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LES BOURSES FLANCHENT, LES PRIX FLAMBENT - UN SYSTÈME DÉMENT !
Les Bourses s'affolent. Depuis la mi-mai, l'indice de la Bourse de Paris, le CAC 40, a perdu 14 %. Celui de la Bourse de New-York, le Dow Jones, 10 %. Parallèlement à cela, le prix du pétrole poursuit son ascension, ceux des matières premières aussi et, alors que les salaires stagnent, c'est la valse des étiquettes dans les magasins.
Tout cela est lié. La grande bourgeoisie a accumulé sur le dos de la population laborieuse des quantités considérables de capitaux, en faisant produire plus par moins de travailleurs, en supprimant des emplois, en licenciant, en augmentant les charges de travail, en profitant du chômage qu'elle alimentait ainsi pour imposer de bas salaires. Mais le problème des possédants, c'est de savoir à quoi utiliser tous ces capitaux. Leurs dépenses personnelles en produits de luxe, en villas somptueuses, en yachts de la taille d'un paquebot, en jets privés, en tableaux de maîtres, ne représentent qu'une goutte d'eau dans cet océan de richesses. Les capitaux qu'ils engrangent, ils veulent leur trouver de nouveaux placements, qui rapportent beaucoup et vite. Ils sont d'autant moins portés à les placer dans la production que, du fait des bas salaires, de la flambée des prix des produits de première nécessité, le marché solvable se rétrécit. L'immobilier, qui pendant des années a permis aux banques, aux promoteurs et aux marchands de béton de faire de fructueux bénéfices, donne des signes de faiblesse. Alors, ces gens-là spéculent sur le pétrole, spéculent sur les matières premières, comme ils avaient spéculé il y a quelques années sur les « nouvelles technologies ». Tant que les prix montent, il y a des bénéfices à faire à court terme. La hausse entraîne la hausse... jusqu'au jour où la bulle explose. Mais pour le moment, ça monte, et ils se moquent éperdument des conséquences sociales et humaines que cela peut avoir.
Le prix du pétrole s'envole, dans des proportions qui n'ont rien à voir avec la consommation des pays dits « émergents », parce que des grandes sociétés parient que les cours vont continuer à grimper. Outre les conséquences que cela a pour tous ceux qui se chauffent au gaz ou au fioul, sur la hausse de tous les prix, sur l'activité des marins pêcheurs, des transporteurs routiers, des paysans, cela peut finir par entraîner toute l'économie dans une crise générale. Mais cela ne change rien aux décisions de ceux qui sont responsables de cette situation et qui ne voient pas plus loin que leur compte en banque.
Dans un monde où un milliard d'individus souffraient déjà de sous-alimentation, les possesseurs de capitaux spéculent sur le maïs, sur toutes les céréales susceptibles d'être utilisées pour produire des agro-carburants. Le renchérissement de produits alimentaires de base peut engendrer des famines, condamner à mort des dizaines de millions d'êtres humains, femmes, hommes et enfants. Mais ce n'est pas leur problème.
C'est cela le système capitaliste, « l'économie de marché », dont Sarkozy et Fillon sont les zélés défenseurs au gouvernement, et dont les dirigeants du Parti Socialiste, dans l'opposition, affirment que c'est le seul système économique possible. L'économie « libérale » dont ils se réclament, c'est la liberté d'exploiter, de licencier, de fermer une usine - même si sa production est utile socialement - parce qu'elle ne rapporte plus assez. C'est la liberté de ruiner ainsi des villes, voire des régions entières. La constitution, les lois, garantissent ces droits aux possesseurs des capitaux, l'État est là pour les faire appliquer, et les politiciens professionnels sont à leur service. Et la conséquence de tout cela c'est que, dans un monde où la science et la technique ne cessent de progresser, la misère se développe, même dans les pays les plus riches.
Tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux, il faudra bien que, dans l'intérêt de toute l'humanité, le monde du travail jette à bas ce système dément et le remplace par un système économique dont le but sera de satisfaire les besoins de tous les hommes, et non d'enrichir une minorité de profiteurs.
Arlette LAGUILLER.
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THÉO HILARION - UNE JUSTICE DE CLASSE
Il y a quatorze ans, lors d’une manifestation des dockers au Port, Théo Hilarion, a reçu une balle en pleine tête tirée par un gendarme. Théo Hilarion a perdu son œil gauche et depuis il souffre le martyre à un point tel qu’il a du s’expatrier en France pour s’y faire suivre médicalement.
Malgré ce geste criminel, le gendarme qui a tiré et le supérieur qui lui en a donné l’ordre viennent d’être acquittés au motif qu’ils auraient été en situation de « légitime défense » ! Quant au préfet qui le 4 mars 1994 avait dépêché les gendarmes contre les dockers grévistes, il n’était même pas au banc des accusés.
Qu’aurait été le verdict si, à l’inverse, Hilarion avait éclaté l’œil d’un gendarme ? Il aurait immédiatement été emprisonné et condamné à une peine incompressible de plusieurs dizaines d’années.
La justice sait frapper fort quand il s’agit de s’en prendre aux plus humbles et montrer sa clémence vis-à-vis des nantis et de ceux qui les défendent.
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EDF-MORT AU TRAVAIL
Jeudi 19 juin, un ouvrier monteur sur réseau d’EDF a fait une chute de plusieurs mètres alors qu’il effectuait un branchement de compteur de chantier sur un poteau au Tampon. Il est décédé quelques heures plus tard de ses blessures à la tête et au thorax. Cet ouvrier de 48 ans avait une compagne et trois enfants.
Ni la police, ni l’Inspection du Travail n’ont été appelées par la direction d’EDF, ce qui est pourtant la règle dans un pareil cas. Il a fallu que les représentants du personnel exigent de la direction qu’une commission d’étude se réunisse dans les plus brefs délais pour rechercher les causes de l’accident. EDF avait dans un premier temps refusé au prétexte que le nouveau CHS n’était pas encore mis sur pied !
Que craint EDF dans cette affaire ? Qu’on découvre qu’elle n’a pas mis tout le matériel nécessaire à disposition de ses agents pour assurer leur sécurité ?
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SPÉCULATION SUR LE RIZ… ET CONTRE LA POPULATION
Lors du conseil municipal de la fin juin à Sainte Suzanne, un point était porté à l’ordre du jour concernant l’augmentation du prix du riz.
La commune s’approvisionne en riz pour la restauration scolaire auprès de la Soboriz qui lui a fait savoir qu’elle remettait en question le marché passé. Sous prétexte de « fortes tensions sur le marché international du riz », la Soboriz dit ne plus pouvoir livrer la commune au prix convenu l’an passé, soit 50 centimes par kilo. Elle entend augmenter les prix à 82 centimes, soit une augmentation de 64 % !
Le planteur thaïlandais, l’ouvrier de la Soboriz auraient-ils été récemment augmentés de 64 %, ou sont-ce les patrons qui ont trouvé encore un prétexte pour ponctionner la population ?
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LA MISÈRE, UNE SURPRISE ?
Lors d’une des dernières sessions à la Chambre des députés, Jean-Claude Fruteau a interpellé Luc Chatel, le secrétaire d’Etat à la Consommation en lui faisant part de sa « surprise » d’avoir constaté que sur les 1500 personnes qui se pressaient régulièrement dans les locaux de l’association « Momon papa lé la » pour obtenir quelques colis alimentaires, une bonne partie était constituée de travailleurs.
Cette « surprise » en dit long sur la déconnexion de certains élus, y compris de gauche, avec la réalité dramatique que vivent des millions de travailleurs, en France et dans les DOM-TOM.
Qui peut vivre avec un Smic ou un minima social et nourrir sa famille avec une somme qui, au mieux, dépasse à peine les 1000 euros ? Qui peut vivre avec des contrats précaires, à temps partiel, et des salaires avoisinant alors les 600 ou 700 euros mensuels ?
Il y a en France près de sept millions de pauvres, et la misère s’étend toujours. La raison en est la rapacité des classes dirigeantes, des industriels, des banquiers et des patrons de toute sorte. Alors que faire ? Et bien, il faudrait tout d’abord exiger que lorsque les prix s’envolent les salaires ne restent pas à terre mais soient au contraire indexés sur les augmentations des prix.
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LES PRIORITÉS DU CONSEIL GÉNÉRAL -
CELLES QUI SONT DITES…
Au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue le 24 juin, le Conseil général a exposé ses priorités jusqu’en 2011. Elles sont au nombre de trois : l’enfance et l’éducation, l’insertion ainsi que le logement social. Ces trois priorités se feront principalement au travers d’un soutien aux communes dans le cadre des Contrats de Coopération Communale et coûteront au Conseil général 54 millions d’euros sur trois ans, ce qui équivaut en moyenne à une aide de 750 000 euros par commune et par an. Un montant plutôt faible pour des actions qui se veulent prioritaires.
Qui plus est, pour le Conseil général ces aides sont essentiellement individuelles, telles que les « chèques taties » versées aux parents pour l’embauche d’assistantes maternelles, une subvention de 1000 euros pour un jeune qui opte pour la mobilité, un chèque « habitat-menus-travaux » de 3000 euros ou encore une prime de 750 euros pour un équipement en chauffe-eau solaire…
Ces mesures, non seulement sont souvent inappropriées pour la population la plus modeste, mais surtout elles ne peuvent remplacer les actions publiques et collectives qui seraient nettement plus efficaces pour pallier les carences qui touchent la population.
Des actions à caractère collectif qui aboutirait à développer tous les services publics et en particulier le logement, coûteraient évidemment plus chères. Mais ne pourrait-on pas pour les financer prendre sur les 10 milliards d’euros que l’État va consacrer dans les cinq prochaines années à aider le patronat d’Outre-Mer ?
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…ET CELLES QUI SONT TUES…
Dans leur conférence de presse, les élus du Conseil général se sont bien gardés de parler de leur plan de « maîtrise et rigueur des dépenses de RMI », mis sur pied pour traquer des Rmistes qualifiés de « fraudeurs».
En effet, pour le Conseil général il est question de « développer les contrôles en matière d’éligibilité au RMI et l’effort d’insertion » par un croisement des fichiers de la CAF, des ASSEDIC, de la Caisse générale de la Sécurité sociale et des impôts, et cela au niveau régional et national.
Et pour couronner le tout, il est question pour « une plus grande rigueur et équité » de ramener le seuil de non-recouvrement de 800 euros à 150 euros. Autrement dit, au-delà de cette somme c’est la Trésorerie Générale qui procèdera au recouvrement des impayés, avec comme risque que le Rmiste soit saisi, même pour une faible dette.
Est-ce par de tels procédés que le Conseil général favorisera « l’intégration sociale et professionnelle des Rmistes », comme il dit vouloir le faire ?
Ces mesures ont aussi été adoptées par les élus du PCR et ceux du Parti Socialiste qui composent la majorité au Conseil général. Et après cela, ces mêmes élus s’étonneront si la population pense : « droite » ou « gauche », ils nous font tous marcher au pas !
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IL FAUT FAIRE PAYER LES AFFAMEURS !
Les Smicards qui attendaient après la deuxième augmentation du Smic vont rester sur leur faim – et ce n’est pas, par ces jours de vie chère, un mot vide de sens. Avec 0,9 % d’augmentation, les travailleurs payés au Smic verront leurs salaires augmenter de 56 centimes de plus par jour, soit moins que le prix d’une baguette ! Ils devront se contenter pour vivre de 6,78 euros net de l’heure ou de 1027,99 euros net mensuels.
Cette augmentation insignifiante n’a pas empêché le ministre du Travail d’affirmer qu’elle a été décidée pour « garantir le pouvoir d’achat des salariés au Smic » et « couvrir l’inflation telle qu’elle a été constatée ». Manifestement, il vit sur une autre planète, car l’inflation que les salariés smicards ou pas constatent tous les jours n’est pas de 0,9 %, que ce soit sur les prix des produits alimentaires, sur ceux de l’essence, ou sur les factures de gaz ou d’électricité.
Mais en fait, en refusant d’augmenter sensiblement le Smic, le gouvernement justifie le choix des patrons de ne pas augmenter les salaires ou de les augmenter de façon dérisoire.
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LE GOUVERNEMENT VA FINIR PAR NOUS RENDRE MALADES… DE RAGE !
Même si le ministre du Travail a pour l’instant écarté la possibilité d’un déremboursement des médicaments pour les malades en affection longue durée, le fait que plusieurs ministres se soient engagés derrière les préconisations de l’Union nationale des Caisses d’Assurance Maladie (Uncam) en dit long sur ce qui se mijote dans les sphères gouvernementales. C’est d’ailleurs le ministre du Budget, Eric Woerth, qui avait demandé que de nouvelles mesures d’économies soient prises au plus vite pour combler le déficit de la branche maladie, estimé à 4,1 milliards d’euros pour l’année 2008. En cela il a été entendu par le directeur général de l’Uncam qui a préconisé de remettre en cause les droits des malades en affections de longue durée (ALD), en leur retirant la gratuité d’une partie de leurs soins, ceux dits de confort.
Huit millions de personnes sont concernées en France par les ALD : les malades du cancer, du sida, du diabète, de l’épilepsie, des maladies neurologiques ou sanguines, etc.
Outre la crapulerie que constituerait une telle décision, elle ne rapporterait que 210 millions d’euros, loin donc de pouvoir combler le dit déficit de l’Assurance maladie.
Si le gouvernement cherche à récupérer de l’argent, il lui suffit d’arrêter d’exonérer les patrons de leurs cotisations sociales. Chaque année, ces exonérations représentent un manque à gagner de 22 milliards d’euros pour la Sécu. Largement de quoi boucher le trou de l’Assurance maladie et de rendre les caisses bénéficiaires !
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LOI PROGRAMME POUR L’OUTRE-MER -« DU JAMAIS VU »… POUR LES PATRONS !
Visiblement atteint par l’agitation qui règne dans les sommets gouvernementaux, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jego, ne cesse de faire des allers retours entre Paris et la Réunion et se dit prêt à se déplacer « autant de fois qu’il sera nécessaire » pour traiter les dossiers en suspens.
Mais de quels dossiers peut-il s’agir pour donner lieu à tant d’émoi ? principalement de l’actualisation de la « Loi programme pour l’Outre-Mer ». Jégo n’est d’ailleurs pas le seul à s’en soucier puisque tout ce que la Réunion compte de députés, de sénateurs, de conseillers généraux et régionaux ; tous les membres du Comité économique et social, les représentants de la « Réunion économique » et des syndicats patronaux sont montés au créneau pour dénoncer le risque de voir les aides gouvernementales baisser par rapport à ce qu’offrait la précédente loi. Et dans un bel élan unanime, ils ont tous signé le 9 juin dernier une même plate forme adressée au secrétaire d’Etat, faisant état de leurs inquiétudes et de leurs doléances.
La loi Girardin garantissait déjà au patronat -car dans ces négociations il ne s’agit que des affaires patronales- une aide annuelle, sous forme de baisses de cotisations de 1,15 milliards d’euros. Eh bien, les jérémiades des politiciens de droite, de gauche et du patronat auront porté leurs fruits puisque cette somme sera portée à 1,36 milliards d’euros. Jégo précisant même au cas où il n’aurait pas bien été compris que « l’Etat va consacrer (toutes aides confondues) 10 milliards d’euros dans les cinq prochaines années aux entreprises d’Outre Mer ».
Bien sûr, pour faire bonne figure vis-à-vis des travailleurs et des chômeurs, le même secrétaire d’Etat a justifié ces aides en expliquant qu’il n’avait « pas cessé de penser… aux 26 000 Réunionnais qui attendent désespérément un logement social et aux 77 000 Réunionnais qui sont à la recherche d’un emploi » ! Pleurer sur le sort des plus pauvres pour que des larmes d’abondance arrosent les plus riches, voilà une chose qu’a vite apprise ce récent sous-ministre.
Mais quelle garantie auraient les chômeurs de trouver un travail dans les secteurs dits prioritaires si les patrons se voient totalement exonérés de cotisations sociales jusqu’à 1,6 fois le Smic au lieu de 1,4 fois jusqu’à présent ? Ou si, pour tous secteurs confondus, le plafond d’exonération de la taxe professionnelle est porté à 150 000 euros et celui de l’impôt sur les sociétés à 300 000 euros ? Aucune évidemment.
Dans cette négociation, aucun représentant de droite bien sûr, ni de la gauche non plus, n’est intervenu auprès du gouvernement et du patronat pour exiger des contreparties au niveau des emplois. Aucun d’entre eux ne s’est fait le porte parole des dizaines de milliers de salariés obligés de se contenter du Smic ou des chômeurs et des petits retraités obligés de survivre avec quelques euros par jour. Pour tous ces gens-là, leur Réunion se réduit à ceux qui « entreprennent », c’est-à-dire au patronat vis-à-vis duquel ils ont une écoute exclusive.
Les travailleurs, les chômeurs, les petits retraités n’ont donc rien à attendre de toutes les discussions qui se mènent autour de la loi programme pour l’Outre-mer. Pour changer leur sort, ils ne pourront compter que sur leurs propres forces, leurs luttes et la crainte qu’ils pourront ensemble inspirer au patronat et au gouvernement.
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