrons, Villepin a accordé une exonération totale de charges patronales durant trois ans aux entreprises qui embaucheraient des jeunes de moins de 26 ans en CPE, CNE ou CDI.
Le taux de chômage très important chez les jeunes sert de prétexte supplémentaire pour faire des cadeaux au patronat.
Économie sur les salariés et sur les chomeurs.
L'accord signé entre le patronat et les syndicats CFDT, CFTC et CGC a aboutit à une modification des règles d'indemnisation des chômeurs et à une augmentation des cotisations sociales. L'objectif est de réaliser une économie de 2,4 milliards.
Ce sont les chômeurs qui vont payer le plus puisque un milliard d'euros d'économie sera réalisée sur leur dos. Quant aux salariés ils verront leurs cotisations augmenter de 0,04 % ce qui équivaut à une participation de 0,7 milliard d'euros.
L'augmentation de la participation du patronat va représenter elle aussi 0,7 milliard. Ce qui est insuffisant étant donné les énormes profits qu'il engrange tout au long de l'année.
Ce sont les patrons qui doivent être les seuls à payer pour renflouer les caisses de l'UNEDIC. Car c'est quand même eux qui n'embauchent pas et qui en plus licencient alors qu'ils imposent de plus en plus de travail à ceux qui ont un emploi.
Jugement en faveur des patrons.
118 travailleurs de la société Pages Jaunes, éditrice d'annuaires téléphoniques, avaient contesté devant les tribunaux leurs licenciements pour raisons économiques. Certains d'entre eux avaient eu gain cause tandis qu'une quarantaine d'autres avaient vu leurs requêtes rejetées. Saisie, la Cour de cassation a tranché et a finalement donné raison à l'entreprise.
Pourtant au moment des licenciements cette société, filiale de France Telecom, ne présentait pas de difficultés économiques. Elle était même bénéficiaire. De plus, cette entreprise a enregistré une hausse de 6,3 % de son chiffre d'affaires et une augmentation de 19 % de son résultat net au troisième trimestre de 2005.
Par son arrêt, la Cour de cassation donne aux patrons le droit de licencier "pour prévenir des difficultés économiques" même si leurs entreprises réalisent des bénéfices.
Un nouveau recul qu'il faudra bien un jour ou l'autre faire annuler.
Foucherolles-Ballot et Razel, travailleurs en lutte.
Les travailleurs des entreprises Foucherolles-Ballot et Razel qui travaillent sur une partie du chantier de la route des Tamarins, ont fait grève pendant plusieurs jours. Ils demandaient entre autres, le paiement de la demi- heure de pause, de la totalité des primes de panier, de toutes les heures de présence sur le chantier et de la totalité des primes de trajet et de transport.
Ils ont obtenu satisfaction sur la quasi-totalité de leurs revendications dont une prime de 4 euros brut pour les heures d'intempéries. Les directions des deux sociétés leur ont cependant refusé le paiement à 100 % des primes de trajet et de transport. En échange, elles ont cédé une prime de sortie qui varie entre 160 et 350 euros en fonction de la date de départ du travailleur.
Par ailleurs, les grévistes ont vu que leurs entreprises étaient capables de payer un salaire de 2000 euros plus une prime mensuelle de 2000 euros aux salariés venant de métropole pour des qualifications et des taches identiques. Une preuve supplémentaire que les entreprises avaient bien les moyens de satisfaire leurs revendications comme une meilleure classification pour 17 salariés qui s'estimaient pénalisés du fait qu'ils avaient été embauchés en dessous de leur qualification. Cette revendication a aussi été obtenue.
Privés d'eau potable.
À Bras-Mousseline, dans les hauts de Saint-André, des personnes vivent encore sans être raccordées au réseau de distribution d'eau. Jusqu'à maintenant, elles ont installé des tuyaux qui captent l'eau de la rivière. Cette eau n'est pas potable mais ces familles n'ont pas d'autres choix étant donné que la Mairie fait la sourde oreille à leurs multiples demandes de raccordement au réseau.
Lors d'une émission radio, Virapoullé interpellé par un habitant de ce quartier, a comme d'habitude répondu que personne ne devait se plaindre puisque l'eau puisée actuellement dans la rivière est gratuite. Si les habitants étaient raccordés au réseau d'eau potable ils devraient payer, a-t-il ajouté avec le cynisme qu'on lui connaît.
Pour Virapoullé, les habitants devraient toujours se contenter du minimum et surtout ne rien réclamer ! Seulement ceux de Bras-Mousseline ne l'entendent pas de cette oreille et comptent bien obliger le Maire à leur donner satisfaction, c'est-à-dire accès au réseau d'eau potable.
Gendarmes lé pa là.
La présidente de l'association Papa Momon Lé La, se sentant menacée par des tentatives d'intrusion de son ex-compagnon, a appelé les gendarmes pour la protéger. En vain. Ceux-ci ne se sont pas donnés la peine de se déplacer. On frémit en pensant aux conséquences que cela aurait pu avoir sachant que les femmes sont souvent victimes de violences, entre autres de leurs ex-amis.
L'association a rendu public l'affaire, ce qui a poussé un des responsables de la gendarmerie à présenter des excuses à la présidente.
Beaucoup se plaignent que dans le cadre des violences conjugales, les gendarmes ne se pressent pas et donnent le sentiment d'intervenir que si "le sang i coule". Ce qui n'est pas le cas lorsqu'un patron les appelle, notamment lors des grèves.
Brutalité policière à Maurice.
À Maurice, un homme est mort suite à des violences exercées par des policiers lors d'un interrogatoire. Il était suspecté du meurtre de deux femmes qu'il a toujours nié.
Présenté devant un magistrat, il avait fait part à ce dernier des mauvais traitements que lui infligeaient les policiers. Le lendemain, après avoir été hospitalisé, il décédait. L'autopsie a relevé une hémorragie cérébrale, due à des chocs traumatiques, et des caillots de sang sur son corps. Sa femme a porté plainte.
La police mauricienne compte en son sein bon nombre de policiers réputés pour leur brutalité. On se souvient de la mort de Kaya, chanteur de seggae, qui avait été battu lors de son incarcération pour avoir fumer un joint en public. D'ailleurs cette affaire n'est toujours pas éclaircie.
Carrefour rime avec voyou.
Il a beau être un géant de la grande distribution avec plus de 60 milliards d'euros de chiffres d'affaires, 420 000 salariés et quelque 10 000 magasins à travers le monde, le groupe Carrefour n'hésite pas à employer les pires méthodes pour contrôler et le cas échéant licencier son personnel.
Un ancien agent de sécurité a expliqué comment la direction du groupe ne lésine pas sur les moyens pour surveiller non la clientèle mais essentiellement le personnel. Il a décrit comment il a été amené à gagner la confiance du personnel pour les dénoncer ensuite, poser des micros et des caméras en toute illégalité et ce jusque dans les toilettes, et pire encore, suivre et enquêter sur la vie privée de certains salariés pour trouver ou inventer les preuves compromettantes permettant de se débarrasser des indésirables.
Délit de sale gueule, anti-syndicalisme, voilà ce qui est ressorti du témoignage de cet agent levant ainsi un coin du voile qui recouvre pudiquement les pratiques de Carrefour envers son personnel.
L'Afrique de l'Est touchee par la famine.
La sécheresse qui sévit en Afrique de l'Est a déjà fait de nombreuses victimes, surtout des enfants.
Au Kenya, 2,5 millions de personnes souffrent de malnutrition. Les pays voisins comme la Somalie, l'Ethiopie et Djibouti ne sont pas épargnés. Au total, 11 millions de personnes peuvent mourir de famine si rien n'est fait très rapidement.
Cette sécheresse était prévisible depuis plusieurs mois. Mais les pays riches n'ont pas jugé bon de déployer tous les moyens nécessaires afin d'éviter la famine dans cette partie du monde.
Pourtant les grandes puissances trouvent toujours les moyens pour entretenir une présence militaire coûteuse aux quatre coins de la planète, comme la France en Côte-d'Ivoire ou à Djibouti. Mais là il s'agit de protéger les intérêts des Etats les plus riches du monde et derrière eux les intérêts de leur propre bourgeoisie.
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