| Site régional | |
![]() |
Archives du mensuel régionalMensuel - archive 2006 |
| mis à jour le 01/04/2006 | |
| ILE DE LA REUNION | |
|
Mensuel - archives
Année 2006
décembre 2006
octobre 2006
septembre 2006
octobre 2006
juillet 2006
juin 2006
avril 2006
mars 2006
février 2006
janvier 2006
Dans ce numéro
Observatoire des prix... et des profits.
Des emplois pour tous.
L'UMP à la chasse aux voix réactionnaires.
L'État au service des capitalistes.
Caillé et le retrait du CPE.
Les prix s'envolent, nos salaires restent à terre...
Chik... on peut licencier ?
BTP, il faut augmenter les salaires.
Ringuin, la lutte a payé.
Exploiteur et irresponsable.
Aubry bien dans son camp.
L'Église toujours aussi réactionnaire.
Tchernobyl, la catastrophe, le crime.
Nous sommes tous des travailleurs immigrés !
|
Observatoire des prix... et des profits.
La Loi d'Orientation pour l'Outre Mer votée en 2000 prévoyait la mise en place d'un Observatoire des prix et des revenus à la Réunion. Six ans plus tard, cette structure n'existe toujours pas.
Récemment, et sans que l'on en perçoive très bien l'intérêt, Agir Pou Nout Tout a lancé une campagne de pétitions pour exiger sa mise en place.
Rappelons tout de même que ceux qui avaient réclamé en 2000 qu'un tel observatoire voit le jour, le PCR entre autres, mais aussi certains syndicats n'avaient pas agi par amour des statisti-ques. Leur but, plus ou moins avoué, était de démontrer que les fonctionnaires ont des salaires trop élevés, et qu'en conséquence, l'équité voudrait que leurs salaires soient baissés par la diminution, voire la suppression de la prime de vie chère.
Une telle politique, fausse et choquante, ne peut que diviser les salariés. S'il y a une chose à revendiquer, c'est que tous les salaires soient alignés par le haut et non par le bas... comme le souhaitent les patrons.
Et puis, méfions-nous des enquêtes et autres études deman-dées par les autorités. Elles ne sont jamais neutres et sont souvent proposées pour justifier une "réforme" néfaste pour les travailleurs.
Des chiffres et des statistiques, il en existe publiés par UFC Que choisir et l'INSEE. Ils montrent que l'écart des prix entre la France et la Réunion varie entre 25 et 57 %. Alors, à quoi bon réclamer à cors et à cris un Observatoire des prix, il vaudrait mieux exiger un observatoire des profits et la possibilité pour les travailleurs d'avoir accès aux comptes des entreprises. Et là, on verrait vraiment qui profite réellement des prix exorbitants pratiqués dans l'île.
Et puis, tout cela ne doit pas nous faire oublier que si les familles ont de plus en plus de mal à subvenir à leurs besoins, c'est que bon nombre d'entre elles vivent uniquement du RMI, des indemnités de chômage ou des bas salaires.
Un emploi, des salaires décents, voilà ce qu'il faut pour vivre correctement.
Des emplois pour tous.
Les salariés en contrats aidés ont manifesté à plusieurs reprises ces dernières semaines. Ils voulaient être payés et surtout ils réclamaient le renouvellement en nombre de leurs contrats.
Leurs craintes viennent du fait que dans le cadre de la lutte contre le chikungunya, les collectivités auraient déjà utilisé et épuisé le quota de contrats prévu pour le premier semestre de 2006. Ces emplois ont par ailleurs fait la preuve de leur utilité : dans les écoles, pour la protection de l'environnement, dans l'aménagement des espaces verts et des aires de pique-nique, dans les animations culturelles et sportives...
Lors de sa venue dans l'île, Borloo avait bien promis la signature de 75 000 contrats aidés sur trois ans, soit 25 000 par an. Or, à ce jour, moins de 2 000 contrats ont été signés. Pourtant la demande existe, comme existent aussi ceux qui ont besoin de travailler.
Il faut exiger du gouverne-ment des emplois pérennes pour tous. Il faut exiger aussi que l'argent soit destiné aux besoins de la population et non à garantir les profits patronaux.
L'UMP à la chasse aux voix réactionnaires.
Une quarantaine de députés UMP, dans une lettre adressée à Chirac, ont demandé l'abrogation de l'article de la loi de 2001 qui qualifie l'esclavage de crime contre l'humanité.
Leur argument est simple : il y a quelques mois, le Conseil constitutionnel avait décidé de supprimer l'article de loi qui préconisait notamment l'enseignement du "rôle positif" de la colonisation. Les signataires de la lettre exigent donc maintenant qu'il en aille de même pour l'esclavage par "souci d'égalité de traitement", comme si une mauvaise décision devrait automatiquement être prise, au prétexte qu'une bonne mesure l'a été auparavant.
Mais en fait, ce "souci d'égalité" dont se prévalent ces députés est le dernier de leurs soucis. La majorité d'entre eux viennent de départements du sud de la France où les nostalgiques de l'Algérie française constituent une part non négligeable de leur électorat. Ainsi, sous couvert d'une campagne pour "l'égalité", les députés signataires entendent avant tout préparer les législatives de l'an prochain.
Mais à l'hypocrisie des députés réactionnaires de l'UMP fait écho l'hypocrisie de la bourgeoisie française dans son ensemble. Le butin accumulé par des siècles de commerce triangulaire a depuis eu le temps de prospérer. Et de nos jours encore, les lointains descendants des trafiquants que sont certaines des grosses fortunes actuelles continuent de piller allègrement le continent africain.
Quelques larmes officielles versées lors d'une "journée des mémoires" consacrée à l'esclavage et à la traite coûtent moins cher qu'un geste en faveur des peuples écrasés hier par les esclavagistes, aujourd'hui par un capitalisme.
L'État au service des capitalistes.
La filière immobilière du groupe Bourbon, CBO Territoria a enregistré en un an, un bénéfice net de sept millions d'euros. Le montant de l'action a été multiplié par deux cent.
CBO Territoria a construit dans l'Ouest 36 logements, elle a vendu 5 200 m2 et édifié 2 100 m2 de locaux d'activités. Elle a également bénéficié des largesses des politiciens locaux à travers le chantier du basculement des eaux d'Est en Ouest. Ces travaux devaient en priorité être réalisés pour l'agriculture mais la priorité des collectivités locales a surtout été l'alimentation en eau des hôtels et des villas. Ces mêmes collectivités ont aussi pris en charge la construction des routes pour desservir par exemple la ZAC Bruniquel où sont justement construites les villas de CBO.
Quand il s'agit de tout mettre en oeuvre pour servir les capitalistes, l'Etat et les collectivités locales se donnent les moyens nécessaires pour y arriver. Par contre, lorsqu'il s'agit de financer les logements sociaux qui sont une priorité, les caisses sont toujours vides.
Caillé et le retrait du CPE.
François Caillé, le patron du MEDEF local, n'a pas digéré le retrait du CPE.
Très amer, il s'en est pris à tous ceux qui, selon lui, refusent les réformes. Mais comme tous ceux qui ont le mot "réforme"à la bouche, celles qu'il préconise consistent toujours à aggraver les conditions de travail et de vie des salariés.
Tout ce qui est bon pour le patronat ne l'est pas pour les travailleurs !
Les prix s'envolent, nos salaires restent à terre...
À l'heure où les profits des compagnies pétrolières et gazières explosent (12 milliards d'euros en 2005 pour le groupe Elf Total Fina), la préfecture donne son feu vert pour augmenter le prix de la bouteille de gaz de 33 centimes au 1er mai.
De 2000 à 2006, le prix de la bouteille de gaz a augmenté de 18 % (17,06 à 20,18 euros), celui du litre de gazole de 32 % (0,75 à 0,99 euros) et celui du sans plomb de 23 % (de 1,09 à 1,34 euros).
Après avoir "observé" l'évolution de nos salaires pendant la même période, on est loin du compte !
Chik... on peut licencier ?
À la coopérative de la Vanille de Bras Panon, plusieurs travailleurs viennent d'être convoqués en entretien préalable pour licenciement. La raison ? Le chikungunya ! Le patron déclare, à qui veut l'entendre, qu'à cause de la baisse de fréquentation touristique, il n'a plus les moyens de payer les salaires de ses employés.
Mais il retape son restaurant et ses installations à coup de dizaines de milliers d'euros.
Pour les patrons, tous les prétextes sont bons pour réduire la masse salariale. Si le chikungunya n'existait pas, il faudrait l'inventer.
BTP, il faut augmenter les salaires.
Les négociations annuelles obligatoires se déroulent depuis un mois. Le patronat propose d'augmenter les salaires de 2,25 %, alors que l'Intersyndicale CGTR-CFTC-FO réclame 10 %.
Les profits du patronat du BTP ont connu une bonne année 2005, mais le prétexte trouvé cette année pour refuser d'augmenter les salaires c'est le chikungunya et la fermeture de la route du littoral. A force de mettre le chik à toutes les sauces, les patrons pourraient bien recevoir un choc en retour.
Ringuin, la lutte a payé.
Les salariés de l'entreprise Ringuin se sont mis en grève contre le licenciement de deux de leurs camarades.
La direction de cette entreprise du BTP qui emploie 18 salariés, voulait licencier les plus anciens et les remplacer par des contrats précaires et moins bien payés pour faire d'avantage de profit.
Les salariés ont montré leur opposition et au bout de trois jours la direction a annulé les licenciements.
Exploiteur et irresponsable.
Les travailleuses de " Faire Plus ", entreprise de formation (chargée en particulier de la lutte contre l'illettrisme), ne sont plus payés.
Privées de salaires, elles ont donc décidé de cesser le travail pour faire entendre raison à leur employeur
Ce monsieur avait repris la structure il y a un an et s'était déjà fait remarquer par sa tendance prononcée à vouloir remettre en cause les frais de déplacement et autres primes acquises, et aussi à payer les salaires avec des semaines de retard.
Cette fois les travailleuses de la structure en ont eu plus qu'assez et ont exigé qu'il se rende avec elles à la banque pour que leurs salaires soient régularisés. Mais depuis ce monsieur a pris la poudre d'escampette !
Courage fuyons !
Aubry bien dans son camp.
Cela devient un rituel, sur beaucoup d'événements, notamment sociaux, on demande l'avis de Gilbert Aubry.
Concernant la journée de solidarité qu'a instaurée Raffarin, Aubry a réaffirmé son accord sur le lundi de Pentecôte travaillé. Il a aussi rappelé que le "vendredi saint" n'est pas pour lui férié et que l'Eglise n'a jamais dit qu'il ne fallait pas travailler ce jour.
Même les fêtes religieuses ne trouvent pas grâce aux yeux d'Aubry. Peut-être croit-il à la rédemption par le travail ? Mais que connaît-il du travail, lui qui vit des deniers de ses fidèles et des aides de l'Etat !
L'Église toujours aussi réactionnaire.
Lors d'une de ses allocutions, le pape a de nouveau réaffirmé son opposition à l'avortement.
L'église n'est paraît-il que compassion, ce qui ne l'empêche pas d'interdire aux femmes de disposer librement de leurs corps ou de leur imposer des grossesses non désirées.
Par ailleurs, l'église met toujours le préservatif à l'index (soit dit en passant, ce n'est pas là qu'il se met), parce qu'elle considère que les relations sexuelles entre l'homme et la femme doivent se limiter à la procréation. Interdire le préservatif c'est contribuer à ruiner la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles, en particulier le sida. C'est à proprement parler criminel.
Tchernobyl, la catastrophe, le crime.
L'explosion en 1986 d'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, a causé énormément de dégâts humains et écologiques.
Une grande partie des populations proches qui ont été soumises aux radiations ou aux nuages radioactifs a payé un lourd tribut, tout comme les salariés qui ont été envoyés, sans protection, pour éteindre les flammes. Les décès se comptent par milliers. D'autres encore, dont les cellules reproductrices ont été atteintes ont mis au monde des enfants victimes de malformations.
En France, le gouvernement de l'époque (Mitterrand était Président et Chirac Premier ministre), pour soi-disant rassurer la population, a prétendu que les nuages radioactifs s'étaient arrêtés aux frontières.
C'était se moquer du monde et s'abstenir de toute mesure de salubrité publique. En irait-il différemment aujourd'hui ?
Nous sommes tous des travailleurs immigrés !
Après une première loi sur l'immigration en 2003, Sarkozy remet ça. Comme l'ont fait, depuis trente ans, tant de ses prédécesseurs au ministère de l'Intérieur, qui prétendaient tous réguler l'immigration en limitant en général les droits des immigrés.
Comme si l'immigration posait un problème ! Mais depuis au bas mot un siècle, l'économie de ce pays ne tournerait pas sans l'apport d'un courant permanent d'immigrés. La classe ouvrière de ce pays a toujours été composée, pour une part importante, de travailleurs venus d'ailleurs, du Maroc, d'Algérie, de Turquie, d'Afrique noire ou d'Asie et, avant eux, du Portugal, d'Espagne, d'Italie, de Pologne ou d'ailleurs.
Et il en est ainsi de tous les pays industriels. Aux États-Unis par exemple, où les immigrés originaires d'Amérique latine, clandestins ou pas, en refusant de travailler et d'acheter un 1er mai -qui, aux États-Unis, n'est pas férié-, viennent de montrer que, sans eux, l'économie tourne au ralenti.
Dans la concurrence que Sarkozy, Le Pen et Villiers se livrent pour capter les votes de l'électorat d'extrême droite, non seulement ils nient cette réalité, mais ils rendent même l'immigration responsable de tous les maux de la société, du chômage en particulier. Comme si les licencieurs étaient les travailleurs immigrés, et pas les patrons! L'immigration leur sert d'épouvantail, pour ne pas s'en prendre à la véritable cause du chômage: aux bénéfices des grandes entre-prises qui explosent, en pesant sur les revenus du travail, en diminuant les effectifs, en intensifiant la pénibilité du travail.
La loi que le gouvernement propose aggrave les conditions d'obtention de la carte de séjour, au point de rendre pratiquement impossible pour un sans-papiers la régularisation de sa situation, même s'il peut justifier de dix ans de présence dans le pays. Des milliers de sans-papiers seront condamnés à le rester jusqu'à la fin des temps, à la merci des rafles et des expulsions.
Mais la loi rendra plus dure la vie de tous les travailleurs immigrés, même ceux avec papiers, en interdisant pratiquement le regroupement familial, en fragilisant leur situation.
Sarkozy et ses semblables savent que les chaînes de production des grandes entreprises ou encore le bâtiment et les grands travaux ne peuvent pas se passer des travailleurs immigrés. Alors, ils parlent "d'immigration choisie" et proposent de sélectionner les immigrés en fonction des besoins de l'économie. Ce qui signifie, en clair, les importer en fonction des besoins du grand patronat.
Les immigrés devraient être célibataires, en bonne santé, en bonne condition physique, exploitables à merci, sans les frais d'une famille. Et il faudrait en plus qu'ils considèrent le droit de se faire exploiter ici comme un privilège, qu'ils se fassent tout petits et qu'ils acceptent tout!
Cette loi est un coup contre tous les travailleurs car, si le gouvernement parvenait à rendre une fraction de la classe ouvrière plus malléable, c'est l'ensemble des travailleurs qui seraient affaiblis, qu'ils aient la carte d'identité française ou pas.
Alors, il ne faut pas accepter cela. Quelles que soient leur nationalité ou leur origine, tous les travailleurs font partie d'une même classe ouvrière. Il faut qu'ils aient tous les mêmes droits. Y compris le droit de vote dans toutes les élections. Car, en écartant les travailleurs immigrés du droit de voter, c'est une partie de la classe ouvrière qu'on prive de ce droit élémentaire, en favorisant du coup l'électorat réactionnaire. Avant que le suffrage universel s'impose, pendant très longtemps on a imposé le suffrage dit "censitaire", ne donnant le droit de vote qu'à ceux qui disposaient d'un certain revenu, c'est-à-dire les bourgeois petits et grands, en écartant les travailleurs. Eh bien, en écartant les immigrés, on réinvente la même méthode!
Travailleurs immigrés et travailleurs nés en France, c'est notre travail qui fait marcher l'économie! Il faut rejeter toutes les lois contre les travailleurs immigrés et imposer la régularisation de tous les sans-papiers!
Arlette Laguiller.
|