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mis à jour le 01/01/2006
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2006
Dans ce numéro
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Chikungunya, la responsabilité de l'État.
Depuis bientôt un an, le chikungunya ronge la Réunion. Cette maladie, aujourd'hui vérita-ble épidémie, est transmise par un moustique, l'Aedes albopictus. Elle provoque chez les personnes atteintes une forte fièvre, des démangeaisons et des douleurs musculaires et articulaires inten-ses. Certains malades se retrou-vent dans l'incapacité de se déplacer sans l'aide d'une tierce personne. Les symptômes peu-vent disparaître au bout de quelques jours mais parfois les douleurs durent plus longtemps.
Si les chiffres de la Préfecture font état de 10 500 personnes atteintes par le virus du chikungunya, ceux fournis par l'Ordre des Médecins sont large-ment supérieurs, au bas mot quatre fois plus importants. Plu-sieurs décès sont maintenant attribués à la maladie. L'épidémie est devenue telle que l'établisse-ment français du sang a suspendu tout prélèvement sur l'île.
Aujourd'hui les autorités préfectorales disent vouloir pren-dre la mesure du problème. Elles ont fait intervenir l'armée dans des opérations de démoustica-tion, mais le moins que l'on puisse dire est qu'elles ont beaucoup tardé.
Pourtant, dès les premiers mois de l'épidémie, la députée et la sénatrice du Parti communiste réunionnais avaient à maintes reprises interpellé les autorités locales ainsi que le gouvernement sur ce problème de santé publi-que. Elles n'ont eu aucune réponse satisfaisante de la part du gouvernement, seulement des attitudes méprisantes de ceux qui estimaient qu'elles n'avaient pas les compétences requises pour parler de ce problème et que le chiffre des 30 000 malades qu'elles avançaient étaient faux, étant donné que les responsables de la Direction des affaires sanitaires et sociales, la DRASS, n'en dénombraient que 4 500.
Tout au long de l'année de 2005, l'Etat a ainsi fait la sourde oreille. La seule fois où le préfet est intervenu, c'était pour dire, condescendant, qu'il ne pouvait rien faire contre le virus mais qu'il comprenait la souffrance des malades.
Seulement, cette incompé-tence affichée masquait d'autres problèmes, comme la faiblesse des moyens mis en Suvre dans l'éradication de l'épidémie. La DRASS disposait auparavant d'un important service de pro-phylaxie qui avait d'ailleurs con-tribué à l'éradication du paludis-me à la Réunion. Or, l'Etat a supprimé 120 postes dans ce service entre 1985 et 2005. Aujourd'hui il ne reste que 40 agents pour toute l'île. Ce qui est bien insuffisant pour lutter contre le moustique vecteur du chikungunya.
Non seulement les servi-ces de l'Etat ne se sont pas pressés pour bien informer la population sur l'origine et les conséquences de cette maladie, mais surtout ils n'ont presque rien fait pour lutter contre sa propagation. Ils auraient pu par exemple distribuer aux habitants les produits anti-mous-tiques comme l'a fait le maire du Port, eh bien non ! Et même la baisse des taxes à l'importation sur ces produits a été refusée.
Les autorités ont au con-traire tenté de culpabiliser la population en l'accusant de main-tenir des sites larvaires à travers des points d'eaux stagnantes ou par la présence de déchets dans leurs cours. Bien sûr, la contribu-tion de la population est nécessai-re afin de lutter contre l'épidémie mais cela ne doit pas dédouaner l'Etat de ses responsabilités.
C'est seulement ce mois-ci que le gouvernement a promis de débloquer une enveloppe, bien faible, de 600 000 euros afin de mener des actions de sensibilisa-tion et de démoustication.
La population avait de plus en plus le sentiment que l'on se moquait de sa santé et qu'on lui cachait la vérité. Des médecins affirmaient d'ailleurs que les chiffres de la préfecture étaient faux et très loin de la réalité. Trente deux médecins de Saint Louis ont déclaré par exemple que sur leur seule ville, ils ont enregistré plus de 7 000 person-nes contaminées par le virus.
Ce virus n'est pas inconnu des autorités sanitaires. Réperto-rié au début des années cinquan-te, il touche l'Afrique de l'Est depuis de nombreuses années. Certes, il n'existe pas de médica-ments contre cette maladie, peut-être simplement parce que la mise au point d'un anti-viral ne serait pas suffisamment rentable. Restent alors les actions de prévention. Mais là c'est l'Etat et ses économies qui sont responsa-bles. Concernant la contamination par le chikungunya, le moustique n'est donc pas seul en cause. Il semble fortement aidé par les autorités publiques.
Tien Ah Koon "TAKé" par la justice.
La Cour de cassation a confirmé le jugement de la Cour d'appel. Celle-ci avait condamné TAK à 24 mois de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende et 3 ans d'inéligibilité. Il avait été reconnu coupable de malversations entre ses différentes entreprises.
TAK a essayé de faire croire que sa condamnation était une injustice. Pour dire qu'il ne mérite pas le traitement que lui inflige la Justice, il met en avant ses 30 ans d'élu dont 23 années en tant que maire du Tampon et ses "actions en faveur de la population".
Mais au fait, de quelles actions parle-t-il ?
Personne n'a oublié qu'un des partisans de TAK était passé avec son véhicule sur les jambes d'un militant communiste, après l'avoir renversé.
Des femmes qui avaient manifesté dans sa ville n'ont pas oublié elles aussi, l'ordre qu'il avait donné à ses partisans de les empê-cher d'arriver devant la mairie. Il y eut alors un déchaînement de haine et de violence à l'égard des manifestantes, molestées et blessées par les sbires de TAK.
Les habitants du Tampon connaissent aussi le système d'espionnage mis en place depuis 1983. Tous les quartiers de la commune sont sous la surveillance de délégués nommés par TAK, dont le rôle consiste à espionner la population.
TAK parle de son "dévoue-ment pour la population", mais il oublie que des habitants du Tampon ne sont toujours pas raccordés au réseau d'eau potable et qu'il a volontairement limité la construction de logements sociaux, préférant payer les amendes prévues par la loi.
Et puis, TAK qui se targue d'être un défenseur des défavorisés a toujours voté ou approuvé les mesures défavorables aux travail-leurs et aux plus pauvres. Il était notamment opposé à l'instauration du RMI sous le prétexte méprisant que la mesure allait créer une population assistée.
En revanche, TAK a été un bon défenseur des intérêts des capitalistes. Rappelons qu'il a voté toutes les lois favorables au patro-nat (loi Pons, loi d'orientation pour l'Outre-mer, loi Programme pour l'Outre-mer) qui se sont entre autres traduites par des exonéra-tions de charges sociales patronales et des allégements fiscaux pour les patrons et les riches.
Voilà pourquoi nous ne verserons aucune larme sur la condamnation de TAK.