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Mensuel régional Lutte Ouvrière - Ile de La RéunionNuméro courant |
| mis à jour le 27/03/2008 | |
| ILE DE LA REUNION | |
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Tous les mois, les militants de Lutte Ouvrière de La Réunion publient un bulletin politique. Vous pouvez trouver ici le dernier numéro ainsi qu'une archive des années précédentes.
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SOCIÉTÉ À IRRESPONSABILITÉ ILLIMITÉE
La crise financière actuelle risque de déboucher sur la crise économique la plus grave depuis la guerre. Cette perspective catastrophique est évoquée par une des têtes pensantes du monde capitaliste, l'ancien président de la banque centrale américaine. Une crise économique grave, cela signifie des milliers d'entreprises fermées ou fonctionnant au ralenti, des licenciements en masse, le chômage, la plongée dans la misère pour une grande partie de la population laborieuse.
Il n'y a aucune catastrophe naturelle à l'origine de la catastrophe économique et sociale. Au contraire. Le jour même où un quotidien annonçait en grand titre cette menace, un autre grand titre soulignait que les plus grandes entreprises cotées en Bourse, celles du fameux "CAC 40", avaient réalisé une masse de profits plus importante que jamais. L'économie capitaliste est en train de s'étouffer avec sa propre graisse.
Depuis des années, on impose aux travailleurs, au nom de la compétitivité, de plus en plus de travail, avec des effectifs sans cesse diminués et de plus en plus mal payés. Les profits élevés des entreprises viennent de l'aggravation de l'exploitation. La masse croissante de profits n'est pas investie dans la production et dans la création d'emplois, mais dans des opérations financières, dans la spéculation.
C'est la croissance effrénée de la spéculation qui a conduit à l'effondrement du crédit hypothécaire américain puis, de proche en proche, à la crise de tout le système bancaire. Toutes les grandes banques de la planète en voulaient, de ces titres de crédit hypothécaire, tant ils rapportaient gros pendant un temps. Mais aujourd'hui, ils ne valent plus rien. Toutes les grandes banques détiennent de ces titres pourris au point, pour certaines, d'être menacées de faillite. Toutes se méfient les unes des autres, toutes se refusent à se prêter mutuellement de l'argent, ce qui fait que le crédit manque alors que, de l'argent, il y en a trop.
Rien que cette première phase de l'ébranlement économique se traduit aux États-Unis, son épicentre, par des milliers de licenciements dans le bâtiment et dans le secteur bancaire, sans parler de ces millions de familles modestes chassées de leur logement récemment acheté car dans l'impossibilité de payer les traites.
Tout le monde sait et tout le monde prédit que le recul de la consommation qui en résultera, conjointement à la difficulté d'obtenir du crédit, entraînera dans la récession d'autres secteurs de l'économie. La crise ne pourra pas rester limitée aux États-Unis.
La catastrophe est donc annoncée. Et à qui les dirigeants du monde capitaliste ont-ils commencé à en faire payer le prix ?
À ceux qui n'y sont pour rien. À ceux sur le dos de qui on a réalisé ces profits dont aujourd'hui l'économie crève.
Pour éviter la faillite en chaîne des banques mouillées jusqu'à l'os dans la spéculation, les banques centrales, c'est-à-dire les États, leur ont déjà distribué des sommes colossales. Elles se proposent de continuer dans cette voie et d'assainir la situation des banques en rachetant leurs titres pourris avec de l'argent public. Alors que les profits sont privés, leur solution consiste à socialiser les pertes.
Même si elles parviennent à enrayer la crise bancaire, ce qui n'est pas dit, cela se traduira par une accélération de l'inflation mondiale. Les hausses de prix minent déjà le pouvoir d'achat des salariés et des retraités. Écraser le pouvoir d'achat des classes laborieuses, ajouter l'inflation au chômage, pour sauver les profits des banques et des entreprises qui spéculent - en réalité toutes le font -, voilà leur programme économique. Seule une explosion sociale peut les empêcher de l'imposer.
La société crève de cette organisation économique aussi injuste qu'irrationnelle. Exproprier le grand capital pour mettre fin à la dictature des grands groupes capitalistes, leur course au profit, voilà le seul programme que les classes laborieuses ont à opposer à celui des maîtres de l'économie.
Arlette Laguiller
« L’OISIF IRA LOGER AILLEURS! »(paroles de l’Internationale)
L’annonce par le gouvernement d’un redéploiement de la défiscalisation en direction des logements sociaux n’a guère plu aux patrons du BTP. Produire des logements pour les travailleurs et les plus démunis est certainement moins rentable que de construire des logements ou villas de luxe. En tout cas ces messieurs craignent que leurs marges bénéficiaires diminuent et ils menacent déjà de licencier plusieurs milliers de travailleurs si le gouvernement maintient sa décision.
À La Réunion, il y a 25 000 personnes mal logés ou sans logements qui cherchent désespérément un toit. Mais le patronat et tous les spéculateurs immobiliers s’en moquent éperdument. Leur objectif n’est pas de répondre aux besoins de la population mais seulement de faire du profit.
Eh bien, s’ils ne veulent pas construire ces logements, pourquoi l’État et les principales collectivités territoriales n’en auraient-ils pas directement la charge, avec au besoin leurs propres entreprises de construction ? Ainsi, l’argent public servirait plus directement la population, plutôt que d’engraisser des profiteurs !
UNE SOCIÉTÉ INDIGNE
Début mars des milliers de retraités sont descendus dans la rue pour exiger l’augmentation de leurs pensions. Près de trois millions d’entre eux doivent survivre avec moins de 600 euros par mois.
Cette situation est scandaleuse, comme est scandaleux le fait qu’une minorité accumule des milliards dont elle ne sait que faire, alors que des millions de personnes doivent se contenter de revenus de famine. Ce ne sont pas les moyens qui manquent. Les richesses sont là qui permettraient de satisfaire les besoins de tous si elles n’étaient pas accaparées par une minorité de parasites.
C’est pourquoi les retraités ont donc raison de manifester, comme auraient aussi raison de protester les jeunes sans emplois, les Rmistes, les chômeurs, les Smicards. En fait, ce sont tous les travailleurs, qu’ils aient du travail ou qu’ils en soient privés, qui auraient le droit à une vie digne.
Et ensemble, ne serions-nous pas plus forts ?
LA VÉRITÉ DES PRIX…ET DES SALAIRES
L’Insee a annoncé en février 2008, qu’à La Réunion, les prix avaient augmenté en moyenne de 2,7 % par an. Mais cet indice établit une moyenne entre des produits et services très divers. On y trouve par exemple le prix du billet d’avion qui aurait baissé le mois dernier parce qu’on est en basse saison !
Mais les prix des produits de première nécessité augmentent, eux, plus que la moyenne. Ainsi les légumes ont augmenté de 7,4 %, celui de la bouteille de gaz de 3,49 %, le prix des produits laitiers d’au moins 10 %, etc. Or, l’alimentation, comme le prix des loyers, de l’essence, ou l’entretien d’un véhicule, voilà ce qui fait l’essentiel des dépenses des travailleurs.
Quand les prix augmentent, il faut que les salaires augmentent dans les mêmes proportions.
IL N’EST PAS DES NÔTRES
De Chateauvieux, patron du groupe Bourbon a accumulé son capital dans la production sucrière, puis dans l’import-export, l’immobilier, le remorquage maritime, l’offshore pétrolier. Tous ces secteurs ne lui suffisant pas, il a fini par placer ses millions dans l’assurance, plus précisément chez Axa, le premier assureur européen qu’il contrôle aujourd’hui à hauteur de 30% et dont il est devenu président du conseil de surveillance.
De Châteauvieux rejoint ainsi le club fermé de ceux qui mettent la planète en coupe réglée, déplaçant leurs capitaux à leur guise, vendant telle entreprise, achetant telle autre, licenciant au passage de nombreux travailleurs.
Certains, ici, se disent fiers de la réussite de ce grand bourgeois. Enfin, un Réunionnais dans leur cénacle fermé ! Mais de Châteauvieux n’a rien réussi. Il est simplement né avec une cuillère d’argent dans la bouche, rien d’autre.
Il est le dernier rejeton d’une lignée d’exploiteurs. Son ancêtre, fils d’un aristocrate déchu par la Révolution française, fut recruté en 1830 par la famille Desbassayns grande fortune de l’île. Un des premiers gestes du de Châteauvieux réunionnais, le plus prometteur sans doute pour l’avenir de sa fortune, fut d’épouser une des filles Desbassayns.
Les de Châteauvieux doivent donc leur réussite à l’esclavagisme, à l’engagisme, puis au salariat, bref à toutes les formes d’exploitation. Rien qui puisse rendre fier un travailleur réunionnais.
NEUF JOURS DE GRÈVE À BOURBON PLASTIQUES (BRAS PANON)
Les quarante quatre ouvriers de l’usine de Bourbon Plastiques ont fait grève neuf jours pour l’augmentation de leurs salaires
Prétextant qu’elle « n’avait pas de marges », la direction de l’entreprise qui est une filiale du groupe Quartier Français, un des principaux industriels de l’île, ne proposait qu’une augmentation de 1,3% !
Les salariés n’étaient pas du même avis. Eux savent que la production est en hausse constante, avec de moins en moins de salariés d’ailleurs (vingt suppressions d’emplois ces dernières années). Ils savent que leur patron reçoit des millions de subventions de la part de l’Europe, de l’État français, de la Région et de la commune, destinés soi-disant à « moderniser l’outil de travail ».
Certes, la direction a acheté de nouvelles machines pour produire des sacs plastiques, mais elles sont de si mauvaise qualité que les ouvriers y perdent leur santé. La direction ne respecte ni la sécurité dans l’usine, ni l’environnement (Rivière du Mât polluée par les billes de plastique). Sous prétexte de difficultés financières, elle paye avec retard ses impôts locaux. Si la productivité par ouvrier a fortement augmenté, les salaires, même après 30 ans d’ancienneté, avoisinent toujours le Smic.
La grève a commencé vendredi 7 mars par un débrayage de quatre heures. Elle a été revotée par la totalité des ouvriers lundi 10 mars et un piquet a été installé devant une entrée de l’usine.
Ce n’est que le jeudi 20 mars qu’un protocole de fin de conflit a été signé. Il stipule que :
- Tous les salaires sont augmentés de 2%
- Requalification de quatre ouvriers dans la grille
- Prime de panier à cinq euros
- Prime de nuit portée à une heure de Smic + 7,5 %
- Prime de salissure portée de 30 à 45 euros (annuelle !)
- 360 euros de bons d’achat
- Sur les neuf jours de grève six sont retenus à raison de deux par mois et trois peuvent être pris sur les congés.
De nombreux militants et travailleurs des entreprises de l’Est de l’île (centrale thermique et sucrerie de Bois Rouge, EDF, CAF, Chambre d’Agriculture, SANE, de la Santé, etc.) ainsi que des militants de la CGTR, sont venus soutenir les grévistes, qui ont repris le travail mardi 25 mars avec le sentiment d’avoir réussi à faire plier la direction de l’entreprise.
DES MILLIARDS QUI PARTENT EN FUMÉE
L’État français qui n’a, paraît-il, plus d’argent dans ses caisses en a encore suffisamment pour continuer son programme militaire. Ainsi, vient d’être lancé un nouveau sous-marin nucléaire, Le Terrible, qui coûtera la bagatelle de 2,4 milliards d’euros, sans les missiles et les têtes nucléaires.
Sarkozy, présent lors du lancement, a tenu à rassurer ses auditeurs, militaires et industriels, en affirmant que : « le budget de la Défense est le deuxième de l’État et il le restera ». L’État, a ajouté Sarkozy, continuera donc à dépenser pour la seule dissuasion nucléaire l’équivalent « de la moitié du budget de la Justice ou de celui des Transports ».
Les marchands de canons ont de quoi se frotter les mains, et tant pis si tous ces milliards manqueront pour améliorer le sort de la population.
BNP-PARIBAS, LES EMPLOYÉS VEULENT DES SOUS
Les salariés de la BNP en ont assez de voir leurs salaires ne plus pouvoir suivre la hausse des prix. Ils refusent aussi que les nouveaux embauchés ne bénéficient pas de la prime de vie chère (50%).
Avec ses 10 à 12 milliards de bénéfices annuels, la BNP a les moyens d’augmenter les salaires.
La grève pourrait bien s’étendre aux employés d’autres banques (BR, BFC) dont leur pouvoir d’achat s’érode lui aussi de jour en jour.
MUNICIPALES, UN VOTE CONTRE LA DROITE
À l’issue du premier et surtout du second tour des élections municipales, la gauche a ravi à la droite plusieurs mairies et non des moindres. Outre le maintien du PCR dans ses bastions de Sainte-Suzanne, du Port, ou de La Possession, et celui du PS à Saint Joseph, la gauche prend à la droite Saint-Benoît, Saint-André, Saint-Louis, Saint-Paul, Saint-Denis, Trois-Bassins et La Plaine des Palmistes.
Au terme de ces élections, la gauche se retrouve donc à la tête de douze communes sur les vingt-quatre que compte l’île, contre cinq seulement en 2001.
Comme en Métropole, le facteur déterminant de cette poussée à gauche a été sans nul doute la volonté de l’électorat populaire de sanctionner la politique de Sarkozy et de son gouvernement, et c’est là une bonne chose. Mais dans certaines villes comme à Saint-Denis ou à Saint-André, assez bien ancrées à droite, ce sont les désordres et les désunions au sein même des anciennes équipes dirigeantes qui ont contribué à la chute des Victoria et autres Virapoullé.
Seulement, cette victoire des partis de gauche ne s’est pas toujours faite dans la clarté. À Saint Denis par exemple, au second tour de l’élection, Gilbert Annette, le premier secrétaire du PS, n’a pas été gêné de mettre sur sa liste deux ex-élus UMP, dont Ibrahim Dindar en rupture de ban avec Victoria. En retour, ces deux ex-élus UMP (toujours de droite évidemment) ont eu le soutien du PS aux cantonales. S’afficher avec un Ibrahim Dindar, fervent soutien de Sarkozy (avant qu’il ait pris ses distances à la veille des élections) et partisan du test ADN pour les Comoriens, n’est pas à la gloire du PS.
En conquérant trois nouvelles mairies le PCR tire quant à lui son épingle du jeu. Mais qu’avait-il besoin de soutenir à Saint-Leu le nouveau maire membre du Modem ? Qu’avait-il besoin aussi de limiter sa victoire à celle de candidats « ayant un programme pour le développement de La Réunion » comme se sont plu à le souligner Gironcel ou Bello ? De ce point de vue d’ailleurs leur attitude ne diffère pas de celle d’un Vergès qui, derrière un même vocable tente de faire croire aux travailleurs que leurs intérêts seraient liés à ceux des autres Réunionnais au premier rang desquels il place les capitalistes agissant dans l’île.
Alors, même si l’on peut se réjouir de la défaite de la droite, ce n'est pas elle qui obligera Sarkozy à changer de politique ou qui ralentira le rythme des mesures anti-ouvrières. Pour cela, il faudra bien autre chose que la voie des urnes. Il faudra des luttes collectives importantes, que la politique du gouvernement et l'avidité du patronat provoqueront bien plus tôt que tous ces gens-là ne le pensent.
CONSEIL GÉNÉRAL, JE T’AIME, MOI AUSSI
Dimanche, 23 mars Nassimah Dindar a été reconduite à la tête de la présidence du Conseil général. Quelques jours plus tôt, les élus de droite majoritaires au sein du Conseil, s’étaient réunis au grand complet et avaient été unanimes pour soutenir la candidature du maire de Sainte-Marie, Jean-Louis Lagourgue.
Mais coup de théâtre, c’est finalement Nassimah Dindar, une des dirigeantes locales de l’UMP lâchée cette fois-ci par ses pairs qui l’a emporté… grâce aux voix de la gauche. En contrepartie Dindar a accepté de donner la première vice-présidence au PCR et la seconde au PS.
Si la gauche et Nassimah Dindar, expliquent cette « ouverture » comme étant respectueuse du choix des électeurs, à droite on crie à la trahison. Mais plus concrètement, si la gauche ne voit pas d’inconvénients à s’unir à la droite (même à une partie de celle-ci), n’est-ce pas plutôt parce que leurs politiques respectives ne sont pas si éloignées les unes des autres ? Et ce qu’il y a de commun dans ces politiques, c’est avant tout la défense des intérêts des nantis aux dépens de ceux des travailleurs et des plus pauvres. C’est d’ailleurs ce qui permet aux transfuges du PS qui siègent aujourd’hui au sein du gouvernement Sarkozy de ne pas se distinguer de leurs homologues de droite ; c’est ce qui permet aussi à la gauche quand elle dirige le gouvernement de mener une politique dont la droite n’aurait pas à rougir.
COMORES, INTERVENTION ARMÉE AVEC LA COMPLICITÉ DE LA FRANCE
Mardi 25 mars, les troupes gouvernementales comoriennes, soutenues par la France qui leur a apporté son aide logistique et aidées par un fort contingent de l’Union africaine, ont débarqué sur l’île d’Anjouan pour démettre le colonel Bacar, président de cette île depuis 2002.
Cette intervention est l’aboutissement, ou peut-être seulement un moment dans les oppositions entre les pouvoirs des différentes îles composant l’Union comorienne : la Grande Comore, Anjouan et Mohéli. Mayotte, la quatrième île de cet archipel situé au nord-ouest de Madagascar, est quant à elle restée française lorsque les trois autres îles ont proclamé leur indépendance en 1975.
La courte histoire de la République comorienne a été jalonnée par de multiples coups d’Etat dans lesquels s’illustra à plusieurs reprises le tristement célèbre Bob Denard, mercenaire français disparu il y a peu. Avec vingt-deux coups d’Etat, les Comores détiennent certainement un record en la matière.
Dans une situation de misère, de corruption, de violence et de répression, certains pouvoirs locaux ont cherché à se détacher du pouvoir central exécré. Ainsi se sont développées des oppositions à caractère séparatiste dans les îles de Mohéli et surtout d’Anjouan, où une majorité de la population afficha un temps son désir d’être rattachée à la France. Le gouvernement comorien, qui a répondu par la force à ces velléités d’indépendance, a été à chaque fois soutenu par la France. En 2000, le gouvernement Chirac-Jospin se rangea derrière les décisions de l’Organisation de l’Unité Africaine, imposant un blocus à l’encontre d’Anjouan pour avoir voulu remettre en cause les frontières existantes en se séparant de la République fédérale des Comores. La vie des Anjouanais, privés de tout, devint extrêmement difficile et beaucoup tentèrent à toute force de rejoindre Mayotte, au risque de leur vie.
L’intervention actuelle s’inscrit donc dans cette chaîne d’oppositions et de conflits entre les frêles éléments des couches dirigeantes comoriennes, chacune cherchant à tirer à elle la maigre couverture laissée par le colonialisme français après plus d’un siècle de pillage.
Il est certes aberrant de voir s’instaurer des frontières dans un petit archipel dont le passé des populations a longtemps été commun. Mais il serait tout aussi aberrant d’attendre quoi que ce soit de l’ancienne puissance coloniale, de ses manoeuvres et de son appel à tel ou tel dirigeant. Si un avenir existe pour les Comores, il est plutôt à rechercher dans la coopération plutôt que dans la division, et surtout dans un combat commun contre les couches dirigeantes locales, qui elles-mêmes se font les relais de l’ancienne puissance coloniale.
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