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mis à jour le 01/10/2006
ILE DE LA REUNION
Mensuel - archives
Année 2006
Dans ce numéro
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Arlette Laguiller, le camp des travailleurs.
C'est en réaffirmant son appartenance à ce camp qu'Arlette Laguiller vient d'annoncer sa candidature à la présidentielle de 2007.
Il faut que dans cette élection soient réellement défen-dus les intérêts politiques et sociaux du monde du travail. Il faut que soit présente une candidature qui exprime claire-ment que le grand patronat, la grande bourgeoisie, sont les ennemis directs de toute la population. Une candidature qui exprime pourquoi et comment leur mainmise sur l'économie et la société est la cause des maux principaux dont souffrent la majorité des travailleurs. La pauvreté, la baisse du niveau de vie, la difficulté de plus en plus grande à se loger, à se soigner, sont des dommages uniquement dus à la course au profit. Même la pollution en est un, la pollution de l'air, des eaux, mais aussi ce qu'on respire dans les entreprises, de l'amiante à tous les toxiques, sans même parler des catastrophes industrielles du genre de ce qui s'est produit chez AZF à Toulouse.
Dans ce système économi-que, la concurrence, la recherche du profit dominent tout : l'habitat, la santé, la production de biens utiles à la vie de tous, les transports. Tout ce qui est nécessaire à une vie normale exige que sa production rapporte beaucoup de profits, sinon on ne le fabrique pas ou on ne le fait pas.
C'est pourquoi on ferme des entreprises, des hôpitaux, des lignes de chemin de fer. Et quand on ne les ferme pas, on les laisse à l'abandon si cela ne rapporte pas un profit suffisant aux actionnaires. La société, l'État, n'exercent aucun contrôle sur les conseils d'administration des grandes compagnies indus-trielles et financières. Pire, ceux qui les possèdent peuvent décider librement de la meilleure façon de gagner plus. Pour eux, tant pis si cela pousse à la misère une fraction croissante des salariés! Tant pis pour ceux qui en crèvent!
Alors, il faut bien qu'au moins quelqu'un puisse dire que c'est à ce système-là qu'il faut s'en prendre vraiment. Aucun des grands partis politiques qui peuvent arriver au pouvoir n'a l'intention de s'en prendre à ce système et à ses profiteurs, ni même n'osera le promettre.
Il ne faut pas être dupe des hommes politiques qui tiennent le devant de la scène. Tous autant qu'ils sont, les uns et les autres ne sont que des exécutants, des figurants qui masquent les coulisses où tout se passe en réalité. Avec des mots à peine différents, ils ne font que ce que le grand patronat industriel, commercial ou financier exige ou impose.
C'est pourquoi les travailleurs ne doivent pas se bercer de l'espoir que les élections de 2007 pourraient apporter des changements dans leur vie. La droite, qui est au pouvoir depuis quatre ans, est répugnante, cynique, menteuse, viscéralement hostile aux pau-vres, aux travailleurs et aux classes populaires, hostile à tout ce qui n'est pas sa classe sociale. La chasser du pouvoir, oui, cela ferait plaisir, et espérons qu'elle le sera. Même si, en perdant leurs postes de ministres ou de députés, les hommes politiques de droite ne seraient certaine-ment pas à plaindre sur le plan matériel, en tout cas bien moins qu'un travailleur licencié.
On ne peut pas, évidem-ment, dans les circonstances actuelles, chasser la droite sans ramener la gauche au pouvoir, cette gauche que les travailleurs connaissent déjà, et pas vraiment en bien. Le Parti Socialiste, au cours des vingt-cinq dernières années, a dirigé le pays plus longtemps que la droite, avec en dernier le gouvernement de Jospin, sans que le sort des travailleurs en ait été amélioré, ni même sa dégradation freinée.
Alors, il ne faudra donc pas ramener, les yeux fermés, la gauche au pouvoir, sans lui demander des comptes. C'est le sens de la candidature d'Arlette Laguiller, qui permettra au moins à l'électorat populaire de contri-buer, par son vote, à chasser si possible la droite, mais en exprimant sa défiance vis-à-vis des dirigeants de la gauche, qui l'ont déjà trompé bien des fois.
(Editorial du 16 octobre 2006 des bulletins d'entreprise de Lutte Ouvrière en France).
Quel observatoire des prix ?
De plus en plus, de voix s'élèvent pour réclamer la mise en place d'un observatoire des prix et des revenus à la Réunion. Si sa création a été votée dans la loi d'orientation pour l'outre-mer en 2000 par le gouvernement Jospin, le décret d'application, lui, n'a jamais été publié.
Le PCR, la CGTR et des associations comme Agir Pou Nou Tout réclament à l'Etat un tel organisme qui, selon eux, per-mettrait d'étudier la formation des prix et des revenus à la Réunion. Le PCR et la CGTR ajoutent que ce serait là un outil pour les travailleurs, qui leur permettrait de justifier leurs revendications.
Seulement, pour qu'un observatoire soit utile et puisse aider les travailleurs, il faudrait qu'il soit bien différent de celui qui est proposé. D'abord, il faudrait que son champ d'action ne se limite pas aux prix et aux revenus mais inclut également les profits, car les prix pratiqués ne sont jamais indépendants des profits réalisés.
Mais surtout, pourquoi doit-on demander au gouverne-ment de mettre en place un tel observatoire ? Les associations, les partis qui se réclament des travailleurs, les syndicats, au-raient les moyens matériels et surtout humains de mettre en place un tel organisme et de faire en sorte qu'il fourre son nez partout où des décisions pour-raient être prises qui concerne-raient les travailleurs et la population. Ceux qui aujourd'hui s'agitent autour de l'observatoire veulent-ils vraiment cela ? Pas vraiment. En demandant au gouvernement de le mettre en place, ils acceptent par avance que sa composition soit tout autre, qu'il ne soit en fait qu'un organisme paritaire de plus, s'ajoutant à bien d'autres organismes aussi inutiles qu'inef-ficaces.
Pourtant, il pourrait en être autrement. Un observatoire utile aux travailleurs devrait être un organisme composé par les travailleurs et la population, se donnant pour tâche de contrôler tous les aspects de la vie sociale, tant dans le domaine du travail et de la production que dans celui de la consommation ou encore de la santé. C'est alors que l'on verrait par exemple comment la grande distribution, l'import-export, s'engraissent sur le dos des consommateurs, quitte à priver une partie de la popula-tion de certains produits y compris ceux de première nécessité.
Les attentions du PCR à l'égard du MEDEF.
Invitée en tant que sénatrice à la commission d'évaluation de la loi Girardin, Gélita Hoarau a déclaré que " s'il s'agit, sous couvert d'évaluation, de remettre en cause des dispositifs (d'exonération de cotisations patronales prévues par la Loi Pour l'Outre-Mer ou YYYPOM) sous prétexte de réaliser des économies au budget de l'Etat, alors nous (le PCR) combattrons cette logique... " Puis, elle a poursuivi en affirmant que " Les investisseurs ont besoin d'Suvrer dans un climat de confiance et de sécurité juridique ". Enfin, pour terminer, elle s'est déclarée " favorable à l'élimination des effets de seuil (exonération des cotisations patronales à la Sécurité sociale pour les entreprises de 10 salariés maximum), y compris pour le BTP " !
Une telle prise de position peut choquer venant de la part de quelqu'un qui se revendique du communisme et qui donc devrait avoir à cSur de défendre les intérêts ouvriers opposés à ceux du patronat. Mais depuis longtemps déjà le PCR a tourné le dos à cette politique, préférant celle qui consiste à prôner l'" Union de tous les Réunionnais ". Une telle politique aboutit en fait à mettre les intérêts des travailleurs et de la population à la remorque de ceux du patronat.
Car il n'est pas vrai que l'on peut concilier ce qui est bon pour les patrons et ce qui est bon pour les travailleurs.
Aux travailleurs il faut des salaires corrects qui permettent à tous de vivre décemment, de bien se loger, de pouvoir se distraire, se cultiver. Pour cela, l'argent existe mais il est accaparé par la classe des capitalistes.
Aux travailleurs il faut un travail. Il est scandaleux qu'une partie importante de la population en soit privée, que des forces soient ainsi laissées à l'abandon alors qu'il y a tant de besoins à satisfaire. Au lieu de laisser les patrons produire avec le moins d'ouvriers possible, au risque de ne pas respecter la sécurité dans les usines et sur les chantiers, il faudrait au contraire les obliger à embaucher.
On nous explique à longueur de temps que ce qui est bon pour le patronat, l'est aussi pour les salariés. Que pour embaucher et pouvoir augmenter les salaires, les patrons doivent faire du profit. Et qu'il faut même les y aider. Alors, on les aide et toutes les lois que Gélita Hoarau veut préserver vont dans ce sens. Mais les patrons embauchent-ils réellement ? Augmentent-ils les salaires ? Évidemment non ! Ils se contentent d'engranger les profits et continuent à pleurer la bouche pleine.
Voilà quelle est la réalité. Ne pas la reconnaître, c'est tromper les travailleurs.
Mort pour le capital.
L'accident mortel survenu sur le chantier du basculement des eaux à la Rivière des Pluies a été présenté comme une fatalité. Celui-ci a d'ailleurs été suivi quelques heures après par un autre accident sur le même chantier, soulignant ainsi les risques que les employeurs font prendre quotidiennement aux ouvriers sur ce site. Par la suite, on apprenait que l'engin qui s'était renversé sur le conducteur de 28 ans présentait un défaut de freinage et qu'il n'avait pas été révisé. Sur le chantier il n'y avait pas de CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail), pas de coordonnateur de sécurité et prévention santé, pourtant obligatoire sur un site où interviennent plusieurs entreprises à la fois. Il n'y avait pas plus que de trace d'un document unique d'entreprise, où doivent être consignés les accidents de travail.
Ainsi, les entreprises privées qui ramassent des millions d'euros sur ce chantier ignorent sciemment, comme bien d'autres d'ailleurs, leurs obligations en matière de protection des travailleurs.
Plus récemment, le 17 octobre dernier, un grutier travaillant sur un chantier du quartier Bellepierre à Saint-Denis, a lui aussi trouvé la mort après avoir fait une chute, alors qu'il se trouvait sur une passerelle qui s'est effondrée.
Les travailleurs du bâtiment paient un lourd tribut sur l'autel du profit. La productivité du travail passant avant toute chose, les règles de sécurité sont souvent peu ou pas respectées. Et quand survient un accident, il n'a rien à voir avec la fatalité mais est plutôt dû à la rapacité des capitalistes du bâtiment.