Lutte Ouvrière - Ile de La Réunion
Région ILE DE LA REUNION19/12/2007
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Mayotte, drames de l'immigration et responsabilite de l'État français.
Après le drame survenu dans la nuit du lundi 3 et mardi 4 décembre au large de Mayotte où une femme et un bébé ont péri noyés, après que leur kwassa-kwassa ait percuté une vedette de la Police des Frontières, un voile a aussi été levé sur les conditions déplorables de rétention dans le centre de Pamandzi.
En 2006, pas moins de 13 253 personnes, presque tous Comoriennes, ont été reconduites hors de Mayotte. La moitié de tous ceux qui ont été expulsés par la France l'ont été dans cette région de l'Océan indien où, il n'y a pas si longtemps encore, les populations appartenant toutes à un même archipel, pouvaient circuler librement. En 1974, Mayotte a fait le choix de rester sous administration française mais pendant plus de vingt ans les populations ont pu encore se déplacer assez facilement d'une île à l'autre. Ce n'est qu'en 1995, sous le gouvernement Balladur alors Premier ministre de Chirac, que la libre circulation vers Mayotte a été quasi interrompue. A cette date en effet un visa fut imposé qui transformait en clandestins des Comoriens qui s'étaient de tout temps déplacés librement dans toutes les îles de l'archipel.
De temps à autre, le gouvernement français fait mine de s'émouvoir du malheur et de la détresse des Comoriens qui bravent tous les dangers au péril de leur vie pour atteindre Mayotte. Mais le fond de sa politique reste fait de répression et de dissuasion : renforcement de la présence policière à Mayotte, décision d'agrandir le centre de rétention en 2008 !
Toutes ces mesures n'arrêteront pas les flux migratoires des Comoriens qui, au risque de leur vie espèrent trouver à Mayotte ou à La Réunion du travail, des structures où pouvoir se soigner, des écoles pour les enfants ; bref espèrent vivre un peu mieux tout simplement.
Lutte Ouvrière demande que les rescapés du drame ne soient pas placés en rétention. Il faut qu'ils aient le contact avec l'extérieur, que ce soit leur famille, un médecin, un avocat ou tout autre personne de leur choix.